Il s'agit là de Monseigneur le cte du Lude
4. Le cte du Lude était s' de Magné et de Saint-Maxire, et baron de Villiers, localités situées près de Niort {Hist. de Niort, par Briquet, t. I, p. 204). Son père, Jean de Daillon, avait hérité en 1538 d'Antoine de Chourses, s»" de Magné, Sainte-Pezenne, Saint-Maxire, Echiré et le Breuil d'Aigonnay.
troublé que celuy de Touraine et d'Anjou sans toutes fois avoir encores rien entre prins sur les églises. Monsieur de Belleville ' avecques presque tous les gentilshommes du bas Poietou passèrent hier par Poietiers pour se retirer à Orléans et M^ du Vigen y arriva après disner avecques autre nombre, et tous sont venus veoir mondit seigneur qui a fait ce qu'il a peu pour les divertir de leurs entreprises, mais ils ont la prison du roy en telle oreur que remonstranees du monde ne leur peult entrer aux oreilles, et ne veulent croire à deux lettres patentes qui furent hier publiées, les premières pour maintenir la religion selon Tédit de janvier, Tautre pour assembler Tarrière-ban ^. Je m'assure qu'il y en a en leurs trouppes qui vouldroient estre en leurs maisons. Madame, ne voulant toute ma vie faillir d'obéir à vostre commandement, j'ay bonne dévotion vous fère savoir souvent des nouvelles de Monseigneur, et pour y satisfaire, j'ay prins ung lacquais que je feray dépescher sitost que orez fait savoier de vos nouvelles à Monseigneur, atendant lesquelles, feray fm à la présente, par mes trèshumbles recommendations à vostre bonne grâce, suppliant le Créateur, Madame, vous donner en très-bonne santé très-heureuse et très-longue vie.
De Vouillé, ce xxij* avril 1 562, vostre très-humble et trèsobéissant serviteur. Signé : Les Granges.
Et la suscription est : « A Madame, Madame du Luddè.»
74. — 2 mai 1562. — Lettre de Louis de Bourbon, duc de Montpensier, à M. du Lude.
Mon cousin, j'ay eu advertissement que ceulx de la Rochelle ont aydé et envoyé à monsieur le prince de Condé
1. Charles Harpedanne, s' de Belleville, en bas Poitou. (Dict. des familles de l'anc. Poitou, t. II, p. 207.)
2. En effet, le c^e du Lude était au mois de mai à Niort, où il rassembla l'arrière-ban de Poitou. [Journal de Michel le Riche, p. 85.)
les deniers des tailles du roy et qu'ils les amassent encores pourTen secourir. S'il estoit vray, je seroys bien d'advis que Ton se saisisse des dits deniers que les partieuUiers doibvent à la dite Majesté, premier que d'estre portés à la dite Rochelle et les mettre en lieu seur pour les garder à sa dite Majesté ; et m'asseurant que vous userez en cella d'une telle dextérité et dilligence pour le service du roy que vous avez accoustumé faire en ce qui se présente à vous pour le bien de ses affaires, je ne vous en diray aultre chose. Bien vous veulx-je prier me faire tousjours sçavoir les advertissements qui vous viendront de ceulx qui ont pris les armes du cousté de dellà pour défendre et s'aler joindre à sa trouppe doresnavant * . Vous me ferez aussy, s'il vous plaist, entendre le temps que vous penserez que monsieur de Montluc ^ pourra estre de par deçà. Je désire que se soit bientost et que nous mections nos forces ensemble pour faire quelque bon service au roy. Ce sera Tendroict où je prye Dieu vous donner, mon cousin, ce que plus désirez.
De Champigny ^, ce 2^ jour de may 1 562. Voustre bon cousin et meilleur amy. Signé : Loys de Bourbon.
La suscription : A mon cousin, Monsieur du Lude, chevalier de l'ordre du roy, gouverneur et son lieutenant général en Poictou.
75. — 3 mai 1562. — Lettre de Charles IX à M. du Lude. Monsieur le conte , je n'adjouteray aucune chose pour
1. Il y a une lettre de Catherine de Médicis et une instruction du roi Charles IX, du 8 mai 1562, à MM. de Burie et de Montluc, leur recommandant également d'empêcher tout secours de venir de Guyenne rejoindre l'armée protestante de Condé, à Orléans. {Lettres de Catherine de Médicis, p. 307.)
2. Le célèbre Biaise de Montluc , lieutenant général du roi en Guyenne, était alors à Toulouse, que les protestants avaient tenté d'occuper. {Comment, et lettres de Montluc, publiés par M. de Ruble, t. IV.)