MULTIPLICES », 10 JUIN
C'est pourquoi, rapport nous ayant été fait de ee qui précède, et toutes choses étant mûrement considérées, du conseil des cardinaux ci-dessus désignés et aussi de notre propre mouvement, de notre science certaine et de la plénitude de la puissance apostolique, nous condamnons, nous réprouvons, selon la teneur des présentes, nous défendons de lire et de 'retenir l'ouvrage susdit où sont contenues les doctrines et les propositions qualifiées et notées comme il est dit ci-dessus, ainsi que toutes les éditions, versions ou traductions qui en ont été ou qui en seraient faites, en quelque langue et en quelque lieu qu'il ail déjà été imprimé ou qu'il le soit a l'avenir, ce qu'à Dieu ne plaise, Nous interdisons donc absolument à tous et à chacun des fidèles du Christ, même à ceux qui seraient dignes de mention expresse, spécifique et individuelle, d'imprimer, de transcrire, de lire, de garder cet ouvrage, d'en user en aucune façon, et cela sous peine d'excommunication encourue par tout contrevenant ipso facto, sans qu'il soit besoin d'aucune autre déclaration, et dont personne, à moins qu'il ne se trouve a l'article de la mort, ne pourra obtenir l'absolution que de nous-même ou du Pontife Romain existant alors.
Nous voulons et ordonnons, en vertu de l'autorité apostolique, que quiconque a chez soi le livre ou ouvrage susdit soit tenu, aussitôt que les présentes lettres lui seront connues, de le livrer et de le remettre à lOrdinaire du lieu qu'il habite ou aux inquisiteurs de la perversité hérétique, nonobstant ce qui pourrait être à ce contraire.
Et afin que les présentes Lettres soient plus aisément portées à la connaissance de tous, afin que personne ne puisse prétexter cause d'ignorance, nous vouions, nous décrétons, en vertu de l'autorité apostolique, qu'elles seront publiées, selon l'usage, par quelqu'un de nos huissiers, aux portes de la basilique du Prince des Apôtres, de la chancellerie apostolique, du tribunal suprême à Monte-Citorio, dans la ville, sur la place du Champ de Flore,' et que des exemplaires y demeureront affichés. Ainsi promulguées, elles atteindront et obligeront tous et chacun de ceux qu'elles concernent, comme si elles avaient été notifiées et signifiées à chacun d'eux personnellement. Les copies manuscrites, ou même les exemplaires imprimés des présentes, pourvu qu'ils soient revêtus de la signature d'un notaire public et munis du sceau d'une personne constituée en dignité ecclésiastique, feront foi en justice et en toute autre occasion comme si l'exemplaire original était produit ou présenté.
Donné à Rome, auprès de Saint-Pierre, sous l'anneau du Pêcheur, le 10e jour de juin, l'an 1851 ; de notre pontificat le 5e.
PIE IX, PAPE
SS. PII PP. IX
EPISTOLA ENCYCLICA
Archiepiscopis et Episcopis* Italiœ
Venerabiles Fratres, Salutem et Apostolicam Benedictionem.
Nostis et nobiscumunaconspicitis, venerabiles Fratres, quanta nuper perversitate invaluerint perditi quidam veritatis, justitiae et honestatis cujusque inimici, qui siv'e per fraudem omnisque generis insidias, sive palam et tanquam fluctusferi maris despumantesconfusionessuas, efïïenatamcogitandi, loquendi, etimpia quseque audendi licentiam quaquaversus diffundere contendunt inter fidèles Italise populos, et catholicam religionem in Italia ipsa labefactare, ac, si fieri unquam posset, funditus evertere commoliuntur. Apparuit tota diabolici eorum consilii ratio tum aliis nonnullis in locis, tum in aima prsesertim urbe, supremi Pontificatus nostri sede, in qua, nobis abire inde coactis, liberius, paucis licet mensibus, debacchati sunt; ubi divinis humanisque rébus nefario ausu commiscendis, eo tandem illorum furor pervenit, ut spectatissimi urbani cleri, et praesulum sacra inibi jussu nostro impavide curantium turbata opéra, et auctoritate despecta, vel ipsi interdum miseri eegroti cum morte colluctantes, cunctis destituti religionis subsidiis, animam inter procacis alicujus meretricis illecebras emittere cogebantur.
Jam vero etsideincepsRomana eademurbs, et alise Pontificiae ditionis provinciee., Deo miserante, per catholicarum nationum arma civili nostro regimini restitutae fuerint, ac bellorum tumultus in aliis pariter regionibus Italise cessaverit, non destitere tamen nec sane desistunt improbi illi Dei hominumque hostes a nefando suo opère, si minus per apertam vim, aliis certe fraudulendis nec semper occultis modis urgendo. Verum infirmitati nostrae supremam potius Dominici gregis curam in tanta temporum difficultate sustinenti, et peculiaribus hujusmodi Ecclesiarum Italise periculis vehementer afflictse, non levis intc^
DE SA SAINTETÉ PIE IX
Aux Archevêques et aux Êvêgues d'Italie
VÉNÉRABLES FRERES
Salut et Bénédiction Apostolique.
Vous savez et vous voyez comme nous, vénérables Frères, quelle perversité viennent de déployer certains hommes perdus, ennemis de toute vérité, de toute justice, de toute honnêteté : soit par fraude et par des artifices de toute espèce, soit ouvertement et jetant comme une mer en furie l'écume de leurs confusions, ils s'efforcent de répandre de toutes parts, parmi les peuples fidèles de l'Italie, la licence effrénée de la pensée, de la parole, de tout acte audacieux et impie pour y ruiner la religion catholique, et, si cela pouvait jamais être, pour la renverser jusque dans ses fondements. Tout le plan de leur dessein satanique s'est révélé en divers lieux, mais surtout dans la ville bien-aimée, siège de notre pontificat suprême, où, après nous avoir ..iraintde la quitter, ils ont pu se livrer plus librement pendant quelques mois à toutes leurs fureurs. Là, dans un affreux et sacrilège mélange des choses divines et des choses humaines, leur rage monta à ce point que, méprisant l'autorité de l'illustre clergé de Rome et des prélats qui, par notre ordre, demeuraient intrépides à sa tête, ils ne les laissèrent pas même continuer en paix l'œuvre sacrée du saint ministère; et, sans pitié pour de pauvres malades en proie aux angoisses de la mort, ils éloignaient d'eux tous les secours de la religion et les contraignaient de rendre le dernier soupir entre les bras d'infâmes prostituées.
Bien que, depuis lors, la ville de Rome et les autres provinces du domaine pontifical aient été, grâces à la miséricorde de Dieu, rendues, par les armes des nations catholiques, à notre gouvernement temporel ; bien que les guerres et les désordres qui en sont la suite aient également cessé dans les autres contrées de l'Italie, ces ennemis infâmes de Dieu et des hommes n'ont pas cessé et ne cessent pas leur travail de destruction ; ils ne peuvent plus employer la force ouverte ; mais ils ont recours à d'autres moyens, les uns cachés sous des apparences frauduleuses, les autres visibles à tous les yeux. Au milieu de si grandes difficultés, portant la charge suprême de tout le troupeau du Seigneur, et rempli de la plus vive affliction à la vue des périls auxquels sont particulièrement exposées les Eglises de l'Italie, c'est pour notre infirmité, au sein des
aerumnas consolatio est ex pastorali vestro studio, venerabiles Fratres, cnjus multa nobis documenta, et in medio prœteritse tempestatis turbine non defuerant, et nova in dies clarioraque obveniunt. Ipsa autem rei gravitas urget nos, ut pro debito Apostolici officii fraternitatibus vestris, in nostrœ sollicitudinis partem vocatis, acriores sermone atque hortationibus nostris addamus stimulos ad prselianda constanter unanobiscum prselia Domini, atque ad ea omnia concordibus animis providenda ac praestanda, quibus, Deo benedicente, et damna reparentur queecumque Religioni sanctissimae per Italiam illata jam sint, et imminentia in posterum pericula propulsentur.
Inter multipliées fraudes, quibus praedicti Ecclesiae hostes uti consueverunt ad Italorum animos a fide catholica abalienandos, asserere etiam, et quaquaversus clamitare non erubescunt, catholicam religionem Italiae gentis gloriae, magnitudini, et prosperitati adversari, ac propterea opus esse, ut illius loco Protestantium placita et conventicula inducantur, constituantur et propagentur, quo Italia pristinum veterum temporum, id est ethnicorum, splendorem iterum acquirere possit. In quo sane illorum commento haud facile quis existimaverit, num detestanda magis sit vesanae impietatis malitia, vel impudentia mentientis improbitatis?
Etenim spiritualeemolumentum ut de potestate tenebrarumin Dei lumen translati, et justificati gratia, Ghristi hseredes simus secundum spem vitœ œternae, hoc scilicet animarum emolumentum, acatholicœ religionis sanctitatedimanans, ejus profecto est pretii, ut quœcumque hujus mundi gloria et faustitas in comparatione illius plane in nihilum esset computanda. « Quid enim prodest homini, si mundum universum lucretur, animas vero su83 detrimentum patiatur? Aut quem dabit homo commutationem pro anima sua? » (Matth., xvi, 26 J At vero tantum porro abest, ut temporalia illa detrimenta Italorum genti ad verae fidei professionnern acciderint, ut imo religioni catholicae in acceptis referre illa debeat si Komano labanteimperio non in eam conditionem décident, in quam Assyrii et Ghaldœi. Medi, Perseeque, et Macedones populi, multos antea dominati per annos, commutata deinceps temporum vice, dilapsi fuerant. Etenim nemo prudens ignorât, per sanctissimam Ghristi religionem effectum esse, ut Italia non solum a tôt actantis, quibus obruebatur, errorum tenebris fuerit erepta, verum etiam ut inter antiqui illius imperii ruinas, et barbarorum tota Europa grassantiumincursiones, ad eam nihilominus gloriam et magnitudinem prœ cœteris totius mundi nationibus se provectam conspiceret, ut per sacram Pétri cathedram singulari Dei beneficio
oc NOSTIS ET NOBISCUM », 8 DÉCEMBRE 1849 149
douleurs, uue grande consolation, vénérables Frères, que le zèle pastoral dont, au plus fort même de la tempête qui vient de passer, vous nous avez donné tant de preuves, et qui se manifeste chaque jour encore par des témoignages de plus en plus éclatants. Cependant la gravité des circonstances nous presse d'exciter plus vivement encore, de notre parole et de nos exhortations, selon le devoir de notre charge Apostolique, votre fraternité, qui partage nos sollicitudes, à combattre avec nous et dans l'imité les combats du Seigneur, à préparer et à prendre d'un commun accord toutes les mesures pour réparer, avec la bénédiction de Dieu, le mal déjà fait en Italie à notre religion sainte, pour prévenir et repousser les périls dont un avenir prochain la menace.
