Rochemore
2. Chés M. de Foncemagne, de l'Académie des Belles- Lettres. {Note de 1735.) L'hôtel de Ferriol éta-t dans la même rue.
Monsieur? Je voudrois bien ne point aller à la campagne sans vous avoir vu. Je comptois de vous voir ce matin et vous en prier. Si, par malheur, vous êtes engagé, venés du moins demain matin le plus tôt que vous pourrés. Adieu, je trouve que la vie est trop courte, et que l'on voit trop peu ses amis.
Lettre à Monsieur...
(Dimanche...'
Fourrés vous venir ce matin, Monsieur.^ Il me semble qu'il est bien difficile de vous arracher de votre quartier. Vous êtes prié à souper dans le notre demain Lundi; mais je voudrois bien vous montrer aujourd'huy une lettre que j'ay re-^uë de Langres, et sur laquelle on me presse fort de faire réponse. iNotre affaire de la Roche^ a été on ne peut pas plus mal, par la faute des deux hommes que vous avés vu chés moy, et à qui vous aviés eu la bonté de recommander ce malheureux. C'est une trahison horrible qu'ils ont faite, car il est très certain que le prisonnier sortoit sans
I . Son domestique de confiance s'appelait Gaspard Pitre, dit La Roche. Aurait-il été impliqué dans l'affaire d'Edouard Vaillant, laquais d'Adrienne, qui fut mis aux prisons du grand Chàtelet en mai 1727 ?
196 Adrienne Le Couvreur.
eux. Je vois bien qu'il faut avoir à vous parler d'affaire pour vous attirer. Je m'en plains et je voudrois bien que votre amitié seule pût suffire.
Lettre à Monûeur...
Si vous avés été embarassé à plaisanter sur la pointe de ces aiguilles', je ne la suis pas moins à vous repondre. Je sens bien que je suis flattée de votre souvenir, que je désire vivement votre estime et votre amitié; mais je ne désire point du tout que vous me fassiés des presens ; quelque légers qu'ils puissent être, ils m'inquiètent. Tenés vous le donc pour dit, et songes qu'il vous suffit de vouloir être de mes amis pour que je m'en tienne très honorée et très flattée. Je le répète parce que je le sens; mais encore une fois, épargnés moy. Allons rondement vers l'amitié , qu'elle soit franche et simple. Vous serés content de mon cœur si vous persistes dans la bonne opinion qu'il me paroît que vous en avés; mais n'essayés pas de le corrompre par l'excès des attentions. J'ay une bonne nouvelle à vous apprendre. Nos bonnes gens de Rouen ont gagné leur
I . Celuy à qui cette lettre est addressée avoit envoyé à Mlle Le Couvreur des aiguilles d'or avec une lettre. {Note de •7ÎJ-)
procès avec dépens et toutes les circonstances les plus avantageuses. Le juge qui vouloit venir icy, a fait des merveilles, et l'on me supplie plus que jamais de solliciter pour luy. Aidés moy à cette bonne œuvre, on doit me donner ces jours cy un mémoire que je voudrois bien vous communiquer; je vous manderay quand je l'auray. J'ay passé mes deux jours toute seule, le dernier souper ne m'avoit pas si bien réussi que le votre. Adieu, vos aiguilles me donnent une envie extrême de travailler. Peu s'en faut que je ne m'en serve malgré la bonne feste. Corrigés vous cependant. Adieu, Monsieur, soyés raisonnable, et mon ami.
Vous voyés que je ne sçais pas mieux plaisanter que vous sur des aiguilles; mais aussi, pourquoy m'en donnés vous.^^ et de quel métal ! En vérité vous n'y pensés pas.
Lettre à Monsieur...
M' de Caylus devina hier la confiance que j'ay en vous. Monsieur, et comme il prétend ne se pas entendre mieux en affaires que moy, il me dit qu'il falloit que je m'en rapportasse à vous comme il s'en rapportoit à M. Galiot', cousin de M. Julien de Prunay,