‹ Lettres adressées à Jean et Guy de Daillon, comtes du Lude, gouverneurs de Poitou de 1543 à 1557 et de 1557 à 1585Chapitre 18 sur 173 · Cavor en Piémont · texte numérisé non relu

Cavor en Piémont

faisons marcher droict en Poictou mille hommes d'armes et une trouppe de dix enseignes de lansquenets, aveoques quelques autres forces ; et du coustë de Languedoc, nous envoyons nostre très-cher et très-amë cousin le connestable, avecques vingt enseignes de vieulx souldats de ce pays de Piémont, François et Italiens et autres si bonnes trouppes, que nous faisons compte d'en avoir bientost la raison par la force, si la douleeur dont nous avons délibéré user envers ceulx qui recognoistront leur faulte, n'y peult avoir lieu.

Donné à Prégelas, le 6^ jour de septembre 1548. Signé : Henri. Et plus bas : de l'Aubespine.

La suscription porte : « A nos très-chers et bien amés les maire, échevins, bourgeois et habitants de notre bonne ville de Poictiers.

19. —• 9 septembre 1548. — ■ Lettre du roi Henri II au comte du Lude, sur les séditions des pays d'Angoumois.

Monsieur le Conte,

J'ay cejourd'huy receu vos lettres du trois de ce mois, par lesquelles et aussy par celles qu'avez escript à mon cousin le Connestable, j'ay entendu l'arrivée du sieur de Brisambourg devers vous, et pour ce que je ne m'attendois pas plus que vous faictes que pour la dépesche que j'ay fait bailler au maître de mes eaues et forests d'Angoulmois les communes eslevées par delà feussent pour se retirer, je n'ay laissé de donner ordre de faire marcher en diligence les compagnies que j'avois ordonné aller audit pays; et encores présentement j'escripts pour cest effect par tous les baillages et sénéchaussées de mon royaume, lettres dont je vous envoyé le double. Davantaige, je faiz marcher droit en iceluy pays toutes les bandes de lansquenetz que j'ai en Picardie, et queques d'avanturiers françois, et y envoie

mon cousin le duc d'Aumalle* qui partira dedans deux jours en poste, pour avecques les dites forces , rompre icelles assemblées et les faire venir à la raison, si d'elles-mêmes ne si mettent, comme je pense qu'elles feront aisément, veu que avecques si peu de compagnie que celle que vous avez maintenant, vous les avez chassées jusque de la Charente. Et cella fait, mondit cousin le duc d'Aumalle s'en yra avecques icelle force joindre à mon cousin le conestable, lequel j 'envoyé par le Languedoc droict à Bourdeaux, si bien accompagné d'autre nombre de gendarmerie, chevaulx légiers et gens de pied que je fais venir de Piedmont, de Provence et autres lieux, que j'espère avoir de brief la maîtrise de ceulx dudit Bourdeaulx, et qu'ils seront châtiez selon le mérite du malheureux et scandaleux acte qu'ils ont commis. Et affin que par la mer ils ne puissent aucunement [être] secourus, j'ay mandé à mon cousin le duc d'Estampes * qu'il face aller à l'amboucheure de la rivière dudit Bourdeaulx, le plus grand nombre de navires de son gouvernement qu'il pourra, pour arrester et prendre, s'il est possible, tout ce qui y voudra entrer ou en sortir, attendant le retour de partie des navires et autres vaisseaux que j'ay en Escosse, lesquels j'employeray en ce mesme effect. N'ayant toutesfois délibéré de forclorre de ma miséricorde ceulx que d'eulx-mesmes recognoistront leur faulte et me feront requérir pardon, comme desià font soubs main plusieurs de ceux de la ditte ville; vous advisant, Monsieur le conte, que je suis très-content que vous oyez ceux que les communes de Xaintonge et Angoulmois doivent envoyer devers vous et que prenez par escript signé de leurs mains leurs doléances et demandes que dictes

1. François de Lorraine, duc d'Aumale, traversa le Poitou au commencement d'octobre 1548 (Archives historiques du Poitou, t. IV, p. 312-314.)

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