‹ Lettres adressées à Jean et Guy de Daillon, comtes du Lude, gouverneurs de Poitou de 1543 à 1557 et de 1557 à 1585Chapitre 152 sur 173 · Philippe de Chateaubriand, s"" des Roches-Baritaud · texte numérisé non relu

Philippe de Chateaubriand, s"" des Roches-Baritaud

3. Quelques jours après, le 17 décembre, le cte du Lude écrivit de Niort au roi pour protester contre de faux rapports qui lui attribuaient la levée arbitraire de blés et de viandes sur les hf^bitants du pays, pour la fourniture de l'armée royale devant la Rochelle, dont M. de Beaulieu était commissaire général des vivres : il l'assurait qu'il avait ordonné seulement la levée de foin, paille et avoine pour la gendarmerie , moyennant un prix raisonnable. {Arch. de la Saintonge et de l'Aunis, t. IV, p. 300,)

vous les avés mis et laissées ; vous m'avés aussy escript leur avoir fait faire monstre ; partant, affin de pourveoir au remboursement, je désire voyr les roolles d'icelles monstres bien et deuement expédiés, comme il appartient, lesquels à cette cause vous m'envoirés incontinent. Davantaige j'escripts au sieur de Byron, attendu que les forces de l'armée sont de présent entre la Rochelle et Marans , qu'il n'est besoing y tenir toutes les dittes compaignies ; à ceste cause qu'il les mande et face entrer dedans le camp pour le renforcer tousjours, laissant seuUement au dit Marrans cinquante ou soixante hommes avecques quelques capitaines pour leur commander, pour la garde d'icelle. Vous tiendrez la main que je soys en ce obéy, affin que mon frère le duc d'Anjou arrivant au camp, qui pourra estre dans le 1 5 du mois prochain, il y retrouve toutes les forces prestes et assemblées pour estre payées et servir. Ce qui est le plus nécessaire en un camp, c'est pourveoir que les marchands volluntaires et vivandiers y ayent seur et lybre accès ; car, selon que les premiers qui y vont seront traictés et receus, les autres y prendront exemple. J'escripts au sieur de Biron y donner telle ordre, que dans le dit camp les dits marchands et vivandiers soyent bien recueillis et favorablement traictés. Je vous prie que passans, soyt en allant ou retournant en l'estendue de vostre charge, ils y trouvent seureté et ne leur soyt faict aucun tors ne desplaisir, faisant, sans acception de personnne, très rigoureusement chastier ceulx qui entreprendront quelque chose sur eulx, comme j'entends que plusieurs se lycentient de faire, et mesmes aucuns soldats de la garnison de Mauzay ayant destroussé une charrette d'amonnission qui alloyt au camp, dont j'estime que vous aurez fait punission. Priant Dieu, Monsieur du Lude, vous avoir en sa garde.

Escript à Paris, le 21® jour de décembre 1572. Signé : Charles. Et plus bas : de Neuf ville, avec paraphe.

Au dos est écrit : A Monsieur le conte du Lude, etc..

253.— 3 janvier 1573. — Mandement de Charles IX à M. du Lude.

Charles, par la grâce de Dieu, roy de France au sieur du Ludde, gouverneur et nostre lieutenant général es pays de Poictou et Myreballays, salut. D'aultant que pour l'accélération et plus prompte exécution de l'entreprinse que nous avons fait sur la ville de la Rochelle pour la réduction d'icelle en nostre obéissance , nous avons besoing de nous ayder de harnoys,chevaulx, muUes et boeufs de nos subjects en vostre gouvernement pour conduire partye de ce qui reste en nostre ville de C^hastellerault, tant des pièces d'artillerie et munitions d'icelle y estans que nous entendons faire acheminer en celle de Niort, nous vous mandons et très expressément enjoignons que vous ayez à faire saisir par tous les lieulx de vostre gouvernement, mesme et plus proches du dit Chatellerault, tous et chacuns les harnois, chevaux, mulles et boeufs qui se trouveront propres pour cet effet et iceulx envoler incontinant et le plus promptement que faire se pourra en la dite ville de Chastellerault en laquelle ils seront receus par les commis sur ce de nostre dite artillerie, pour, après avoir esté payés et satisfaits et leurs harnoys chargés , s'acheminer en la dite ville de Nyort * où ils laisseront leurs dites charges et se retireront en leurs maisons, s'il ne leur est autre chose commandé pour nostre service. Si donnons en mandement à tous nos juges et autres officiers qu'il appartiendra que à l'exécution du contenu en ces présentes ils entendent diligemment , prestent et donnent confort et ayde et prysons, si mestier est, car tel est nostre plaisir, non obstant oppositions ou appellations quelsconques et sans préjudice d'icelles, pour

1. Le passage de l'artillerie et des munitions à Saint-Maixent, les 13 et 16 janvier 1573, est signalé par le Journal de Michel le Riche, p. 424.

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