‹ Lettres adressées à Jean et Guy de Daillon, comtes du Lude, gouverneurs de Poitou de 1543 à 1557 et de 1557 à 1585Chapitre 130 sur 173 · février 1570. — Lettre de Charles IX à M. du Lude · texte numérisé non relu

février 1570. — Lettre de Charles IX à M. du Lude

Monsieur le conte, ayant donné la charge au cappitaine Chapperon de commander en Tisle de Maran,j'ay ordonné qu'il auroit avec luy sept compaignies de gens de pied pour la garde et conservation de ladite isle et que le régiment des vieilles bandes de Piedmont qui est au dit Maran, le^ quel estoit naguères soubs le sieur de la Rivière l'aisné^ mestre de camp d'icelles et à présent soubs le sieur de Autefort, se retireroit par devers vous * pour vous en servir et la mectre, tant es garnisons de votre gouvernement, que ailleurs où vous jugerez estre à propos pour mon service, au lieu des nouvelles compaignies qui sont es dites garnisons et ailleurs en vostre dit gouvernement, lesquelles vous licentierez incontinent que ledit régiment sera arrivé, et des soldats licentiés vous ferez remplir les dictes vielles compaignies, affin qu'elles soient bien complettes, et regarderez de les distribuer aux lieux que vous jugerez estre nécessaire pour la garde du dit pays et les emploier selon les occasions qui s'en pourront présenter; pryant Dieu, Monsieur le conte, vous tenir en sa saincte garde.

Escript à Angers, le viij® jour de février 1 570. Signé : Charles. Et plus bas : Fizes.

Et la suscription est : A Monsieur le conte du Lude, etc.

1. Les troupes de la Rivière achevèrent d'évacuer Marans le 26 février. {Chronique du Langon, p. 141.)

204. — 9 février 1570. — Lettre de Charles IX à M. du Lude. •

Monsieur le conte, ayant advisë de retirer partie des forces qui estoient par delà près mon cousin le prince Daulphin, pour m'en servir en quelque autre part, selon les occasions qui s'en présentent, j ay bien voulu par mesmes moien pourveoir à la seureté des places de vostre gouvernement et laisser près de vous si bonnes et suffisantes forces que vous les puissiez conserver et empescher les entreprinses que nos ennemis pourroient faire sur icelles; et pour cest efFect j'ay ordonné certain nombre de gendarmerie tel que vous verrez par Testât qui vous en sera envoyé, pour estre près de vous avec les régiments de gens de pied du vieulx la Rivière, qui est à présent soubs le sieur de Haultefort, celle du duc de Somme et toutes les com* paignies qui sont en garnison audit pays; et affin que le reste des dites forces se puisse rendre au lieu que il leur sera ordonné, je leur escripts présentement ce qu'elles auront à faire, priant Dieu, Monsieur le conte, vous tenir en sa saincte garde.

Escript à Angiers, le ix® jour de février 1 570.

Monsieur le conte, je vous prie vous rendre en vostre gouvernement le plustost que vous pourrez pour empescher les entreprinses que nos ennemys qui n'en sont pas fort loing pourroient faire sur aucunes des places d'icelluy, et ne vous en esloigner aucunement, s'il est possible. Signé : Charles. Et plus bas : Fizes.

Et la suscription est ; A Monsieur le conte du Lude, etc.

205. ■— 10 février 1570. — Lettre du duc d'Anjou à M. du Lude.

Monsieur le conte, vous verrez par la lettre que le roy monseigneur et frère vous escript et par le roolle qu'il

vous envoyé, les compaignies de gendarmerie qui sont ordonnées pour demeurer en vostre gouvernement , comme il veult que vous leur assignez ung lieu où elles se puissent assembler quant elles seront mandées pour luy faire service en son armée ou ailleurs; à quoy je vous prye satisfaire et pareillement tenir la main que, quant les dites compaignies seront mandées, qu'elles viennent sy bien complectes que Sa Majesté aye occasion de s'en contenter, car aultrement elle n'est pas délibbéré de les entretenir ; et affin qu'elles soient contenues en debvoir et qu'elles ne soient à fouUe à ses pauvres subjects quant elles marcheront, donner ordre qu'elles soient conduictes pour le moings par leurs cappitaines ou leurs lieutenants, enseigne ou guydon, en sorte qu'ils puissent respondre de leurs malversations et des plainctes que les dits pauvres subjects en pourroient faire à sa dicte Majesté ; en quoy m'asseurant que vous y ferez tout le meilleur debvoir que vous pourrez, je ne vous feray plus longue lettre que pour prier Dieu, Monsieur le conte, vous tenir en sa saincte garde.

Escript à Angers, le x® jour de février 1 570. Vostre bon amy. Signé : Henry.

Et la suscription est : A Monsieur le comte duLude, etc..

206. — 15 février 1570. — Lettre du duc d'Anjou à M. du Lude.

Monsieur le conte, j'ay entendu, par le capitaine Charbonnier, que vous avés prisonnier en votre château du Lude ung nommé Cosme des Groys qui est l'un de ceulx qui ont volé les titres et enseignements de ma seigneurie de Baugé, lorsque La Noue et Montgommery passèrent par la ville du dit Beaugé ; et par ce que je désire vérifier qui étoient ses complices à ladite voUerie, je vous prie incontinant la présente receue le voulloir emmener seurement dans le dit château de Baugé, en la garde du dit Char-

bonnier, pour luy estre fait et parfait son procès sur le lieu ; priant Dieu, Monsieur le conte, qu'il vous ayt en sa sainte garde.

Escript à Angers, le 15^ jour de février 1570. Votre bon amy. Signé : Henry.

Et au dos est écrit : A Monsieur le conte du Lude, etc»..

207. — 26 février 1570. — Lettre de Catherine de Médicis à M. du Lude.

Monsieur du Lude, je vous prie incontinent la présente receue de venir trouver le roy Monsieur mon fds pour certaines occasions qui ne peuvent promectre aucune dillation et que vous entendrez à vostre arrivée ici; mais pour ce qu'il faudra que pour chose d'importance vous allez promptement en vostre gouvernement, il sera bon que vous donnez ordre à vos affaires et que soyez par deçà incontinant *. Cependant pour l'espérance que j'ay de vous veoir bientost, je ne vous feray plus longue lectre, mais pour la fm priray Dieu, Monsieur du Lude, qu'il vous ayt en sa sainte garde.

Escript à Angers, ce 26^ jour de février 1 570.

Le roy ne vous ayscript, car il est aie à la chase et sesi ayst si presé que je ne peu atendre son retour, qui me fayst vous prier incontinent vous en venir en délibération de aussitost aller en vostre gouvernement. Signé : Caterine. Et plus bas : Fizes.

La suscription : A Monsieur le conte du Lude, etc.

4. Durant cette absence de M. du Lude, la place de Marans fut reprise sur le capitaine Chapperon, par les chefs protestants La Noue et Puyviault, le dernier jour de février 1570. M. de la Frézelière, lieutenant du gouverneur, instruisit le roi de cet événement et lui demanda des renforts, par lettre datée de Niort, le 4 mars 1570. {Arch. historiques de la Saintonge, t. III, p. 408.) — Le roi, par lettres du 8 mars 1570, nomma le s"" de Boisseguin lieutenant général en Poitou, pendant l'absence du c^e du Lude. (Papier rouge du greffe du présidial de Poitiers.)

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