‹ LettresChapitre 48 sur 125 · I. Flemming (comte de), premier ministre de Saxe · texte numérisé non relu

I. Flemming (comte de), premier ministre de Saxe

je crois cette affaire très-manquée. L'Angleterre avoit promis un secours qu'elle ne veut plus donner, et prend pour prétexte que Ton ne veut pas manquer au roy père qui s'est déclaré si autentiquement oposé à la confirmation de cette élection'. On se barricade dans la capitale, et on ne veut pas abandonner des gens qui veulent périr pour défendre leurs droits et leur choix. Mais ils se feront tous écharper, s'ils persistent; ils seront attaqués de tous côtés, dès que les premiers auront commencé. Voilà la perspective où je suis dans un temps où Ton me témoigne plus d'affection et de confiance que jamais. Toute cette affaire ressemble parfaitement à un roman, et je meurs de crainte d'approcher de la catastrophe. En vérité, cela seroit affreux, et Je ne puis vous dire à quel point j'en suis tourmentée. Toutes ces circonstances ne doivent pas vous déterminer à partir. Si le succès étoit plus aparent, s'il y avoit moins loin, et si ce n'étoit pas une aussi considérable démarche, il y a longtemps que je vous aurois extiorté de partir. Mais tout est trop en l'air pour pouvoir risquer une entreprise d'où dépend toute votre fortune; et celle de celuy pour qui vous la vouliés faire est trop déplorable par elle-même, pour s'engager à de telles reconnoissances. Il n'y en a déjà que trop qui l'ont suivi, pour lesquels je suis assurée qu'il est plus embarrassé que pour luymême. Ses pensions sont saisies, et sa tête

I. L'élection avait eu lieu le 28 juin 1726. Mais la Russie refusa de reconnaître le nouveau duc, et son père lui-même le somma d'abdiquer.

142 Adrienne Le Couvreur.

à prix : il a pensé même être arrêté aux environs de cette diette où il se rendoit les nuits incognito'.

Adieu, car je ne finirois pas. Je vous souhaite une heureuse année ; aimés-moi toujours ; faites des reproches à Saint-Papoul de ma part, et comptés sur mon amitié. D'Argental est sauvé, mais il est toujours à Montpellier.

Mon voisin vous embrasse très-tendrement et vous souhaite tout ce que vous mérités-.

Lettre à M' ...

A Paris ce... octobre 1727.

J'étois assés surprise de n'entendre plus parler de vous, et je l'ay été encore davantage lorsque j'ay appris que vous étiés parti pour un grand voyage sans me dire adieu, quoique vous soyés venu dans mon quartier. Est-il donc vray que vous ne reviendrés qu'après ^ la Saint-Martin ? C'est ce que vos gens m'ont fait dire, pourquoy ne m'en dites vous rien dans votre lettre, et pourquoy avés vous balancé à me donner de vos nouvelles? Est-il question de faire des Epîtres à imprimer.? Et si vous

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