TOME XII
vous estes, il y avoit desja quelques jours, adverty ; ensemble, d'autres qui s'estoient faictes ailleurs pour empescher la perception de mes droicts de gabelle et exécution, des édits sur ce cj-devant faicts. Je décernay commissions; aux sënëchaulx d'Angoulesme et Xaintonge et leurs lieutenans, aux prévôts des mareschaulx esdicts lieux et autres, pour informer sur les dictes assemblées, sédition^, et émotions populaires , et procéder à l'encontre des coul? pables et mesme contre les aucteurs des dites séditions selon le naérite du délict qui ne pourroit estre plus grant, et mandé à mon dict oncle donner main forte et armée pour l'exécution des dittes commissions et pour ce que depuis je luy ay escript qu'il me vienne trouver à Lyon à la fin du moys prochain, tant pour parfaire le mariage de ma cousine la princesse de Navarre sa fille avecques mon cousin le duc de Vandosme*, que pour autres affaires de grant importance; au moien de quoy il ne pourroit entendre à ce que dessus sans retarder sa venue aussi que le sieur de Moneyns^, mon lieutenant en son absence au gouvernement de Guyenne est de présent occupé sur la frontière du dict gouvernement pour la seureté d'icelle. J'ay pour ceste cause et pour la confiance que j'ay de vous, advisé de vous commectre la charge d'assembler les compaignies de mes ordonnances estans de présent en garnison en mes pays de Poictou et Xaintonge et telles autres de celles qui sont au dict gouvernement de Guyenne que verres estre plus à propos pour si congnoissés que besoing soit assister avecques lesdictes forces et autres que pourrés assembler,, selon la nécessité qu'il en sera aux commissaires susdicts à l'exécution de leurs commissions. En quoy je vous prye,
1. Jeanne d'Albret, fille du roi de Navarre, épousa Antoine de Bourbon, duc de Vendôme, le 15 octobre 1548.,
2. Tristan de Moneins, lieutenant du gouverneur de Guyenne, capitaine du Château-Trompette à Bordeaux. Il fut massacré parles insurgés de Bordeaux le 21 août 1548.
Monsieur le conte, vous employer si vivement, suivant le pouvoir que je vous ay pour ce faiet expédier, lequel je vous envoyé, que les rebelles et coulpables soient pugnis exemplairement et moy et justice obëye. Et pour ce que je ne puis croire si grosses assemblées s'estre faictes sans le consentement d'aulcuns gentilshommes du pays, je vous envoyé aussi des lettres que j 'envoyé aux sieurs d'Archiac, de Sainct-Magrin, de Barbezieux *, de Montauzier, de Montendre, d'Ozillac, de Fontainnes, des Roys, d'Ambleville, de Montlieu, de Montmoreau et de Sainct-Mory, lesquelles aiant veu, vous leur ferés tenir, à celle fin que suivant le contenu d'icelles ils s'emploient de tout leur pouvoir en tout ce qui concernera l'exécution des commissions susdictes et entretenement de l'ordre estably sur le faict des d icts magazins, m'advertissant du devoir que pourrés entendre que chacun d'eulx y aura faict pour en savoir gré à ceulx qui le mériteront. Et si vous pouvés estre adverty qui sont ceulx qui favorisent ledict peuple esdictes séditions dont je vous prye vous enquérir secrètement et dextrement, vous ne fauldrés de le m'escripre ; et néanmoins tenir main que par lesdits commissaires soit procédé à l'encontre d'eulx, selon et ainsy qu'il leur est mandé par les dictes commissions. Et pour aultant que je me tieris tout asseuré que vous ne fauldrés de satisfaire en tout ce que dessus le plus diligemment et mieulx qu'il vous sera possible selon la seureté et fiance que j'en ay en vous^ je ne vous en feray plus longue lettre, si ce n'est pour vous adviser, Monsieur le conte, que me ferés en ce faisant, plaisir et service qui me sera grandement agréable, et si d'adventure il vous est besoing d'autres pouvoirs et provisions, vous m'en advertirés incontinant en Piedmont où je vays présentement pour visitter mes places fortes du dict pays, et pareillement mes cousins , les cardinal de Lorrayne et duc de Guyse,