mai 1574. — Lettre du roi Charles IX, mourant
à M. du Lude, ,r,^
or
Monsieur le conte, vous savés cy devant mon indispQ?^ sition laquelle depuis ung jour en çà est fort aQcreu^,.et, suis aujourdhuy en tel estât que j'attens ce qu'il plaira à Dieu faire de moy, en la main duquel sont toutes choses humaines, estant tout prest à me conformer à sa saincte volonté. Cependant j'ay prié la royne, madame ma mère^ que suppléant au deffault de ma malladye, elle veuille avoir plus grand soing que jamais de mes affaires et de ceulx de mon royaume, ainsy que très dignement elle s'en es.t acquittée jusques icy; désirant qu'elle soyt obéye en tout ce qu'elle commandera, tant durant ma maladie que là où il plaira à Dieu faire son sainct commandement de m,oy, jusques à ce que mon frère le roy de Pollogne qui est mon légitime successeur soyt arrivé par deçà. Et quant à vous, Monsieur le conte, encores que je m'asseure bien que vous ne deffauldrés en riens de vostre devoir à contenir toutes choses en bon repos en vostre gouvernement et à faire recongnoistre à mes subjects l'auctorité de ma dicte dame et à les retenir en l'affection et dévotion d'obéissance qu'ils doivent à mon dict frère, en cas que il pleust à Dieu faille §a
volante comme dessus est dict, si est ce que je vous en ay bien voulu escrire et vous pryer que, en remectant devant les yeux de tous mes subjects, tant de ma noblesse , que aultres sortes d'estats de vostre gouvernement la grande fidellité et loyauté que ont tousjours gardée les Françoys envers ceulx à qui légitimement est advenu la succession de la couronne et sceptre royal, dont ils ont estes recongneus par dessus toutes les nations du monde, ils en veuillent user de mesme à l'endroict de mon dict frère le roy de Pollongne, sur l'accident qui me pourroit survenir ; y tenant de vostre part la bonne main pour aller au devant de tous les maulx qui pourroient résulter, à la généralle ruyne et subversion de mes dicts subjects, là où ils le feroient aultrement et se dévoyeroient de ce qui est de leur devoir, selon Dieu et la loy de nature. J*ay faict entendre ceste mienne volunté et intention à mes frères, les duc d*Allençon et roy de TNavarre qui m*ont promis et asseuré de Tensuyvre et d'obéyr à ma dicte dame et mère, selon l'amour et bonne affection qu'ils luy portent et le désir qu'ils ont à la conservation du repos général de mon royaume, me confiant bien qu'ils y feront tout loyal devoir de leur part, comme je m'asseure que vous fercs aussy de la vostre : je n'estendray là présente plus avant que pour prier Dieu, Monsieur le ébnte, vous avoir en sa saincte et digne garde. ''Escript du chasteau de Vincennes, le 29^ jour de may t5T4. Signé : Charles. Et plus bas : Fizes, avec paraphe, f Au dos est escript : A Monsieur le conte du Ludde, etc. nom i fnuoy
PAIOV
277. — l*"" juin 1574. ~ Lettre du prince Henri, roi de Navarre,
à M. du Lude.
Monsieur le conte , vous entendrés par la lettre que la fëine vous écrit comme il a plu à Dieu apeller à soy le feu
roy Monseigneur *, qui est une perte si grande à ce royaume que je m'asseure tous les bons serviteurs d*ieelluy en porteront autant de regrets et de déplaisir que le désastre et inconvénient est grand. Toutes fois je me consoUe en cette affliction, que Sa Majesté prévoyant sa fin, pour témoigner le désir qu'il a tousjours eu au repos de ses subjets, a voulu et ordonné par sa dernière volonté que l'administration et régence des affaires demeureroit à ladite dame, attendant l'arrivée du roy de Pologne, étant assuré que sa prudance et la longue expérience qu'elle a d'iceux et pour la dévotion singulière qu'elle a à cette couronne , elle sçaura disposer toutes choses au bien et repos d'elle : en quoy je ne doute aussi que tous ceux qui y tiennent les premiers lieux ne l'assistent, obéissent et reconnoissent, selon qu'elle en est très digne par ses vertus, comme je désire y satisfaire de ma part, tant pour l'obligation particulière que j'ay à ladite dame, que pour l'obéissance et reconnoissance que je dois audit seigneur roy de Pologne, l'ayant Notre Seigneur apellé à cette dite couronne ; ce que je m'assure vous voudrés aussy faire de la vostre, continuant le zèle et l'affection que vous avez toujours eu au bien de cette dite couronne; priant Dieu, Monsieur le conte, vous avoir en sa sainte garde.
Ecrit au Bois de Vincennes, le l^*" juin 1574. Votre bon amy. Signé : Henry.
Au dos est écrit : A Monsieur le conte du Lude, etc..
278. — 1" juin 1574. - Lettre de la reine Catherine de Médicis
à M. du Lude.
Monsieur le conte, vous avez entendu par la lettre que le feu Roy, monsieur mon fils, vous a puis naguières escripte