‹ Lettres apostoliques de Pie IX, Gregoire XVI, Pie VIIChapitre 29 sur 50 · POUR EN PERPÉTUER LA MEMOIRE · texte numérisé non relu

POUR EN PERPÉTUER LA MEMOIRE

Fondée et instituée par le Christ Notre-Seigneur pour procurer le salut éternel des hommes, l'Eglise catholique a obtenu en vertu de sa divine institution, la forme d'une société parfaite; aussi doit-£lle jouir de la liberté, et, dans l'accomplissement de son ministère sacré, n'être soumise à aucun pouvoir civil. Pour agir librement, ainsi qu'il était juste, elle avait besoin de secours en rapport avec la condition et la nécessité des temps; c'est donc par un décret particulier de la divine Providence que, lors de la chute de l'empire romain et de sa division en plusieurs royaumes, le Pontife de Rome, établi par le Christ, chef et centre de toute son Eglise, a acquis le pouvoir temporel. Ainsi la divine sagesse a voulu qu'au milieu de tant de princes si différents, le souverain Pontife jouisse de cette liberté politique qui lui est si nécessaire pour exercer sans obstacle, dans tout l'univers, son pouvoir spirituel, son autorité et sa juridiction. Car il convenait assurément que le monde catholique n'eût aucune occasion de soupçonner que l'impulsion des pouvoirs civils, ou la partialité à l'égard de quelques-uns, pût agir sur les déterminations de ce Siège, auquel « il est nécessaire que se rattache toute l'Eglise à cause de son autorité supérieure ».

Or il est facile de comprendre de quelle façon ce pouvoir de l'Eglise romaine, quoique temporel de sa nature, revêt cependant un caractère spirituel ; c'est en vertu de sa destination sacrée et de ce lien étroit qui le rattache aux intérêts les plus grands du Christianisme. Rien n'em-

ea omnia quae ad temporalem quoque populorum felicîtatem condncunt perfici queant, quemadmodum gesti a Romanis Pontificibus per tôt saecula civilis regiminis historia luculentissime testatur.

Cum porro ad Ecclesiae bonum et utilitatem respiciat principatus, de quo loquimur, mirum non est quod Ecclesiae ipsius hostes persaepe ilJum convellere et labefactare multiplici insidiarum et conatuum génère contenderint : in quo tamen nefaria illorum molimina, Deo Ecclesiam suam jugiter adjuvante, in irritum serius ocius ceciderunt.

Jam vero novit universus orbis quomodo luctuosis hisce temporibus infestissimi Catholicae Ecclesiae et hujus Apostolicae Sedis osores abominabiles facti in studiis suis (1), ac loquentes in hypocrisi mendacium (2), hanc ipsam Sedem, proculcatis divinis humanisque juribus civili, quo potitur, principatu spoliare nequiter adnitântur, idque assequi studeant non manifesta quidem, ut alias, agressione armorumque vi, sed falsis aeque acperniciosis principiis callide inductis, ac popularibus motibus malitiose excitatis. Neque enim erubescunt nefandam populis suadere rebeïïionem contra legitimos principes, quae ab Apostolo clare aperteque damnatur ita docente : « Omnis anima potes- « tatibus sublimioribus subdita sit. Non est enim potestas nisi a « Deo : quae autem sunt, a Deo ordinatae sunt Itaque qui resistit « potestati, Dei ordinationi resistit. Qui autem resistunt, ipsi sibi « damnationem acquirunt (3). » Dum vero pessimi istiusmodi veteratores temporalem Ecclesiae dominationem aggrediuntur ejusque venerandam auctoritatem despiciunt, eo impudentiœ deveniunt, ut suam in Ecclesiam ipsam reverentiam et obsequium palam jactare non desinant. Atque illud vel maxime dolendum, quod tam prava agendi ratione sese polluent non nemo etiam ex iis qui, uti Catholicae Ecclesiae filii, in ipsius tutelam atque praesidium impendere debent auctoritatem quae in subjectos sibi poputos potiuntur.

In subdolis ac perversis, quas lamentamur, machinationibus prœcipuam habet partem Subalpinum gubernium, aquopridem omnes norunt quanta et quam deploranda eo in regno damna ac detrimenta Ecclesiae ejusque juribus sacrisque ministris fuerint illata, de quibus in consistoriali potissimum Allocutione die xvn Januarii mdccclv habita vehementer doluimus. Post despectas hactenus nostras ea de re justissimas reclamationes gubernium ipsum eo temeritatis modo progressum est, ut ab

(1) Ps. xiii, 1. — (2) I Tim., iv, 2. — (3) S. Paul., Ep. ad Nom , c. xin, v. 1 , et scq.

