CUM CATHOLICA », 26 MARS 18G
les présentes Ici Ires partout, et principalement dans les lieux où il importerait le plus qu'elles le fussent, nous voulons que des exemplaires en soient, selon l'usage, publiés et affichés aux portes de l'Eglise de Latran et de la basilique du Prince des apôtres, de la chancellerie apostolique, de la cour générale au mont Citorio, et à l'entrée du Champ de Flore, et qu'ainsi publiées et affichées, tous et chacun de ceux qu'elles concernent aient à s'y conformer, comme si elles leur eussent été intimées individuellement et nommément.
Nous voulons que les copies manuscrites ou imprimées de ces lettres, pourvu qu'elles soient signées par un notaire public et revêtues du sceau de quelque personne constituée en dignité ecclésiastique, reçoivent dans tous les pays du monde, tant en jugement que dehors, la même foi et la même confiance que l'inspection même de la minute des présentes.
Donné à ftomc, près Saint-Pierre, sous l'anneau du Pêcheur, le 26 mars 1860, l'an XIV de notre Pontificat.
PIE IX,*PAPE
S. S. PII IX
EPÏSTOLA EXCYCLICA
Dilectis FHiis nostris S. R. E. Cardinalibus ac venerabilibus Fratribiis Archiepïscopis et Episcopîs universœ irnperialis ac regiœ Austriacœ ditionis.
PIUS PP. IX
DlLECTI FlLH NOSTKI ET VENERABILES FrATRF.S
Salutem et apostolicam benedictionem.
Singulari quidam ammi nostri gaudio cognoscimus, vosdilecti Filii nostri ac venerabiles Fratres, nostris et carissimi in Christo filii nostri Francisci Josephi Austriae imperatoris, et régis Apostolici desideriis cuique vestrum uno fere eodemque tempore significatis, quam libentissime obsequentes, pro egregia vestra religione et pastorali sollicitudine statuisse convenire in istam imperialem et regiam Vindobonensem civitatem, quo ibi inter vos colloqui et consilia conferre possetis, ut rite ea omnia perficiantur, quœ a nobis cum eodem carissimo in Christo filio nostro sancita sunt in Conventione, quam idem clarissimus et religiosissimus princeps cum summa nostra consolatione et immortali sui nominis gloria, ob Ecciesiae jura vindicata bonis omnibus prœ laetitia gestientibus, ineundam nobiscum curavit. Itaque dum vobis. dilecti Filii nostri et venerabiles Fratres, vel maxime gratulamur, quod in hoc habendo conventu insigne ac perspectum vestrum pro Ecclesia studium impense ostenditis. nobis temperare non possumus, quin vos hac occasione peramanter alloquamur, et intimos vobis animi nostri sensus aperiamus, ex quibus majorem in modum intelligetis, quanta vos et omnes amplissimi istius imperii fidèles populos curse vestra} commissos benevolentia prosequamur.
Atque in primis quod attinet ad commemoratas Conventionis exsecutionem, cum optime noscatis multos in illa esse articulos qui a vobis prœcipue sunt exsequendi,tum vehementer optamus, ut quoad modum in eorumdem articulorum exsecutione unam eamdemque certain viam atque rationem habere velitis, ea
DE SA SAINTETÉ PIE IX
A nos Fils bien-aimés les Cardinaux, h nos vénérables Frères les Archevêques et Evêques de tous les Etats impériaux et royaux d'Autriche,
PIE IX, PAPE
Chers Fils et vénérables Frères,
Salut et bénédiction apostolique.
Nous avons appris avec une joie et une satisfaction toute particulière, Fils bien-aimés et vénérables Frères, qu'empressés de déférer aux vœux exprimés presque au même moment à chacun de vous par nous-même et par notre très cher fils en Jésus-Christ, l'empereur François-Joseph, vous avez résolu, sous l'inspiration de la foi qui vous distingue et de votre zèle pastoral, de vous réunir dans la ville impériale et royale de Vienne, pour y discuter et y conférer entre vous, afin qu'on puisse mettre la dernière main aux conventions arrêtées entre nous et ce fils très cher en Jésus-Christ, dans le Concordat' que cet illustre et religieux prince a eu soin de conclure avec nous. Ce concordat nous comble de consolation ; il fait l'immortelle gloire du prince, rend à l'Eglise ses droits usurpés et ravit de joie tous les gens de bien. Or, en vous félicitant avec bonheur, du zèle remarquable que vous faites éclater pour l'Eglise en tenant cette assemblée, nous ne pouvons nous abstenir, Fils bien-aimés et vénérables Frères, de profiter de cette circonstance pour vous parler avec amour, vous montrer les sentiments intimes de notre cœur et vous faire ainsi comprendre davantage combien est grande l'affection que nous avons pour vous, et pour tous les peuples fidèles de ce vaste empire confiés à vos soins.
Et d'abord pour ce qui regarde l'exécution du concordat précité, vous n'ignorez pas qu'il renferme un grand nombre d'articles qui vous concernent tout spécialement; mais nous désirons avec ardeur que pour la manière de les accomplir, vous vouliez bien suivre la même voie, avoir
tamen circumspectione sedmo prudenterque adhibita, quam varia diversarum latissimi Austriaci imperii provinciarum adjuncta postulare poterunt. Si quœ autem de alicujus articuli sensu dubitatio, vel diffîcultas oriatur, quod non fere arbitramur, gratissimum nobis erit illam a vobis ad nos deferri, ut, collatis inter nos et Csesarem Apostolicam Majestatem consiliis, veluti in trigesimo quinto ejusdem Conventionis articulo cautum est, opportunas declarationes dare possimus.
Jam vero ardentissima illa charitas, qua universum Dominicum gregem nobis ab ipso Christo Domino divinitus commissum complectimur, et gravissimum Apostolici nostri ministerii munus quo omnium nationum et popuiorum salutem totis viribus procurare debemus, urgent nos,dilecti Filii nostri acvenerabiles Fratres, ut eximiam vestram pietatem, virtutem et episcopalem vigilantiam, majore qua possumus contentione etiam atque etiam excitemus, ut alacriori usque zelo pergatis omnes episcopalis vestri muneris partes diligentissime implere, ac nullis neque curis, neque consiliis, neque laboribus unquam parcere, quibus sanctissimae fidei nostrse depositum in vestris diœcesibus integrum inviolatumque custodiatis, et vestri gregis incolumitati consulentes, illum ab omnibus defendatis inimicorum hominum fraudibus et insidiis. Namque probe noscitis nefarias multiplicesque artes ac molitiones, et monstrosa omnis generis opinionum portenta, quibus callidissimi perversorum dogmatum architecti improvidos praesertim et imperitos a veritatis et justitise tramite avertere atque in errorem exitiumque inducere connituntur.
. Neque ignoratis, dilecti Filii nostri ac venerabiles Fratres, inter plurima et nunquam satis lugenda mala, quae ecclesiasticam et civilem societatem vel maxime perturbant atque divexant, duo potissimum nunc eminere, quse aliorum omnium quœdam veluti origo non immerito videantur. Vobis enim apprime nota sunt innumera et funestissima sane damna, quae in christianam et civilem rem publicam ex putidissimo indifferentismi errore redundant. Ilinc enim omnia erga Deum,, in quo vivimus, movemur, et sumus, officia penitus negiecta ; hinc sanctissima religio plane posthabita, hinc omnis juris, justitise virtutisque fundamenta concussa ac propemodum eversa.
A qua turpissima sane indifferentismi forma haud admodum distat illud de religionum indifferentia systema e tenebris eruptum, quo hommes a veritate alienati verœque confessionis adversarii suœque salutis immemores et inter se pugnantia docentes et nunquam stabilitam sententiam habentes, nullum inter diversas fidei professiones discrimen admittunt, et pacem
une même façon de les entendre. Ayez soin toutetois de prendre avec prudence toutes les précautions que pourront réclamer les usages différents des différentes provinces du vaste empire d'Autriche. Si certains articles présentent des doutes, si des difficultés surgissent, ce que nous ne croyons pas, il nous sera très agréable que vous nous en fassiez part; nous en conférerons avec sa majesté impériale et apostolique, ainsi qu'il a été prévu par l'article 35 de ce concordat, et nous pourrons donner les décisions convenables.
