‹ Lettres adressées à Jean et Guy de Daillon, comtes du Lude, gouverneurs de Poitou de 1543 à 1557 et de 1557 à 1585Chapitre 19 sur 173 · Jean de Brosse, comte de Penthièvre, duc d'Etampes · texte numérisé non relu

Jean de Brosse, comte de Penthièvre, duc d'Etampes

qu'ils veuUent faire, leur prometant que m'envoyerez ledit escript, estimant que je ne seray pour les refFuser en choses honnestes et raisonnables pour la bonne volunté que vous avez toujours congneue que j'ay eue de bien et gratieusement traicter mes subjects. Et s'il se trouve que mes officiers sur le fait des ou autres les ayent indeue-

ment molestez, les asseurerez que comme prince qui ayme justice et qui ne veult souffrir estre fait torta nully, j'en feray faire telle et si griesve pugnition qu'elle servira d'exemple. Au demeurant, Monsieur le conte, puisque ceulx de la Rochelle continuent de se faire contenir en la fidellitë et obéissance qu'ils me doibvent, et qu'ils ont bonne volunté de tenir ferme pour moy que m'escripvez, je trouve

très celles du sieur d'Estissac votre beau-frère * en

Périgort saichant le désir et moyen qu'il a de m'y faire service, ne voullant oublier à vous dire comme desjà j'avais escript à ceulx de Périgueulx pour les admonester de faire leur devoir, et mande à la plupart des gentilhommes du pays qu'ils se retirassent en la dite ville pour la seureté d'icelle, ce que j'ay faict semblablement par tous les autres endroits que j'ay estimé estre requis; de sorte que j'espère que brief les choses seront reduittes en Testât que je désire. Et afin que ceulx dudit la Rochelle et de Poitiers entendent que vous ne m'avez cellay le devoir qu'ils ont faict, je leur en escrips les lettres que je vous envoie, lesquelles aiant veues, vous les leur ferez tenir, les asseurant que en recognoissance je leur feray toujours tel et si bon traiclement qu'ils auront cause de s'en contenter et pour ce que je vous ay envoyé le sieur de Sanssac et depuis escripz par

le commis de m'en escrire aussi que mondit

cousin le duc d'Aumalle sera bientost par delà, par lequel pourrez amplement entendre mon vouUoir et intention sur

1. Louis d'Estissac devint plus tard gouverneur de TAunis et de la Rochelle^ par la cession que lui en fît M. du Lude, son beau-frère.

toutes choses. Je ne vous feray la présente plus longue, si n*est pour vous adviser que m'envoiant par estât signé de votre main les frais que vous avez advancez en ce que je vous ay ordonné faire pour mon service que vous me faictes, ny pareillement celles que dictes que me font les sieurs de Fontaine, de Bresse et de Boisdaulphin, comme congnoistrez par elFect, priant à tant notre Seigneur, Monsieur le conte, qu'il vous ait en sa sainte garde.

Escript à Vigille *, le ix^ jour de septembre 1 548. Signé : Henry. Et plus bas : Clausse, avec paraphe.

Au dos est escrit : A Monsieur le conte du Lude, mon lieutenant général en Poitou.

20. — 2 décembre 1548. -— Lettre du roi de Navarre au comte du

Lude.

Mon cousin, j'ay présentement reçeu des lettres patentes du roy, par lesquelles m'est mandé faire publier et les deffenses par cy-devant faites touchant le port des harquebuzes partout mon gouvernement, dont je vous ay voullu advertir et envoier lesdites lettres patentes, vous pryant que incontinant les avoir receues, vous les faictes publier en Bourdelloys^. J'envoyece pour teur aux séneschaulx de mon dict gouvernement, pour chacun en son destrict les faire publier, entretenir et observer suyvant le contenu en icelles; et à tant je prieray nostre Créateur vous donner, mon cousin, sa très-saincte grâce.

Escript à Yendosme, le second de décembre 1 548. Vostre bon cousin, signé : Henry.

La suscription est : « A mon cousin, monseigneur du Ludde. »

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