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pêche cependant de perfectionner les moyens qui conduisent à ia félicite même temporelle des peuples; l'histoire du gouvernement pontifical pendant tant de siècles en est un éclatant témoignage.

Le pouvoir dont nous parlons ayant pour objet le bien et l'utilité de l'Eglise, il n'est pas étonnant que les ennemis de cette Eglise aient eu si souvent recours aux perfidies et aux tentatives de tout genre pour essayer de l'ébranler, de le détruire même. Mais, grâce aux secours que Dieu donne constamment à cette Eglise, ces manœuvres criminelles ont échoué tôt ou tard.

L'univers entier sait aujourd'hui comment, en ces temps douloureux les plus acharnés ennemis de l'Eglise catholique et du Saint-Siège, « devenus abominables dans leurs desseins et menteurs hypocrites, » s'efforcent criminellement, en foulant aux pieds les droits divins et humains, de dépouiller ce Siège du pouvoir civil qu'il possède; ils cherchent à atteindre ce but, non plus comme d'autres fois, par une attaque à découvert et par la force des armes, mais en répandant avec adresse de faux et pernicieux principes, en excitant perfidement des mouvements populaires. En effet, ils ne rougissent pas de conseiller aux peuples une rébellion coupable contre les princes légitimes, rébellion que l'Apôtre condamne clairement et ouvertement en ces termes : « Que toute âme a soit soumise aux puissances supérieures. Car il n'y a point de puis- « sance qui ne vienne de Dieu, et celles qui existent ont été établies par « Dieu. Celui donc qui résiste à la puissance résiste à l'ordre Je Dieu, et « ceux qui y résistent attirent la condamnation sur eux-mêmes. » En attaquant la domination temporelle de l'Eglise, en méprisant cette autorité vénérable, ces imposteurs odieux sont assez impudents pour ne cesser de vanter publiquement leur respect et leur soumission à l'égard de cette même Eglise. Et, ce qu'il y a de plus déplorable, c'est qu'on ne saurait dire que cette conduite coupable n'ait pas souillé quelqu'un de ceux mêmes qui, en qualité de fils de l'Eglise catholique, doivent employer à la secourir et à la protéger, l'autorité qu'ils possèdent sur les peuples qui leur sont soumis.

A ces manœuvres, perfides et perverses, a pris la principale part le gouvernement piémontais. Tous savent combien de coups déplorables ont été portés dans ce royaume, à l'Eglise, à ses droits et à ses ministres; nous nous en sommes déjà plaint vivement dans notre Allocution du 22 janvier 1855. Après avoir méprisé nos plus justes réclamations, ce même gouvernement a poussé l'audace jusqu'à ne pas craindre d'atta-

irroganda universali Ecclesiae injuria minime abstinuerit, civilem impetens principatum, quo Deus hanc B. Pétri Sedem instructam voluit ad apostolici ministerii libertatem, uti animadvertimus, tuendam atque servandam. Primum sane ex manifestis aggressionis indiciis prodiit cum in Parisiensi conventu, anno mdccclvi acto, ex parte ejusdem Subalpini gubernii, inter hostiles nonnullas expositiones, speciosa quœdam ratio proposita fuit ad civile Romani Pontificis dominium infirmandum, et ad ipsius Sanctaeque hujus Sedis auctoritatem imminuendam. Ubi vero superiore anno Italicum exarsit bellum inter Austriae imperatorem et fœderatos invicem imperatorem Galliarum ac Sardiniee regem, nihil fraudis, nihil sceleris preetermissum est, ut Pontificiee nostrse ditionis populi ad nefariam defectionem modis omnibus impellerentur. Hinc instigatores missi, pecunia largiter effusa, arma suppeditata, incitamenta pravis scriptis et ephemeridis admota, et omne fraudum genus adhibitum vel ab illis, qui ejusdem gubernii legatione Romae fungentes, nulla habita gentium juris honestatisque ratione, proprio munere perperam abutebantur ab tenebricosas molitiones in pontificii nostri gubernii perniciem agendas.

