‹ Lettres adressées à Jean et Guy de Daillon, comtes du Lude, gouverneurs de Poitou de 1543 à 1557 et de 1557 à 1585Chapitre 14 sur 173 · janvier 1546.— Lettre de François Doyneau à M. du · texte numérisé non relu

janvier 1546.— Lettre de François Doyneau à M. du

Lude.

Monseigneur, vous avez esté cy devant adverty de l'oppression que ont faict au pauvre peuple plusieurs gens de guerre en ce pays de Poictou, et y a ung cartier d'an et plus qu'ils ne font que aller par pays de village en village, vivre et opprimer le pauvre peuple, dont vous. Monseigneur, adverty leur en avez escript, comme j'ay veu par lectre qu'il vous pieu cy devant envoyer, et pour ce n'ont cessé, et, qui est encores pis, se sont assemblés avecques d'autres et des maulvays garsons du pays qui les suyvent, par manière que c'est pitié et horreur de oyr parler des maulx, viollances qu'ils font, tant à hommes que à femmes, combien que le peuple soyt fort pauvre, et journellement vivent sur ledit peuple , sans les pilleries et meschancetés qu'ils y font ; a quoy est très nécessaire pourveoir, autrement y aura dangier de pragier en ce pays ; vous entendez le bon vouUoir du roy et son édict et ordonnance ^ con-

1. François Doyneau, srdeSainte-Soline, maire de Poitiers en 1509, conseiller au Parlement, puis lieutenant-général de la sénéchaussée de Poitiers de 1522 à 1552. Les désordres commis par les gens de guerre dont se plaint Doyneau dans cette lettre et celle du 9 janvier, qui ne porte pas également l'indication de Tannée, sont signalés plusieurs lois dans le journal de le Riche, notamment en août 1544 et janvier 1546; mais il est difficile de dire si ce sont les mômes, car ils se renouvelèrent souvent à cette époque (p. 57 et 66 de le Riche). Les suscriptions des deux lettres de Doyneau qualifient M. du Lude de gouverneur de la Rochelle; or, M. du Lude ayant pris possession du gouvernement de la Rochelle le 22 avril 1544 (Hist. de la Rochelle^ par Arcère, t. I, p. 321), il en résulte que ces deux lettres sont postérieures à cette date.

2. Il s'agit probablement de l'ordonnance concernant les garnisons de gens d'armes, qui, suivant le Riche, fut publiée le 2 février 1546. (Journal de Guill. le Riche^ p. 66.)

traires à ceste forme de vivre par le moien de laquelle les pauvres gens de village sont contraincts d'abandonner leurs maisons et se retirer es villes, quérans leur vie par aulmosne, e*est plus que pitié. A ceste cause, Monseigneur, comme ayant la supérintendance et tenant le lieu du roy^ vous supply humblement et en tant qu'il m'est possible, à ce pourveoir et faire donner ordre et poUice, par manière que telles viollances et oppressions cessent, autrement sera impossible que on peust diner, ne le pauvre peuple payer les tailles et subsides, car sans les dites oppressions le pauvre peuple a assez affaire à vivre, pour la stérilité du temps et cherté des vivres.

Monseigneur, de rechief vous supply de ce que dessus et que le plustoust sera pour le mieulx , car ils sont par chascun jour à la charge du peuple; et, après mes humbles recommendations à vostre bonne grâce, je prye le Créateur vous donner en santé et prospérité bonne vie et longue. De Poictiers, ce neufiesme jour de janvier. Vostre humble serviteur. Signé : Françoys Doyneau.

La suscription : A Monseigneur, Monseigneur du Lude, lieutenant général pour le roy, en Poictou, ville et gouvernement de la Rochelle.

12. — 22 juin 1547. — Lettre du roi Henri II à M. du Lude, touchant la réparation des fortifications de la Rochelle.

Monsieur du Lude,

Après avoir entendu de mon oncle le roy de Navarre, ce que luy avez escript touchant les repparations et fortiffications requises en ma ville de la Rochelle, j'ay incontinant ordonné la somme de seize cens cinquante livres tournois pour besongner à celles de la tour où est attachée la chesne du havre de ladite ville et d'une bresche qui est à la muraille près la porte Maubec que dictes estre les plus

nécessaires et lesquelles se pourront faire pour la dite somme, vous priant donner ordre qu'elles soient bien et deuement faictes et avecques le meilleur ménagement que faire ce pourra. De par ey après je ordonneray plus grant somme pour les aultres qui resteront à faire, affin de rendre ladite ville en meilleure seureté et defFense, vous advisant, Monsieur du Lude, que ne me sçauriez faire plus agréable plaisir que de prendre bien garde à toutes choses requises par dellà pour mon service, pour y pourveoir ainsi qu'il appartiendra, comme je suis seur que sçaurez très-bien faire, selon la fiance que j'en ay en vous, qui me gardera vous en faire plus longue lettre, si n'est pour prier Dieu, Monsieur du Lude, qu'il vous ait en sa saincte garde.

Escript à Dunet, le xxij® jour de juing 1547. Signé : Henry. Et plus bas : Clausse.

Et la suscription est : A Monsieur du Lude, mon lieutenant au gouvernement de la Rochelle, en l'absence de mon oncle le rov de Navarre.

13. — 27 juillet 1548. — Lettre du roi Henri 11 au comte du Lude, sur les séditions des peuples d'Angoumois *.

Monsieur le Conte ,

J'ai veu par les lettres que m'avés escriptes du 15* de ce mois, comme mon oncle le roy de Navarre vous avoit mandé tenir preste vostre compaignie, pour incontinant l'envoyer aux jour et lieu que le sieur de Gondrin vous feroit sçavoir, pour rompre quelques assemblées de peuple qui s'estoient faictes près Barbezieux, desquelles assemblées

1. Voir aussi, pour l'histoire des troubles causés par la gabelle, les Annales d'Aquitaine de Jean Bouchet, p. 565 et s., et les curieuses lettres écrites au corps de ville de Poitiers en 1548, à l'occasion de cette grave affaire , parmi lesquelles il y en a quatre émanant de M. du Lude. {Arch. hist. du Poitou, t. IV, p. 293-314.)

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