Entre les fraudes sans nombre que les susdits ennemis de l'Église ont coutume de mettre en œuvre pour rendre odieuse aux Italiens la foi catholique, l'une des plus perfides est celle-ci : ils ne rougissent pas d'affirmer, de répandre partout à grand bruit, que la religion catholique est un obstacle à la gloire, à la grandeur, à la prospérité de la nation italienne, et que, par conséquent, pour rendre à l'Italie la splendeur des anciens temps, c'est-à-dire des temps païens, il faut mettre à la place de la religion catholique, insinuer, propager, établir les enseignements des protestants et leurs conventicules. On ne sait ce qui, en de telles affirmations, est le plus détestable, la perfidie de l'impiété furieuse ou l'impudence du mensonge éhonté.
En effet, le bonheur spirituel d'être soustraits à la puissance des ténèbres et transportés dans la lumière de Dieu, d'être justifiés par la grâce et de devenir les héritiers du Christ dans l'espérance de la vie éternelle, ce bonheur des âmes, émanant de la sainteté de la religion catholique, est certes d'un tel prix qu'auprès de lui toute la gloire et toute la félicité de ce monde doivent être regardées comme un pur néant. « Que sert à l'homme de gagner tout l'univers, s'il vient à perdre son âme? Ou que donnera l'homme en échange pour son âme? » .Mais, bien loin que la profession de la vraie foi ait causé à la race italienne les dommages temporels dont on parle, c'est à la religion catholique qu'elle doit de n'être pas tombée, à la chute de l'empire romain, dans la même ruine que les peuples de l'Assyrie, de la Chaldée, de la Médie, de la Perse, de la Macédoine. Aucun homme instruit ne l'ignore, en effet : non seulement la sainte religion du Christ a arraché l'Italie aux ténèbres des erreurs si nombreuses et si grandes qui la couvraient tout entière, mais encore au milieu des ruines de l'antique empire et des invasions pes barbares ravageant toute l'Europe, elle l'a élevée dans la gloire et la grandeur au-dessus de toutes les nations du monde; possédant dans son sein, par un bienfait singulier de Dieu, la chaire sacrée de Pierre, i'Ita
in ipsa collocatam latius atque solidius praesideret Religione divina, qnam prœfueratolim dominatione terrena.
Atque ex hoc ipso Apostolicœ habendœ Sedis singulari privilegio, et ex religione catholica firmiores exinde inltaliœ populis radiées obtinente alia porro permulta, eademque insignia bénéficia profecta sunt. Siquidem sanctissima Christi religio verae sapientiae magistra, humanitatis vindex, ac virtutum omnium fecunda parens, avertit quidem Italorum animos ab infelicis illius gloriae splendore, quam illorum majores in perpetuo bellorum tumultu, in exterorumoppressione, atque in longe maximo hominum numéro, ex eo quod vigebat jurebelli, ad durissimam captivitatem redigendo posuerant. sed una simul Italos ipsos catholicae veritatis luce collustratos ad sectandam justitiam et misericordiam, atque adeo ad praeclara etiam pietatis in Deum et beneficentiae erga homines œmulanda opéra excitavit. Hinc in praecipuis Italiae urbibus admirari est sacra templa, et alia Christianorum temporum monumenta., haudquaquam percruentos labores hominum sub captivitate gementium, sed ingenuo vivifîcae caritatis studio confecta, et pia cujusque generis instituta, quœ sive ad religionis exercitia, sive ad educationem juventutis, et litteras, artes, disciplinas rite excolendas, sive ad miserorum aegritudines et indigentias sublevandas comparata sunt. Ilaec igitur divina religio, in qua tôt quidem nominibus Italiae salus, félicitas et gloria continetur, haec scilicet religio illa est, quam ab italiae populis rejiciendam inclamant ! Lacrymas cohibere non possamus, venerabiles Fratres, dum conspicimus aliquos nunc Italos reperiri, improbos adeo, misereque illusos, ut pravis plaudent.es doctrinis, in tantam Italiae perniciem conspirare cum ipsis non reformident.
Sed vero ignotum vobis non est, venerabiles Fratres, praecipuos illos hujus scelestissimae machinationis architectos eo tandem spectare, ut populos omni perversarum doctrinarum vento agitatos, ad subversionem impeilant totius ordinis humanarum rerum, atque ad nefaria novi Socialismi et Communismi systemata traducant. Norunt autem et longo multorum saeculorum experimento comprobatum vident, nullam sibi consensionem sperari posse cum Ecclesia catholica, quae scilicet in custodiendo divinae revelationis deposito nihil unquam detrahi patitur propositis fidei veritatibus, nihil il lis pernova hominum commenta admisceri. Idcirco consilium inierunt deltalis populis tradncendis ad Protestantium placita et conventicula ; in quibus, ut illos decipiant, non aliud esse dictitant. quam diversam verae ejusdem christianae religionis formam, in qua, œque ac in Ecclesia catholica, Deo placere datum sit. Interea minime ignorant, profuturum
oc NOSTIS ET NOBISCUM », 3 DÉCEMBRE 1849 151
lie doit à la religion divine un empire plus solide et plus étendu que son antique domination terrestre.
Ce privilège singulier de posséder le Siège Apostolique, et de voir par cela même la religion catholique jeter dans les peuples de l'Italie de plus fortes racines, a été pour elle la source d'autres bienfaits insignes et sans nombre. Maîtresse de la véritable sagesse, protectrice vengeresse de l'humanité, mère féconde de toutes les vertus, la sainte religion du Christ détourna l'âme des Italiens de cette soif funeste de gloire qui avait entraîné leurs ancêtres à faire perpétuellement la guerre, à tenir les peuples étrangers dans l'oppression, à réduire, selon le droit martial alors en vigueur, une immense quantité d'hommes à la plus dure servitude; et en même temps illuminant les Italiens des clartés de la vérité catholique, elle les porta par une impulsion puissante à la pratique de la justice, de la miséricorde, aux œuvres les plus éclatantes de piété envers Dieu et de bienfaisance envers les hommes. De là, dans les principales villes de l'Italie, tant de saintes basiliques et autres monuments des âges chrétiens, lesquels n'ont pas été l'œuvre douloureuse d'une multitude réduite en esclavage, mais librement élevés par le zèle d'une charité pleine de vie. Ajoutez les pieuses institutions de tout genre consacrées, soit aux exercices de la vie religieuse, soit à l'éducation de la jeunesse, aux lettres, aux arts, à la sainte culture des sciences, soit enfin au soulagement des malades et des indigents. Telle est donc cette religion divine, qui procure à tant de titres divers le salut, la gloire, le bonheur de l'Italie, et que l'on voudrait faire rejeter par les peuples de cette même Italie. Nous ne pouvons retenir nos larmes, vénérables Frères, en voyant qu'il se trouve, à cette heure, quelques Italiens assez pervers, assez livrés à de misérables illusions, pour ne pas craindre d'applaudir aux doctrines dépravées des impies et de conspirer avec eux la perte de leur patrie.
Mais vous n'ignorez pas, vénérables Frères, que les principaux auteurs de cette détestable entreprise ont, pour but de pousser les peuples, agités par tout vent de perverses doctrines, au bouleversement de tout ordre dans les choses humaines, et de les livrer aux criminels systèmes du nouveau Socialisme et du Communisme. Or ces hommes savent et voient, par la longue expérience de beaucoup de siècles, qu'ils ne doivent espérer aucune complicité de l'Eglise catholique; car, dans la garde du dépôt de la révélation divine, elle ne souffre jamais qu'il soit rien retranché aux vérjtés présentées par la foi ni qu'il y soit rien ajouté. Aussi ont-ils formé le dessein d'attirer les peuples italiens aux opinions et aux assemblées des protestants; là, répètent-ils sans cesse afin de les séduire, on ne doit voir autre chose qu'une forme différente de la même véritable religion chrétienne, et l'on y peut plaire à Dieu aussi bien que dans l'Eglise catholique. En attendant, ils savent très bien que rien ne peut
summopere impiœ suœ causée principium illud, quod in Protestantium placitis prœcipuum est, de sacris scilicet Scripturis privato uniuscujusque judicio intelligendis. Exinde enim jacilius sibi fore confidunt, ut primo quidem sacris ipsis litteris perperam interpretatis abutantur ad errores suos, quasi Dei nomine, diffundendos ; subinde autem ut homines superbissima illa de divinis rébus judicandi licentia inflatos propellant ad communia ipsa justi honestique principia in dubium revocanda.
Absit tamen, venerabiles Fratres, ut Italia, ex qua, ob Sedem Apostolici magisterii Romae constitutam, nationes alise incorruptos salutaris doctrinœ latices haurire solitœ sunt, fiât illis in posterum lapis offensionis et petra scandali ; absit, ut dilectee hœc Dominiez vineae pars in direptionem cedat omnium bestiarum agri ; absit, ut Itali populi, venefico Babylonici calicis haustu dementati, parricidalia contra matrem Ecclesiam arma suscipiant. Nobis quidem, uti et vobis, in hsec tanti periculi tempora occulto Dei judicio reservatis, cavendum omnino est, ne fraudes atque impetus hominum contra Italise fidem conspirantium extimescamus, nostris quasi viribus superandos ; cum nostrum consilium et fortitudo sit Christus, et sine quo nihil possumus, per ipsum cuncta possimus (Ex S. Leone Magno, Epist. ad Rusticum Narbonensem). Agite igitur, venerabiles Fratres. advigilate impensius super creditum gregem, eumque a rapacium luporum insidiis et aggressionibus tueri contendite. Communicate in\ieem consilia, pergite, ut jam instituistis, cœtus habere inter vos : ut malorum initiis et prœcipuis pro locorum diversitate periculorum fontibus communi investigatione perspectis, sub auctoritate ac ductu Sanctoe hujus Sedis promptiora illis remédia comparare valeatis, atque ita una nobiscum concordissimis animis totoque pastoralis studii robore curas laboresque vestros, Deo adjuvante, in id conferatis, ut omneshostium Ecclesiœ impetus, artes. insidiœ, molimina irrita liant.
