août 1570. — Lettre de Charles IX à M. du Lude
Monsieur du Lude, par les dernières dépesches que vous avez eues de moy vous avez esté adverty comme il a pieu à Dieu mettre fin aux troubles et guerres qui ont si longuement duré en ce royaume par une bonne pacifTication, et que sur ce j'en faisois faire l'édict; et pour ce qu'il est besoing que chacun congnoisse quelle est en cest endroict mon intention, je envoyé présentement ung double bien collationné de celluy qui a esté publié en ma cour de Parlement de Paris, à tous les baillis et séneschaulx de mon royaume pour faire publier en leur distroict et jurisdiclion, en leur mandant d'y satisfaire incontinant icelle receu et de tenir exactement la main qu'il soit sans aucune contravention observé et gardé par ung chacun, dont, Monsieur du Ludde, je vous ay bien aussy voulleu advertir et vous envoyant aultant comme à eux du dit édit prier de vostre part donner ordre que, incontinant qu'il sera receu par les baillis et séneschaulx estans en l'estendue de vostre gouvernement, il soit par eulx publié en leur dit distroict et juris-
diction aux lieux accoustumës à cest effect * et qu'il soit en tous et chacuns ses poincts observé et gardé, à lapugnition et correction de ceulx qui y contreviendront par les peynes qui y sont induites, telle qu'elle puisse servir de mémoire et d'exemple à Tadvenir, et vous ferez chose qui me sera bien agréable : priant Dieu, Monsieur du Lude, vous avoir en sa sainte garde.
Escript à Saint-Germain-en-Laye, le xili]*" jour d'aoust 1570. Signé : Charles. Et plus bas : de Neufville, avec paraphe.
Au dos est écrit : A Monsieur le conte du Lude, etc.. '.
215. — 30 août 1570. — Mémoire ou instruction pour la sûreté des places du Poitou, présenté au roi par le comte du Lude, et accompagné des réponses et décisions du roi 3.
Pour la seureté du païs de Poictou et places plus nécessaires et importantes.
Est considérable le doubte que pregnent les gens de bien catholicques pour Tobject qu'ils ont devant eulx, sçavoir de la Rochelle, Gongnae * en chascunes des quelles villes, quoiqu'il se dye , ou appertement ou soubs main, se retiennent ung grand nombre de soldats.
Et par ce, tant pour donner occasion aux dicts catho-
1. L'édit de pacification fut publié à Niort et à Chantemerle le 23 août 1570. {Chronique du Langon, p. 151.)
2. Deux jours après, le 16 août, le s»" de Puygaillard, qui était à Niort, écrivait au roi pour lui demander ce qu'il fallait faire des compagnies de gens de guerre qui étaient en Poitou, et notamment du régiment du capitaine Mascaron, dont il loue la belle tenue. Il demande en outre le gouvernement de Marans. (Arch. historiques de la Saintonge et de l'Aunis, iv, 297.)
3. Il est fait mention de cette pièce dans VHistoire de Fontenay-le' Comte^ par M. Fillon, qui l'avait trouvée dans les documents manuscrits de M. de la Fontenelle, t. I, p. 141.
4. Ces deux villes étaient comprises dans les quatre places âe sûreté données aux protestants par la paix de Saint-Germain.
liques de reprandre leur train de marchandise et commerce et pour la seuretté des places, est requis y ordonner certaines forces.
Et premièrement la ville de Nyort en laquelle par Tédict de paciffication rentreront mil ou douze cens huguenots, ayans jusques à présent tousjours porté les armes, ne se
peult conserver à moins que de
et outre y faire certaines réparations si nécessaires que Ton ne s'en sauroit passer.
V^, (Le roy, pour les considérations portées ez dicts articles cy dessus, ordonne que trois compaignies de gens de pied tiendront garnison au dict Nyort, qui sont les compaignies, trois de Corses que Sa Majesté y fera venir, et, outre cela, y demeurera la compaignie du cappitaine Arsac réduicte à cent hommes.)
Plus en la ville deSainct Maixant qui est une recepte des tailles qui couvre une bonne partye du pays. Comme aussy à Mesle, A Chizay et Aulnay.
2. (Sa Majesté ordonne que les dictes villes seront desmantellées. )
A Fontenay, Ton a apperceu la conséquence jusques à présent : car toutes fois et quantes qu'il a esté usurpé, le roy n'a joy d'aucune chose ; combien que le revenu ordinaire soit de dix ou douze mil livres, les tailles de deux cent mil livres, et par ce estant le plus beau et grand ressort du Poiclou, non moindre que Poictiers. Toute la noblesse, et mesme ceulx qui ont prins les armes qui s'y retirent à présent, y ayant ung presche, par ce ouvertm^e de libre accès à tous indifféremment, est à ceste cause bien requis y establir une bonne et grande force au moings de