‹ Lettres adressées à Jean et Guy de Daillon, comtes du Lude, gouverneurs de Poitou de 1543 à 1557 et de 1557 à 1585Chapitre 5 sur 173 · Annales d'Aquitaine, p · texte numérisé non relu

Annales d'Aquitaine, p

Bastarnay, sœur de René, comte du Bouchage. La répression des troubles qui éclatèrent en 1548, à l'occasion de la gabelle^ dans le Bordelais, l'Angoumois et la Saintonge, lui donna beaucoup de peine et de souci. Au mois de novembre de cette année, le connétable de Montmorency lui confia le gouvernement de la ville de Bordeaux. Jean de Daillon s'acquitta si bien de cette délicate mission, que le roi Henri II le nomma, le 30 janvier 1549, lieutenant général en Guyenne en l'absence du roi de Navarre. Il demeura longtemps à Bordeaux, puis il se rendit à Bayonne en 1553, pour veillera la défense de cette place contre les Espagnols, qu'il repoussa de Saint-Jean-de-Luz, au mois de septembre. Il revint ensuite à Bordeaux, où il mourut le 21 août 1557.

Guy de Daillon, son fils, avait été enfant d'honneur du roi Henri II. H avait pris part à la glorieuse défense de Metz contre Charles-Quint en 1552 et porté la cornette de la cavalerie légère de France, à la bataille de Renty en 1554. Il avait aussi assisté à la prise de Calais et de Guines sur les Anglais, en 1558. H épousa Jacqueline de la Fayette, fille de Louis, en 1559 ^ Aussitôt après la mort de son père, Guy le remplaça dans la charge de sénéchal d'Anjou, par lettres patentes du roi, du 30 août 1557. Il ne fut nommé gouverneur de Poitou que le 10 août 1560. Quelques jours après, dès le 17 août, il est à Poitiers, d'où il écrit une lettre au roi, en faveur de cette viUe. Il y était encore le 19 octobre 1560, lors du passage du roi de Navarre, Antoine de Bourbon, et du prince de Condé, qui se rendaient aux Etats généraux d'Orléans.

A partir de ce moment jusqu'en 1585, l'administration de son gouvernement absorba presque tous ses instants. En effet, durant cette longue période de guerres civiles et de troubles de toutes sortes qui désolèrent le Poitou, plus que toute autre province, il fut aux prises avec les plus graves difficultés. Parcourant sans cesse la province, l'épée à la main, combattant et négociant toilr à tour, Guy de Daillon réussit à grand'péine à maintenir l'autorité royale, à laquelle il se montra toujours résolument dévoué. Il fut même victime de son zèle, car sa terre de Magné, près Niort, devint la proie des huguenots, qui la pillèrent en 1569, et lui firent

1. Additions aux Mémoires de Ca^teltiau, parle Laboureur, t. II, 786.

perdre plus de 100,000 écus *. Il se distingua particulièrement au siège de Niort et à la défense de Poitiers en 1569, puis à la prise de Marans, au siège delà Rochelle en 1573 et à la prise deBrouage en 1576 *. Il avait trois frères, dont deux, Eené et François, l'aidèrent avec courage dans ses difficiles fonctions. René, évêque de Luçon depuis 1552, devint abbé des Châtelliers en 1563, puis évêque de Bayeux et conseiller d'Etat. Son attitude énergique sauva Niort menacé par les huguenots en 1576. François, S"" de Briançon, fut tué, pendant le siège de Poitiers, d'un coup de canon, le 16 août 1569. Le troisième frère, nommé aussi François, était baron de Saultré et époux de Jacqueline de Montigny. Enfin il avait trois sœurs : Françoise, épouse de Jacques de Matignon, maréchal de France ; Anne, épouse de Philippe de Yolvyre, marquis de RufFec, gouverneur d'Angoulême, Saintonge et Aunis ; Françoise, épouse de Jean de Chourses, sieur de Malicorne, qui lui succéda comme gouverneur de Poitou en 1585 '. La correspondance de Guy de Daillon témoigne de la prudence, de l'habileté, de la fermeté qu'il déploya dans sa longue administration en Poitou. Les rois Charles IX et Henri III eurent toujours en son expérience et ses capacités la plus entière confiance. Henri III lui conféra le collier de l'ordre du Saint-Esprit. Guy de Daillon mourut à Briançon dans le Maine, le 11 juillet 1585, et fut inhumé le 26 juin 1586 à Saint- Vincent du Lude. Il laissa deux enfants, François et Anne, épouse de Jean de Bueil, comte de Sancerre. Les deux comtes du Lude, Jean et Guy de Daillon, entretinrent, comme gouverneurs de Poitou, une correspondance ininterrompue avec les rois, leurs ministres, les princes et tous les grands personnages de l'époque. Les lettres qu'ils reçurent à ce titre étaient encore conservées dans les archives de leur château du Lude, lorsque dom Housseau en copia ou fit copier une partie assez considérable que nous ne saurions évaluer. Ces copies existent aujourd'hui à la bibliothèque nationale, dans le fonds dom Housseau, t. X. et XI. Les originaux ont été détruits ou dispersés à la Révolution. S'ils eussent été intégralement copiés aupa-

1. Additions aux JHémoireg de Castelnau, par le Laboureur, t. II, 766.

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