Ea vero ut in irritum cadant, satagendum omnino est, ne populus de christiana doctrina acdelege Domini parum instructus, et diuturna in multis grassantium virorum licentia hebetatus, paratas sibi insidias et propositorum errorum gravitatem a^noscere vix possit. A vestra igitur pastorali sollicitudine vebementer exposcimus, venerabiles Fratres, ut nunquam intermittatis omnem adhibere operam, quo crediti vobis fidèles, sanctissima religionis nostrae dogmata ac prœcepta pro cujusque captu diligenter edoceantur, simuJque moneantur, et excitentur omnimodis advitam moresque suos ad illorum normam componendos. Inflammate in eum finem ecclesiasticorum hominum zelum, illorum prœsertim, quibus animarum cura demandata
être plus utile à leur cause impie que le premier principe des opinions protestantes, le principe de la libre interprétation des saintes Ecritures par le jugement particulier de chacun. Us ont la confiance qu'il leur deviendra plus facile, après avoir abusé d'abord de l'interprétation en mauvais sens des Lettres sacrées, pour répandre leurs erreurs comme au nom de Dieu, de pousser ensuite les hommes, enflés de l'orgueilleuse licence de juger des choses divines, à révoquer en doute même les principes communs du juste et de l'honnête.
Néanmoins, vénérables Frères, à Dieu ne plaise que l'Italie, où les autres nations ont coutume de puiser les eaux pures de la saine doctrine, parce que le siège apostolique a été établi à Home, devienne pour elles désormais une pierre d'achoppement et de scandale ! A Dieu ne plaise que cette portion chérie de la vigne du Seigneur soit livrée en proie aux bêtes ! A Dieu ne plaise que les peuples italiens, après avoir bu la démence à la coupe empoisonnée de Babylone, prennent jamais des armes parricides contre l'Eglise mère ! Quant à nous et quant à vous, que Dieu, dans son jugement secret, a réservés pour ces temps de si grand danger, gardonsnous de craindre les ruses et les attaques de ces hommes qui conspirent contre la foi de l'Italie, comme si nous avions à les vaincre par nos propres forces; car le Christ est notre conseil et notre force; sans lui nous ne pouvons rien, mais par lui nous pouvons tout. Agissez donc, vénérables Frères, veillez avec plus d'attention encore sur le troupeau qui vous est confié, faites tous vos efforts pour le défendre contre les embûches et les attaques des loups ravisseurs. Communiquez-vous mutuellement vos desseins, continuez, comme vous avez déjà commencé, d'avoir des réunions entre vous; après avoir ainsi découvert, dans une commune investigation, l'origine de nos maux, et selon la diversité des lieux, les sources principales des dangers, vous pourrez y trouver, sous l'autorité et la conduite du Saint-Siège, les remèdes les plus prompts : et pleinement d'accord avec nous, vous appliquerez, avec l'aide de Dieu et avec toute la vigueur du zèle pastoral, vos soins et vos travaux à rendre vains tous les efforts, tous les artifices, toutes les embûches et toutes les manœuvres des ennemis de l'Eglise.
Pour y parvenir, il faut travailler de toutes ses forces a empêcher que trop peu instruit de la doctrine chrétienne et de la loi du Seigneur, hébété d'ailleurs par la longue licence des vices, le peuple n'ait peine à distinguer les embûches qu'on lui tend et la méchanceté des erreurs qu'on lui propose. C'est pourquoi, nous le demandons instamment à votre sollicitude pastorale, vénérables Frères, ne cessez jamais d'appliquer tous vos soins à ce que les fidèles qui vous sont confiés soient instruits, suivant l'intelligence de chacun, des saintes vérités et des préceptes de notre religion: qu'ils soient en même temps avertis et excités par tous les moyens à y conformer leur vie et leurs mœurs. Enflammez dans ce but le zèle des ecclésiastiques, surtout de ceux qui ont charge d'ames ;
est, utserio méditantes ministerium, quod acceperimt in Domino, et habentes ob oculos ïridentini Concilii pisescripta Ses. v, cap. 2: sess. xxiv. cap. 4 et 7 de Réf.), majori usque alacritate, prout temporum ratio postulat, in christianae plebis instructionem incuinbant, et sacra eloquia, a salutis monita in omnium cordibusinserere studeant, annuntiandoipsiscumbrevitate et facilitate sermonis vitia quse eos declinare, et virtutes quas sectari oporteat, ut pœnam eeternam evadere, et cœlestem gloriam consequi valeant.
Speciatim vero procurandum est, ut fidèles ipsi impressum in animis habeant, alteque defixum dogma illud sanctissimoe nostras religionis, quod est denecessitatecatholicœtideiad obtinendam salutem. (Hoc dogma a Christo acceptum, et inculcatum a Patribusatquea Conciliis, habetur etiam in formulis Professionis Fidei, tum in ea scilicet, quas apud Latinos, tum in ea, quae apud Graecos tum in alia, quae apud ceteros Orientales catholicos in usu est.) Hune in finem summopere conducet, ut in publicis orationibus fidèles laici una cum clero agant identiderm peculiares Deo gratias pro inestimabili catholicae religionis beneficio, quo ipso omnes clementissime donavit, atque ab.eodem misericordiarum Pâtre suppliciter pétant, ut ejusdem religionis professionem in regionibus nostris tueri et inviolatam conservaredignetur.
Interea vobis certe peculiaris erit cura, ut fidèles omnes tempestive a fraternitatibus vestris suscipîant sacramentum Confirmationis, per quod summo Dei beneficio specialis gratiae robur confertur ad fidem catholicam in gravioribus etiam periculis constanter profitendam. Psec porro ignoratis, eumdem in finem prodesse. ut ipsi a peccatorum sordibus, per sinceram illorum detestationem, et sacramentum Pœnitentiae expiati saepius dévote percipiant sanctissimum Eucharisties sacramentum, in quo spiritualem esse constat animorum cibum et antidotum, quo liberemura culpis quotidianis, et a peccatis mortalibus prœservemur, atque adeo symbolum unius illius corporis, cujus Christus caput existit, cuique nos, tanquam membra, arctissima fidei, spei, et charitatis connexione adstrictos esse voluit, ut idipsum omnes diceremus, nec essent m nobis schismata. (Ex Trid., sess. xiil, Dec. de Euckar .. Sacramento, cap. 2.)
Equidem non dubitamus, quin parochi, eorumque adjutores, et sacerdotes alii, qui certis diebus, jejuniorum prœsertim tempore, ad prsedicationis ministerium destinari consueverunt, auxiliarem vobis operam sedulo in his omnibus sint pràestituri. Attamen illorum operœ adjungere interdum oportet extraordinaria subsidia spiritualium exercitioram et sacrarum missionum, quas, ubi operariis idoneis commissœ fuerint, valde utiles
et que, méditant profondément sur le ministère qu'ils ont reçu dans le Seigneur, ayant devant eux les prescriptions du concile de Trente, ils se livrent avec la plus grande activité, selon que l'exige la nécessité des temps, à l'instruction du peuple, s'appliquent à graver dans tous les cœurs les paroles sacrées, les avis salutaires, leur faisant connaître, dans des discours simples et courts, les vices qu'ils doivent fuir pour éviter la peine éternelle, les vertus qu'ils doivent rechercher pour obtenir la gloire céleste.
Il faut veiller spécialement à ce que les fidèles eux-mêmes aient profondément gravé dans l'esprit le dogme de notre sainte religion sur la nécessité de la foi catholique pour obtenir le salut. C'est pourquoi il sera souverainement utile que, dans les prières publiques, les fidèles s'unissent au clergé afin de rendre de temps en temps de particulières actions de grâces à Dieu pour l'inestimable bienfait de la religion catholique qu'ils tiennent tous de sa bonté infinie, et de demander humblement au Père des miséricordes de daigner protéger et conserver intacte dans nos contrées la profession de cette même religion.
Cependant vous aurez spécialement soin d'administrer à tous les fidèles, dans le temps convenable, le sacrement de Confirmation ; par un souverain bienfait de Dieu il donne la force et une grâce particulière pour confesser avec constance la foi catholique, même dans les plus graves périls. Vous n'ignorez pas non plus qu'il produit un autre effet, c'est d'amener les fidèles à se purifier plus souvent des souillures de leurs péchés par une sincère contrition et par le sacrement de Pénitence, et à recevoir fréquemment avec dévotion la très sainte Eucharistie, nourriture spirituelle des âmes, antidote qui nous délivre des fautes quotidiennes et nous préserve des péchés mortels, symbole de ce seul corps dont le Christ est la tête et auquel il a voulu que nous fussions attachés comme ses membres par le lien si fort de la foi, de l'espérance et de la charité, afin que nous ayons tous le même langage, et qu'il n'y ait pas de divisions parmi nous.
Assurément nous ne doutons pas que les curés, leurs vicaires et les autres prêtres qui dans certains jours, surtout au temps du jeûne, se livrent au ministère de la prédication, ne s'empressent de vous prêter leur concours en toutes ces choses. Cependant il faut de temps en temps employer encore les secours extraordinaires des exercices spirituels et des saintes missions ; confiées à des hommes capables, elles sont, avec
benedicente Domino esse constat tum fovendae bonorum pietati, tum peccatoribus, et longo etiam vitiorum habita depravatis hominibus ad salutarem pœnitentiam excitandis. atque adeo ut fidelis popukis crescat in scientia Dei et in omni opère bonc fructificet, et uberioribus ccelestis gratiae auxiliis munitus a perversis inimicorum Ecclesise doctrinis constantius abhorreat.
Cseterum in his omnibus vestrse ac sacerdotum vobis auxiliantium curae eo inter alia spectabunt, ut fidèles majorem horrorem concipiant illorum scelerum, quse cumaliorum scandalo patrantur. Nostis enim, quantum diversis in locis excreverit eorum numerus, qui sanctos cœlites vel ipsum quoque sacrosanctum Dei nomen palam blasphemare audent, aut in concubinatu vivere dignoscuntur cum incestu interdum conjuncto, aut festis diebus servilia opéra apertis etiam officinis exercent, aut Ecclesise prsecepta de jejuniis ciborumque delectu pluribus quoque adstantibus contemnunt, aut alia diversa crimina simili modo committere non erubescunt. Meminerit igitur, vobis instantibus, fidelis populus, et serio consideret magnam in peccatorum hujusmodi gravitatem, et severissimas pœnas, quitus illorum auctores plectendi erunt tum pro reatu cujusque criminis proprio, tum pro spirituali periculo, in quod Fratres suos pravi sui exempli contagione induxerunt. Scriptum est enim : Vœ mundo a scandalis . . . Vœ homini Mi per quem scandalum venit (Matth., xvni).
