Beauvoir-sur-Mer
que vous pourrez *, affîn que m'approchant du lieu où vous serez nous puissions joindre nos trouppes ou pour le moings nous favoriser, de sorte que nos ennemys en reçoivent Tincommoditë que nous leur désirons ; à quoy me tenant certain que vous ferez la dilligence qui se peult espérer d'ung bon et affectionné serviteur de son roy, je vays prier Dieu vous donner, mon cousin, ce que désirez.
De Chinon, le 1 5^ jour de juing 1 574.
Mon cousin, je ne veulx oublier de vous dire que laroyne m'envoye quatre compaignies de gens d'armes, trois cens chevaulx d'artillerye et de quoy entretenir deux mil harquebusiers. J'espère avoyr tout cella icy devant six jours; si les ennemys s'en approchent, comme il m'envient tous les jours des advertissemens, vous n'aurez pas grand peyne par delà. J'ayfaict reprendre les cliasteau et ville du Blanc et le chasteau de Foussacoù il s'est trouvé beaucoup de prisonniers *. Voustre affectionné amy. Signé : Loys de Bourbon.
La suscription : A mon cousin, Monsieur le conte du Lude, etc.
282. — 19 juin 1574. — Lettre de Catherine de Médicis à M. du
Lude.
Monsieur du Lude, ça esté très bien faict de faire publier en l'estendue de vostre charge que chacun eust à recongnoistre pour roy et vray successeur à ceste couronne le roy monsieur mon fils et luy rendre toute obéissance et fidellité,
1. M. du Lude avait rappelé à Niort, dès le 9 juin, une compagnie d'arquebusiers à cheval, quiétait à Auge près Saint-Maixent. Le 13, il avait ordonné à l'arrière-ban de se réunir à Saint-Maixent, sous les ordres du s»" de Sanzay. Le 20juin, l'arrière-ban était à Champigny. (Journal dM.e Riche.)
2. Le Blanc et Foussac avaient été surpris, au commencement de juin, par le lieutenant La Haye et ses partisans les politiques, alliés aux protestants. Poursuivi vers Montmorillon et Foussac par le capitaine Richelieu, le lieutenant La Haye fut blessé à la gorge. [Journal de le Riche, p. 178.)
vous priant tenir main que nul se départe de ce devoir. Au demourant, vous aurez entendu par le sieur de la Messalierre * et la lettre que je vous ay escripte par luy, ce que j'ay mandé à mon cousin le duc de Montpensier sur la séparation qu'il a faitte de son armée. Il faudra veoir ce qu'il vouldra faire et à quoy il se résouldra. Je luy renvoyé encores présentement le sieur de Tuverac * avecq trente mille livres pour payer les gens de pied ; je faicts pareillement acheminer vers luy trois compaignies de gens d'armes et mande au sieur de Matignon ^ luy envoyer le sieur de la Hunaudaye * avecques sa compaignie et les forces qu'il a menées de Bretaigne et toute la cavallerie dont il se pourra passer pour le siège de Carentan ^. J'escripts à mon dict cousin vous secourir incontinant de ce que vous aurez besoing, affin de vous sortir delà peyne où vous estes et vous donner moien de faire la récolte et empescher les ennemys de la faire : c'est, Monsieur du Ludde, tout Tordre que je puis donner sur ce que vous m'avés mandé etescript par ce porteur; et, sy mondict cousin le duc de Montpensier veult plustost revenir de deçà ou aller en son gouvernement de Bretaigne, dont je serois bien marrye, pour estre sa présence très nécessaire par delà, je vous feray aussitost envoler toutes ses forces et au sieur de Biron pour vous en ayder et servir par ensemble. C'est tout ce que je vous puis mander pour ceste heure, après vous avoir asseuré que je serois très marrye
1. François Frottier, s"" de la Messelière et Melzéart, capitaine de 50 hommes d'armes en 1569, lieutenant de la compagnie de M. de Sansac en 1571, chev. des ordres du Roi. {Dict. des familles de l'anc. Poitou, t. II, p. 132.)
2. Le sr de Touverac était capitaine d'une compagnie d'arquebusiers à cheval qui se trouvait à Auge le 7 juin, sous les ordres de son lieutenant, le sr de Jonvelle, et qui fut mandée à Niort le 9 par M. du Lude. [Journal de le Riche, p. 176, 177.)
3. Le s»" de Matignon (Jacques Goyonj était lieutenant général de Normandie.
4. René de Tournemine, baron de la Hunaudaye, originaire de Bretagne.