Vizille en Dauphiné
2. Le connétable de Montmorency, après la répression de l'insurrection à Bordeaux, y avait laissé le comte du Lude en qualité de gouverneur. (Histoire d'Aquitaine, par de Verneilh-Puyraseau, t. II, p. 340.)
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21. — 14 décembre 1548. ^ Lettre du Connétable au comte du Lude, sur l'état des troupes placées sous ses ordres.
Monsieur du Lude,
J'ay, avecques vos lettres du 6® de ce moy s, reeeu restât des monstres et payemens faicts pour ce dit moys^ des bandes des gens de pied qui sont à Bordeaulx, et quant aux quarante payes demandées par le cappitaine Aguerres, comme les ont les vieilles bandes de Piedmont, c'est chose que le roy n'entend point qu'il ait ; mais veult qu'il se contente de pareil estât que celluy qu'il a eu durant le temps que j'estois par dellà, et semblablement le cappitaine de Vie, ce que vous leur ferez entendre leur debvoir en leur charges. Comme je me attends que chacun d'eulx fera, je tiendray main que leur service sera par autre moyen recongneu, de sorte qu'ils auront cause de se contenter. Ai^ regard de Testât de cappitaine de vostre garde, le dit sieui^ est content qu'il ayt par moys trante livres tournois, et celluy qu'avez commis à la garde des clefs des portes de ladite ville de Bordeaulx, quinze livres, et qu'ils en soyent payés tant de ladite ville que des chasteaulx d'icelle et combien que par l'arrest donné contre ladite ville ne soit
particullièrement faict mention des vingt payes
qui avoient aooustumé d'y estre si est ce qu'ils doibvent estre comprins ou dit arrest pour avoir autant, voire plus failly que nuls des autres habitans, parquoy ne permettes qu'il leur soit aucune chose payée de ce qui leur pouvoir, estre deu. Au demourant, je vous advise, M. du Lude, que le roy a faict bailler assignation de deux quartiers pour le payement de sa gendarmerye, dont les monstres de celle qui est en Guyenne se feront le 25® dumoys prochain ; après lesquelles faites, ledit sieur, pour le soullagement, tant de ses gens d'armes que dudit pays, a ordonné que la moictié de chacune compaignie se retirera en leurs maisons; et
dadventaige, il renvoyé en Piedmont la bande de ehevaulx légers du cappitaine Cherlde, et bientôt tirera une compaignie de gens d'armes du pais qui lors, par ce moyen, sera plus desehargé que ne demanderez. Et estans les commissaires de retour, comme je croy qu'ils seront de brief, et ayant esté ouys par le roy les depputés de la court de parlement et ville dudit Bordeaulx, il sera promptement pourveu tant sur le faict dudit parlement que des orloges, cloches et autres choses dont m'avez escript, ne vouUant au reste oublyer à vous dire, Monsieur du Ludde, comme ledit seigneur a commandé vostre estât à troys cens livres par moys , dont j'ay faict commander le payement de ce qui vous en peult estre deu au thrésorier de l'Espargne, ainsi que j'ay dict à l'homme qu'avez icy pour vos affaires, pour solliciter ledit thrésorier de vous en payer. Au surplus, je vous envoyé vos lettres de pouvoir en forme, et pour ne sçavoir que vous escripre davantaige pour ceste heure, je feray fm après avoir pryé Dieu, Monsieur du Ludde, qu'il vous doient ce que plus désirez.
Escript à Saint-Germain-en-Laye, le xiiij* jour de décembre 1548.
Je vous envoyé des lettres du roy, pour la publication des monstres en Guienne, lesquelles vous ferez tenir oii elles s'addressent le plus tost que pourrez.
Vostre bien bon amy. Signé : Montmorency.
Et la suscription est : A Monsieur le conte du Ludde , lieutenant général du roy en Guyenne, en l'absence du roy de Navarre.
22. — 30 janvier 1549. — Lettre du roi Henri II au comte du Lude, lui annonçant qu'il l'a nommé lieutenant du roi de Navarre au gouvernement de Guyenne.
Monsieur le Conte, Je vous envoyé le double de mes lettres que j'escripts
présentement à mon oncle le roy de Navarre, par où vous verrez comme je l'advertiz que je vous ay fait mon lieutenant en son absence au gouvernement de Guyenne, ainsy que l'estoit le feu sieur Mon[eins] * , saichant que vous continuerez de vous y employer avecques le debvoir et diligence dont vous avés jusques icy usé, tant en ladite charge qu'en toutes autres que vous avez ey-devant eues du feu roy monseigneur et père et de moy. Et affin, Monsieur le conte, que vous entendez comme vous aurés à vous conduire en icelle, c'est que je veulx et entends que ordinairement vous advertissés mon dit oncle de toutes choses qui concerneront le fait dudit gouvernement à ce que. . . . , comme ilest par delà, il y pourvoye et donne Tordre qui sera nécessaire, ne laissant toutes fois àpourveoir cependant de votre part au lieu où vous estes à ce qui requerera prompte provision avecques la diligence que vous verrez estre requise pour mon service, ainsy que j'en ay en vous fiance, mettant au reste peine de vivre et vous comporter avecques mon dit oncle de façon qu'il ait occasion de s'en contenter comme je me treuve asseuré que scaurez très-bien et prudamment faire, qui me fera bien agréable plaisir. Au demourant, je m'attend bien, Monsieur le conte, que suivant ce que je vous ay dernièrement escript, vous avez jà donné ordre de faire dresser
et estapper pour le passaige des bandes du sieur
depuis Bordeaux jusques à leur contrée au gouvernement de mon cousin le sieur de Sainct- André. Toutes fois, je ne laisse d'en escripre à mon dit oncle, ainsy que verrez par le double de mes dites lettres ; par quoy, si avant la réception d'icelles, les dites estappes estoient jà dressées, vous l'en advertirez et moy aussy de ce qu'en aurez fait ; et
1. Il y a plusieurs lettres relatives à Moneins, lieutenant du roi en Guyenne, et aux troubles de la gabelle à Bordeaux au mois d'août 1548, dont ce capitaine fut victime, qui ont été imprimées dans les Archives historiques de la, Gironde, t. X.