Inter diversa insidiarum gênera, quibus vaferrimi Ecclesise humanseque societatis inimici populos seducere annituntur, illud certe in prsecipuis est, quod nefariis consiliis suis jamdiu paratum in novae artis librariae pravo usu invenerunt. Itaque in eo toti sunt, ut impios libellos, et ephemerides ac pagel.as mendacii, calumniarum, et seductionis plenas edere in vu 1 mis ac multiplicare quotidie non intermittant. Imo et prsesidio usi Societatum Biblicarum,*quœ a Sanctahac Sedejamdudum damnatae sunt, (Extant ea super re, prœter alia prœcedentia décréta, Encyclicœ litterœ Gregorii XVI , datas postridie nonas maii mdcccxliv, quœ incipiunt : Inter prœcipuas machinationes, — eu jus sanctiones Nos quoque inculcavimus in Encycliq. Ep. data 9 novemb. 1816), sacra etiam Biblia praeter Ecclesise régulas (Vid. Reg. 4 ex iis quoe a Patribus in Conc. Trid. delectis conscriptoe et a Pio IV approbatae fuerunt in Const. Domini fjregis 24 mart. 1564 et additionem eidem factam a Çongr. Indicis, auctoritate Ben. XIV 17 jun. 1757, quœ omnia prœmitti soient Indici libr. prohin.) in vulgarem linguam translata, atque adeo corrupta et in pravum sensum infando ausu detorta diffundere, îllorumque lectionem sub Religionis obtentu fideli plebi com-
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la bénédiction de Dieu, très utiles pour réchauffer la piété des bons, exciter à une salutaire pénitence les pécheurs et les hommes dépravés par une longue habitude des vices, faire croître le peuple (idole dans la science de Dieu, lui faire produire toutes sortes de biens, le munir des secours abondants de la grâce céleste et lui inspirer une invincible horreur pour les doctrines perverses des ennemis de l'Eglise.
Du reste, en toutes ces choses, vos soins et ceux des prêtres, vos coopératcurs, tendront particulièrement à faire concevoir aux fidèles la plus grande horreur pour les crimes qui' se commettent au grand scandale du prochain. Car vous savez combien, en divers lieux, a grandi le nombre de ceux qui osent publiquement blasphémer les saints du ciel et même le très saint nom de Dieu ; qui sont connus comme vivant dans le concubinage et y joignent parfois l'inceste; qui, les jours fériés, se livrent à des œuvres serviles, leurs boutiques même ouvertes; qui, en présence de plusieurs, méprisent les préceptes du jeûne et de l'abstinence, ou qui ne rougissent pas de commettre de la même manière d'autres crimes divers. Qu'à la voix de votre zèle le peuple fidèle se représente et considère sérieusement l'énorme gravité des péchés de cette espèce, et les peines très sévères dont seront punis leurs auteurs, tant pour la culpabilité propre de chaque faute que pour le danger spirituel que la contagion de leur mauvais exemple a fait courir à leurs frères. Car il est écrit : « Malheur au monde à cause des scandales... Malheur à l'homme par qui vient le scandale. »
Parmi les divers genres de pièges où les plus subtils ennemis de l'Eglise et de la société humaine s'eliorcent de prendre les peuples, un des principaux est assurément celui qu'ils avaient préparé déjà depuis longtemps dans leurs criminels desseins, et qu'ils ont trouvé dans l'usage dépravé du nouvel art de la librairie. Ils s'appliquent tout entiers à ne passer pas un jour sans multiplier, sans jeter dans les populations des libelles impies, des journaux, des feuilles détachées, pleins de mensonges, de calomnies, de séductions. Bien plus, usant du secours des sociétés bibliques, qui, depuis longtemps déjà, ont été condamnées par le Saint-Siège, ils ne rougissent pas de répandre de saintes Bibles, traduites en langage vulgaire, sans qu'on ait pris soin de se conformer aux règles de l'Eglise, profondément altérées et rendues en un mauvais sens avec une audace inouïe, et, sous un faux prétexte de religion, d'en recommander la lecture au peuple fidèle. Vous comprenez parfaitement,
mendare non verentur. Hinc pro sapientia vestra optime intelligitis. venerabiles Fratres. quanta vobis vigilantia et sollicitudine
adlaborandum sit, ut fidèles oves a pestifera illorum lectione prorsus adhorreant ; atque ut de divinis nominatim Litteris meminerint, neminem hominum id sibi arrogare posse, ut sues prudentise innixus ilJas ad suos sensus contorquere preesumat contra eum sensum, quem tenuit et tenet sancta Mater Ecclesia ; cui quidem soli,a Christo Domino mandatum est, ut fidei depositum custodiat. ac de vero divinorum Eloquioram sensu et interpretatione judicet (Vid. Trid., sess. iv in Décret, de Editione et usu sacror.um Librorum.)
Ad ipsam vero pravorum librorum contagionem comprimendam perutile erit, venerabiles Fratres, ut quicumque pênes vos sint insignis sanaeque doctrinse viri alia parva item molis scripta, a vobis scilicet antea probata, edant in eedificationem fidei, ac salutarem populi instructionem. Ac vestree hinc curée erit, ut eadem scripta, uti et alii incorruptae pariter doctrinœ, probatœque utilitatis libri ab aliis conscripti, prout locorum ac personarum ratio suggesserit, inter fidèles diffundantur.
Omnes autem, qui unavobiscum in defensionem fidei adlaborant, eo speciatim spectabunt, utpietatem, venerationem, atque observantiam erga supremam hanc Pétri Sedem, qua vos, venerabiles Fratres, tantopere excellitis, in vestrorum fidelium animis infirment, tueantur, alteque defigant. Meminerint scilicet fidèles populi, vivere hic et preesidere in successoribus suis Petrum, Apostolorum Principem (Ex actis Ephesini Goncilii, Act. III, et S. Pétri Chrysologi, Epist. ad Eutychen), cujus dignitas in indigno etiam ejus herede non déficit (Léo M., Serin, in anniv. Assumpt. suse). Meminerint, Christum Dominum posuisse in hac Pétri cathedra inexpugnabile Ecclesiae suée fundamentum (Math., xvi, 18) et Petro ipsi claves dédisse réuni cœlorum (Ibid.,v.l9) ac propterea orasse, ut non deficeret fides ejus, eidemque mandasse ut confirmaret in illa fratres (Lucae xxvii., 31, 32) : ut proinde Pétri successor Romanus Pontifex in universum orbem teneat primatum, et verus Christi vicarius, totiusque Ecclesiae caput, et omnium christianorum Pater et doctor existât. (Ex concilio œcumenico Florentino, in Def. seu Decr. Unionis.)
In qua sane erga Romanum Pontificem populorum communione et obedientia tuenda, brevis et compendiosa via est ad illos in catholicae veritatis professione conservandos. Neque enim fieri potestj ut quis a catholica fide ulla unquam ex parte rebellet, nisi et auctoritatem abjiciat Romanas EcclesiaB, in qua extat ejusdem fidei irreformabile magisterium a divino Redemptore fun-
dans votre sagesse, vénérables Frères, avec quelle vigilance et quelle sollicitude vous devez travailler à amener les chrétiens a fuir avec horreur ces lectures empoisonnées, à se souvenir, pour ce qui est nommément des divines Ecritures, qu'aucun homme, appuyé sur sa propre prudence, ne peut s'arroger le droit ni avoir la présomption de les interpréter autrement que ne les a interprétées et que ne les interprète la sainte Eglise, notre mère, à qui seule INotre-Scigncur Jésus-Christ a confié le dépôt de la foi, le jugement sur le vrai sens et l'interprétation des Livres divins.
Or, pour arrêter la contagion des mauvais livres, il sera très utile, vénérables Frères, que des livres de même volume, écrits par des hommes de science distinguée et saine, et préalablement approuvés par vous, soient publiés pour l'édification de la foi et la salutaire éducation du peuple. Vous aurez soin de faire répandre parmi les fidèles ces mêmes livres, et d'autres livres de doctrine également pure, composés par d'autres auteurs selon que le demanderont les lieux et les personnes.
Tous ceux qui coopèrent avec vous à la défense de la foi auront spécialement en vue de faire pénétrer, d'affermir, de graver profondément dans l'esprit de vos fidèles la piété, la vénération et le respect envers ce Siège suprême de Pierre, sentiments par lesquels vous vous distinguez éminemment, vénérables Frères. Que les peuples fidèles se souviennent qu'ici vit et préside, en la personne de ses successeurs, Pierre, le prince des apôtres, dont la dignité ne s'éteint pas dans un indigne héritier. Qu'ils se souviennent que Jésus-Christ Notre-Seigneur a placé sur cette chaire de Pierre l'inexpugnable fondement de son Eglise, qu'à Pierre il a donné les clefs du royaume des cieux, qu'il a prié afin d'obtenir que la foi de Pierre ne faillît jamais, et ordonné à Pierre de confirmer ses frères dans cette foi. Ainsi le successeur de Pierre, le Pontife Romain possède l'autorité suprême de tout l'univers ; il est le vrai Vicaire de Jésus-Christ, le Chef de toute l'Eglise, le Père et le Docteur de tous les Chrétiens.
Le maintien de cette union commune des peuples dans l'obéissance au Pontife Romain est le moyen le plus court et le plus direct de les conserver dans la profession de la vérité catholique. En effet, on ne peu, se révolter contre la foi catholique sans rejeter en même temps l'autorité de l'Eglise Romaine, en qui réside l'autorité irréformable de la foit fondée par le divin Rédempteur, et en qui conséquemment a toujours
datum, et in qna propterea semper conservata fuit ea quœ est ab Apostolis traditio. Hinc non modo antiquis haereticis, sed etiam recentioribus Protestantibus, quorum caeteroquin tanta in reliquis suis placitis discordia est, iliud commune semper fuit, ut auctoritatem impugnarent Apostolicae Sedis, quam nullo prorsus tempore, nullaque arte, aut molimine, ne ad unum quidem ex suis erroribus tolerandum inducere potuerunt. Idcirco hodierni etiam Dei et humanae societatis hostes nihil inausum relinquunt, ut Italos populos a nostro Sanctaeque ejusdem Sedis obsequio divellant; rati nimirum, tum demum possesibi contingere, ut Italiam ipsam impietate doctrinae suae novorumque systematum peste contaminent.
Atque ad pravam hanc doctrinam et systemata quod attinet, notum jam omnibus est, illos eo potissimum spectare, ut libertatis et aequalitatis nominibus abutentes, exitiosa Communismi et Socialismi commenta in vulgus insinuent. Constat autem, ipsis seu Communismi seu Socialismi magistris, diversa licet via, methodo agentibus, illud demum commune esse propositum, ut operarios atque alios inferioris praesertim status homines suis deceptos fallaciis, et faustioris conditionis promissione illusos, continuis commotionibus exagitent, atque ad graviora paulatim facinora exerceant; ut postmodum illorum opéra uti possint ad superioris cujusque auctoritatis regimen oppugnandum, ad expilandas, diripiendas, vel invadendas Ecclesiae primum, ac deinde aliorum quorumcumqueproprietates, ad omnia tandem violanda divina humanaque jura, in divini cultus destructionenr, atque in subversionem totius ordiniscivilium societatum. In tanto autem Italiae discrimine vestrum munusest, venerabilesFratres, omnes pastoralis studii nervos intendere, ut fîdelis populus agnoscat perversa hujusmodi placita et systemata, si ab aliis decipi se patiatur, in aeternam pariter ac temporalem ejus perniciem fore cessura.
