Var. : Par caprice, par curiosité
Lettres. i$3
« C'est que nous ne sommes pas titrées! » Si je suis sérieuse, car on ne peut ' être fort gaye avec - bien des gens qu'on ne connoit pas : — « C'est donclà cette fille qui a tantd'esprit?» dit quelqu'un de la compagnie. — « Ne voyésvous pas qu'elle nous dédaigne, dit une autre, et qu'il faut savoir du grec pour lui plaire? » (( Elle va chez Mme de Lambert% [dit une autre, cela ne vous dit-il pas le mot de l'énigme? »] Je ne sçais* pourquoy je* vous fais tout ce détail, car j'ai bien d'autres choses à vous dire; mais c'est que je suis encore toute remplie de nouveaux^ propos de cette espèce, et plus occupée que jamais du désir de devenir libre, et de n'avoir plus de cour à faire qu'à ceux qui réellement auront de la bonté pour moi ^, et qui satisferont et mon cœur et mon esprit. Ma vanité ne trouve point que le grand nombre dédommage du mérite réel des personnes ; je ne me soucie point de briller; j'ai plus de plaisir cent fois à ne rien dire, mais à entendre des bonnes choses, à
I . Var. : Parce qu'on ne peut être fort gaie au milieu de beaucoup de gens... (Anecdotes dram., Conservateur, et Pièces intéress.)
2 Var. : Avec les gens.
3. La marquise de Lambert (1647, f 173 3) avait un salon célèbre, qui réunissait Fontenelle, La Motte, Saint-Aulaire, Mairan, l'abbé Mongault, etc. Elle est l'auteur de plusieurs ouvrages, dont les Réflexions nouvelles sur les femmes, Paris,
I727,in-i2.