‹ Lettres adressées à Jean et Guy de Daillon, comtes du Lude, gouverneurs de Poitou de 1543 à 1557 et de 1557 à 1585Chapitre 136 sur 173 · Il est ordonné qu'il sera retenu deux enseignes de · texte numérisé non relu

Il est ordonné qu'il sera retenu deux enseignes de

gens de pied en la dicte ville, attendant qu'elle soit desmantellëe ; les dictes compaignies seront prinses du régiment du sieur de Sarlabon. )

Plus est par mesme raison nécessaire pourveoir à la seureté de Montagu où Ton ne peult moins que de

4. (Il a esté escript au sieur de la Trimouille * de bien pourveoir à la seureté de la dicte ville, sinon y sera faict deux bresches. )

Et pour tenir en quelque devoir un chacun sur le plat pais et assister ceulx qui commanderont au dict pais, si pour quelque occasion il en estoit besoing, sera pourveu de quelques compaignies de cheval; que s'il plaisoit au roy ordonner au sieur Santurion ordonner tenir garnison au dit païs, Ton en tireroit facilement le service requis.

5. (Sa Majesté veult que la compaignie du sieur conte du Ludde tienne garnison au dict pays ; au payement de laquelle sera promptement pourveu, comme semblablement tiendra garnison la compaignie du sieur deMortemar *.

Est besoing au surplus pourveoir à plusieurs petites places et chasteaux qui ne servent que de retraictes à petits courreurs et pilleurs, affîn que personne ne s'en prévalle, qu'elles soient desmantellées et ouvertes.

6. ( Toutes les petites places qui appartiennent au roy, sa dicte Majesté ordonne qu'elles seront desmantellées. )

Est aussy besoing, comme requèrent les gens de bien

i. Louis de la Trémouille, duc de Thouars, prince de Talmond. 2. René de Rochechouart^ s»* de Mortemart, capitaine d'une com-

Jagnie d'ordonnance, né à Château-Larcher en 1528, époux de eanne de Saulx-Tavannes en 1570, mourut en 1587, et fut enseveli aux Cordeliers de Poitiers.

catholicques dePoictiers, la Rochelle, Nyort, Fontenay et tout le pays de Poictou pourveoir à la place de Marrans.

7. (Le roy envoyé le marquis de Yillars * pour commander en la Guyenne, lequel sçaura très bien pourveoir à la dicte ville. )

Et aux dictes compaignies ainsi ordonnées est très requis de pourveoir au moings de leur faire faire monstre et assignation asseurée pour les faire payer par chacun moys, aultrement n'est que une foulle au peuple et sans service, car n'estant payés, ils ne se peuvent contenir ; que à ceste occasion leurs Majestés ad viseront ordonner estât asseuré de faire les dicts payements.

8. (Il sera pourveu au paiement des compaignies que le roy retient au dict païs, comme aulx aultres des aultres provinces de son royaume. )

Sur toutes choses les Majestés regarderont ordonner à la justice pour en faire establir et commettre, à tout le moings pour quelque temps, certain notable personnage, recommandé et respecté, au bas pais, mesmes vers Fontenay, auquel lieu n'y en a aulcuns ^, et n'en est besoin de moindres quallités et auctorités que au siège mesme de Poictiers : car toutes les indiscrétions et insollances se sont exercées versle dict lieu de Fontenay et bas pays dePoictou.

9. ( Sa Majesté envoyera ung des maistres des requestes de son hostel par delà, pour y administrer la justice. )

Luzignan, une compaignie.

1. Honorât de Savoie, qui remplaça Montluc dans le gouvernement de la Guyenne.

2. M. du Lude avait déjà demandé en vain au roi, en 1565, l'établissement à Fontenay d'un magistrat capable et énergique, lors de la suppression malheureuse du siège royal, à la mort du sénéchal Michel Tiraqueau. (Voir plus haut.)

10. (Le sieur Dursé tiendra garnison au dit Luzignan avecques trente hommes et y commandera comme lieutenant du cappitaine. )

Et, outre le nombre cy dessus^ six aultres enseignes pour subvenir à une nécessité et pour mettre dans Poictiers et aultres villes où lebesoing et Toocasion se pourra présenter.

1 1 . (L'on s'aydera des garnisons, s'il en est besoing, et de deux compaignies que Sa Majesté veult que le dict sieur du Ludde retienne encores de celles qu'il a tousjours eues près de luy durant les troubles.)

Toutes les dictes compaignies qui sont au dict païs, tant de gens de pied que harquebuziers à cheval réservées celles cy dessus ordonnées et seront licentiées.

Faict à Paris, le 30 aoust 1 570. Signé : Charles. Et plus bas : DE Neuf VILLE, avec paraphe.