Moneantur itaque fidèles curae vestrae concrediti, pertinere omnino ad naturam ipsam humanae societatis, ut omnes auctoritati obtemperare debeant légitime in illa constitutœ; necquidquam commutari posse in prœceptis Domini, quœ in sacris Litteris ea super rem annuntiata sunt ; scriptum est enim : « Sub- « jecti estote omni humanœ creaturae propter Deum sive régi, « quasi praecellenti ; sive ducibus, tanquam ab eo missis ad vin- « dictam malefactorum, laudem vero bonorum : quia sic estce voluntas Dei utbenefacientes obmutescere faciatis imprudence tium hominum ignorantiam : quasi liberi, et non quasi velamen ce habentes malitiie libertatem, sed sicut servi Dei » (I Pétri, n, 13, seq). Et rursus : ce Omnis anima potestatibus sublimio-
été conservée la tradition qui vient des apôtres. C'est pourquoi les hérétiques anciens et les protestants modernes, si divisés dans le reste de leurs opinions, se sont toujours entendus afin d'attaquer l'autorité du Siège Apostolique ; et ils n'ont pu, en aucun temps, par aucun artifice, par aucune manœuvre, l'amener à tolérer même une seule de leurs erreurs. Aussi les ennemis actuels de Dieu et de la société humaine n'omettent rien pour arracher les peuples italiens à notre obéissance et à l'obéissance du Saint-Siège, persuadés qu'alors il leur sera possible de parvenir à souiller l'Italie de l'impiété de leur doctrine et à y répandre la contagion mortelle de leurs nouveaux systèmes.
Quant à cette doctrine de dépravation et à ces systèmes, tout le monde sait déjà qu'ils ont pour but principal de répandre dans le peuple, en abusant des mots de liberté et d'égalité, les pernicieuses inventions du Communisme et du Socialisme. Il est constant que les chefs soit du Communisme, soit du Socialisme, tout en agissant par des méthodes et des moyens différents, ont le dessein commun de tenir en agitation continuelle et d'habituer peu à peu à des actes plus criminels les ouvriers et les hommes de condition inférieure, trompés par leur langage artificieux et séduits par la promesse d'un état de vie plus heureux. Ils comptent se servir ensuite de leur secours pour attaquer le pouvoir de toute autorité supérieure, pour piller, dilapider, envahir les propriétés de l'Eglise d'abord, et ensuite celles de tous les autres particuliers, pour violer enfin tous les droits divins et humains, amener la destruction du culte de Dieu et le bouleversement de tout ordre dans les sociétés civiles. Dans un si grand danger pour l'Italie, il est de votre devoir, vénérables Frères, de déployer toutes les forces du zèle pastoral pour faire comprendre, au peuple fidèle que, s'il se laisse entraîner à ces opinions et à ces enseignements pervers, il sera conduit à son malheur temporel et à sa perte éternelle.
Avertissez donc les fidèles confiés à vos soins qu'il est essentiel à la nature même de la société humaine que tous obéissent à l'autorité légitimement constituée dans cette société; et que rien ne peut être changé dans les préceptes du Seigneur, qui sont énoncés dans les Lettres sacrées sur ce sujet. Car il est écrit: « Soyez donc soumis pour l'amour de Dieu à toutes sortes de personnes, soit au roi comme au souverain; soit aux gouverneurs, comme à des hommes envoyés par lui pour punir les méchants et récompenser les bons. Car la volonté de Dieu est que par votre bonne volonté vous fermiez la bouche aux hommes ignorants et insensés; libres, non pour vous servir de votre liberté comme d'un voile de malice, mais pour agir en serviteurs de Dieu. » Et encore: « Que
« ribus subdita sit ; non est enim potestas riisi a Deo ; quce autem « sunt, a Deo ordinatas sunt ; itaque qui resistit potestati, Dei « ordination i resistit : qui autem resistunt, ipsi sibi damnationem « acquirunt » (Rom., xm, 1, seq. .
Sciant praeterea, esse pariter naturalis, atque adeo incommutabilis conditionis humanarum rerum, ut inter eos etiam, qui in sublimiori auctoritate non sunt, alii tamen aliis, sive ob diversas animi aut corporis dotes, sive ob divitias et externa hujusmodi bona prœvaleant : nec ullo libertatis et aequalitatis obtentu fieri unquam posse, ut aliéna bona vel jura invadere aut quomodo libet violare licitum sit. Perspicna hoc quoque in génère et passim inculcata extant in sacris Litteris divina praecepta, quibus nedum ab occupatione alienarum rerum, sed ab ipso etiam ejus desiderio districteprohibemur (Exodi, xx, 15, 17. — Deuteronomii, v, 19, 21).
Sed meminerint insuper pauperes et miseri quicumque homines quantum ipsi debeant catholicœ religioni, in qua intemerata viget et palam prœdicatur Christi doctrina; qui bénéficia in pauperes vel miseros collata perinde haberi a se declaravit, ac si facta sibi ipsi fuissent (Matthœi. xvm, 15 : xxv. 40. 45) : atque omnibus prœnuntiatam voluit peculiarem rationem. quamin die Judicii habiturus est de iisdem misericordiœ operibus, sive scilicet ad praemia aeternae vitae fidelibus tribuenda, qui illis vacaverint: sive ad illos, qui ea neglexerint, seterni ignis pœna mulctandos (Matthaei, xxv, 34, seq.).
Ex qua Christi Domini prœnuntiatione, aliisque illius circa divitiarum usum earumque pericula severissimis monitis (Matthœi, xix, 23, seq. — Lucœ, vi, -4; xvn. 22, seq. — Epist. Jacobi, v, 1, seq.), in Ecclesia catholica inviolate custoditis, factum porro est, ut pauperes et miseri apud catholicas gentes in longe mitiore, quam apud alias quaslibet, conditione versentur. Atque hi quidem in regionibus nostris uberiora adhuc subsidia obtinerent nisi plura instituta, quœ majorum pietate comparata fuerant ad ipsorum levamen, extincta nuper repetitis publicarum rerum commotionibus aut direpta fuissent. De reliquo pauperes nostri, Christo ipso docente meminerint, non esse cur tristes sint de conditione sua : quandoquidem in paupertate ipsa facilior eis parata via est ad obtinendam salutem, dummodo scilicetsuam indigentiam patienter sustineant, et non re tantum, sed spiritu pauperes sint. Ait enim : « Beati pauperes spiritu, quoniam ipsorum est regnum cœlorum ». (Matthaei, v, 3.)
Sciât etiam fidelis populus universus, veteres reges ethnicarum rerum praesidesmulto gravius frequentiusque abusos fuisse potestate sua ; atque hinc religioni nostrœ sanctissimaB in acceptis
toute âme soit soumise aux puissances supérieures; car il n'y a point de puissance qui ne soit de Dieu, et toutes les puissances existantes sont ordonnées de Dieu. Celui donc qui résiste aux puissances résiste à l'ordre de Dieu et ceux qui y résistent attirent sur eux la condamnation. »
Qu'ils sachent encore que, dans la condition des choses humaines, il est naturel et invariable que même entre ceux qui n'ont point une autorité plus élevée, les uns remportent sur les autres, soit par diverses qualités de l'esprit ou du corps, soit par des richesses ou d'autres biens extérieurs de cette sorte; et que jamais, sous aucun prétexte de liberté et d'égalité, il ne peut être licite d'envahir les biens ou les droits d'autrui, ni de les violer d'une façon quelconque. Les commandements divins sur ce sujet, qui sont Gravés çà et là dans les Livres saints, sont fort clairs, et nous défendent formellement de nous emparer du bien d'autrui, de le désirer même.
Que les pauvres surtout et les malheureux se rappellent combien ils doivent à la religion catholique, Elle garde vivante et intacte, elle prêche hautement la doctrine du Christ, et le Christ a déclaré qu'il regarderait comme fait à sa personne le bien fait aux pauvres et aux malheureux; il a* de plus annoncé d'avance et à tous le compte particulier qu'il demandera, au jour du jugement, sur les œuvres de miséricorde, soit pour récompenser de l'éternelle vie les fidèles qui auront accompli ces œuvres, soit pour punir de la peine du feu éternel ceux qui les auront négligées.
De cet avertissement du Christ Notre-Seigneur et des avis très sévères qu'il a donnés touchant l'usage des richesses et leurs dangers, avis conservés inviolablement dans l'Eglise catholique, il est résulté que la condition des pauvres et des malheureux est de beaucoup plus douce chez les nations catholiques que chez toutes les autres. Les indigents obtiendraient dans nos contrées des secours encore plus abondants si, au milieu des récentes commotions des affaires publiques, de nombreux établissements fondés par la piété de nos ancêtres pour les soulager n'avaient été détruits ou pillés. Au reste que nos pauvres se souviennent, d'après l'enseignement de Jésus-Christ lui-même, qu'ils ne doivent point s'attrister de leur condition: car la pauvreté même leur a préparé pour le salut un chemin plus facile, pourvu toutefois qu'ils supportent patiemment leur indigence, et qu'ils soient pauvres non seulement en réalité, mais encore en esprit. Car il est dit : « Heureux les pauvres en esprit; le royaume des cieux est à eux. »
Le peuple fidèle tout entier doit savoir aussi que les anciens rois des nations païennes et les chefs de leurs républiques ont abusé de leur
référendum esse cognoscat, si principes christianorum temporum gentium, aliosque in illis publicarum formidantes, religione admonente, judicium durissimam, quod his. qui prœsunt, fiet ; et destination peccantibus supplicium sempiternum, in quod potentes potenler tormenta patientur (Sapientiee, vi, 6, 7), justiori erga subjectos populos et clementiori regimine utuntur.
Agnoscant denique crediti vestris nostrisque curis fidèles, veram perfectamque hominum libertatem et œqualitatem in christianse legis custodia positam esse ; quandoquidem Deus omnipotens, qui fecit pusillum et magnum, et cui œqualiter cura est de omnibus (Sapientiae, vi, 8), non sùbtraket personam cujusguam (Actorum, xvn, 31), ac diem statuit in quo judicaturus est orbem in œquitate (Matthœi, xvi, 27), in suo Unigenito Christo Jesu, qui venturus est in gloria Patris sui cum angelis suis, et tune reddet unicuiqne secundum opéra ejus.
