‹ LettresChapitre 45 sur 125 · I. Charleville · texte numérisé non relu

I. Charleville

i}é Adrienne Le Couvreur.

les précautions que la prudence de mes amis a pu imaginer, et j'en attends les effets. On ne peut être plus pénétrée que je le suis des soins, et je puis même dire des bontés, de notre aimable ami M. d'A...'. Celuy qui vous visita hier avec luy, a fait aussi des merveilles; mais en vérité, l'autre est unique, et c'est un grand bien que l'amitié pour les âmes sensibles. Il faut laisser dire les prophanes, qui n'en médisent que parce qu'ils en sont incapables (car on en trouve). Il ne faut que la sentir, et puis croire, c'est comme la grâce. Adieu encore une fois, dissipés vous. Si vous ne pouvés sortir bientôt, j'iray vous voir; au cas cependant que cela vous convienne. N'avons-nous pas des affaires à consulter ^

Au comte de Belle-Isle-.

(Fontainebleau) 12 octobre 1726.

Si j'avois su comment vous faire tenir une lettre, il y a huit jours que j'aurois eu l'honneur de vous écrire pour vous remercier très-

1. M. Ferriol d'Argental, conseiller au Parlement. (Note </ei73s.)

2. Cette lettre et la suivante, pieusement conservées par la famille de Belle-Isie dans les Archives de la Guerre, ont été publiées par M. F. Ravaisson dans le tome XII des Archives de la Bastille, p. 139 à 141.

humblement de la bonté que vous avez eue de vous ressouvenir de moi en ce pays-ci et surtout pour vous engager à me conserver cette bienveillance et cette précieuse amitié que vous m'avez offertes. Si j'avois moins d'estime et de bonne opinion de vous, j'aurois moins de confiance, n'ayant pas assez l'honneur d'être connue de vous; mais enfin tout me porte à n'en point douter; puisque vous voulez bien le dire et le prouver par des services que j'ai peine à demander aux personnes que je connois le plus. Je n'omettrai rien de ce qui pourra vous convaincre de ma reconnoissance et surtout de ce qui pourra vous persuader que je ne suis pas indigne des bontés et, si je l'ose dire, de l'amitié la plus solide. Je me flatte que vous me ferez savoir quand vous irez chez M. le duc de (Bouillon) ou que vous me ferez l'honneur de me venir voir; je suis logée tout près de vous et je sentirai comme je le dois le prix des moments que vous voudrez bien me donner.

Au comte de Belle-Isle '.

26 novembre 1726.

J'avois grand'peur que vous ne m'eussiez oubliée; mais je fus rassurée hier par une bien

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