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I. Paris, veuve Pissot et Tabarie, 1729, in-12, p

ÉTUDE BIOGRAPHIQ UE. 7^

beaucoup; elles nous consoleront des autres. — Si Mlle Le... a fait oublier la Champmeslé, ajoute un auteur, ses amis ne doivent pas se fâcher qu'une autre console le public de sa perte ; il en sera ainsi de celle que la mort nous a ravie '. "

Riccoboni reprochait aux comédiens français de déclamer, de scander les vers en chantant. Il n'exceptait, nous l'avons vu, qu'Adrienne Le Couvreur de ce défaut.

L'abbé Desfontaines , répondant à cette critique, affirme que non seulement la k leggiadra d Couvreur, mais tous les bons comédiens français, « effacent la rime dans leur déclamation le plus qu'ils peuvent , parce que cet ornement demande d'être ménagé; c'est une beauté qui veut plutôt être aperçue et entrevue qu'être considérée- " .

1 . Troisième partie du Journaliste amusant ou le Monde sérieux et comique, 173 1, p. i $7-160. — Il est vrai de dire que l'auteur anonyme de cette feuille éphémère n'était pas grand amateur de théâtre : « La comédie, dit-il cent pages plus haut, n'est, selon moi, que le lieu d'assemblées des personnes désœuvrées, qui ne savent que faire. » Il préfère un théâtre plus vaste, « celui du Monde qui sans cesse met sur la scène du sérieux, du comique, du burlesque ; tout y est naturel, la simplicité des aventures y plaît, la diversité en est agréable, et l'abondance si grande, que la comédie en est perpétuelle, les acteurs infinis ; ce Théâtre toujours rempli de divers événements fait qu'il ne s'y trouve point d'entr'actes, et, le rideau ne se baissant jamais, nous voyons toujours du nouveau, le tout sans argent ; il suffit de vouloir {savoir serait mieux) voir et entendre.

« Molière nous a donné un Tartuffe, un Mysantrope, un Avare ; le monde en est rempli, aussi bien que de Précieuses ridicules et de Femmes savantes : pourquoi ne pas aller à la source, et dans le magasin le plus grand ? Je suis, pour moi, auditeur et spectateur continuel ; au surplus, j'aime le vrai et la réalité dans l'action ; la comédie n'étant qu'une chimère qui n'a que le fond de la vérité, chaque instant me procure des amusements. »

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