‹ Lettres adressées à Jean et Guy de Daillon, comtes du Lude, gouverneurs de Poitou de 1543 à 1557 et de 1557 à 1585Chapitre 24 sur 173 · Ambleteusç (Pas-de-Calais · texte numérisé non relu

Ambleteusç (Pas-de-Calais

par lesquelles j'ay veu comme, suivant ce que je vous avés mandé, vous aviés esté visiter les defFences de la coste maritime de Bordeloys et rendu les armes aux habitans d'icelle, lesquelles tant pour l'adresse des dicts habitans que pour évitter qu'il n'en peust advenir inconvénient pour l'advenir, vous avés ad visé de mectre par dizaines des plus apparens d'entre eulx pour en respondre chacun en sa dizaine; ce que j'ay trouvé très-bon. Et quant aux cloches que dictes leur estre besoing d'avoir le long de la dicte coste pour eulx pouvoir plus promptement assembler, affaire survenante, vous m'advertirés des lieux où estes d'avis qu'il y en ayt, et après, je vous mandray sur ce mon intention. Au regard des remonstrances qui vous ont esté faictes en ma sénéchaussée de Guyenne, pour commuer en argent les fournitures de foing, paille et avoynes qu'ils baillent aux garnisons à ceulx de ma gendarmerye, attendu le deffaut qu'il y en a par delà, saichant très-bien la dicte .commutation estre grandement au souUagement de mes subjects, cela comme j'ay cy-devant escript à vous et à eulx, m'a meu de les vouloir relever des dictes fournitures en accordant certaine somme chacun an pour l'augmentation de la soulde de ma dicte gendarmerye, au moyen de quoy ne tiendra qu'à eulx qu'ils n'aient en cela ce qu'ils demandent; mais jusqu'à ce quej'ayesur ce ouy les deppûtes du gouvernement de Guyenne, je ne veulx aucune chose estre changée ne innovée du contenu en mes ordonnances, lesquelles à ceste cause vous ferés inviolablement garder. Et voiant que pour le danger de peste qui est de présent en ma ville de Bordeaulx, les présidens et conseillers que je y ay envoyez pour l'administration de la juslice, désirent se retirer en quelque aultre ville là auprès, c'est chose que je suis content qu'ils facent en ma ville de Liborne ou aultre qui sera plus à propos, à la charge que le dict danger passé, ils retourneront incontinent après audit Bordeaulx. Et ne veulx, ne entends que pour les vaccations

ils laissent aucunement durant le temps d'icelles à vacquer et entendre ordinairement en la meilleure diligence qu'il leur sera possible au faict de la dicte justice ; et pour ce que j'ay comme il est très raisonnable, commande qu'ils soient payés durant le dit temps, à la même raison qu'ils ont accoustumé de Testre en mes cours de parlement, iceulx parlemens scéans, ce que leur ferës entendre de ma part, et aussi comme je ne veulx pas que les advocats et procureurs, tant de la dicte court que de la dicte sénéchaussée de Guyenne chargés des émotions soient aucunement reçeus à playder jusqu'à ce qu'ils se soient justiffiés en ma court de parlement de Tlioulouze, où, comme sçavés, j'ay renvoyé leur faict ; par quoy, les partyes en pourront chercher d'autres. Au demourant. Monsieur le conte, depuis mes dernières lettres. Notre Seigneur ne se voulant lasser de me favoriser en l'exécution de mon entreprinse, a faict que les Anglois qui estoient dedans le mont Lambert me voiant retourner droict à eulx, entrèrent en si grant effroy que la nuict dejeudy dernier, ils se retirèrent àBoullogne, après avoir mis le feu en la dicte place où mes gens arrivèrent sitost après, qu'ils esteingnirent le dit feu assez à temps pour sauver grande quantité de bleds, vins, chairs et aultres munitions que lesdits Anglois n'eusrent le moyen d'emporter. Le landemain, je fus visiter la dicte place que j'ay trouvé très-forte, au moyen de quoy et aussy qu'elle leur estoit de grant importance , je m'esbahy merveilleusement comme ils l'avoient ainsy habandonnée. Je vous puis bien asseurer que j'ay mis des gens de bien dedans, et pareillement dedans Ambleteuil et Blacquenetz et en plusieurs aultres lieulx et endroicts qui m'ont semblés plus à propos, que j'espère que non-seulement ils les me seauront trop myeulx garder, mais davantaige qu'ils nuyront tant à BouUogne que par la terre ils ne pourront avoir aucun secours de vivres, boys ne aultres choses, et suis après à faire ce qu'il sera possible pour rendre le port du

dict Boullogne inutille, à celle fin que parla mer ils soient aussy bien bridés comme par la terre. Et cela faict, actendu le temps qu'il faict il y a jà quelques jours si rude et pluvieux, qu'il n'y a nul ordre de tenir armée en campaigne sans laruyner, j'ay délibéré me retirer, espérant que avant que l'hyver soit passé, j'auray, sans coup frapper, bon marché de ladicte ville. N'aiant pour le présent de quoy vous faire plus longue lettre, je feray fin, en priant Dieu, Monsieur le conte, qu'il vous ait en sa saincte garde.

Escript au camp, près Hardelot, le 3^ jour de septembre 1549. Signé : Henry. Et plus bas : Glausse, avec paraphe.

Au dos est écrit : ce A Monsieur le comte du Ludde, mon lieutenant général en Guyenne, en l'absence démon oncle le roy de Navarre. »

31. — 14 décembre 1549. — Lettre de Louis de Fontenay à M. du Lude.

Monseigneur, par cy-devant je vous ai escript du cinquiesme du présent quant le gouverneur de Fontarabie avoit faict prendre les chevaulx du poste de Saint- Jehande-Lutz, lesquels après luy avoir escript, a renvoies et m'a escript que pour le service de l'empereur il convient que les courriers passent audit Fontarabie, me priant les commander au poste de Saint- Jehan-de-Lutz. Je luy ai faict response telle qu'il plaira voir par la coppie que je vous envoie.

Monseigneur, très-bien et de longue main, vous congnoiscez la situation des lieulx dont est question et le naturel des hommes qui, pour peu de chose nouvelle

il vous plaira entendre que y a longtemps que ceulx de Fontarabye et ceulx de Sainte-Marie d'Iroingsont en débat, tant pour le passaige que pour la superintendence, et à ce que j'ai sceu, le poste d'Iroing * est allé vers le prince et

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