Quod si fidèles iidem paterna suorum pastorum monita et commemorata superius christianae legis mandata despicientes, a supradictis hodiernarum machinationum promotoribusdecipi se patiantur, et in perversa Socialismi et Communismi systemata conspirare cum illis voluerint, sciant, serioque considèrent, thesaurizare se sibimetipsis apud divinum Judicem thesauros vindictes in die irœ, nec quidquam interea ex conspiratione illatemporalis in populum utilitatis, sed nova potius miseriarum et calamitatum incrementa obventura. Non enim datum hominibus est, novas stabilire societates et communiones naturali humanarum rerum conditioni adversantes atque ideirco conspirationum hujusmodi, si per Italiam dilatarentur, non alius esse exitus posset, nisi ut hodierno publicarum rerum statu per mutuas civium contra cives aggressiones, usurpationes, caedes labefactato funditusque convulso, pauci tandem aliqui, multorum spoliis locupletati, summum in communi ruina dominatum arriperent.
Jam vero ad fidelem avertendum ab impiorum insidiis, et in professione custodiendum catholicae religionis, atque ad verœ virtutis opéra excitandum, magna, ut probe scitis, vis est in illorum vita et exemplo, qui divinis se ministeriis manciparunt. Verum, proh dolor! non defuere per Italiam aliqui, pauci illi quidem, viri ecclesiastici, qui ad Ecclesiae hostes transfugse non minimo illis ad fidèles decipiendos adjumento fuerunt. Sed vobis certe, venerabiles Fratres, novo illorum lapsus stimulo fuit, ut acriori in dies studio in cleri disciplinam advigiletis. Atque hic in futurum quoque tempus, pro eo ac debemus prospicere cupientes, temperare nobis non possumus, quin commendemus denuo, quod in prima nostra ad totius orbis episcopos Encyclica
a NO&TIS ET NOBISCUM », 8 DÉCEMBRE 1849 1G5
pouvoir beaucoup plus gravement et beaucoup plus souvent: par là il reconnaîtra que si les princes des temps chrétiens redoutent, à la voix de la religion, le jugement très sévère qui sera rendu sur ceux qui commandent, et l'éternel supplice destiné aux pécheurs, supplice dans lequel les puissants seront puissamment torturés, il en est redevable à cette sainte religion, et que ces princes conduisent les peuples qui leur sont soumis avec plus de justice et de douceur.
Les fidèles confiés à vos soins et aux nôtres doivent reconnaître enfin que la vraie et parfaite liberté, que l'égalité des hommes, ont été mises sous la garde de la loi chrétienne, puisque le Dieu tout-puissant, qui a fait le petit et le grand, et qui a un soin égal de tous, ne soustraira au jugement la personne de qui que ce soit, et n'aura égard à aucune grandeur : il a fixé le jour où il jugera l'univers dans sa justiceen Jésus- Christ, son Fils unique, qui doit venir dans la gloire de son Père avec ses anges, et qui rendra alors à chacun selon ses œuvres.
Si les fidèles, méprisant les avis paternels de leurs pasteurs et les préceptes de la loi chrétienne que nous venons de rappeler, se laissent tromper par les promoteurs des manœuvres actuelles, s'ils consentent à conspirer avec eux pour les systèmes pervers du Socialisme et du Communisme, qu'ils le sachent et le considèrent sérieusement : ils amasseront pour eux-mêmes auprès du divin Juge des trésors de vengeance au jour de la colère; et en attendant il ne sortira de cette conspiration aucun avantage temporel pour le peuple, mais bien plutôt un accroissement de misères et de calamités. Car il n'est pas donné aux hommes d'établir de nouvelles sociétés et des communautés opposées à la condition naturelle des choses humaines; et c'est pourquoi le résultat de pareilles conspirations, si elles s'étendaient en Italie, serait celui-ci : l'état actuel des choses publiques serait ébranlé et renversé de fond en comble par des luttes de citoyens contre citoyens, par des usurpations, par des meurtres, puis au milieu de la ruine commune quelques hommes enrichis des dépouilles du grand nombre saisiraient le pouvoir suprême.
Pour détourner le peuple fidèle des embûches des impies, pour le maintenir dans la profession de la religion catholique et l'exciter aux œuvres de la vraie vertu, l'exemple et la vie de ceux qui se sont voués au ^acré ministère a, vous le savez, une grande puissance. Mais, ô douleur! il s'est trouvé en Italie des ecclésiastiques, en petit nombre, il est vrai, qui ont passé dans les rangs des ennemis de l'Eglise, et ne les ont pas peu aidés à tromper les fidèles, Pour vous, vénérables Frères, la chute de ces hommes a été un nouvel aiguillon ; il vous excite à veiller avec un zèle de plus en plus actif à maintenir la discipline du clergé. Et ici, voulant, suivant notre devoir, prendre des mesures préservatrices pour l'avenir, nous ne pouvons nous empêcher de vous recommander de nouveau un point sur lequel nous avons déjà insisté dans notre première Lettre
Epistola inculcavimus (novembris 1846.), nempe ut nemini cito manus imponatis (I Timoth., v, 22), sed in ecclesiasticae militiœ delectu majorerai usque diligentiam adhibeatis. De iis preesertim, qui sacris ordinibus initiari desiderent, inquirere et diu multumque investigare opus est, num ea doctrina gravitate morum et divini cultus studio commendentur, ut certa spes afifulgeat fore, ut tanquam lucernae ardentes in domo Domini eorum vivendi ratione atque opéra œdificationem et spiritualem vestro gregi utilitatem affere queant.
Quoniam vero ex monasteriis recte administrais ingens in Ecclesia Dei splendor atque utilitas dimanat, et regularis etiam clerus adjutricem vobis in procuranda animarum salute operam navat, vobis ipsis, venerabiles Fratres, in mandatis damus, primum quidem ut religiosas familias cujusque diœcesis nostro nomine certiores faciatis, nobis peculiares œrumnas ingemiscentibus, quas multœ illarum in recenti calamitoso tempore perpessœ sunt, non levi interea consolationi fuisse animorum patientiam, atque in virtutis et religionis studio constantiam, quibus plurimi ex religiosis hominibus ad exemplum se commendarunt : et si aliqui non defuerint, qui suae professionis obliti cum magno bonorum scandalo, et nostro fratrumque suorum dolore turpissime prœvaricati sunt : deinde vero, ut prœsides earumdem îamiliarum, et superiores, ubi opus fuerit, illarum moderatores nostris verbis adhortemini, ut pro sui officii debito, nulli parcant curœ atque industrise, quo regularis disciplina, ubi servatur, magis in dies vigeat et floreat, ubi vero detrimentum aliquod passa fuerit, omnino reviviscat et redintegretur. Moneant instanter iidem praesides, arguant, increpent religiosos illarum alumnos, ut serio considérantes quibus se votis Deo obtrinxerunt, illa diligenter reddere studeant, suique instituti régulas inviolate custodiant, et mortificationem Jesu in suo corpore circumferentes ab iis omnibus abstineant, quœ propriœ vocationi adversantur, et operibus instent, quœ caritatem Dei ac proximi, perfectœque virtutis studium prae se ferant. Caveant prœsertim supradicti ordinum moderatores, ne ulli ad religiosa institula aditum faciant, nisi cujus antea vitam, mores atque indolem accuratissime expenderint; ac deinde illos tan tu m ad religiosam professionem admittant, qui tyrocinio rite posito ea dederinf verœ vocationis signa, ut judicari.merito possit, ipsos non alia de causa religiosam vitam amplecti. nisi ut Deo unice vivant, et suam atque aliorum salutem pro cujusque instituti ratione procurare possint. Super his autem deliberatum fixumque nobis est, utea omnino serventur, quœ ad religiosarum familiarum bonum statuta prœscriptaque sunt in d a nostra Congregatione
Encyclique aux évoques de tout l'univers : nous vous rappelons de n'imposer jamais légèrement les mains à personne et d'apporter le soin le plus attentif au choix de la milice ecclésiastique. Il faut une longue recherche, une minutieuse investigation au sujet surtout de ceux qui désirent entrer dans les ordres sacrés ; il faut vous assurer qu'ils se recommandent par la science, par la gravité des mœurs et par le zèle du culte divin, de façon à donner l'espoir certain que, semblables à des lampes ardentes dans la maison du Seigneur, ils pourront par leur conduite et par leurs œuvres procurer à votre troupeau l'édification et l'utilité spirituelles.
L'Eglise de Dieu retire des monastères, lorsqu'ils sont bien conduits, une immense utilité et une grande gloire, et le clergé régulier vous porte à vous-mêmes, dans votre travail pour le salut des âmes, un secours précieux. C'est pourquoi nous vous demandons, vénérables Frères, d'abord d'assurer de notre part aux familles religieuses de charnu de vos diocèses, qu'au milieu de tant de douleurs nous avons particulièrement ressenti les maux que plusieurs d'entre elles ont eu à souffrir dans ces derniers temps, et que la courageuse patience, la constance dans l'amour de la vertu et de la religion, dont un grand nombre de religieux ont donné l'exemple, a été pour nous une source de consolations d'autant plus vives qu'on en a vu d'autres, oubliant la sainteté de leur profession, au grand scandale des gens de bien, et remplissant d'amertume notre cœur et le cœur de leurs frères, prévariquer honteusement. En second lieu, vous aurez soin d'exhorter en notre nom les chefs de ces familles religieuses, et, quand cela sera nécessaire, les premiers supérieurs, à ne rien négliger des devoirs de leur charge pour rendre la discipline de plus en plus régulière là où elle s'est maintenue vigoureuse et florissante, et pour la rétablir dans toute son intégrité et toute sa force là où elle aurait reçu quelque atteinte. Ces supérieurs rappelleront sans cesse, et par les avertissements, et par les représentations, et par les reproches, aux religieux de leurs maisons qu'ils doivent sérieusement considérer par quels vœux ils se sont liés envers Dieu, s'appliquer à tenir ce qu'ils ont promis, garder inviolablement les règles de leur institut, et, portant dans leur corps la mortification de Jésus, s'abstenir de tout ce qui est incompatible avec leur vocation, se donner tout entiers aux œuvres qui entretiennent la charité envers Dieu, envers le prochain, et l'amour de la vertu parfaite. Que sur toutes choses les modérateurs de ces Ordres veillent à ce que l'entrée n'en soit ouverte à aucune personne qu'après un examen approfondi et scrupuleux de sa vie, de ses mœurs et de son caractère; que personne n'y. puisse être admis à la profession religieuse qu'après avoir donné, dans un noviciat fait selon les règles, des preuves d'une véritable vocation, de telle sorte qu'on puisse à bon droit présumer que le novice n'embrasse la vie religieuse que pour vivre uniquement en Dieu et travailler, selon la règle de son institut, à son salut et au salut du prochain. Sur ce point, nous voulons-et entendons que l'on observe tout ce qui a été statué et prescrit, pour le bien des familles religieuses, dans les décrets publiés le
super statu Regularium die 25 januarii superiori anno editis, et Apostolica Dostra auctoritate sancitis.