Maintenant l'ardente charité qui nous fait embrasser dans un même sentiment d'amour tout le troupeau du Seigneur, divinement confié à notre sollicitude par Jésus-Christ lui-même, la charge redoutable du ministère apostolique qui nous oblige à pourvoir de toutes nos forces au salut des nations et des peuples, tout nous presse, Fils bien-aimés et vénérables Frères, d'exciter de plus en plus, avec toute l'énergie dont nous sommes capable, votre éminente piété, votre ardeur, votre vigilance épiscopale à continuer de remplir avec un zèle de plus en plus ardent et avec le plus grand soin toutes les fonctions de votre charge pastorale; n'épargnez ni soins, ni avis, ni labeur pour conserver intact, inviolable, dans vos diocèses, le saint dépôt de notre foi; veillez sur l'innocence de vos ouailles, préservez-les de tous les pièges et de toutes les embûches de leurs ennemis. Car vous n'ignorez pas les coupables artifices, les ma' nœuvres multipliées, les séductions de tout genre et les monstrueu) systèmes employés par ces artisans perfides de perverses doctrines, pour chercher traîtreusement à faire dévier du sentier delà vérité et de la justice, surtout les imprévoyants et les simples et à les jeter dans l'abîme de l'erreur et de la perdition.
Entre les maux sans nombre et à jamais déplorables qui bouleversent et déchirent le plus la société religieuse et civile, il en est deux surtout, vous le savez, Fils bien-aimés et vénérables Frères, que l'on peut, à bon droit, considérer comme la source de tous les autres. Vous connaissez parfaitement, en effet, combien sont nombreuses et funestes les calamités que jette sur l'Eglise et sur l'Etat la source impure de l'indifférentisme. Avec ce système, en effet, on néglige complètement tout devoir envers Dieu, quoique nous trouvions en lui la vie, le mouvement et l'être, on met tout à fait de côté notre sainte religion; on ébranle, on renverse presque entièrement tous les fondements du droit, de la justice et de la vertu .
De cette plaie hideuse de l'indifférentisme diffère peu le système de l'indifférence en matière de religion, système sorti des ténèbres, qui détourne ses adeptes de la vérité, les rend hostiles à la pratique de toute vraie croyance, oublieux de leur salut; avec lui on enseigne des principes contradictoires, on n'a point de doctrine arrêtée, on n'admet aucune différence entre les professions de foi les plus divergentes, on
passim cum omnibus miscent, omnibusque aeternse vitae portum ex qualibet religione patere contendunt. Nihil enim mterest illis, licet diversa tractantibus, dum ad unius veritatis expugnationem conspirent (1).
Videtis profecto, dilecti Filii nostri ac venerabiles Fratres, qua vigilantia vobis sit excubandum, ne tam dirse contagia pestis vestras oves misère inficiant ac perdant. Itaque ne desinatis populos vobis traditos ab hisce perniciosissimis erroribus sednlo defendere, eosque catholicae veritatis doctrina magis in dies accurate imbuere, et illos docere, quod sicut unus est Deus Pater, unus Christus ejus,, unus Spiritus sanctus, ita una est divinitus revelata veritas, una divina fides humanae salutis initium, omnisque justificationis fundamentum, qua justus vivit, et sine qua impossibile est placere Deo, et ad fiiiorum ejus consortium pervenire (2) ; et una est vera, sancta, catholica, Apostolica, Romana Ecclesia, et Cathedra una super Petrum Domini voce fundata (3), extra quam nec vera fides, nec aeterna invenitur salus, cum habere non possit Deum patrem qui Ecclesiam non habet matrem, et falso confidat, se esse in Ecclesia, qui Pétri Cathedram deserat, super quam fundata est Ecclesia (4). Nullum vero majus potest esse delictum et nulla macula deformior, quam adversus Christum stetisse, quam Ecclesiam divino ejus sanguine partam et acquisitam dissipasse, quam evangelicse dilectionis oblitum contra unanimem et concordem Dei populum hostilis discordise furore pugnasse (5).
Cum autem ratio divini cultus ex hisce duobus constet, piis dogmatibus et actionibus bonis, neque doctrina sine operibus bonis accepta sit Deo, neque opéra recipiat Deus a religiosis dogmatibus sejuncta, neque in solo opère virtutumaut in sola observantia mandatorum, sed etiam in tramite fidei angusta et ardua sit via quae ducit ad vitam ; tum ne intermittatis fidèles vestros populos continenter monere et excitare, ut non solum in catholicae religionis professione magis in dies stabiles et immoti persistant, verum etiam per bona opéra certam suam vocationem et electionem facere satagant. Dum autem in vestri gregïs salutem procurandam incumbitis, ne omittatis in omni bonitate, patientia et doctrina miseros errantes ad unicum Christi ovile, atque ad catholicam unitatem revocare illis prsesertim Augustini verbis : « Venite, fratres, si vultis ut inseramini in vite : « dolor est, cum vos videamus prsecisos ita jacere ; numerate
(1) Tertul. de prœscript. cap. 41.— (2) Rom., i, 17; Hebr., xi, 6; Trid.,
Sess. vt, cap 8. — (3) S. Cyprian. Epist. 43. — (4) S. Cyprian. de unitat. Ecc). — (5) S. Cyprian. Epist. 72.
vit en paix avec toutes, et l'on prétend que toutes, à quelque religion qu'elles appartiennent, conduisent au port de l'éternelle vie. Eli! que leur importent leurs divisions particulières, pourvu seulement qu'ils travaillent à la ruine de la vérité.
Vous voyez, Fils bien-aimés et vénérables Frères, de quelle vigilance vous devez fnire preuve pour empêcher la contagion de cette épidémie eruelle, de gagner vos ouailles et de les perdre à jamais. Ne cessez donc de prémunir avec le plus grand soin, contre ces erreurs damnabîes, les peuples qui vous sont confiés; de les pénétrer chaque jour plus intimement des enseignements de la vérité catholique; de leur apprendre que, comme il n'y a qu'un seul Dieu, le Père, son Christ et son Esprit, il n'y a qu'une seule vérité divinement révélée, une seule foi divine, principe du salut de l'homme, fondement de toute justification, vie du juste, sans laquelle il est impossible de plaire à Dieu ni de parvenir à l'héritage de ses enfants; qu'il n'y a qu'une seule et véritable Eglise, l'Eglise sainte, catholique, apostolique, romaine; une seule chaire dont le Seigneur lui-même a posé le fondement sur Pierre, loin de laquelle on ne peut trouver ni véritable foi, ni salut éternel ; car celui-là ne peut avoir Dieu pour père qui n'a pas l'Eglise pour mère, de plus, il est absurde de se croire dans l'Eglise quand on divorce avec la chaire de Pierre sur laquelle repose l'Eglise comme sur sa base. Mais il ne peut y avoir de plus grand crime, point de honte comparable à celle de s'être posé en adversaire du Christ, d'avoir travaillé à la destruction de cette Eglise acquise et engendrée par son sang divin, d'avoir oublié la charité évangélique, d'avoir lutté avec les fureurs de la discorde cruelle, contre les cœurs unis, contre les enfants paisibles de Dieu.
Le culte divin se compose de deux éléments, de la foi et des œuvres : point de vraie foi sans les œuvres, point d'œuvres agréables à Dieu sans la foi. Ce qui rend étroite et ardue la voie qui mène à la vie, ce n'est pas seulement l'obligation de pratiquer les vertus et d'observer les préceptes, c'est aussi la nécessité de ne point s'écarter de la foi. Ne cessez donc d'avertir, de presser vos peuples fidèles de devenir chaque jour plus fermes et plus inébranlables dans leur croyance et de rendre chaque jour plus assurée, par leurs bonnes œuvres, leur vocation et leur admission parmi les élus.
Mais en vous appliquant à procurer le salut de votre troupeau, ne négligez point de travailler avec toute la bonté, toute la patience et la sagesse possibles à faire rentrer dans le bercail unique de Jésus-Christ les malheureux égarés, et pour les rappeler à l'unité catholique, adressezleur particulièrement ces paroles d'Augustin ; « Revenez, Frères, s'il « vous plaît, pour vous enter de nouveau sur le cep ; nous souffrons de « vous en voir retranchés et jetés à terre. Comptez seulement les prêtres
« sacerdotes vel ab ipsa Pétri Sede, et in ordine illo patrum « quis cui successit videte ; ipsa est petra, quam non vincunt « superbse inferorum porta? (1). » Quicumque extra hanc domum agnum comederit, profanus est ; si quis in arca Noe non fuerit, peribit régnante diluvio (2).
Verum non minori sane pernieie alter nunc grassatur morbus, cui ab elatione et quodam veluti rationis fastu rationalismi nomen est inditum. Non improbat certe Ecclesia (3) eorum studium qui veritatem scire voluerunt, quia Deus hominis naturam veri adipiscendi cupientissimam fecit, neque improbat rectœ saneeque rationis studia, quibus animus excolitur, natura investigatur, et abditissima quaeque ejusdem arcana in apertam proferuntur lucem. Siquidem novit ac probe tenetpientissima mater, inter collata cœlitus munera (4) illud esse praeclarum, quod ratione continetur, et quo ea omnia quee sensibus obnoxia sunt prœtergressi, insignem quamdam Dei imaginem in nobis ipsis pr£eferimus. Novit quœrendum esse donec invenias, et credendum quod1 invenisti, dum hoc insuper credas, aliud non esse credendum ideoque nec requirendum, cum id inveneris et credideris quod a Christo institutum est, qui non aliud tibi mandat inquirendum, quam quod instituit (5).