Oborta deinde in nonnullis ditionis nostrœ provinciis, quae dudum occulte comparata fuerat, seditione, illico per fautores regia dictatura proclamata est, statimque a Subalpino gubernio commissarii adlecti, qui alio etiam nomine posteaappellati provincias illas regendas sumerent. Dum hœc agerentur, nos gravissimi officii nostri memores non prastermisimus binis nostris Allocutionibus die xx junii et xxvi septembris superiore anno habitis de violato civili hujusce S. Sedis principatu altissime conqueri simulque violatores serio monere de censuris ac pœnis per canonicas sanctiones inflictis, in quas ipsi proinde misère inciderant. Existimandum porro erat, patratae violationis auctores per iteratas nostras monitiones ac querelas ab iniquoproposito destitutos ; praesertim cumuniversiGatholiciorbis sacrorum antistites, et fidèles cujusque ordinis, dignitatis, et conditionis eorumcuraecommissi, suas nostris expostulationibusadjungentes unanimi alacritate nobiscum hujus Apostolicae Sedis, et universalis Ecclesiae justitiœque causam propugnandam susceperint, cum optime intelligerent, quantopere civilis, dequoagitur, principatus, ad liberam supremi pontificatus jurisdictionem intersit. Verum (horrescentes dicimus î) Subalpinum gubernium non solum nostra monita, querelas, et ecclesiasticas pœnas contempsit, sed etiam in sua persistens improbitate, populari suffragio pecuniis, minis aliisque callidis artibus contra omne jus extorto, minime dubitavit commemoratas nostras provincias

« CUM CATHOLICA x, 26 MARS 1860 Gï

quer les droits de l'Eglise universelle elle-même, en cherchant à renverser le pouvoir civil que Dieu a voulu joindre au Siège du bienheureux Pi. 'ire, pour protéger et conserver, connue nous l'avons dit, la liberté du ministère apostolique. Le premier indice manifeste de cette agression s'est révélé au congrès de Paris, en 1856, lorsque, entre autres propositions hostiles, le gouvernement piémontais présenta un moyen spécieux d'amoindrir le domaine civil du Pontife romain, et de diminuer lautorité de ce Pontife et du Saint-Siège. Mais lorsque l'année dernière, la guerre d'Italie éclata entre l'empereur d'Autriche et l'empereur des Français allié au roi de Sardaigne, aucune fraude, aucun crime n'a été épargné pour pousser de toute manière à une révolte criminelle les peuples de notre domination pontificale. De là, des émissaires envoyés, de l'argent largement répandu, des armes fournies, des excitations au moyen de brochures et de journaux corrompus, toutes sortes de fraudes employées, même par ceux qui se trouvaient à Rome en qualité d'ambassadeurs de ce royaume ; sans tenir compte ni du droit des gens, ni de l'honneur, ils abusaient indignement de leur position pour former de ténébreux desseins contre notre gouvernement pontifical.

Ensuite, lorsque la sédition préparée de longue main et en secret, eut éclaté dans quelques provinces de notre domination, aussitôt des affîdés proclamèrent la dictature royale, et des commissaires, appeiés plus tard d'un autre nom, furent choisis par le gouvernement piémontais pour administrer ces provinces. Pendant que ces choses se passaient, attentif aux graves devoirs de notre charge, nous n'avons pas manqué, dans nos deux Allocutions, du 20 juin et du 26 septembre de l'année dernière, de nous plaindre hautement des atteintes portées au pouvoir civil de ce Saint-Siège, et d'avertir en même temps les coupables des censures et des peines canoniques qu'ils avaient malheureusement encourues. On devait espérer que les auteurs de ces violences seraient détournés de leurs criminels projets par nos avertissements et par nos plaintes réitérées, surtout en voyant les évêques de tout l'univers catholique, et les fidèles de tout ordre, de toute dignité, de toute condition, confiés à leur soin, joindre leurs protestations aux nôtres pour défendre unanimement et courageusement la cause de ce Siège Apostolique, de l'Eglise universelle et de la justice : car tous comprenaient très bien de quelle importance est le pouvoir civil pour le libre exercice de la juridiction du suprême Pontificat. Mais (nous le disons avec horreur !) non content de mépriser nos avertissements, nos plaintes et nos peines ecclésiastiques, le gouvernement piémontais persista dans sa perversité. En captant contre tout droit le suffrage populaire au moyen de l'argent, dés menaces, de la terreur et de toutes sortes de moyens perfides, il n'a pas hésité à envahir les provinces de nos Etats dont nous venons de parler,

invadere. occupare. et in suam potestatem dominationemque redigere. Verba quidem desunt ad tantum improbandum facinus, in quo piura et maxima habentur facinora. Grave n a m que admittitur sacrilegium,quo una simul aliéna jura contra naturalem divinamque legem usurpantur, omnis justitiœ ratio subvertitur, et cujusque civilis principatus ac totius bumanae societatis fundamenta penitus evertuntur.

