AVANT-PROPOS
Une conversation avec M. Villeniain dans la bililiothèque de l'Institut, sur la niétliode, a donné lieu anx lettres que je publie; et voici à quelle occasion :
La Société d'encouragement de Paris décerna, en 1851, un prix de douze mille francs, fondé par feu M. le marquis d'Argenteuil, à mon ouvrage sur les corps gras, dont la publication remonte à Tannée 1827)..
M. le président, en me remettant une médaille, ex- ' posa les motifs d'après lesquels ce prix m'était décerné, dans un discours beaucoup trop flatteur pour qu'il me soit permis de le reproduire. J'y répondis en des termes que je citerai textuellement (page I et suiv.).
La Société industrielle d^Angers, dont j'ai Thonneur d'être membre honoraire, m'adressa, par l'organe de son président, M. (îuillory l'aîné, une lettre
lî AVANT-PROPOS, de félicitatioii à laquelle je répondis comme je le devais à des compatriotes. La Société industrielle imprima ma lettre dans le recueil de ses Mémoires, et quelques exemplaires tirés à part me fur'ent envoyés à Paris; elle est reproduite page 7 et suivantes.
En rangeant des papiers, quelques jours après ma conversation avec M. Villemain, un de ces exemplaires, m' étant tombé sous la main, me suggéra Tidée de Tartresser à mon illustre interlocuteur, comme addition à notre conversation. J'imprime le billet dont mon envoi était accompagné (page 21) et la réponse de M. Villemain (page 23), qui fut pour moi Toccasion d'une lettre nouvelle, datée du 23 de février 1853. Je la reproduis textuellement, en avouant cependant que, si elle eût été écrite pour le public, je n'y aurais mis ni certaines phrases ni certaines réflexions (page 25).
Quoi qu'il en soit, M. Villemain, dans sa bienveillance pour moi, ne la jugea pas indigne d'être lue aux cinq Académies de l'Institut, dans une des séances trimestrielles où elles se réunissent comme corps unique. Il voulut bien m'inviter, au nom du président de Tlnstitut, à faire cette lecture. J'avoue qu'en le refusant le sacrifice de l'auteur ne fut pas grand, tant j'étais préoccupé de l'idée que les phrases et les réflexions dont je parlais tout à l'heure ne seraient pas du goul de tous mes collègues.
A VANT-PKOPOvS. 111 Coiïiiuent ai-je changé d'opinion? comment ce que j'avais refusé de lire à une séance de l'Institut vu-t-il être publié maintenant? C'est ce que je vais dire, pour prévenir le reproche d'inconséquence qu'on pourrait m'adresser.
En 1854, il parut à Londres et aux États-Unis une traduction de mon ouvrage de la Loi du contraste simultané des couleurs \ Le motif qui l'avait fait entre- |)rendre, le jugement porté par des Anglais de Tintluence que mes leçons des Gobelins et de Lyon avaient exercée sur l'industrie française, et surtout la manière dont les journaux les plus répandus en Angleterre rendirent compte de mes vues sur l'esthétique des objets du re^sort de la vue, et de mes observations psychologiques, m'enhardirent à sortir de la réserve que je m'étais imposée.
Enfin, l'insistance avec laquelle plusieurs de mes auditeurs des cours que je fis au Muséum d'histoire naturelle, en 1853 et 1854, m'exprimèrent le désir ({ue je pubUasse l'ensemble de mes vues sur la défini tion du mot fait appliquée aux diverses branches des connaissances humaines, fut un dernier motif de rompre le silence que je m'étais prescrit. C'est à partir
* Theprinciples ofharmony and contrust of colours. (Trauslators, préface, page vu, articles du Times; the Artist., sept, 2, 1854;; the Athenxum^ fév. 3, 1855, etc.. etc.
IV AVANT-PROPOS, (le sepleiiibrc 1854 au mois de jcUivier 1855 que j'écrivis onze nouvelles letlres à Tillustre secrétaire de l'Académie française,, dont j'avais tant à me louer pour l'accueil qu'il avait fait à ma lettre du 22 de lévrier 185o.
Telle est l'oi igine de ces lettres, qu'on peut considérer comme un résumé des idées principales de mon livre De ï abstraction considérée comme élément des connaissances humaines dans la recherche de la vérité absolue.
A la fin de ce recueil, sous le titre de Documents, je donne la citation ou le texte même de quelquesMms (le mes écrits (jui se rattachent au sujet de ces lettres, afin de mettre ceux de mes lecteurs qu'il intéresse particulièrement à même de voir cominent l'observation et l'expérience m'ont conduit à l'envisager en des circonstances fort différentes et a diverses époques antérieures à la publication que je fais aujourd'hui. ^
Paris, au Muséum cPhistoirc naturelle, 10 d'avril 1855,
l'I"tONON(JK LE '28 DE JANVIER 185'2