Le Glaneur français, 1736, t. II, p
2. M. de Fontenelle, de l'Académie royale des sciences (1657-1757).
Fontenelle; mais je ne puis me refuser en secret le plaisir de le peindre icy tel qu'il me paroît.
Sa phisionomie annonce d'abord son esprit ; un air du monde, répandu dans toute sa personne, le rend aimable dans toutes ses actions.
Les agremens de l'esprit en excluent souvent les parties essentielles ; unique en son genre, il rassemble tout ce qui fait aimer et respecter la probité. La droiture, l'équité composent son caractère. Une imagination vive, brillante, tours fins et délicats, expressions nouvelles et toujours heureuses, en font l'ornement. Le cœur pur, les procédés nets, la conduite uniforme, et par tout des principes, exigeant peu, justifiant tout, saisissant toujours le bon, abbandonnant si fort le mauvais que l'on pourroit douter s'il l'aapperçû; difficile à acquérir, mais plus difficile à perdre; exact en amitié, scrupuleux en amour. L'honnête homme n'est négligé nulle part, propre aux commerces les plus délicats, quoique les délices des sçavants. Modeste dans ses discours, simple dans ses actions, la supériorité de son mérite se montre, mais il ne la fait jamais sentir.
De pareilles dispositions persuadent aisément le calme de son âme ; aussi la possèdet-il si fort en paix, que la malignité de l'envie n'a point eu. encore le pouvoir de l'ébranler.
Enfin, l'on pourroit dire de luy, ce qui a été déjà dit d'un Illustre, qu'il fait honneur à l'homme, et que si ses vertus ne le ren-
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dent immortel, elles le rendent au moins très digne de l'être'.
I. Ce portrait de Fontenelle, attribué, lorsqu'il parut, à Mlle Le Couvreur, et ensuite à Mme de Lambert, serait en réalité de Mme de Forgeville, amie de Tillustre vieillard, s'il faut en croire l'éloge de Fontenelle par M. de Fouchy, qui en cite une grande partie. {Œuvres posthumes de Fontenelle, 1758, t. IX et X.) — Voir le Mercure de France de 1760, février (p. 126-127) ^^ s^rii (p. 113-115)-
Il y a un autre portrait de Fontenelle, plus malin que celui-ci, qu'on a attribué à Mlle Le Couvreur et à Mme Dargental : elles ont nié toutes les deux d'y avoir eu part.
Le portrait de M. de Fontenelle, par Mme de Lambert, qui figure au tome II des Œuvres de Mme la marquise de Lambert (1785, p. 41 à 46) est tout à fait différent de celui que nous imprimons ici.