Mlle La Motte
2. N. Begon, femme de M. Berthelot de Monchesne, conseiller au Parlement et frère de Mme la marquise de Prie, qui fut créé intendant des finances. Elle mourut quelques mois après Mlle Le Couvreur, en juillet 1730.
2o6 Adrienne Le Couvreur.
prétend que vous serés ; mais je voudrois vous voir auparavant par plusieurs raisons. J'ay à vous parler d'affaires, quand je vous auray reproché votre excessive négligence. On m'a aujourd'huy parlé sur ma maison. Ils se désistent des six mille livres. Ils m'ont fait consentir à laisser les glaces des cheminées, et il n'y a plus que deux difficultés qui me paroissent légères : l'une pourra être levée par eux, et peut être me condamnerés vous à lever l'autre. Il faut faire visiter cette maison par un architecte, et que vous disiés si vous consentes à ce marché , car je serois bien fâchée de rien conclure sans l'ordre exprès du chef de mon conseil. Venés donc, Monsieur, me dire ce qu'il vous en semble, et tout au plus tôt.
Au mcsme.
J'ay recours à vous comme à mon meilleur ami et au plus sage conseil que je puisse prendre. Je suis dans une très grande perplexité. Le Philosophe a fait agir M. de P... et M. de C... auprès de l'homme que vous sçavés pour l'engager à me rendre ma parole, au moins pour la moitié. La proposition a été faite aparemment avec tant d'habileté, que celuyà qui elle s'adressoit n'a pu s'empêcher de promettre
en quelque façon qu'il feroit ce que l'on voudroit. Le Philosophe est venu m'en avertir et m'a demandé une action et ce que j'avois de billets de banque, m'assurant qu'il faisoit son affaire de faire casser le premier contract, et d'en faire faire un autre pour la moitié de la somme. Je ne sçais pas trop ce que je vous écris ; mais je sçais que M. de la S... a été chés l'abbé et que la reflexion jointe à l'embaras de retrouver quelqu'un d'aussi docile que moy, l'ont fait fulminer, que l'on vient de me dire mille choses qui me mettent dans une agitation horrible. D'un coté, c'est la honte de manquer à ma parole et de me brouiller presque avec mon voisin; de l'autre, la frayeur de m'endetter, et d'être hors d'état de jouir pendant les seules années qui me restent peutêtre à vivre, de ce qui me pouvoit arranger ; sans compter le désagrément de désavouer M. du M...' et M. de P.. . qui sont absolument opposés à cette affaire. Enfin, je pense que le dérangement de ma santé ajoute encore à toutes ces circonstances pour m'oter la force de me décider. Suppléés, je vous prie, à tout ce qui me manque de jugement et de resolution. Voyés demain, à sept heures au plus tard, le Philosophe, et venés me dicter le plus tôt qu'il vous sera possible les réponses que je dois faire à deux hommes qui n'auront que trop de forces et de raisons pour me confondre. Adieu, mon ami, je vais me coucher avec la première inquiétude considérable que j'aye