Charles de la Rochefoucault, seigneur de Barbezieux
mon chancelier, mon cousin le sieur de Sainct- André et rëvesque de Goustances que j'ay laissés à Mascon avec ma femme pour entendre à mes affaires de deçà, attendant mon retour qui sera dedans cinq sepmaines, lesquels vous pourveoiront à ce qui requerra prompte expédition, suivant la charge que je leur en ay donnée. Au demourant, je ne veulx obljerà vous dire comme mon cousin le connestable m*a faict entendre ce que luy avés escript de la Visitation par vous puis naguerres faicte de ma ville de la Rochelle et de mes ports, havres et limittes de mon pays de Poictou, qui m'a esté plaisir, vous disant sur ce adieu, Monsieur le conte, qui vous ait en sa saincte garde. >
Escript à Pontdoyn, le xxvij^ jour de juillet 1548. Signé :t Henry, et plus bas : Clausse, avec paraphe.
Au dos est écrit : A Monsieur le conte du Ludde, mon lieutenant au conté de Poictou et gouverneur de la Rochelle,
14. — 9 août 1548. — Ordre au comte du Lude d'interdire aux sujets fidèles toutes communications avec les insurgés des com-»' munes de Guyenne.
Henry, par la grâce de Dieu, roy de France, à nostre amé et téal le conte du Ludde, gouverneur et nostre lieutenant général en Poictou, et à tous baillifs, sénescliaux, prévost, cappitaines, maires, consuls et gouverneurs de villes, cités, chasteaulx, et autres justiciers et officiers ou leurs lieutenans et à chacun d'eulx auxquels ces présentes ou le vidimus d'icelles fait soubs le contre scel royal seront monstrées et envoyées, salut et dillection. Pour ce que nous avons esté advertis que puis naguères à Tinstigation et persuacion d'aucuns ennemis du bien et repos publicq s'est faicte et eslevée en nostre pays de Guyenne une émotion populaire pour laquelle rompre et deffaire nous avons mandé des gens de nos ordonnances jusques au nombre
de mil hommes d'armes et douze mil homme de pied et cependant advisé de leur faire oster tous moyens d'avoir vivres et autres choses nécessaires pour leur entretenement ; nous, à ces causes^ vous mandons commandons et enjoignons par ces présentes et à ung chacun de vous que incontinant vous faictes inhiber et defFendre à son de trompe et cry publicq par les villes, villaiges et aultres lieux de vos ressorts et jurisdictions que verrez bon estre, que aucuns de nos subjects de quelque qualité ou condition qu'ils soient, gens d'Eglise, nobles et roturiers n'ayent à porter ne faire porter ou subministrer publiquement ou occultement, directement ou indirectement ausdis communes ainsi assemblées aucuns vivres, .... ou munisions de guerre ne aultres choses quelsconques appartenantes aux vivres, armement, vestement ne aultre commodité quelle qu'elle soit, ne leur ouvrir ou faire ouvrir les portes des villes, chasteaulx et places, ne leur donner ayde et faveur quelconque, et ce, sous peine de confiscation de corps et de biens. Et se aucuns sont trouvez l'avoir faict et avoir contrevenu aus dites inhibitions et defFenses, procédez et faictes procéder à l 'encontre d'eux sommairement par les peines susdites; de sorte que les aultres y preignent exemple. De ce faire, vous avons et à ung chacun de vous donné, et donnons plain povoir, puissance, auctorité, commission et mandement espécial, voulans que aux vidimus de ces présentes faictes soubs scel royal ou autentique, foy soit adjoustée et soient en vertu d'iceulx les dites inhibitions et defFenses faictes par vous et ung chacun de vous, tout ainsi que vous ferez en vertu de ce présent original ; car tel est nostre plaisir.
Donné à Lyon, le ix^ jour d'aoust, l'an de grâce mil cinq cens quarente-huit, et de nostre règne, le deuxième. Par le roy en son conseil : Bochetel.
15. — 19 août 1548. — Ordre au comte du Lude de marcher coatre les communes insurgées.
Monsieur le Comte,
J'ay, ce jourd'huy, receu les lettres que m'avez escriptes deSaumurle 10 de ce mois, par lesquelles j*ai veu comme suivant ce que je vous avois mandé, vous avez donné ordre de faire assembler vostre compaignie et adverty le sieur de Breszé lieutenant de mon cousin le marquis du Mayne de faire le semblable de celle de mon dit cousin pour aller en Angoulmois et Xaintonge assister et donner main forte à mes officiers de par dellà en l'exécution des commissions que je leur avois décernées pour procedder à la correction des rebellions , séditions , émotions et assemblées de comunes qui se y sont faictes; de quoy je vous scay fort bon gré et ne fais doubte que le sieur de Fontaines, gentilhomme de ma chambre que j'ay envoie devers vous, ne vous aict trouvé ou dit pais, ou bien en Poictou, avant l'arrivée de la présente en vos mains, par lequel aurez entendu mon intention sur le faict des dites rébellions et ce que j'ay sur ce ordonné qui me gardera de vous en dire aultre chose, sinon que sur la remonstrance qui depuis m'a esté faicte de la part d'aucunes des dites communes parle maistredemes eaues et forests d'Angoulmois, j'ay, pour évitter à la perte et dommaige que peult estre ceulx qui n'en pourront mais seroient pour souffrir avecques les mauvais et coulpables, advisé de faire la dépesche dont je vous envoie le double par le sieur de Brizambourg présent porteur et néantmoins ne saichant ou vray si les dites communes vouldront faire ce que le maistre de mes eaues et forests m'a déclairé de leur part, je ne laisse de faire assembler la gendarmerye que j 'ay ordonné marcher droict audit pais d'Angoulmois et Xaintonge, ainsi qu'avés entendu par ledit sieur de Fontaines, d'autant que je la feray bien
tousjours retirer assez à temps quant je verray que faire se debvra comme vous serez plus au long adverty par le dict Brizambourg, lequel je vous prie, Monsieur le comte, croire de ce que sur ce je luy ay donné charge vous dire de ma part, ainsi que vouldriez faire moy-mesme et vous me ferez plaisir et service très- agréable.
Escript àThurin, le xix' jour d'aoust 1 548. Signé : HeiïRT. Et plus bas : Clausse.
La suscription : A Monsieur le conte du Lude, mon lieutenant général en Poictou.
15. — 27 août 1548. — Lettre du roi Henri II au œmte du Lude, sur la répression du soulèvement de l'Angoumois.
Monsieur le conte, depuis le partement de Brisambourg que j*ay envoyé devers vous avecques les dépesches qu'il vous aura communiquées, j'ay entendu par Sainte-Foy, fils du sieur de Jarnac, les remontrances et supplications qu'il m*a failtes de la part des communes assemblées en Angoulmois, lesquelles tendent à miséricorde ; sur quoy vous avés assez amplement esté informé de mon intention par les dépesches qui vous ont estes faictes par moy et les gens de mon conseil estans à Lyon, desquelles ils m'ont envoyés les doubles; par quoy je ne vous en feray redicte, mais seuUement vous adviseray. Monsieur le conte, que j'ay esté très-ayse d'entendre par le sieur de Sainct-Séverain, présent porteur, la prinse par luy faicte du collonel* et de troys ou quattre des principaulx des dittes communes, desquelles puisqu'elles font si mauvais guet, j'espère que viendrés aisément à bout avant que aies pardelà toutes les forces que pour ce y fais marcher et que n'aurez failly de pourveoir à la seureté de ma ville de Poictiers, qui par ce que