‹ Lettres adressées à Jean et Guy de Daillon, comtes du Lude, gouverneurs de Poitou de 1543 à 1557 et de 1557 à 1585Chapitre 66 sur 173 · René Hélyes, sr de la Roche-Esnard et de Fougery · texte numérisé non relu

René Hélyes, sr de la Roche-Esnard et de Fougery

Du camp de Saint-Mesmyn, ce xxix* jour de mars 1 562 (1 563). Signé : Caterine. Et plus bas : Robertet. La suscription : A Monsieur du Ludde, etc. ^

100. — 1" avril 1563. — Lettre de Catherine de Médicis à M. du Lude.

Monsieur du Ludde, j'ay veu cejourd'huy par la lettre que m'avez escripte, la peyne en quoy vous estes de sçavoir comme vous avës à vous gouverner touchant les prisonniers qui ont des partyes civilles pour les pilleryes et volleryes qu'ils ont faictes durant ceste guerre, lesquelles quand elles seroient encores plus grandes, par le traictë sont remises, comme vous verrez par le double d'icelluy que je vous envoyé ; et pour ceste cause, il les fault faire eslargir sans y faire difficulté , car il n'est plus tems de les pugnir , ny aussy empescher que les officiers du roy monsieur mon fils retournent, car il est dit qu'ils rentreront tous en leurs estats. En quoy le dict traictë vous réglera de façon qu'après l'avoir leu, vous n'en demeurerez plus en scrupule ; et pour ce qu'il y en a plusieurs qui sont de Poictou qui veuUent retourner en leurs maisons, tant de la noblesse que autres, vous le ferés publier partout et observer comme il est nécessaire , en faisant vivre ung chacun en paix, union et concorde. Et d'aultant qu'estant la paix faicte , il n'est raisonnable d'entretenir à la fouUe du peuple les gens de guerre que le pays nourrit, après que ceulx qui estoient assemblés ces jours passés se sont retirés, vous regarderés de licentier les compaignies qui sont par les villes, et les faire retirer chacun en leurs maisons, sans piller nesaccaiger le peuple. Retiendrës seullement vostre compaignye de gens d'armes et ce que vous

1. Lettre publiée dans la correspondance de Catherine de Médicis, 1. 1, p. 548.

adviserës nécessaire pour entretenir la paix et le repos et faire observer la présente ordonnance. Je seray dans peu de jours à Amboyse, d'où Ton vous fera plus amplement entendre ce que vous aurés à faire; cependant, je prieray Dieu, Monsieur du Ludde, vous avoir en sa sainte et digne garde.

D'Orléans, ce premier jour d'avril 1562 (1563). Signé : Caterine. Et plus bas : Robertet, avec paraphe.

Au dos est écrit : A Monsieur du Ludde, etc..

101.— 7 avril 1563. — Lettre de Catherine de Médicis à M. du Lude

Monsieur du Ludde, je vous ay par le sieur de Saint- Colombe envoyé la patente de la paix, affin que la faciez publier par tout, après la publication de laquelle je ne doubte pas que tous les gens de guerrre que ceulx de la nouvelle religion ont euz ensemble ne se retirent en leurs maisons et que faisant vous en ferez de mesmes de la plus part de toutes ces garnisons qui sont par les villes et ne servent que de ruyner et manger le peuple. Vous retiendrés seuUement ce que vous jugerés nécessaire pour establir à ce commencement la paix, T union et la concorde et empescher que tous ceulx qui sont demeurez, que ceulx qui retournent en leurs maisons ne s'injurient, querellent et viennent aux armes par les villes où il fault que faciez faire bien expresses deffences à tous les officiers du roy monsieur mon fils à ce qu'ils ayent à entretenir la dite ordonnance et suivant icelle conserver les ungs et les autres et faire faire bonne et sévère perquisition des premiers mutins qui la vouldront rompre, qui sera chose dont l'exemple servira infiniment, et à tant je prieray Dieu, Monsieur du Ludde, vous avoir en sa sainte et digne garde.

D'Amboise, ce 7' jour d'avril 1563. Signé: Gaterine. Et plus bas : Robertet, avec paraphe.

Au dos est écrit : A Monsieur le conte du Ludde, etc.

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