Post hœc ad saecularis cleri delectum revccato sermone. commendatam in primis volumus fraternitatibus vestris instructionem et educationem minorum clericorum, quandoquidem idonei Ecclesiae ministri vix aliter haberi possunt, quam ex illis, qui ab adolescentia et prima œtate ad sacra eadem officia rite informati fuerint. Pergite igitur, venerabilesFratres, omnem impendere industriam atque operam, quo sacras militise tyrones a teneris annis, quoad ejusfieri poterit, in ecclesiastica seminaria recipiantur, atque inibi, tanquam novellae plantationes succrescentes in circuitu tabernaculi Domini, advitee innocentiam,religionem, modestiam, et ecclesiasticum spiritum conformentur, simulque litteras, et minores, majoresque disciplinas, prœsertim sacras addiscant a selectissimis magistris, qui scilicet doctrinam sectentur ab omni cujusque erroris periculo alienam.
Quoniam vero haud facile vobis continget minorum omnium clericorum eruditionem in seminariis perficere, etcaeteros etiam ex laicorum ordine adolescentes ad pastoralem vestram sollicitudinem pertinere non est dubium, excubate insuper, venerabilesFratres, aliis omnibus publicisprivatisque scholis, et quantum in vobis est omni ope atque industria adnitimini, ut tota in illis studiorum ratio ad catholicae "doctrinae normam exigatur, et conveniens in illas juventus ab idcneis et probitate ac religione spectatis magistris ad veram virtutem, bonasque artes ac disciplinas instituta, opportunis muniatur prœsidiis quibus structas sibi ab impiis insidias agncscat, et exitiales eorumdem errores devitet, atque ita sibi et christianse ac civili reipublicae ornamento et utilitati esse possit.
Eo autem in génère praecipuam vobis planeque liberam auctoritatem et curam vindicabitis super professoribus sacrarum disciplinarum, et in reliquis cmnibus quae Religionis sunt, aut Religionem proxime attingunt. Advignate. ui jn tota quidem scholarum ratione, sed in his maxime quœ Religionis sunt, libri adhibeantur ab erroris cujusque suspicione immunes. Commonete animarum curatores, ut seduli vobis adjutores sint in iis, quae scholas respiciunt infantium et juvenum primœ œtatis ; quo destinentur ad illas magistri et magistrœ prcbatissimœ honestatis, et in pueris autpuellis ad christianœ fidei rudimenta instituendis libri adhibeantur a sancta hac Sede probati. Qua in re dubitare non possumus, quin parochi ipsi exemplo illis sint, et vobis sedulo instantibus, in pueros ad christianae doctrinaB primordia instruendos quotidie magis incumbant, eamque instructionem ad graviores sui muneris partes omnino pertinere memi-
a NOSTIS ET NOBISCUM », 8 DÉCEMBRE 1849 i GO
25 janvier de l'année dernière, par notre Congrégation des réguliers, décrets revêtus de la sanction de notre autorité Apostolique.
Revenons au choix du clergé séculier. Nous tenons premièrement à recommander à votre fraternité l'instruction et l'éducation des clercs mineurs; car l'Eglise ne peut guère espérer trouver de dignes ministres que parmi ceux qui, dès leur jeunesse et leur premier âge, ont été, suivant les règles prescrites, formés au ministère sacré. Continuez donc, vénérables Frères, à user de toutes vos ressources, à faire tous vos efforts pour que les recrues de la milice sacrée soient autant que possible reçues dans les séminaires ecclésiastiques dès leurs plus jeunes ans, et pour que, rangés autour du tabernacle du Seigneur, elles grandissent et croissent comme une plantation nouvelle dans l'innocence de la vie, la religion, la modestie, l'esprit ecclésiastique, apprenant en même temps, de maîtres choisis dont la doctrine soit pleinement exempte de tout péril d'erreur, les lettres, les sciences élémentaires et les hautes sciences, mais surtout les lettres et les sciences sacrées.
Mais, comme vous ne pourrez 'que difficilement compléter l'instruction de tous les clercs mineurs dans les séminaires ; comme d'ailleurs les jeunes gens de l'ordre laïque doivent assurément être aussi l'objet de votre sollicitude pastorale, veillez également, vénérables Frères, sur toutes les autres écoles publiques et privées, et, autant qu'il est en vous, mettez vos soins, employez votre influence, faites vos etforts, pour que dans ces écoles les études soient en tout conformes à la règle de la doctrine catholique ; pour que la jeunesse qui s'y trouve réunie soit formée à la vertu, aux lettres, aux sciences et aux arts par des maîtres recommandables sous le rapport de la religion et des mœurs; pour qu'elle soit convenablement préparée à reconnaître les pièges tendus par les impies, à éviter leurs funestes erreurs, à servir utilement et avec gloire la société chrétienne et la société civile.
C'est pourquoi vous revendiquerez la principale autorité, une autorité pleinement libre, sur les professeurs des sciences sacrées et sur toutes les choses qui sont de la religion ou qui y touchent de près. Veillez à ce qu'en rien ni pour rien, mais surtout en ce qui touche les choses de la religion, on n'emploie dans les écoles que des livres exempts de tout soupçon d'erreur. Avertissez ceux qui ont charge d'âmes d'être vos coopérât eurs vigilants en tout ce qui concerne les écoles des enfants et du premier âge. Que les écoles ne soient confiées qu'à des maîtres et à des maîtresses d'une honnêteté éprouvée, et que, pour enseigner les éléments de la foi chrétienne aux petits garçons et aux petites filles, on ne se serve que de livres approuvés par le Saint-Siège. Sur ce point, nous ne pouvons douter que les curés ne soient les premiers à donner l'exemple, et que pressés par vos incessantes exhortations, ils ne s'appliquent chaque jour davantage à instruire les enfants des éléments de la doctrine chrétienne, se souvenant que c'est là un des devoirs les plus graves delà
nerint (Trident., sess. xxiv, c. 4. — Bened. XIV, Gonst., Etsi minime, 7 febr. 1742). Iidem vero admonendi erunt, ut in suis sive ad pueros, sive ad reliquam plebem instructionibus habere ob ocuios non omittant Catechismum Romanum, quem ex decreto Tridcntini Concilii et S. Pii Y, immortalis mémorise decessoris nostri, jussu editum, alii porro Summi Pontifices, ac nominatira fel. record. Glemens XIII cunctis animarum pastoribus denuo commendatum voluit, tanquam « adpravarum opinionum fraudes removendas, et veram sanamque doctrinam propagandam stabilitandamque opportunissimum subsidium » (In Encyclicis Litteris ea de re ad omnes Episcopos datis 14 junii 1761).
Haud sane mirabimini. venerabiles Fratres, si de his fusiori aliquantulum calamoscripsimus. Enim vero prudentiam vestram minime fugit periculoso hoc tempore vobis nobisque ipsis omni industria atque opéra, ac magna animi firmitate connitendum et invigilandum esse in illis omnibus, quee scholas et puerorum ac juvenum utriusque sexus instructionem et educationem attingunt. Nostis enim, hodiernos Religionis humanœque societatis inimicos, diabolico plane spiritu. in id suas omnes artes conferre, ut juvéniles mentes et corda a prima ipsa cetate pervertant. Idcirco etiam nihil intentatum, nihil prorsus inausum relinquunt, ut scholas et instituta quœlibet juventutis educationi destinata ab Ecclesiae auctoritate et a sacrorum Pastorum vigilant i a omni ex parte subducant.
Juxta hœc firma spe sustentamur fore, ut carissimi in Christo filii nostri omnes Italise principes fraternitatibus vestris potenti patrocinio suo adfuturi sint, quo in supradictis omnibus muneri vestro uberius satisfacere valeatis; nec dubitamus, quin iidem ipsi Ecclesiam et omnia tam spiritualia quam temporalia ejus jura tueri vellint. Id quidem religioni congruum est, aviteeque pietati, qua se in exemplumanimatosostendunt. Ulorum quoqne sapientiam non latet. initia malorum omnium, quibus tantopere aflligimur. a detrimentis repetenda esse, quae Religioni Ecclesiœque Catholicœjamdiu, prœsertim vero aProtestantium œtate, irrogata fuerant. Perspiciuni, scilicet, ex depressa sœpius sacrorum Antistitum auctoritate, et ex crescente in dies multorum contumaciaindivinis etecclesiasticisprœceptisimpune violandis, factum fuisse, ut minueretur pariter populi obsequium erga civilem potestatem, et hodiernis publicœ tranquillitatis inimicis planior inde pateret via ad seditiones contra principem commuvendas. Perspiciunt etiam, ex occupatis non raro, direptisque. ac palam divenditis temporalibus bonis ad Ecclesiam legitimo proprietatis jure spectantibus. eontigisse, ut decrescente in populis reverenlia erga proprietates religionis destinatione con-
charge qui leur est confiée. Vous devrez de même leur rappeler que dans leurs instructions soit aux enfants, soit au peuple, ils ne doivent jamais perdre de vue le Catéchisme Romain, publié conformément au décret du Concile de Trente, par l'ordre de saint Pie V, notre prédécesseur d'immortelle mémoire, et recommandé à tous les pasteurs des Ames par d'autres Souverains Pontifes, notamment par Clément XIII, comme « un secours on ne peut plus propre à repousser les fraudes des opinions perverses, à propager et à établir d'une manière solide la véritable et saine doctrine ».
Vous ne vous étonnerez pas, vénérables Frères, si nous vous parlons un peu longuement sur ce sujet. Votre prudence, assurément, a reconnu qu'en ces temps périlleux nous devons, vous et nous, faire les plus grands efforts, employer tous les moyens, lutter avec une constance inébranlable, déployer une vigilance continuelle pour tout ce qui touche aux écoles, à l'instruction et à l'éducation des enfants et des jeunes gens de l'un et de l'autre sexe. Vous savez que, de nos jours, les ennemis de la religion et de la société humaine, poussés par un esprit vraiment diabolique, s'attachent à pervertir de toutes les manières le cœur et l'intelligence des jeunes gens dès le premier âge. C'est pourquoi, il n'y a pas de moyen qu'ils ne mettent en œuvre, il n'y a pas d'entreprise audacieuse qu'ils ne tentent pour* soustraire entièrement à l'autorité de l'Eglise et à la vigilance des pasteurs sacrés, les écoles et tout établissement destiné à l'éducation de la jeunesse.