Cu m igiturex una parte non sine maximo animi nostri dolore intelligamus, irritas futuras novasexpostulationes apud eos qui relut aspides surdœ obturantes mires suas (1) nihil hucusque monitis ac questibus nostris commoti sunt ; ex altéra vero parte intime sentiamus quid a nobis in tanta rerum iniquitate omnino postulet Ecclesiae hujusque Apostolicae Sedis ac totius Catholici orbis causa^ improborum hominum opéra tam vehementer oppuunata, idcirco cavendum nobis est ne diutius cunctando gravissimi officii nostri muneri déesse videamur. Eo nempe adducta res est, ut illustribus praedecessorum nostrorum vestigiis inhaerentes suprema illa auctoritate utamur. qua cum solvere, tum etiam ligare nobis divinitus datura est ; ut nimirum débita in sontes adhibeatur severitas, eaque salutari caeteris exemplo sit.

Itaque post divini Spiritus lumen privatis publicisque precibus imploratum, post adhibitum selectae VV.FF. XX. S.R.E.Cardinalium Congregationis consilium, auctoritate omnipotentis Dei et SS. Apostolorum Pétri et Pauli ac nostra denuo declaramus, eos omnes qui nefariam in praedictis Pontificiae nostrae ditionis provinciis rebellionem et earum usurpationem, occupationem, et invasionem et alia hujusmodi, de quibus in memoratis nostris Allocutionibus die xx Junii et xxvi Septembris superioris anni conquesti sumus, vel eorum aliqua perpetrarunt. itemque ipsorum mandantes, fautores, adjutores, consiliarios, adhae- 1 v ntes vel alios quoscumque praedictarum rerum executionem quolibet prœtextu et quovis modo procurantes, vel per seipsos exequentes, majorem excommunicationem, aliasque censuras ac pœnas ecclesiasticas a sacris canonibus. apostolicis Constitutionibus, et generalium conciliorum, Tridentini praesertim c2), decretis inflictas incurrisse, et si opus est, de novo excommunicamus et anathematizamus; item déclarantes, ipsos omnium, et quorumcumque privilegiorum, gratiarum, et indultorum sibi a nobis seu Romanis Pontificibus praedecessoribus nostris quomodolibet concessorum amissionis pœnas eo ipso pariter incurrisse; nec a censuris hujusmodi a quoquam, nisi a nobis. seu Romano Pontifice pro tempore existente (praeterquam in mortis articulo,

i Ps. lyii, 1. — (2) Sess. xxil, cap xi, De reform.

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de les occuper, de les réduire en son pouvoir et sous sa domination. Les paroles nous manquent pour flétrir un si grand crime; il en renferme plusieurs autres dos plus considérables. C'est en eiï'et un énorme sacrilège puisque c'est à la l'ois violer les droits d'autrui au mépris des lois divines et humaines, renverser toute justice, détruire complètement les fondements mêmes sur lesquels s'appuient tout pouvoir civil et toute société humaine.

Nous comprenons d'un côté, non sans une profonde affliction de cœur, que de nouvelles démarches seraient inutiles auprès de ces hommes qui, « bouchant leurs oreilles comme des aspics sourds, » n'ont été touchés, jusqu'ici, d'aucun de nos avertissements, d'aucune de nos plaintes; nous sentons vivement, d'un autre côté, ce qu'en face de tant d'iniquités demande de nous la cause de ce Siège Apostolique et de tout l'univers catholique, si gravement attaquée par l'œuvre de ces hommes méchants, et nous avons à craindre de manquer aux devoirs de notre redoutable charge, si nous tardions davantage à agir : car les choses en sont venues au«point que pour marcher sur les traces de nos illustres prédécesseurs, nous devons nous servir de cette suprême autorité que Dieu nous a donnée de lier aussi bien que de délier, et employer à l'égard des coupables une sévérité qui soit d'un salutaire exemple pour les autres.