Ecquid igitur est, quod ipsa non patitur, non sinit, et quod, pro injuncto sibi officio tuendi depositi, omnino reprehendit ac damnât? Illorum nimirum morem vehementer reprehendit, ac semper damnavit et damnât Ecclesia, qui ratione abutentes, eam Dei ipsius loquentis auctoritati impie et stulte opponere ac prœferre non erubescunt neque reformidant, et dum insolenter se extollunt, propria superbia suoque tumore cgecati veritatis lumen amittunt, fidem, de qua scriptum est, qui non crediderit condemnabitur (6), superbissime aspernantur, sibique prœfidentes (7) diffitentur ipsi Deo de se credendum esse, et iis quse cognitioni nostrae de se tribuit, obsequendum. Hi sunt quibus constantissime opponit, acquum esse (8), ut de cognitione Dei ipsi Deo credamus, cujus scilicet totum est, quod de eo credimus, quia utique ab homine Deus, uti oportet, cognosci non potuit, nisi salutarem sui cognitionem ipse tribuisset. Hi sunt, quos ad
(1) S. Gyrill. Hierosol. Calh. IV. Illuminand. n. 2. S. Léo. serm. 5. de Natîvit. Dom. — (2) !o psal. contr. part. Donat. — (3) S. Hieronym., epist. 14, al. 57. ad Damas. — [A) Lactant., divin, institut., lib. m, cap. 1. — (5) Clemens Alex. Stromat., lib. i. cap, 3, lib. n, cap 2., et Gregor. Thaumaturg. orat. panegyr. cap. 7, 13. — (5j Tertull., de praescript, cap.9. — (6) Marc., xvi, V. Î6. — (7) S. Ililar., de Trinit. lib. iv. — (S) Cassian., de Incarnat., lib. iv, cap. ~2.
a qui se sont succédé sur le siège de Pierre, comment sur cette chaire de a nos pères l'un a succédé à l'autre : ce siège est la pierre contre laa quelle ne peut rien l'orgueil des portes infernales. Quiconque mange « l'Agneau hors de celte enceinte est un profane ; quiconque n'est pas « dans cette arche de INoé au moment du déluge périra. »
Une autre maladie, non moins pernicieuse, étend maintenant ses ravages : fruit de l'orgueil, elle fait en quelque sorte parade de la raison et s'intitule rationalisme. L'Eglise ne blâme certainement pas l'ardeur qui veut savoir la vérité, car c'est Dieu lui-même qui a mis au cœur de l'homme la passion du vrai ; elle ne désapprouve pas non plus les efforts que s'impose une raison droite et saine pour cultiver l'intelligence, étudier la nature, percer les mystères les plus obscurs et mettre au jour les secrets qu'elle cache dans son sein. Mère pieuse, elle sait, elle est complètement sûre, que l'un des plus grands bienfaits du ciel est cette raison qui nous élève au-dessus de ce qui tombe sous les sens et nous aide à reproduire en nous-mêmes la grande image de Dieu. Elle sait qu'il faut chercher jusqu'à ce que l'on trouve et croire ce que l'on a découvert, pourvu que l'on se persuade encore qu'il ne faut croire, et conséquemment rechercher, après l'avoir trouvé et quand on le croit, que ce qui a été institué par le Christ, car le Christ ne commande d'étudier que ce qu'il a établi.
Qu'est-ce donc que l'Eglise ne souffre pas, ne permet pas ? Qu'est-ce qu'elle interdit absolument et condamne, comme l'y oblige la charge qui lui est imposée de garder le dépôt divin ? Ce que l'Eglise réprouve de toutes ses forces, ce qu'elle a toujours condamné et condamne encore, c'est l'abus que font de la raison ceux qui ne rougissent ni ne craignent de l'opposer avec autant de folie que d'impiété a la parole de Dieu, delà mettre même au-dessus. Pleins d'arrogance et de présomption, l'orgueil les aveugle, et perdant la notion du vrai, ils dédaignent avec fierté la foi dont il est écrit qu'en manquer sera un motif de condamnation ; ils nient, dans leur confiance en eux-mêmes qu'on doive s'en rapporter à Dieu sur Dieu, sur ce qu'il nous propose de croire et de savoir de lui. C'est à ces hommes que l'Eglise a constamment opposé que, sur la connaissance de Dieu, il est juste que nous nous en référions à Dieu luimême, de qui nous tenons tout ce que nous croyons sur lui : car jamais l'homme n'eût pu connaître Dieu comme il doit être connu si Dieu même ne s'était révélé à lui pour son salut. Ce sont ces hommes que l'Eglise s'efforce de rappeler à l'usage du sens commun en leur disant : € Quoi
mentis sanitatem hisce verbis revocare contendit : Quid magis contra rationem, quam ratione rationem conari transcendere ? et quid magis contra fidem, quam credere nolle quidquid non possis ratione attingere (lj? Atque his inculcare non desinit, fidem non rationi, sed auctoritati inniti (2); nec enim decebat, ut cum Deus ad hominem loqueretur, argumentis assereret suas voces, tanquam fides ei non haberetur, sed ut oportuit, est locutus. quasi rerum omnium maximus judex. cujus non est argumentari, sedpronuntiare(3).His apertissimedenuntiat unam hominis spem unamque salutem positam esse in christiana tide, quœ veritatem docens, ac divina sua luce humanae ignorantiae tenebras discutiens, per caritatem operatur, et in catholica Ecclesia, quse verum retinens cultum, est stabile ipsius fidei domicilium et Dei templum, extra quod, citra invincibilis ignorante exeusationem, quisquis fuerit, est a spe vitae et salutis alienus. Et hos gravissime monet ac docet, quod humanae artis peritia, si quando tractandis sacris eloquiis adhibetur, non débet jus magisterii sibi arroganter arripere, sed veluti ancilla dominée quodam famulatus obsequio subservire, ne si prsecedit oberret, et dum exteriorum verborum sequitur consequentias, intimée virtutis lumen amittat, et rectum veritatis tramitem perdat (4).
Neque existimari idcirco débet, nullum in Ecclesia Ghristi profectum haberi religionis. Habetur namque, idemque maximus, dummodo tamen vere profectus sit fidei, non permutatio. Grescat igitur oportet, et multum vehementerque proficiat tam singulorum quam omnium, unius hominis quam totius Ecclesiœ, œtatum acsaeculorum gradibus, intelligentia, scientia, sapientia, qua intelligatur illustrius quod antea credebatur obscurius, qua posteritas intellectum gratuletur, quod vetustas non intellectum venerabatur, qua pretiosae divini dogmatis gemmse exsculpantur, fideliter coaptentur, adornentur sapienter, et splendore, gratia, venustate ditescant, in eodem tamen génère, in eodem scilicet dogmate, eodem sensu, eademque sententia, ut' cum dicantur nove, non dicantur nova (5).
Xeminem vestrum mirari arbitramur, dilecti Filii nostri ac venerabiles Fratres,si pro nostro fidei primatu et principatu (6), de Jucluosissimis hisce ac rei cum sacras, tum publicse perniciosissimis erroribus denuo locuti simus, eximiamque vestram
(1) S. Bernard., epist. 190. — (2) S. Bernard., de Considérât., lib. v, cap. 3. — (3j Lactant., divin. Institut., lib. m. cap. 1. — lÂ) Petr\ Dam. opuscul. 30. cap. o. — (5) Viuc. Lirin., Commonitor. — (6) S. Ambros., de Incarnat, cap. 4. n. 32. Gassian., de Incarnat., lib. m, cap. 12.