216. — 3 septembre 1570. — Lettre de Charles IX à M. du Lude.

Monsieur le conte, ma tante la royne de Navarre m'a escript qu'elle désiroit pour satisfaire à mon édict de paciffication renvoyer en leurs pays les forces de Daulphiné, Prouvenceet Languedoc qui ont estes duramt les troubles à la Rochelle, comme aussy quelques lansquenets en Allemaigne, me priant d'ordonner quelques commissaires pour accompaigner chacun ez dits pays, affin qu'ils puissent aller seurement et faire moins de fouUe sur mon pauvre peuple. Pour gaigner aultant de temps, j'ay advisé vous envoyer quatre commissions en blanc lesquelles vous remplirez de quatre gentilshommes saiges et bien advisés qui ayent cognoissance du pays , lesquels iront trouver les dittes forces où la ditte rovne de Navarre vous mandera

pour les accompaigner, chacun jusques en leurs pays, ainsy qu'il est porté par les dittes commissions ; vous admonestrés les dits commissaires leur faire prendre le plus court chemin qu'ils pourront, à ce que plutost ils puissent avoir faict le voyage; ce que les dits gentilshommes que commettrés pour cecy despenderont leur sera très bien payé, et davantaige je n'oublyeray jamais le service qu'ils m'y auront faict : j'escripts à maditte tante qu'il sera bon qu'elle commette aussi quelques ungs de son costë pour chacune des dittes trouppes pour les accompaigner, affin de pugnir et chastier ceulx qui feroient faulte. Les dits commissaires que nommerés seront instruits aussi d'advertyr de bonne heure, quant ils changeront de gouvernement ou province en leur voyage, les gouverneurs ou ceulx qui commanderont en icelles, affin qu'ils pourvoyent à faire dresser estappes, si besoing est, tant y a de les faire passer avec le moins de charge du peuple que faire se pourra. Le sieur de la Frézellière * est aujourdhuy despeschë qui vous portera ma résolution sur ce qu'il m'a parlé de vostre part : priant le Créateur qu'il vous ayt, Monsieur le conte, en sa très saincte garde.

Escript à Paris, le 3® jour de septembre 1 570. Signé : Charles. Et plus bas : de Neuf ville, avec paraphe.

Au dos est escrit : A Monsieur le conte du Lude, etc..

217. — 3 septembre 1570. — Lettre de Charles IX à M. du Lude.

Monsieur le conte, outre ce que vous escript présentement mon frère duc d'Anjou delà résolution que j'ay prise de me descharger de tant d'excessives despences que i'avois à supporter à l'occasion de la guerre, et de réduire les compaignies de gens de guerre qui avoient estes levées

1. Philippe Frézeau, s' de la Frézelière et de la Roche-Thibault, gouverneur de Niort.

en Poictou durant la nécessite; je vous prie, qu'estant le sieur de la Frëzelière retourné près de vous, faire le possible à licencier les compaignies que vous trouvères par Testât qui vous est envoyé que j'ay cassées, affin que mon pauvre peuple puisse commencer à se sentir du fruict de la paix, la quelle je désire grandement veoir establyr par tout mon royaume, et que ung chacun de ceulx qui ont charge et auctorité de moy en mes pais et provinces tiennent la main et s'emploient de tout leur pouvoir à Texécution de mon ordre de paciffication, comme je veulx, voire que vous ne vous y espargnerés aucunement aussi à donner tel ordre que, se retirant les soldats des compaignies que vous casserés, ils ne facent aucun désordre et insollence par les lieulx ou ils passeront, faisant faire si rigoureuse et exemplaire pugnition des premiers que cela serve à contenir les aultres. Pour quoy faire je vous prye, Monsieur le conte, de donner main forte à ma justice, la quelle sans estre secondée de ceulx qui ayment mon service, il est à inconvénient de régner, comme elle a faict ci devant, ayant bien des titres de tout mon pouvoir de la faire obéyr ; je vous envoiray bientost par delà ung des maistres des requestes de mon hostel pour y exercer et administrer la justice, sur les plainctes et dolléances qui s'y présenteront; vous verres au surplus les responses que j'ay faictes sur vos articles *, l'exécution desquelles je désire estre faitte en la plus grande promptitude et dextérité qu'il vous sera possible ; me remettant sur icelle et ce que vous dira de ma part le dit sieur de la Frézelière, je prierai Dieu, Monsieur le conte, qu'il vous ayt en sa garde.

Escript à Paris, le 3® jour de septembre 1570. Signé: Charles. Et plus bas : de Neufville, avec paraphe.

Au dos est écrit : A Monsieur le conte du Lude, etc.

1. Voir plus haut les réponses faites le 30 août, par le roi, aux demandes de M. du Lude.

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