Lettre d'un comédien français au sujet de l'Histoire du
76 Adrienne Le Couvreur.
A -tous ces renseignements Titon du Tillet, qui a copié l'éloge du Mercure, n'ajoute qu'un détail :
ii Mlle Le Couvreur, qui était extrêmement souhaitée dans les meilleures maisons de Paris et même de la Cour, ne se refusait pas, dans les compagnies où elle se trouvait, de déclamer plusieurs belles tirades de vers et même des scènes entières de tragédies, qui enchantaient les auditeurs, chose très rare aux personnes de sa profession de réciter des vers hors du Théâtre', et je n'ai guère connu que Baron qui s'en faisait un plaisir et qui déclamait quelquefois le même couplet de deux ou trois manières différentes -, qui étaient également applaudies^, t
Collé, peu tendre de sa nature, lui consacre ce souvenir au bout de vingt ans :
li Baron, la Le Couvreur et les Quinault, que j'ai vus quoique je ne sois pas encore bien vieux (né en 1709, il avait vmgt et un ans à la mort d'Adrienne), m'avaient donné une idée de la perfection... Mlle Le Couvreur, avec plus d'art que Baron, et tenant moins de talent de la nature, la rendait pourtant dans le vrai; elle traitait parfaitement tous les détails d'un rôle, et faisait oublier l'actrice. On ne voj^ait que le personnage qu'elle représentait ; elle excellait dans les endroits où il fallait de la finesse plus que dans ceux où il fallait de la force. On n'a jamais rendu comme elle le premier.acte de Phhire et le rôle de Monime*. "
e.Il s'en fallait bien, ajoute-t-il, qu'elle fût aussi
-théâtre italien écrite par M. Riccoboni dit Lelio ; contenant un extrait fidèle de cet ouvrage, avec des Remarques (octobre 1728). Réimprimée dans le tome XV des Amusements du caur et de l'esprit (174s), p. 455 à 495.