« de plus contraire à la raison que de vouloir s'élever par la raison au- " dessus de la raison ? et quoi de plus contraire 5 la foi que de refuser « de croire ce que la raison ne peut saisir? »
L'Eglise ne cesse de leur répéter que le fondement de la foi n'est pas la raison mais l'autorité ; car il ne convenait pas que Dieu parlant à l'homme se servît d'arguments pour appuyer ses assertions comme si l'on n'avait pas foi à sa parole; mais il s'est exprimé comme il a dû, c'est-à-dire comme le souverain arbitre de toutes choses à qui il appartient d'affirmer, non de disputer. Elle leur cr:e hautement que tout l'espoir de l'homme, que tout son salut est dans la foi chrétienne, dans cette foi qui enseigne la vérité, dissipe par sa lumière divine les ténèbres de l'ignorance humaine, opère par la charité ; et en même temps dans l'Eglise catholique, car elle conserve le vrai culte, elle est le sanctuaire inébranlable de la foi même, et le temple de Dieu hors duquel, sauf l'excuse d'une ignorance invincible, il n'y a point de salut à attendre. Elle leur disait aussi, avec beaucoup d'autorité, que si parfois l'on peut donner dans l'explication de l'Ecriture place à la science humaine, celle-ci aurait mauvaise grâce de s'en prévaloir. Son rôle n'est pas de prétendre avec arrogance faire la maîtresse, mais d'obéir comme une humble suivante : en marchant la première elle pourrait s'égarer, elle pourrait, en s'attachant trop aux signes extérieurs, aux mots, perdre la lumière de la vertu intérieure et s'écarter du droit sentier de la vérité.
Il n'en faut pas néanmoins conclure que dans l'Eglise du Christ, la religion ne fait aucun progrès, elle en fait certainement, et de très considérables : mais il est nécessaire que ce soient des progrès et non des changements dans la foi. Faites donc croître, il le faut, faites progresser énergiquement et le plus possible, pendant le cours des siècles et des âges, l'intelligence, la science, la sagesse, de tous, de chacun, et de toute l'Eglise; que l'on voie plus clairement ce que l'on croyait sans le voir; que la postérité soit heureuse de comprendre ce que l'antiquité vénérait seulement par la foi ; que l'on polisse les pierres précieuses du dogme, qu'on les adapte avec fidélité, qu'on les monte avec sagesse, qu'on y ajoute l'éclat, la grâce et la beauté, sans toutefois rien changer, c'est-àdire sans rien changer au dogme, au sens, à la pensée, en variant la forme non le fond.
Nous le croyons, Fils bien-aimés et vénérables Frères, nul d'entre Tous ne s'étonne si à raison de notre primauté spirituelle et de notre autorité suprême nous vous avons entretenus itérativement de ces erreurs déplorables et funestes qui atteignent la religion et la société; et si nous avons cru devoir exciter contre elles votre admirable vigilance épbco-
episcopalem vigilantiam ad iJios profligandos excitare censuerimus. Cum enini inimicus homo non cesset superseminare zizania in medio tritici, tum nos, qui divina disponente Providentia dominico agro excolendo prœsumus, atqueuti servi fidèles et prudentes super Domini familiam constituti sumus (1), ab iis partibus explendis desistere non debeamus, quae ab apostolico nostro munere separari non possunt.
Nunc vero a singulari vestra pietate et prudentia exposcimus, ut in hoc congressu ea potissimum inter vos consilia provide sapienterque inire studeatis, quae in amplissimi istius imperii regionibus ad majorem Dei gloriam promovendam, ac sempiternam hominum salutem procurandam conducere existimaveritis. Etsi enim vehementer in Domino lœtemur, cum noscamus multos existere tum ecclesiasticos, tum laicos homines, qui Christianae fidei et caritatis spiritu egregie animati bonum Christi diffundunt odorem, tamen non mediocri afficimur dolore, cum haud ignoremus, in aliquibus locis nonnullos ex clero, suae dignitatis et officii oblitos, minime ambulare pro ea vocatione qua vocati sunt, et christianum populum sanctissimis divinœ nostree religionis prœceptionibus parum instructum, gravibusque obnoxium periculis, a pietatis operibus et sacramentorum frequentia infeliciter abstinere, atque a morum honestate christianœque vitœ disciplina deflectere, et ad interitum ruere. Persuasissimum nobis est vos, pro spectata vestra episcopali sollicitudine, omnes curas cogitationesque esse collaturos, ut commemorata damna omnino eliminentur.
Et quoniam optime scitis, dilecti Filii nostri ac venerabiles Fratres, quantum ad ecclesiastici ordinis disciplinam instaurandam, populorum mores corrigendos eorumque damna avertenda, vim habeant provincialia Concilia a canonicis sanctionibus sapientissime prœscripta et a sanctis antistitibus maximo semper Ecclesise bono frequentata, idcirco vel maxime optamus, ut provinciales Synodes ad sacrorum Canonum normam rite concelebretis, quo communibus cujusque ecclesiasticae istius imperii provincisemalisopportuna ac salutaria adhibeatis remédia. Cum autem multa et gravia in hisce provincialibus Synodis a vobis sint agenda, nostris in votis est, ut pro vestra sapientia, in isto Vindobonensi conventu, concordissimis animis ea inter vos suscipiatis consilia, quibus unanimes esse possitis, tum circa potiores prœsertim res quas in provincialibus synodis erunt tractandœ ac statuendœ, tum circa illa quœ uno eodemque studio a vobis erunt preestanda, ut in omnibus istius imperii provinciis
(1) S. Ambros., de fuie ad Gratian. imperat. lib. v, in prolog.
pale. Puisque l'homme ennemi ne cesse de semer l'ivraie au milieu du froment, puisque d'un autre côté nous sommes chargé par la divine Providence de veiller sur le champ du Seigneur, et que nous sommes le serviteur fidèle et prudent établi sur la famille du Maître, nous ne pouvons cesser de remplir les devoirs inséparables de notre charge apostolique.
Maintenant ce que nous demandons à la piété et à la prudence qui vous distinguent, c'est que dans votre assemblée vous appliquiez votre pénétration et votre sagesse à former surtout entre vous les desseins que vous jugerez capables d'étendre la gloire de Dieu et de procurer le salut des hommes dans toutes les parties de ce vaste empire. Il est vrai, nous nous réjouissons amplement dans le Seigneur de savoir que beaucoup d'ecclésiastiques, voire même de laïques, animés à un haut degré de l'esprit de foi et de charité chrétiennes, répandent la bonne odeur de Jésus Christ; mais aussi notre douleur n'est pas légère à la pensée que dans quelques lieux plusieurs membres du clergé oublieux de leur dignité et de leur devoir ont cessé de vivre dans l'esprit de leur vocation, et que le peuple chrétien peu instruit des divins enseignements de notre sainte religion, exposé aux plus graves dangers, renonce malheureusement aux œuvres de piété, à la fréquentation des sacrements, s'écarte de l'honnêteté des mœurs, des règles de la vie chrétienne et court à sa perdition. Nous en sommes intimement persuadé, votre sollicitude épiscopale bien connue consacrera tous ses soins et toutes ses pensées à mettre un terme à tous ces maux.
Vous savez, Fils bien-aimés et vénérables Frères, quelle est pour améliorer la discipline ecclésiastique, corriger les mœurs des peuples, et détourner les périls qui les menacent l'influence des conciles provinciaux, sagement prescrits par les saints canons, et constamment employés pour le bonheur de l'Eglise par les plus saints prélats ; notre vœu le plus ardent est donc que vous célébriez selon les règles canoniques, ces synodes provinciaux. Vous y trouverez les remèdes convenables et efficaces, aux communes souffrances de chaque province ecclésiastique de l'empire. Comme vous aurez a traiter dans ces synodes des questions graves et nombreuses, nous désirons que dans cette réunion de Vienne vous preniez avec votre sagesse et d'un plein accord, des résolutions sur les questions principales qui devront y être traitées et décidées, et sur les mesures que votre zèle également réglé, devra employer pour assurer
divina nostra religio ejusque salutaris doctrina magis in dies vigeat, floreat, dominetur, et fidèles populi, déclinantes a malo et facientes bonum, ambulent ut filii lucis in omni bonitate, justitia ac veritate.
Et cnm nihil sit, quod alios magis ad virtutem, pietatem, ac Dei cultum assidue instruat, quam eorum vita et exemplum qui se divino ministerio dedicarunt, ne pra3termittatis omni industria inter vosea statuere, quibus cleri disciplinam, ubi prolapsa est, instauretis, et accuratam illius institutionem, ubi opus fuerit, promoveatis. Quocirca,dilecti Filii nostri ac venerabiles Fratres, collatis inter vos consiliis conjunctisque studiis, diligentissime prospicite, ut ecciesiastici viri propriee dignitatis et officii semper memores ab iis omnibus déclinent, quae clericis vetita, quaeque eos nequaquam décent, ac virtutum omnium ornatu prœfulgentes exemplum sint fidelium in verbo, in conversatione, in caritate, in Me, in castitate, ut diurnas canonicas horas, qua decet, attentione, ac pietatis affectu recitent, ac sancta oratione se exerceant, et rerum cœlestium meditationi instent, decorem domus Dei diligant, sacras functioneset cœremoniasjuxta Pontificale et Rituale Romanum peragant, etproprii ministerii munus naviter, scienter ac sancte obeant, et sacrarum prsesertim disciplinarum studia nunquam intermittant, et sempiternse hominum saluti quœrendœ assiduam navent operam.
