J7 mars 1563. — Lettre de Catherine de Médicis
Monsieur du Ludde, pour ce que par la paix que nous avons faicte, nous avons résolu de mectre tous prisonniers en liberté qui ont esté prins durant eeste guerre, et que desjà à Orléans ils ont relaschés tous ceulx qu'ils avoient prisonniers, je désire que de nostre part il en soit faiet de mesmes, et pour ceste cause vous ferez sortir tous les prisonniers qui sont ez prisons de Poictou, tant pour le faict de la religion que pour avoir porté les armes, sans souffrir que par la commune il leur soit faict aucun mal ny desplaisir, sur peine là où ils la feroient de leur envoyer une grosse garnison et les faire bien et seurement ehastier ; ausquels prisonniers vous ferez bien entendre la grâce que le roy monsieur mon fils leur fait, affm qu'ils regardent de vivre et se conduyre dores en avant si modestement qu'ils ne luy donnent occasion de leur faire mal, priant Dieu, Monsieur du Ludde, vous avoir en sa saincte et digne garde.
Du camp de Saint-Mesmin, ce 17^ jour de mars 1562 (1563). Signé : Gaterine. Et plus bas : Robertet.
La suscription : A Monsieur du Ludde, etc. *.
1. Cette lettre a été publiée dans la correspondance de Catherine de Médicis, t. I, p. 530. (Doc. inéd. sur l'histoire de France.)
98. — 28 mars 1563. — Lettre de Catherine de Médicis à M. du Lude.
Monsieur du Ludde, j*ai veu par vos deux lettres la publication que vous avez fait faire de Tabstinence de guerre *, dont j'ay esté fort ayse, espérant qu'elle servira à contenir tout le monde et empescher les voyes de fait ; et pour ce que vous me mandés qu'il y a quelques chevaulx en Poictou, qui font mille insolences, pillent et saccaigent ^^ j'en ay incontinent adverty mon cousin le prince de Condé qui y envoyé présentement gens pour sçavoir qui ils sont et les faire séparer, et s'ils ne le sont, tascher à en faire faire justice, ne doubtant point qu'après son commandement et avoir entendu la conclusion de la paix, ils ne se retirent. Autrement, d'un commun consentement , il leur fauldra courir sus , auquel cas , ils seront bien foibles et mal pourveuz de moyens pour continuer ce mestier, de quoy je vous ai bien voulu advertir, afïin que vous soyez bien adverty de leur déportement et que vous m'en advertissiez à la vérité , pour s'y conduyre selon ce besoing qu'il en sera, bien vous prierayje en cas pareil de contenir tout le monde en vostre gouvernement en paix et en repos les ungs avec les aultres sans troubler le repos public, qui sera chose que le roy monsieur mon fils aura fort agréable et en quoy vous luy pourrés plus faire de service que en aultre chose quelconque, priant Dieu , Monsieur du Ludde , vous avoir en sa saincte et digne garde.
1. La paix d'Amboise fut publiée à Poitiers, le 26 mars 1563. (Chronique du Langon, p. 78.)
2. Durant tout le mois de mars et même après jusqu'à la Quasimodo, les huguenots du bas Poitou, commandés par Sainte-Gemme et du Landrepu, commirent toutes sortes de violences vers Pouzauges, l'Hermenault, Luçon, Sainte-Hermine, les Moutiers-sur-le-Lay. (Chronique du Langon, p. 11,)
TOMS XII. 9
Du camp de Saint-Mesmin, ce xxviij^ jour de mars 1 562 (1563). Signé : Gaterine. Et plus bas : Robertet, avec paraphe.
Au dos est écrit : A Monsieur du Ludde, etc. *.
99. — 29 mars 1563. -— Lettre de Catherine de Médicis à M. du Lude.
Monsieur du Ludde, je vous ay escript comme la paix a esté faite et le roy monsieur mon fils a envoyé la publication de Tabstinance de guerre pour la faire publier partout le pays, comme je m'asseure que vous aurez faict, et hier j'envoyay encores une lettre à mon cousin le prince de Condé pour envoyer à ceulx qui se sont assemblés en Poictou de la part de ceulx de la religion pour se séparer et retirer en leurs maisons, lequel pour cest effect a envoyé devers eulx. Et pour ce que j*ay entendu qu'il se faict une assemblée pour aller à la maison du sieur de la Rochefoucault où s*est retiré Ghavigny et que vous avez entendu par la Roche Esnard ^ que mondit cousin le prince y a envoie la charge qu'il avoit, je vous prie, si de votre costé vous assemblez les forces de Poictou pour cest effect, supercedder le tout; car j'espère que ceste compaigny se dissouldra sans qu'il soit besoing de venir aux armes. Cependant, faictes hardiment publier la paix, car elle est faicte, passée et omologuée en la court de Parlement de Paris, qui sera dans peu de jours envoyée par tous les gouvernemens affm de la faire observer et entretenir, priant Dieu, Monsieur du Ludde, vous avoir en sa sainte et digne garde.
1. Lettre publiée dans la correspondance de Catherine de Médicis, 1. 1, p. 547.