‹ LettresChapitre 40 sur 125 · Var. : pour un instant · texte numérisé non relu

Var. : pour un instant

retirer du monde, ou l'aimer d'amour, que de souffrir qu'il soit à l'avenir tourmenté pour moy et par moy '.

Pardonnes un sentiment que vous pouvés détruire, mais que je n'ai pu retenir. Ajoutés ce que je vous demande à toutes les bontés que vous m'avés prodiguées, et permettés-moi de penser que mon sincère attachement et ma vive reconnoissance vous forceront à me conserver cette bienveillance qui m'est si précieuse, et laissés-moi m'applaudir toute ma vie d'être avec un très profond respect. Madame, votre très humble et tr^s obéissante servante.

Le Couvreur.

P. S. — Mandés-moy ce que vous voulés que je fasse, et sy vous voulés me parler sansqu'il le sache, je me rendrés où il vous plaira, Madame ; je n'épargneray ny mes soins, ni mes vœux, pour que vous soyés contente de votre fils et de moy ^.

1 . Sainte-Beuve arrête ici sa citation de cette lettre. (Cûuserics du lundi, t. 1", p. ::o7.)

2. Cette lettre, de quatre pages in-4», retrouvée par d'Argental en 1784 dans un meuble de sa mère, a été publiée en 1806 dans les Lettres inédites de Mme du Chdtckt à d'Argental, par M. Hochet, secrétaire général du Conseil d'État de 1816 à 1840, et qui avait connu Suard en 1796.

Elle figure, sous le n" 138, dans le catalogue d'une vente faite par Charavay les 15-16 février 1864. Voir aussi les Causeries de Sainte-Beuve, t. I, p. 207-208, les Stromates de Jamet, ms. Bibl. nat. (I, 59), et ï Intermédiaire du 10 juin 1866. — Elle fait aujourd'hui partie de la belle collection Alf. Morrison.

!i6 Adrienne Le Couvreur.

A Monsieur {d'Argental).

Uous nestes en uerité pas sage dans les querelles que uous me cherchés, uous uous plaignes pour me preuenir, car sy je uoulois je pourols être fort en colère du tour que uous me jouâtes hier mais je ne suis cepandant pas assés hardie pour uous mètre le marché à la main. Ce seroit me uanger sur moy même que de me priuer du plaisir de uous uoir. Je uous uerés donc malgré uos injustices et je uous aimerés malgré les défauts que l'on uous a dit que je uous trouue. Eh depuis quand prestes uous l'oreille a la tracaserie. Je uous l'ay déjà dit, et cela est très uéritable, uous aués bien plus d'esprit que uotre Thémire', mais elle a bien plus de raison. Adieu. Je conte uous uoir demain, sy uous n'avés ny g(rand) m(aître), ny a(bbé) qui uous en empêche, et sy je n'ay point d'humeurs noires à cacher, car je uous auoue qu'en cet estât je ne ueux point paroître; je crains trop de me faire haïr -.

1. Probablement Artémire, rôle que Mlle Le Couvreur avait créé en 1720 dans la tragédie de Voltaire qui porte ce titre. Thémire est un personnage de Roland.

2. Au comte Ch. Aug. d'Argental, i page et demie in-4». Collections Monmerqué et comte de H... de M..., 1864,

et n» 1341 du catal. Bovet, 1885.)

Billet (fragment) à Monsieur cVArgcntalK

Enfin, vous voulez que l'on vous écrive contre toutes sortes de raisons. Se peut-il qu'avec tant d'esprit vous soyez si peu maître de vous? Que vous reviendra-t-il, que le plaisir de m'exposer à des tracasseries désagréables, pour ne pas dire pis? Je suis honteuse de vous quereller, quand vous me faites tant de pitié, mais vous m'y contraignez...

Adieu, malheureux enfant, vous me mettez au désespoir.

Billet (non signé) à l'Assemblée.

(Lundy, 29 décembre 172 1.)

Je suplie la Compagnie de ne point conter sur moy pour jeudi dans Britanniciis sy Mlle Aubert ' y joue Agripinne. Sy Ion peut

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