‹ Lettres adressées à Jean et Guy de Daillon, comtes du Lude, gouverneurs de Poitou de 1543 à 1557 et de 1557 à 1585Chapitre 131 sur 173 · juin 1570. — Lettre de Charles IX à M. du Lude · texte numérisé non relu

juin 1570. — Lettre de Charles IX à M. du Lude

Monsieur le conte, vous sçavez comme sur Tadvertissement que nous eusmes dernièrement de la defFaicte du sieur de Puy Gaillard *, vous avez esté despesché pour aller secourir ce pais-là; et, pour ce que j'ay depuis receu de ses lettres où il me faict ung discours comme les choses sont passées et advenues et du lieu où il s'est retiré, je vous envoyé ung double des dites lettres par lequel vous verrez amplement et par le menu tout ce que je vous en sçaurois dire, et considérerez le besoing et la nécessité qui est à ce que vous vous hastez et advancez le plus que vous pourrez d'assembler les forces qui sont demourées de la dite deffaite et actendant que celles que je vous ay ordonnées vous soyent envoyées, lesquelles je fais haster en toute diligence, et, affin que vous sachez mieulx les dites forces et le nombre d'icelles, vous le trouverez par ung estât que j'ay faict mettre avec la présente ; vous priant. Monsieur le conte, ne perdre heure ne temps, comme je m'en asseure sur vous, à faire toute la diligence possible en cest endroict, estant chose qui concerne et importe au bien de mon service, nous faisant sçavoir de vos nouvelles le plus souvent que vous pourrez, et je supplieray le créateur vous avoir, Monsieur le conte, en sa saincte et digne garde.

Escript à Vymoustier, le xxf jour de juing 1570. Signé : Charles. Et plus bas : Fizes.

Et la suscription : A Monsieur le conte du Lude, etc..

209. — 30 juin 1570. — Lettre de Charles IX à M. du Lude. Monsieur le conte, ayant entendu que mon cousin le

1. Le sr de Puygaillard avait été battu à Sainte-Gemme, près Luçon, par l'armée protestante de la Noue et de Puyviaut, le 15 juin précédent. (La Popelinière, Hist. des troubles, 426-433. — Chronique du Langon, 147.)

prince Daulphin * s'estoit résolu après avoir entendu la disgrâce advenue au sieur de Puy Gaillard, d'assembler le plus de noblesse et d'autres gens qu'il pourroit pour aller en Poictou et pour y empescher les entreprinses que nos ennemis pourroient faire *, je n'ay voulu faillir vous en advertyr, et vous dire que je vous prye ne faillir de vous aller joindre avecluy, et, avec les forces que vous aurez ensemble, adviser à ce qu'il fauldra faire pour mon service, pour faire retirer nos ennemis et asseurer les places du dit païs, et luy obéir, comme vous sçavés qu'il est convenable, affin que, avec le zèle et affection que je sçay que luy et vous portez au bien de mes affaires, vous puissiés faire quelque bon et notable service, comme je m'asseure que pour vostre part vous n'y oublierés rien de vostre devoir; priant Dieu, Monsieur le conte, vous tenir en sa sainte garde.

Escript au Pont de Larche, le dernier jour de juin 1 570. Signé : (Charles. Et plus bas : Fizes, avec paraphe.

Entre les deux signatures est écrit : Monsieur le conte, je ne veulx oublier à vous dire que j'ay reçu les lettres que vous m'avez escriptes par ce porteur, pour responce ausquelles je vous advise que je n'ay failly de haster les compaignies que j'ay ordonnées pour aller avec vous, et leur en ay fait deux recharges, dont la dernière a esté il n'y a que deux jours.

Et au dos est aussy escript : A Monsieur le conte du Ludde, etc..

210. — 7 juillet i570. — Lettre de Charles IX à M. du Lude. Monsieur le conte, je viens présentement de recevoir

1. François de Bourbon, prince dauphin d'Auvergne, fils de Louis de Bourbon, duc de Montpensier.

2. Le prince Dauphin se rendit, en effet, à Poitiers, puis à Saint- Maixent, où il tenta de réorganiser les forces des catholiques ; mais, avant de rien entreprendre, il en référa au roi. (La Popelinière, p. 443, V».)

une despesche de mon cousin le maréchal de Cossé * par laquelle il me mande comme nos ennemys marchent avec leur cavallerie seulement vers la Charité, et pour ce que il est incertain quel chemyn ils vouldront tenir, je vous ay bien voullu despescher ce porteur exprès pour vous en advertir et vous prier de vous tenir bien sur vos gardes et donner ordre qu'ils ne façent aucune surprise sur les places du costéde delà; à quoy m'asseurant que voussçaurés bien donner ordre, je ne vous feray la présente plus longue que pour prier Dieu, Monsieur le conte, vous avoir en sa saincte et digne garde.

Escript à Gaillon, le 7^ jour de juillet 1 570. Signé : Charles. Et plus bas : Ftzes, avec paraphe.

Au dos est écrit : A Monsieur le conte du Lude, etc..

211 . — 26 juillet 1570. — Lettre de Charles IX à M. du Lude.

Monsieur le conte, pour ce que j'escrips présentement à mon cousin le mareschal de Cossé qu'il regarde de faire et conclure la tresve généralle avec ceulx du costé de là * jusques à tant que la paix soit du tout conclue et arrestée ou qu'elle soit du tout excluse et que les députés s'en soient retournez et que les dits députés qui sont icy ont charge de le faire entendre à la royne de Navarre ^ ; je vous en ay bien voullu advertir, affin que, si la ditte dame le trouve bon,, que vous la concluez de vostre part pour le pais de Poictou et Xaintonge et de tous les aultres parts du costé de delà; mais cependant je vous prie regarder de secourir avec les forces que vous pourrez assembler ceulx

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