‹ Lettres adressées à Jean et Guy de Daillon, comtes du Lude, gouverneurs de Poitou de 1543 à 1557 et de 1557 à 1585Chapitre 151 sur 173 · La Mothe-Saint-Héraye (Deux-Sèvres · texte numérisé non relu

La Mothe-Saint-Héraye (Deux-Sèvres

2. Le Journal de Michel le Riche, p. 123, relate le même fait dans ces termes : « Le jeudi 1*2 (décembre 1572), fut présentée une lettre à nous officiers du roi en cette ville (Saint-Maixent) et au maire, de par M. du Lude, où était contenu que le roi voulait que M. Alphonse tînt le château de la Mothe-Sainte-Héraie et y résidât pour quelque temps avec trente soldats des siens, et que, pendant cette résidence, nous eussions à lui fournir quatre-vingt pains par jour et un bœuf et une pipe et demie de vin par semaine. »

Tentreprinse de Marans, * et que les sieurs de Biron et de Strossy se soient saisiz des lieux qui sont es environs de la Rochelle *. J'espère que ce bon exploit sera ung adyertissement aux Rochelois de n'estre si insolans qu'ils estoient, et fault continuer ung si bon commencement et n'y perdre le tems et nulle occasion ; j'ay tel contantemenl du debvoir que ont fait vos bandes que j'ay résolu les entretenir toutes six, et partant ay commandé qu'il feust pourveu à leur payement, comme je vous prie vous asseurer qu'il ne y aura faulte, tant pour le remboursement de ce que me mandez que estiez après à emprunter pour leur faire faire monstre, que pour leur entreténement, les ayant à ces fins fait mettre sur Testât, comme je Tescripts à mon cousin le dit sieur Strossy. Je suis fort ayse aussy de ce que le sieur de Saint-Estienne-Vieillevigne ^ vous est venu trouver et lui en sçay tout bon gré ; il a faict office de fidelle et affectionné serviteur, de quoy j'auray perpétuelle souvenance^ et me sera plaisir le gratifïïer et faire pour luy ; cependant je vous prie donner ordre qu'il soit bien et favorablement traicté et tous ceulx qui l'ont suivy, sans qu'il leur soit fait aucune injure, tort ny déplaisir, ains conservez comme ceulx que je prens et mectz en ma protection et sauvegarde. Je luy escripts une lettre pour l'asseurer de ma bonne volonté et du contentement que je reçois du tesmoignage qu'il a rendu par tel acte de sa fidélité ; vous en dires autant de ma part à tous les aultres et poursuiverez vostre pointe, et à favoriser tousjours ceste entreprinse, Beaulieu, commissaire général des vivres, par-

i. Marans avait été pris le 4 àécQmhvQ. [Chronique du Langon, p. 165.)

2. Ils s'étaient emparés de la Grémenaudière, de Saint-Xandre, de Puy-Liboreau, de la Gord. [Hist. de la Rochelle, par le P. Arcère, 1. 1, p. 433, 434.)

3. Le s' de Saint-Etienne, fils de Jean de Machecou, sr de Vieillevigne, en bas Poitou, mécontent des Rochelais dont l'esprit soupçonneux l'avait blessé, s'était évadé de la ville assiégée pour se retirer près de l'armée royale. (Hist. de la Rochelle, par le P. Arcère, t. I, p. 423.)

tira au plus tost, pour aller par delà en toute dilligence, ayant cependant envoie devant les deniers néeessairei pour bailler aux marchans avecques lesquels il a contracté. Je vous prie, en attendant sa venue et de son argent, entre-* tenir les dits marchands en bonne volunté et dévotion d© tenir et exécuter leur contract, les assistant et favorisant en tout ce qu'il vous sera possible, aflin qu'ils ayent plus de» moyen de satisfaire à ce qu'ils ont promis et n'y faire faute,, J 'a vois receu auparavant vo&tre lettre du dernier du passéj par laquelle me mandiez avoir donné ordre que le bruit de ceste rumeur advenue à çion partement de ceste ville n'en engendrast ung autre par delà, dont j'ay pareillement esté très ayse, estant très contant de vous et (Je vostre soin g et affection à mon service. J'e^cripts ung mot de lettre aux sieurs du Landreau * et des Roches Baritault ^ du contantement que j'ay du service qu'ils ont faict ea ceste occasion ; priant Dieu, Monsieur le conte, vous avoir en sa garde.

Escript à Paris, le xij® jour de décembre 1572. Signé : Charles. Et plus bas : de Neufville, avec paraphe.

Au dos est escript : A Monsieur le conte duLudde^, etc.

252. — 21 décembre 1572. — Lettre de Charles IX à M. du Lude.

Monsieur du Lude, je vous ay mandé par la Cornyère me voulloir servir des six compagnies que vous avez levées, en considération du service qu'ils n^'ont faict à Marans où

1. Charles Rouault, s' du Landreau et d^ Bournezeau, avait re-^ nonce au protestantisme dès 1568.

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