C'est pourquoi, après avoir imploré les lumières du Saint-Esprit par des prières publiques et particulières, après avoir pris l'avis d'une congrégation spéciale de nos vénérables frères les cardinaux de la sainte Eglise romaine, par l'autorité de Dieu tout-puissant, par celle des saints apôtres Pierre et Paul, et parla nôtre, nous déclarons que tous ceux qui ont pris part à la rébellion, à l'usurpation, à l'occupation et à l'invasion criminelle des provinces susdites de nos Etats, et aux actes de même nature dont nous nous sommes plaint dans nos Allocutions du 20 juin et du 26 septembre de l'année dernière ; de même leurs commettants, fauteurs, aides, conseillers, adhérents, ou autres quelconques ayant procuré sous quelque prétexte et de quelque manière que ce soit l'exécution des choses susdites, ou les ayant exécutées par eux-mêmes, ont encouru l'excommunication majeure et autres censures et peines ecclésiastiques portées par les saints canons et les constitutions apostoliques, par les décrets des conciles généraux et notamment du saint concile de Trente, et au besoin nous les excommunions et anathématisons de nouveau. Nous les déclarons en même temps déchus de tous privilèges, grâces et induits accordés, de quelque manière que ce soit, tant par nous que par nos prédécesseurs. Nous voulons qu'ils ne puissent être déliés ni absous de ces censures par personne autre que nous-même ou le Pontife romain alors existant, excepté à l'article de la mort, et en cas de

et tune cum reincidentia in easdem censuras eo ipso quo convaluerint absolvi ac liberari posse ; ac insuper inhabiles et incapaces esse, qui absolutionis beneficium consequantur, donec omnia quomodolibet attentata publiée retractaverint, revocaverint, cassaverint, et aboleverint, ac omnia in pristinum statum plenarie et cum effectu redintegraverint, vel alias debitam et condignam Ecclesiœ ac nobis, et huic sanctaa Sedi satisfactionem in preemissis praestiterint. Idcirco illos omnes etiam specialissima mentione dignos, neenon illorum successores in officiis a retractatione.revocatione, et abolitione omnium, ut supra, attentatorum perse ipsos facienda, vel alias débita et condigna Ecclesiae, ac nobis, et dictée Sanctae Sedi satisfactione realiter et cum effectu in eisdem pr&smissis exhibenda, praesentium Litterarum, seu alio quoeumque prœtextu, minine liberos et exemptos, sed semper ad hase obligatos fore et esse, ut absolutionis beneficium obtinere valeant, earumdem tenore prœsentium decernimus et pariter declaramus.

Dum autem hanc muneris nostri partem, tristi nos urgente necessitate, mœrentes implemus, minime obliviscimur, nosmetipsos illius hic in terris vicariam operam agere, qui non vult « mortem peccatoris, sed ut convertatur et vivat » (1), quique in mundum « venit quaerere et salvum facere quod perierat » (2). Quapropter in humilitate cordis nostri ferventissimis precibus ipsius misericordiam sine intermissione imploramus et exposcimus,ut eos omnes, in quos ecclesiasticarum pœnarum severitatem adhibere coacti sumus, divinae suée gratiee lumine propitius illustret, atque omnipotente sua virtute de perditionis via ad salutis tramitem reducat.

Decernentes présentes litteras, et in eis contenta quaecumque, etiam ex eo quod prœfati, et alii quicumque in praBmissis interesse habentes, seu habere quomodolibet preatendentes, cujusvis status, gradus, ordinis, praeeminentiee, et dignitatis existant, seu alias specifica etindividua mentione et expressione digni illis non consenserint, nec ad ea vocati, citati et auditi, causeeque, propterquas présentes emanaverint, sufficienteradductas, verificatee non fuerint, aut ex alia qualibet causa, colore, prœtextu, et capite, nullo unquam tempore de subreptionis vel obreptionis, aut nullitatis vitio, aut intentionis nostrae, vel interesse habentium consensus, ac alio quoeumque defectu notari, impugnari, infringi, retractari, in controversiam vocari, aut ad terminos juris reduci, seu adversus illas aperitionis oris, restitutionis in integrum, aliudve quodeumque juris, facti vel gratise remedium in-

(1) Ezech., xxxin, il. — (2) Luc. xix: 10.

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