Ac pari cura consulite, ut omnes cujusque metropolitani, cathedralis et collegialis templi canonici aliique beneficiarii choro addicti raorum gravitate, vitae integritate, ac pietatis studio undique praefulgere studeant, tanquam lucernge ardentes positge super candelabrum in templo Domini, et omnes suscepti muneris partes diligenter expleant, residendi legem servent, divini cultus splendorem curent, atque alacres in excubiis Domini divinas laudes studiose, rite, pie. religiose, non vero mente vaga, non vagis oculis, non indecoro corporis statu concélèbrent, memoria semper repetentes, quod ipsi ad chorum accedunt, non modo ut sanctissimum Deo cultum venerationemque tribuant, verum etiam ut a Deo ipso et sibi et aliis omne bonum deprecentur.
Sed quam vehementer ad ecclesiasticum spiritum tuendum et fovendum, atque ad salutarem constantiam retinendam conférant spiritualia exercitia, innumeris idcirco perRomanos Pontifices prsedecessores nostros ditata indulgentiis^ quisquevestrum optime noscit. Ea proinde cunctis ecclesiasticis vestris viris etiam atque etiam commendare et inculcare ne desinatis, quo ipsi certo dierum spatio in opportunum aliquem locum ssepe secedent, ubi quavis humanarum rerum cura abjecta., omnia sua
à notre religion divine et à ses salutaires enseignements, dans toutes les provinces de cet empire, une vigueur, une beauté, une autorité qui croissent chaque jour- davantage; et pour obtenir que les peuples fidèles s'éloignent du mal, pratiquent le bien, marchent comme des enfants de lumière dans la bonté, dans la justice et dans la vérité.
De tous les moyens qui peuvent porter continuellement les autres à la vertu, à la piété, à l'amour du service de Dieu, il n'en est point de plus puissant que la vie et l'exemple de ceux qui se sont dévoués au saint ministère ; ne négligez donc pas de prendre entre vous et avec toute votre prudence les moyens propres à rétablir la discipline dans le clergé, partout où elle aura subi quelque échec, et à la faire prospérer, où le besoin s'en fera sentir. Par conséquent, Fils bien-aimés et vénérables Frères, après avoir mis en commun vos idées et vos désirs, employez tout votre zèle, toute votre ardeur à faire que les ecclésiastiques n'oublient jamais leur dignité ni leurs devoirs, s'éloignent de tout ce que le clergé ne peut se permettre sans faute et sans inconvenance ; qu'ornés de toutes les vertus ils servent d'exemple aux fidèles dans leurs paroles, leur genre de vie, dans la charité, la foi et la chasteté dont ils feront preuve; qu'ils récitent les heures de chaque jour avec l'attention et la piété désirables; qu'ils s'exercent à la prière et à la méditation des choses du ciel; qu'ils aiment la beauté de la maison de Dieu ; qu'ils accomplissent les fonctions saintes et les cérémonies du culte sans s'écarter du Pontifical et du Rituel romain ; qu'ils remplissent les devoirs particuliers de leur ministère avec ardeur, science et sainteté ; qu'ils n'interrompent jamais l'étude surtout des sciences sacrées, et qu'ils travaillent constamment à procurer le salut des hommes qui leur sont confiés.
Veillez avec un égal souci à ce que les chanoines de métropoles, de cathédrales, de collégiales et les autres bénéficiers astreints au service du chœur s'attachent par la gravité de leurs mœurs, la pureté de leur vie. leur amour pour la piété, à briller de tous côtés comme des lumières placées sur le chandelier dans le temple du Seigneur ; qu'ils remplissent avec zèle tous les devoirs de leur ministère; qu'ils travaillent à la splendeur du culte divin, observent la résidence, veillent avec bonheur pour célébrer les louanges du Seigneur avec application, régularité, piété, religion, évitant d'avoir l'esprit et les yeux distraits, une attitude peu décente; qu'ils n'oublient jamais que s'ils font l'office du chœur ce n'est pas seulement pour rendre à Dieu le culte sacré et le respect qui lui sont dus, mais encore pour le supplier de répandre sur eux et sur autrui toutes sortes de grâces.
Mais chacun ds vous sait parfaitement combien servent à entretenir, à nourrir l'esprit ecclésiastique, et à assurer la constance dans le bien, ces exercices spirituels que les Pontifes romains nos prédécesseurs ont enrichis d'indulgences sans nombre. Ne cessez donc de les recommander à tous vos ecclésiastiques et de les y porter de plus en plus : que pour un nombre de jours déterminés ils se retirent souvent dans un endroit convenable. Là, faisant trêve à toute occupation humaine, ils devront exa-
facta, dicta, cogitata coram Deo quam diligentissime reputantes, et annos œternos assidua meditatione habentes in mente, ac maxima bénéficia sibi a Deo collata recolentes, studeant contractas de mundano pulvere sordes abluere, et resuscitare gratiam quœ ipsis data est per impositionem rnanuum, et expoliantes veterem hominem cum actibus suis novum induant, qui creatus est in justitiaet sanctitate.
Quoniam vero sacerdotum labia custodire debent scientiam, qua et respondere possint iis, quilegem requirunt de ore ipsorum (1), et contradicentes revincere, idcirco, dilecti Filii nostri ac venerabiles Fratres, in rectam accuratamque cleri institutionem omnes vestras curas convertatis oportet. Summa igitur contentione omnia conamini, ut in vestris prœcipue seminariis optima ac plane catholica vigeat studiorum ratio, qua adolescentes clericivel a prima pueritia, per probatissimos magistros ad pietatem, omnemque virtutem et ecclesiasticum spiritum mature fingantur, ac latinae linguse cognitione, et humanioribus litteris phiiosophicisque disciplinis ab omni prorsus cujusque erroris periculo alienis sedulo imbuantur. Atque in primis omnem adhibete vigilantiam, ut cum dogmaticam tum moralem theologiam ex divinis libris sanctorumque Patrum traditione, et infallibili Ecclesiae auctoritate haustam ac depromptam, ac simul solidam divinarum litterarum, sacrorum Ganonum, ecclesiasticseque historiée, rerumque liturgicarum scientiam congruo necessarii temporis spatio diligentissioie addiscant. Ac vobis summopere cavendum in librorum delectu, ne in tanta grassantium errorum colluvie a sanse doctrinœ semita ecclesiastici adolescentes temere abducantur, cum prœsertim haud ignoretis viros eruditos, a nobis in religione dissidentes et ab Ecclesia prœcisos, in vulgus edere tam divinos libros quam sanctorum Patrum opéra, concinna illa quidem eiegantia, sed scepe, quod maxime est dolendum, vitiata, ac prœposteris commentariis a veritate detorta.
Neminem vestrum latet quantopere Ecclesias hisce prœsertim temporibus intersit idoneos habere ministros, qui vitœ sanctitate, et salutaris doctrinœ laude prœstantes ac potentes in opère et sermone, valeant Dei ejusque sanctse Ecclesiae causam strenue tueri, et œdificare domum fidelem. Nihil itaque intentatum est relinquendum ut juniores Clerici vel a teneris annis sancte ac docte educentur, quandoquidem nonnisi ex ipsis rite institutis utiles Ecclesiae ministri fieri possunt. Quo vero facilius pro eximia vestra religione, ac pastorali sollicitudine accuratam C!eri
(1) Malach., u, 7.
miner devant Dieu, avec le pins grand soin, toutes leurs actions, leurs paroles et leurs pensées; méditer constamment les années éternelles, songer aux immenses bienfaits qu'ils ont reçus de Dieu, s'attacher ain.i à effacer les fautes dont ils se sont souillés dans la poussière du monde, à faire renaître la grâce qui leur a été donnée par l'imposition des mains, à se dépouiller du vieil homme et de ses mœurs pour revêtir le nouveau qui a été créé dans la justice et la sainteté.
