BIOGRAPHIE DE PIE VII
Contrairement au dé;ir de la majorité du peuple et sous l'influence de la France, Rome avait été déclarée république en 1798. A peine Tannée française eut-elle quitté Rome, que le peuple romain se souleva contre la nouvelle république, et que les Etats de l'Eglise furent reconquis par les Napolitains et les Autrichiens. Mais le prince à qui les Etats romains devaient être restitués était mort le 29 août 1799. Pie VI avait laissé Tordre de réunir le conclave dans la ville où se trouveraient le plus de cardinaux. En conséquence, le cardinal-doyen Albani convoqua le conclave à Venise, et il s'y trouva, en effet, le 1er décembre 1799, sous la protection de l'empereur François II, trente-quatre cardinaux qui procédèrent à l'élection du nouveau Pontife. Leur choix flotta entre les cardinaux Bellisoni et Mattei; mais, comme aucun des deux candidats ne réunit les deux tiers des voix nécessaires, Hercule Gonsalvi, qui était secrétaire du conclave, et qui avait déjà rempli d'autres fonctions élevées, proposa le cardinal Barnabe Chiaramonti, et, en effet, celui-ci fut élu le 14 mars 1800. Par reconnaissance pour son prédécesseur, qui l'avait revêtu de la pourpre, le nouveau pape prit le nom de Pie VII. Il était né en 1742, à Gésène, de la famille des comtes Chiaramonti, était entré de bonne heure dans l'Ordre des Bénédictins, était devenu lecteur, c'est-à-dire professeur à Rome, avait gagné la bienveillance du pape Pie VI, qui était son parent, était devenu évèque de Tivoli, puis d'Imola, enfin cardinal en 1785. Il avait manifesté des opinions libérales durant son séjour à Imola; il avait notamment, dans un sermon prêché en 1798, engagé ses diocésains à obéir au gouvernement de la république cisalpine, puisqu'elle existait de fait. Ce sermon l'avait fait passer, aux yeux de bien des gens, pour un républicain et un révolutionnaire. Cependant, Pie VII devait devenir, entre les mains de la Providence, un instrument de grâce, et subir une destinée inconnue à tous ses prédécesseurs. Dès que l'Autriche et Naples se montrèrent disposées à restituer au nouveau pape la portion des Etats de l'Eglise qu'elles avaient reprise aux Français, Pie VII se rendit à Rome (3 juillet 1800) Mais le danger n'était pas loin. A peine le pape était-il rentré dans Rome que Bonaparte rétablit, par la victoire de Marengo, remportée le 14 juillet 1800, la gloire des armes françaises, singulièrement amoindrie pendant son séjour en Egypte, et rien n'empêchait le vainqueur de se rendre à Rome. Mais Napoléon avait été, dans Tintervalle, élu premier consul (25 décembre 1799), et, après avoir
(1) Voir Dictionnaire encyclopédique de la théologie catholique, publié par le Dr Wetzer et le Dr Wblte, traduit de l'allemand par I. Goschler. Art. Pie VIL Paris, Gaume, 1868, 26 vol. 8°.