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I. Son père, qui étoit devenu fol. (Note de

134 Adrienne Le Couvreur.

tie, que je n'aye eu l'honneur de vous voir, et si vous ne craignes point de vous ennuyer, vous pouvés me donner cette preuve d'amitié quand il vous plaira.

Lettre à Monsieur...

Il n'est pas trop bien de laisser ses amis dans la tristesse; mais si vous la craignes, vous pouvés revenir, je suis rassurée. Deux personnes qui me sont chères, étoient en très grand péril. L'une ' étoit à l'agonie, et l'autre couroit de furieux dangers par des accidens imprévus^. On m'assure que je ne perdray ni l'une ni l'autre, et je suis bien plus tranquile. Quoique vous n'ayés point paru prendre part à ma peine, je suis bien aise de vous communiquer ma joye. D'ailleurs je me flatte que ce sont peut être vos affaires qui vous ont empêché de venir. Je vais aujourd'huy diner à la campagne, et dans quelques jours à Besons; mais je voudrois bien vous voir avant de partir, et si l'on vouloit nous donner à souper dans la rue Traversine% cela me feroit beau-

1. M. d'Argental, qui avait la petite vérole, auprès de Montpellier.

2. Le comte de Saxe, alors dans le fort de son expédition de Courlande.

3 . Mme la présidente Berthier demeuroit dans la rue Traversine. (Note de 17 jj.)

coup de plaisir. Adieu donc, tachés de me venir voir demain.

Ce lundi matin.

Lettre à Monsieur...

J'ay reçu de très bonnes nouvelles, et selon les apparences nous en serons quites pour la peur. Je crois aussi, plus que jamais, que mes projets réussiront. Avant de m'entendre, on me demande déjà pardon d'une prière très simple, très modeste, et faite au nom d'une personne qui en a fait sentir toute l'injustice depuis, parce qu'elle me connoît, et qu'elle a de l'esprit. Peut-être ne comprendrés-vous rien à ce que je vous écris; mais je vous en donneray la clef, la prei.iiere fois que j'auray l'honneur de vous voir. Ce sera dès que vous le pourrés, et qu'il vous conviendra. J'ay toujours crû la vérité et la franchise, de puissantes ressources ; je m'en suis bien trouvée toute ma vie. Je pense qu'il en faut mettre à tout : c'est un sûr moyen de faire respecter jusqu'à ses foiblesses. Bonjour, Monsieur, rétablissés-vous, car il faut bien sortir un peu de cette tristesse extrême qui m'occupe depuis quelques tems. J'attends des nouvelles de Charîl...'. J'ay pris

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