Comme les lèvres des prêtres doivent être les dépositaires de la science, afin de pouvoir répondre à ceux qui veulent par eux connaître la loi et de repousser les attaques des contradicteurs, il importe, Fils bienaimés et vénérables Frères, que vous employiez toute votre sollicitude à procurer au clergé une bonne et saine éducation. Consacrez donc tous vos efforts et tous vos moyens à faire fleurir, surtout dans vos séminaires, les études bonnes et entièrement catholiques; que dès l'âg-e le plus tendre, les jeunes clercs y soient formés, par des maîtres éprouvés, à la piété, à la vertu et à l'esprit ecclésiastique; qu'ils y puisent, avec la science de la langue latine et des lettres humaines, des connaissances philosophiques pures et éloignées de tout péril d'erreur. Veillez ensuite et particulièrement à leur faire enseigner la théologie, soit dogmatique soit morale, d'après les livres divins, la tradition des saints Pères et l'autorité infaillible de l'Eglise; à leur faire acquérir aussi, pendant le temps nécessaire et convenable, avec le plus grand soin et d'une manière solide, la science des lettres sacrées, des saints canons, de l'histoire ecclésiastique et de la liturgie. Veillez particulièrement au choix des livres, dans la crainte qu'entraînés par le déluge d'erreurs dont nous sommes inondés, les jeunes ecclésiastiques n'abandonnent témérairement la voie des saines doctrines; maintenant surtout, vous le savez, que des hommes instruits mais séparés de nous en matière de religion et retranchés de l'Église, ont publié la Bible et les ouvrages des Pères traduits avec une certaine élégance, mais souvent, hélas ! viciés et détournés du sens véritable par les commentaires infidèles qui les accompagnent.
Nul de vous n'ignore combien l'Église a besoin, particulièrement à notre époque, de ministres capables, distingués par la sainteté de leur vie, par l'étendue et la droiture de leur science en œuvres et en paroles, habiles à défendre la cause de Dieu et de sa sainte Eglise et à édifier au Seigneur une maison fidèle. On ne doit donc rien négliger pour donner aux jeunes clercs dès leur bas âge une éducation docte et sainte; c'est l'unique moyen de former pour l'Église des ministres vraiment utiles. Or, afin d'arriver de plus en plus à procurer aux clercs une éducation qui réponde à votre éminente piété, à votre sollicitude pastorale, à ce
institutionem ex qua Ecclesiae bonum, ac populorum salus tantopere pendet, quotidie magis promovere valeatis, ne vos pigeât exhortari, rogare egregios vestrarum diœcesium ecclesiasticos, laicosque viros divitiis pollentes et in rem catholicam prseclare animatos , ut vestrum sectantes exemplum aliquam pecuniae vim perlibenter tribuere velint, quo nova etiam seminaria erigere et congrua dote instruere possitis, in quibus adolescentuli clerici vel ab ineunte aetate rite instituantur.
Nec mmori studio, dilecti Filii nostri ac venerabiles Fratres, ea omnia consilia suscipienda curate, quibus vestrarum diœcesium juventus cujusque conditionis et sexus magis in dies catholico plane modo educetur. Quapropter episcopalis vestrae vigilantiae nervos intendite, ut juventus ante omnia spiritu timoris Dei mature imbuta, ac pietatis lacté enutrita, nedum fidei elementis, sed pleniori sanctissimae nostrae religionis cognitione sedulo excolatur, atque ad virtutem morumque honestatem christianaeque vitae rationem conformetur, et ab omnibus perversionis et corruptionis illecebris et scopulis arceatur.
Pari autem sollicitudine ne desinatis unquam fidèles populos vobis commissos opportunis quibusque modis ad religionem et pietatem etiam atque etiam excitare. Itaque ea omnia peragite, quibus ipsi fidèles populi magis in dies salutari catholicœ veritatis ac doctrinse pabulo enutriti Deum ex toto corde diligant, ejusque mandata apprime servent, sanctuarium ejus fréquenter ac religiose adeant, sabbata ejus sanctificent, ac saepe qua par est veneratione et pietate tum divini sacrificii celebrationi intersint, tum ad sanctissima Pœnitentiœ et Eucharistiœ sacramenta accédant, et singulari devotione sanctissimam Dei Genitricem immaculatam Virginem Mariam prosequantur et colant, ac mutuam inter se continuam caritatem habentes et precibus instantes ambulent digne Deo, per omnia placentes et in omni opère bono fructifiantes (1).
Gum autem sacrae Missiones ab idoneis operariis peractœ summopere conducant ad fidei religionisque spiritum in populis excitandum, eosque ad virtutis ac salutis semitam revocandos, vehementer optamus ut illas identidem in vestris diœcesibus agendas curetis. Ac méritas summasque laudes iis omnibus deferimus, qui e vestro ordine in suas diceceses tam salutare sacrarum Missionum opus jam invexere, ex quo divina adspirante gratia uberes fructus perceptos fuisse gaudemus
(1) Coloss., i, 10.
qu'exigent la gloire de l'Eglise et le salut des peuples, ne vous lassez pas d'exhorter, de prier les ecclésiastiques distingués de vos diocèses, les laïques opulents niais bien disposés en faveur de la religion catholique, de vouloir bien, à votre exemple, fournir de bon cœur quelque somme d'argent pour vous mettre à même de construire et de doter convenablement des séminaires, destinés à donner dès l'enfance une bonne éducation aux jeunes clercs.
N'ayez pas moins d'ardeur, Fils bien-aimés et vénérables Frères, à chercher les moyens de donner à la jeunesse de vos diocèses, quels que soient sa condition et son sexe, une éducation chaque jour plus catholique. Déployez donc l'énergie de votre vigilance épiscopale pour que, pénétrée de bonne heure et avant tout, de l'esprit de crainte de Dieu, et abreuvée du lait de la piété, la jeunesse acquière, outre les éléments de la foi, une connaissance exacte et plus complète de notre sainte religion, se forme à la vertu, aux bonnes mœurs, à l'esprit de la vie chrétienne et s'éloigne de toutes les séductions, de tous les dangers où le vice triomphe, où succombe l'innocence.
Même sollicitude pour ne cesser jamais d'exciter de plus en plus et par tous les moyens possibles les peuples fidèles qui vous sont confiés, à la piété et a la religion. Ainsi donc faites tout pour nourrir chaque jour davantage ces peuples du pain salutaire de la vérité et de la foi catholique, leur faire aimer Dieu de tout leur cœur, observer parfaitement ses préceptes, visiter souvent et religieusement son sanctuaire, sanctifier le dimanche, assister fréquemment, avec le respect et la piété nécessaires, au divin sacrifice, s'approcher dignement aussi des augustes sacrements de Pénitence et d'Eucharistie, servir et honorer avec une dévotion toute particulière la très sainte Mère de Dieu, l'immaculée vierge Marie, avoir entre eux une mutuelle et impérissable charité, persévérer dans la prière, vivre ainsi d'une manière digne de Dieu, lui plaisant en toutes choses et fructifiant en toutes sortes de bonnes œuvres.
Comme les missions faites par des ouvriers capables sont éminemment propres à réveiller dans les peuples l'esprit de foi et de religion, à les faire rentrer dans le sentier de la vertu et du salut, nous désirons vive ment que de temps en temps vous en fassiez célébrer dans vos diocèses. INous félicitons ardemment, et comme ils le méritent, tous ceux d'entre vous qui ont déjà introduit dans les limites de leur juridiction cette œuvre salutaire des missions, d'où nous sommes heureux que soient sortis, sous l'inlluence de la grâce divine, des fruits abondants.
Haec potissimum in isto vestro conventu prae oculis habeatis oportet, dilecti Filii nostri ac venerabiles Fratres, ut communibus malis, communibus studiis provide mederi possitis. Etenim ad praecipua cujusque vestrse diœcesis damna reparanda, ejusque prosperitatem promovendam, nihil frequenti ejusdem diœceseos lustratione et diœcesanae synodi celebratione validius esse probe intelligitis. Quae duo quantopere a Concilio praesertim Tridentino sint praescripta et inculcata, neminem vestrum fugit. Quamobrem pro spectata vestra in gregem vobis commissum sollicitudine et caritate, nihil antiquius habere veiitis, quam ex canonicis sanctionibus vestras diœceses impensissimo studio invisere, et ea omnia accurate perficere quae ad ipsam visitationem fructuose peragendam omnino pertinent. Quo in munere obeundo vobis summopere cordi sit, summa cura ac paternis prsesertim monitis, et frugiferis concionibus aliisque opportunissimis modis, errores, corruptelas et vitia, si quae irrepserint, radicitus evellere, omnibus salutis documenta praebere, cleri disciplinam sartam tectamque tueri, et fidèles spiritualibus prsesertim quibusque subsidiis juvare, munire, et omnes Ghristo lucrifacere.
Nec dissimilem diligentiam irnpendite in diœcesanis ibi Synodis juxta sacrorum Ganonum normam celebrandis ea preecipue statuentes, quse ad majus cujusque vestrae diœcesis bonum spectare pro vestra prudentia duxeritis.
Ne vero in sacerdotibus, qui doctrinee et lectioni attendere debent, quique obstricti sunt officio docendi populum ea quae scire omnibus necessarium est ad salutem, et ministrandi Sacramenta (1), sacrarum disciplinarum studium unquam restinguatur aut languescat industria, optatissimum nobis est, ut a vobis, ubi fieri possit, in omnibus vestrarum diœcesium regionibus, instituantur opportunis regulis congressus, de morum prœsertim theologia ac de sacris ritibus, ad quos singuli potissimum presbyteri teneantur accedere, et afïerre scripto consignatam propositae a vobis quaestionis explicationem, et aliquo temporis spatio a vobis prsefiniendo inter se disserere de morali theologia deque sacrorum rituum disciplina, postquam aliquis ex ipsis presbyteris sermonemde sacerdotalibus preecipue offîciis habuerit.
Gum autem,in vestro grege procurando, operam prae caeteris, manum auxiliumque vobis praestent parochi, quos in sollicitudinis partem adscitos et in arte omnium maxima obeunda adjutores habetis, eorum zelum omni studio inflammare ne
(l)Concil. Trident., Sess. xxm, cap. 14 de Reform.
Ce que, dans votre assemblée, vous devez avoir préférablement devant les yeux, Fils bien-aimés et vénérables Frères, c'est de vous préparer à faire face, par des efforts communs, aux maux dont vous souffrez tous. En effet, pour réparer les pertes principales que vos diocèses peuvent avoir subies et augmenter leur prospérité, il n'y a rien de plus efficace que des visites fréquentes et des synodes régulièrement tenus, vous le savez. Vous savez aussi que le Concile de Trente surtout a recommandé et prescrit ces deux moyens. La sollicitude et la charité remarquables dont vous faites preuve envers le troupeau confié à vos soins demandent donc que, conformément aux lois canoniques, vous n'ayez rien plus à ccéur que de visiter vos diocèses avec le plus grand zèle et de faire, avec soin, tout ce qui peut assurer le fruit de la visite. Or, en accomplissant ce devoir, attachez-vous fortement, par vos soins, surtout par vos avis paternels, par vos utiles discours et par tous les moyens les plus convenables, a déraciner les erreurs, les désordres et les vices qui auraient pu se glisser dans votre troupeau; à distribuera tous l'enseignement du salut, h raffermir la discipline du clergé, à aider, à fortifier les fidèles principalement en leur distribuant tous les secours spirituels, et à les gagner tous à Jésus-Christ.
Prenez également à tâche de célébrer les synodes diocésains, conformément aux règles des saints canons, et d'y faire les ordonnances que votre prudence jugera les plus propres à procurer le plus grand bien de chacun de vos diocèses.
11 est à craindre que dans les prêtres qui doivent s'appliquer a l'enseignement et à l'étude, à qui incombe la charge d'instruire le peuple des choses dont la connaissance est indispensable au salut, et d'administrer les sacrements, on ne voie s'affaiblir l'amour de la science et se refroidir le zèle; aussi, nous désirons souverainement que dans les différentes parties de vos diocèses vous établissiez, sitôt que vous le pourrez, des conférences où l'on s'occupe préférablement de théologie morale et de liturgie. Les prêtres surtout seront tenus de s'y présenter avec une réponse écrite aux questions posées préalablement par vous, d'y discuter, pendant un temps déterminé par vous également, sur la théologie morale, sur les règles liturgiques, après que l'un d'eux aura prononcé un discours qui devra traiter principalement des devoirs du sacerdoce.
Les curés surtout vous prêtent aide et secours dans Ja conduite de votre troupeau; vous les avez admis au partage de votre sollicitude et ils sont vos coopérateurs dans le plus grand de tous les arts. Ne cessez donc, Fils bien-aimés et vénérables Frères, d'enllammer leur zèle, de les exciter
intermittatis, dilecti Filii nostiï ac venerabiles Fratres, ut proprio minière ea qua par est diligentia ac religione fungantur. Illis idcirco inculcate, ut nunquam cessent christianam plebem sibi traditam sedulo pascere divini verbi praeconio, ac Sacramentorum et multiformis gratiae Dei dispensatione, et rudes homines ac maxime puerulos christianae, fidei mysteriis nostraeque religionis documentis, amanter patienterqae erudire, et errantes ad salutis iter adducere, ut summopere studeant odia, simultates, inimicitias, discordias, scandala tollere, et confortare pusillanimes, et visitare infirmos, eosque omni praesertim spirituali ope juvare, et miseros, afflictos, atque aerumnosos consolari, omnesque exhortari in doctrina sana, et monere ut religiosissime reddant quae sunt Dei Deo, et quae sunt Ceesaris Caesari, docentes quod omnes, non solum propter iram sed etiam propter conscientiam, principibus et potestatibus subditi esse et obedire debent in iis omnibus, quae Dei et Ecclesiae legibus minime adversantur.
Pergite vero, ut facitis, cum summa vestri nominis laude, dilecti Filii nostri ac venerabiles Fratres, accuratam vestrarum diœcesium relationem statutis temporibus ad nostram Goncilii Congregationem mittere, ac nos de rébus ad ipsas diœceses pertinentibus diligenter certiores facere, ut majori cum vestrae, tum earumdem diœcesium utilitati providere possimus. Nobis autem innotuit in quibusdam germanici territorii diœcesibus aliquas circa parochiarum potissimum collationem invaluisse consuetudines, et nonnullos ex vobis optare ut hujusmodi consuetudines serventur. Nos quidem propensi sumus ad adhibendam indulgentiam, postquam tamen easdem consuetudines ab unoquoque vestrum speciatim ac perdiligeiiter expositas debito examine perpenderimus, ut eas intra illos permittamus iimites, quos nécessitas et preecipua locorum adjuncta suaderepoterunt, cum pro Apostolici nostri ministerii munere curare omnino debeamus, ut canonicœ preescriptiones generatim sedulo observentur.
Antequam fmem buic nostrae Epistolae faciamus, quae vos omnes Austriaci imperii sacrorum antistites alloqui summopere gaudemus, nostrum ad vos sermonem preesertim convertimus, venerabiles Fratres archiepiscopi et episcopi qui in eodem nobilissimo imperio morantes, ac nobiscum in vera fide et catholica unitate conjuncti, et huic Pétri cathedrae adhaerentes, Orientalis Ecclesiee ritus et laudabiles consuetudines ab hac Sancta Sede probatas, seu permissas colitis. Compertum exploratumque vobis est quo in pretio haec Apostolica Sedes vestros semper habuerit ritus, nuorumobservantiam tantopere inculcavit, quem-
de tout votre cœur à accomplir leurs devoirs avec toute l'activité et la religion convenables. Répétez-leur que jamais ils ne doivent omettre de nourrir avec soin le peuple qui leur est confié, par la prédication de la parole de Dieu, la dispensation des sacrements, la distribution des nombreuses grâces divines; d'enseigner avec amour, avec patience aux ignorants, surtout aux petits enfants, les mystères de la foi chrétienne et les vérités de notre religion; de faire rentrer les égarés dans le chemin du salut ; de s'appliquer particulièrement à détruire les haines, les rancunes, les inimitiés, les discordes, les scandales; à fortifier les pusillanimes, à visiter les malades, à leur procurer préférablement les secours spirituels; à consoler les malheureux, les affligés et tous ceux qui sont dans la peine; enfin à apprendre et à exciter tout le monde, conformément à la saine doctrine, a rendre religieusement à Dieu ce qui est à Dieu, à César ce qui est a César; car, en tout ce qui n'est contraire ni aux lois de Dieu, ni aux lois de l'Eglise, tous doivent se soumettre, obéir aux princes et aux puissances, non seulement par crainte de la colère, mais par devoir de conscience.
Continuez comme vous faiies, et à la grande gloire de votre nom, Fils bien-aimés et vénérables Frères, à envoyer à la Congrégation du Concile, aux époques déterminées, un rapport exact sur la situation de vos diocèses respectifs, à nous mettre avec soin au courant de ce qui les intéresse, afin que nous puissions être plus utiles soit à vous, soit à ces diocèses. 11 nous est parvenu que dans plusieurs diocèses du territoire germanique certaines coutumes ont prévalu sur la collation des paroisses et que quelques-uns d'entre vous -en désirent la conservation. Nous sommes disposé à user d'indulgence à cet égard, après avoir cependant soumis à un examen attentif ces mêmes coutumes dont nous attendons que chacun de vous nous fasse une relation détaillée et approfondie; nous pourrons les autoriser dans les limites que la nécessité et les circonstances principales des provinces paraîtront exiger; notre devoir, avant tout, est de faire observer soigneusement les prescriptions canoniques.
Avant de clore cette lettre, où nous avons le bonheur de vous entretenir, vous tous prélats de l'empire d'Autriche, nous nous adressons à vous spécialement, vénérables Frères archevêques et évêques, qui dans ce grand empire, en union avec nous dans la vraie foi, dans la doctrine catholique et attachés à cette chaire de Pierre, suivez les rites de l'Eglise orientale et ses louables coutumes, approuvées ou permises par le Saint- Siège. Vous avez appris, vous comprenez quel prix ce Siège Apostolique d toujours attaché à vos rites : il en a souvent exigé l'observation, comme
admodum luculenter testantur tôt Romanorum Pontificum decessorum nostrorum décréta et constitutiones, inter quas commemorare satis est Litteras Benedicti XIV prsedecessoris pariter nostri die xxvi Julii, anno mdcclv éditas, quarum initium Allatœ, et nostras die vi Januarii anno mdcccxlviii omnibus Orientalibus missas, quse incipiunt In Suprema Pétri apostoli Sede. Itaque vos etiam summopere excitamus, ut pro eximia vestra religione et episcopali sollicitudine ministerium vestrum implentes, atque ante oculos habentes ea omnia de quibus locuti sumus, vestram omnem curam, industriam et vigilantiam continenter impendatis, ut vester clerus virtutibus omnibus ornatus, et optimis disciplinis potissimum sacris accurate excultus, in s-?rnpiternam fidelium salutem quœrendam intentissirno studio incumbat, ut fidèles populi instent viamquaeducitad vitam, ut quotidie magis sancta augeatur et amplificetur catholicae religionis unio, et sacramenta administrentur ac divina celebrentur officia juxta vestram disciplinam, iis tamen liturgicis libris adhibitis, qui ab hac Sancta Sede probati fuerunt. Et cum nih.il nobis optatius, quam vestris et vestrarum fidelium indigentiis quam libentissime occurrere, ne omittatis ad nos confugere, nobisque exponere vestrarum diœcesium res, et illarum relationem ad nostram Congregationem fidei propagandae prsepositam quarto quoque anno mittere.
Denique, dilecti Filii nostri ac venerabiles Fratres, vos obtestamur, ut intentissirno studio connitamini magis in dies conservare, fovere, et augere pacem et concordiam inter universum istarum omnium diœcesium clerum tum latini, tum graeci catholici ritus, ut omnes qui militant in castris Domini, mutuo fraternae caritatis affectu se invicem honore preevenientes, Dei gloriae et animarum saluti unanimiter ac studiosissime inserviant
Habetis quse, pro impensissima nostra erga vos et fidèles istius vastissimi imperii populos caritate, vobis, dilecti Filii nostri ac venerabiles Fratres, nunc potissimum significanda censuimus, ac pro certo habemus, vos pro egregia vestra virtute, religione, pietate, ac perspecta in nos et hanc Pétri Cathedram fide et observantia, hisce paternis nostris desideriis monitisque quam libentissime et cumulatissime esse obsecuturos. Ac plane non dubitamus, quin vos omnes dilecti Filii nostri ac venerabiles Fratres, pastorum Principem Ghristum Jesum continenter intuentes, qui se humilem et mitem corde est professus, quique dédit animam suam proovibus suis, relinquens nobis exemplum ut sequamur vestigia ejus, contendatis totis viribus illius exempla sectari, documenta obsequi, et gregi
« SINÇULARI QUIDEM », 17 MARS 18Ô6 99
l'attestent surabondamment les décrets et constitutions de tant de Pontifes romains nos prédécesseurs, et parmi ces décrets et constitutions les lettres de Benoît XIV du 26 juin 17oo, qui commencent ainsi: Allatœ, et celles que nous- même avons envoyées le 6 janvier 1848 à tous les Orientaux et qui commencent par ces mots : In suprema Pétri apostoli sede. Ainsi donc nous vous engageons aussi de toutes nos forces non seulement à remplir votre ministère, avec toute la religion et toute la sollicitude pastorale qui vous animent, non seulement A fixer vos regards sur tout ce que nous venons de dire, mais surloui â employer continuellement vos soins, votre intelligence, votre vigilance, pour obtenir qu'orné de toutes les vertus, profondément instruit des sciences et surtout des sciences sacrées, votre clergé s'occupe avec un zèle soutenu à procurer l'éternel salut des fidèles, à faire marcher les populations chrétiennes dans la voie qui conduit à la vie ; à étendre, à augmenter de jour en jour et de plus en plus la sainte unité de la religion catholique, à administrer les sacrements et à célébrer les divins offices selon votre discipline, mais en. faisant usage des livres liturgiques qui ont reçu l'approbation du Saint-Siège. Et comme nous ne désirons rien tant que d'avoir le bonheur de venir en aide à vous et aux fidèles de votre juridiction, n'oubliez pas de recourir à nous, de nous rendre compte des affaires de vos diocèses, d'en envoyer chaque quatre ans le rapport à notre Congrégation de la propagande.
Nous vous supplions, en terminant, Fils bien-aimés et vénérables Frères, d'employer tous vos efforts pour conserver, entretenir et augmenter chaque jour et de plus en plus la paix et la concorde parmi les ecclésiastiques du rite latin et du rite grec-catholique de tous ces diocèses ; que ceux qui combattent sous l'étendard du Seigneur, animés, sans exception, l'un pour l'autre, d'une affection mutuelle, d'une fraternelle charité, et se prévenant par des témoignages d'honneur, s'attachent tous d'un commun accord et avec grande ardeur à procurer la gloire de Dieu et le salut des âmes.
Voilà, chers Fils et vénérables Frères, ce que, dans notre immense amour pour vous et pour les fidèles de ce vaste empire, nous avons cru devoir vous faire connaître. Nous tenons pour certain qu'inspirés par par vos éminentes vertus, votre religion, votre piété, votre foi et votre respect si connu pour nous et pour cette chaire de Pierre, vous vous empresserez d'obéir à nos avis, à nos paternels désirs, vous irez même audelà. Bien plus, nous ne doutons pas, Fils bien-aimés et vénérables Frères, que, les yeux continuellement fixés sur le Prince des pasteurs, sur Jésus- Christ qui s'est montré doux et humble de cœur; qui a donné son âme pour ses brebis, nous laissant son exemple pour nous inviter à marcher sur ses traces, vous travaillerez de toutes vos forces à le prendre pour modèle, à suivre ses enseignements, à veiller assidûment sur le troupeau
ioo
curaevestree commisse) assidue advigilare. in omnibus laborare, ministerium vestrum implere, et quœrere non quse vestrasunt. sed quse Christi Jesu. neque jam ut dominantes in cleris, sed uti pastores, imo patres amantissimi et facti forma gregis ex animo, nihil tam molestum. tam impeditum, tam arduum unquam fore putetis, quod in omni patientia, mansuetudine, lenitate, prudentia ferendum, expediendum ac providendum pro vestrarum ovium salute non curetis.
Nos intérim in humilitate cordis nostri haud omittimus assiduas fervidasque clementissimo luminum et misericordiarum Patri Deo totius consolationis adhibere preces, ut uberrima queeque suée bonitatis dona super vos propitius semper effundat, quee in dilectas quoque oves vobis concreditas copiose descendant. Gujus divini praesidii auspicem et propensissimae eeque ac studiosissimas nostrae in vos voluntatis testem Apostolicam benedictionem ex imo corde depromptam vobis singulis, dilecti Filii nostri ac venerabiles Fratres, cunctisque istarum Ecclesiarum clericis laicisque fidelibus peramanter impertimur.
Datum RomaB apud Sanctum Petrum die xvn .Martii, anno mdccclvi, Pontificatus nostri anno decimo.
PIUS PP. ÏX.
« SINGULARI QUIDEM », 17 MARS 1856 î (H
qui vous est confie, à vous occuper toujours, à remplir votre ministère, à
rechercher, non ce qui vous plaît, mais ce qui plaît à Jésus-Christ, à vous montrer, non les dominateurs du clergé, mais ses pasteurs, mais ses pères très affectueux, à devenir le modèle du troupeau, à ne trouver rien de si pénible, rien de si difficile, rien de si ardu que vous ne le souffriez, que vous ne l'entrepreniez, que vous ne l'accomplissiez avec toute la patience, toute la mansuétude, toute la douceur et toute la prudence possibles pour le salut de vos ouailles.
Pour nous, nous ne cessons d'adresser les prières les plus ferventes au doux Père des lumières et des miséricordes, au Dieu de toute consolation. ÎNous lui demandons de répandre toujours abondamment les effusions de sa bonté propice sur vous, et de les faire descendre largement sur les chères brebis dont vous avez 1a garde. Comme gage de ce divin secours, comme témoignage de notre vive affection, de notre dévouement envers vous, nous accordons avec amour et de tout notre cœur la bénédiction apostolique à chacun de vous, Fils bien-aimés et vénérables Frères, à tous les clercs et a tous les fidèles de vos diocèses.
Donné à Rome, près Saint-Pierre, le 17 mars de l'année 1856, dixième de notre Pontificat.
PIE IX, PAPE
SS. PÏI PP. IX