Nous avons donc la ferme espérance que nos très chers fils en Jésus- Christ, tous les princes de l'Italie aideront votre fraternité de leur puissant patronage, à remplir avec plus de fruit les devoirs de votre charge (jue nous venons de rappeler. Nous ne doutons pas non plus qu'ils n'aient la volonté de protéger l'Eglise et tous ses droits, soit spirituels, soit temporels ; rien n'est plus conforme à la religion et à la piété qu'ils ont héritée de leurs ancêtres et dont ils se montrent animés ; il ne peut, d'ailleurs, échapper à leur sagesse que la cause première de tous les maux dont nous sommes accablés n'est autre que le mal fait à la religion et à l'Eglise catholique dans les temps antérieurs, mais surtout a l'époque où parurent les protestants. Ils voient, par exemple, que le mépris croissant de l'autorité des évêques,que les violations chaque jour plus multipliées et impunies des préceptes divins et ecclésiastiques, ont diminué dans une proportion analogue le respect du peuple pour la puissance civile, et ouvert aux ennemis actuels de la tranquillité publique une voie plus large aux révoltes et aux séditions. Ils voient que le spectacle souvent renouvelé des biens temporels de l'Eglise envahis, partagés, vendus publiquement, quoiqu'ils lui appartiennent en vertu d'un droit légitime de propriété, et que l'affaiblissement, au sein des peuples, du sentiment de respect pour les propriétés consacrées par une destination religïeuèc,
secratas, multi hinc faciliores prœberent aures audacissimis novi Socialismi et Communismi assertoribus, qui alias pari ter aliorum proprietates occupari acdispertiriaut alia quavisratione in omnium usum converti posse comminiscuntur. Perspiciunt insuper recidisse paulatim in civilem potestatem impedimenta illa. quse jam diu multiplici fraude comparata fuerant ad cohibendos Ecclesise Pastores, ne sacra sua auctoritate uti linere possent. Perspiciunt denique calamitatum, quibus urgemur, nullum aliud inveniri posse promptius et majoris virtutis remedium, quam ut refloreat in tota Italia splendor Religionis Ecclesiœque Catholicee, in qua diversis hominum conditionibus et indigentiisopportunissimaprœsto esse praesidianon estdubium.
Siquidem (verbis utimur S. Augustini) : « Catholica Ecclesia non solum ipsum Deum, sed etiam proximi dilectionem atque caritatem ita complectitur, ut omnium morborum, quibus pro peccatis suis animae œgrotant, omnis apud illam medicinam preepolleat. Ipsa pueriliter pueros, fortiter juvenes, quiète senes prout cujusque non corporis tantum,sed animi œtas est, exercet et docet. Ipsa feminas viris suis non ad explendam libidinem, sed ad propagandam sobolem, et ad rei familiaris societatem casta et fideli obedientia subjicit; et viros conjugibus non ad illudendum imbeciliorem sexum, sed sinceri amoris legibuspraeficit. Ipsa parentibus filios libéra quadam servitute subjungit, parentes filiis pia dominatione prœponit. Ipsi fratribus fratres Religionis vinculo lirmiore atque arctiore, quam sanguinis, nectit, omnemque generis propinquitatem et affinitatis necessitudinem, servatis naturae voluntatisque nexibus, mutua caritate constringit. Ipsa dominis servos non tam conditionis necessitate, quam officii delectatione docet adhaerere; et dominos servis, summi Dei, communis Domini, consideratione placabiles, et ad consulendum magis, quam coercendum propensiores facit. Ipsa cives civibus, gentes gentibus, et prorsus homines primorum parentum recordatione non societate tantum, sed quadam etiam iïaternitate conjungit. Docet reges prospicere populis, monet populos se subdere regibus. Quibus honor debeatur, quibus affectus, quibus reverentia, quibus timor, quibus consolatio, quibus exbortatio, quibus disciplina, quibus objurgatio, quibus supplicium, sedulo docet, ostendens quemadmodum et non omnibus omnia, et omnibus caritas, et nulli debeatur injuria » (S. Augustinus. de Moribus Cathol. Ecclesiœ lib. i).
Nostrum igitur vestrumquc est, venerabiles Fratres, ut nulli parcentes labori, nulla unquam difficultate deterriti, toto pastoralis studii robore tueamur in Italis populis cultum catholicae Religionis, et non solum obsistamus alacriter impiorum cona-
ont eu pour effet de rendre un grand nombre d'hommes plus accessibles aux assertions audacieuses du nouveau Socialisme et du Communisme, enseignant que l'on peut de même s'emparer des autres propriétés et les partager ou les transformer de toute autre manière pour l'usage de tous. Ils voient de plus retomber peu à peu sur la puissance civile toutes les entraves multipliées jadis avec tant de persévérance pour empêcher les pasteurs de l'Eglise d'user librement de leur autorité sacrée. Ils voient enfin qu'au milieu des calamités qui nous pressent il est impossible de trouver un remède d'un effet plus prompt et d'une plus grande efficacité que la religion et l'Eglise catholique refleurissant et reprenant sa splendeur dans toute l'Italie; car elle possède, on n'en saurait douter, les moyens les plus propres à secourir l'homme dans toutes les conditions et dans tous les besoins.
En effet, pour employer ici les paroles de saint Augustin : a L'Eglise catholique embrasse dans son amour et dans sa charité, non seulement Dieu lui-même, mais encore le prochain ; et dans ses mains se trouvent tous les remèdes à toutes les maladies qu'éprouvent les âmes par suite de leurs péchés. Elle exerce et enseigne les enfants en se faisant enfant, les jeunes gens avec force, les vieillards avec granité, chacun, en un mot, selon que l'exige l'Age, non pas seulement du corps, mais encore de l'urne. Elle soumet la femme à son mari par une chaste et fidèle obéissance, non pour assouvir le libertinage, mais pour propager la race humaine et conserver la société domestique. Elle met ainsi le mari audessus de la femme, non pour qu'il se joue de ce sexe plus faible, mais afin qu'ils obéissent tous deux aux lois d'un sincère amour. Elle assujétit les fils à leurs parents dans une sorte de servitude libre, et l'autorité qu'elle donne aux parents sur leurs enfants est une sorte de domination compatissante. Elle unit les frères aux frères par un lien de religion plus fort, plus étroit que le lien du sang; elle resserre tous les nœuds de parenté et d'alliance par une charité mutuelle qui respecte l'union de la nature et celle qu'ont formée les volontés diverses. Elle apprend aux serviteurs à s'attacher à leurs maîtres, non pas tant à cause des nécessités de leur condition que par l'attrait du devoir; elle rend les maîtres doux à leurs serviteurs par la pensée du Maître commun, le Dieu suprême, et leur fait préférer les voies de la persuasion aux voies de la contrainte. Elle unit les citoyens aux citoyens, les nations aux nations, et tous les hommes entre eux, non seulement par le lien social, mais encore par une sorte de fraternité, fruit du souvenir de nos premiers parents. Elle enseigne aux rois à avoir toujours en vue le bien de leurs peuples ; elle avertit les peuples de se soumettre aux rois. Elle apprend a tous, avec une sollicitude une r:en ne iasse, à qui est dû l'honneur, à qui l'affection, à qui le respect, à qui la crainte, à qui la consolation, à qui l'avertissement, à qui l'exhortation, à qui la discipline, à qui la réprimande, à qui le supplice, montrant comment toutes choses ne sont pas dues à tous, mais qu'à tous est due la charité et à personne l'injustice. »
C'est donc notre devoir et le vôtre, vénérables Frères, de ne reculer devant aucun labeur, d'affronter toutes les difficultés, d'employer toute la force de notre zèle pastoral pour protéger chez les peuples italiens le culte de la religion catholique, non seulement en nous opposant éner-
tibus, qui Italiam ipsam ab Ecclesiae sinu evellere commoliuntur, sed etiam dégénères illos Italiae filios^.qui jam eorumdem artibus seduci se passi fuerint, ad salutis viam revocare annitamur.
Verumtamen, cum omne datum optimum et omne donum perfectum desursum descendat, adeamus cumfiducia ad thronum gratiee, venerabiles Fratres, et cœlestem luminum et misericordiarum Patrem publicis privatisque precibus orare suppliciter atque obsecrare non intermittamus, ut per mérita Unigeniti Filii sui Domini Nostri Jesu Christi, avertens faciem suam a peccatis nostris, omnium mentes et corda virtute gratiae suœ propitius illustret, ac rebelles quoque ad se compellens voluntates, Ecclesiam sanctam novis victoriîs et triumphis amplificet; quo in tota Italia, imo et ubique terrarum, merito pariter ac numéro populus ei serviens augeatur. Invocemus etiam sanctissimam Dei Genitricem, immaculatam Virginem Mariam, quœ prsevalido apud Deum patrocinio suo quod quaerit invenit, et frustrari non potest, atque una Pefrum Apostolorum Principem et Coapostolum ejus Paulum, omnesque Sanctos cœlites, ut clementissimus Dominus, eorum intervenientibus precibus, flagella iracundise suœ a fidelibus populisavertat ; etcunctis, qui christiana professione censentur, tribuat propitius per gratiam suam et illa respuere, quœ huic inimica sunt nomini, et ea quae sunt apta sectari.
Demum, venerabiles Fratres, nostree in vos studiosissimae voluntatis testem accipite ApostolicamBenedictionem,quamintimo cordis afîectu, vobis ipsis, et clericis, laicisque fidelibus vigilantiœ vestrae concreditis peramanter impertimur.
Datum Neapoii in suburbano Portici, die vin decembris Anni 3idcccxlix, Pontificatus nostri anno quarto.
PIUS PP. IX
giquement aux efforts des impies qui trament le complot d'arracher notre patrie ••Ile-même au sein de l'Eglise, mais encore en travaillant puissamment à ramener dans la voie du salut ces fils dégénérés de l'Italie, qui déjà ont eu la faiblesse de se laisser séduire.
Mais tout bien excellent et tout don parfait vient d'en haut; approchons donc avec confiance du trône de la grâce, vénérables Frères, ne cessons pas de supplier, d'implorer, de conjurer par des prières publiques et particulières le Père céleste des lumières et des miséricordes: que, par les mérites de son Fils unique INotre-Seigneur Jésus-Christ, détournant sa face de nos péchés, il éclaire, dans sa clémence, tous les esprits et tous les cœurs par la vertu de sa grâce; que, domptant les volontés rebelles, il glorifie la sainte Eglise par de nouvelles victoires et de nouveaux triomphes, et que, dans toute l'Italie et par toute la terre, le peuple qui le sert croisse en nombre et en mérite. Invoquons aussi la très sainte Mère de Dieu, Marie, la Vierge immaculée, obtenant tout ce qu'elle demande par son tout-puissant patronage auprès de Dieu ; elle ne peut demander en vain. Invoquons avec elle Pierre, le prince des apôtres, Paul, son frère dans l'apostolat, et tous les Saints du ciel, afin que le Dieu très clément, apaisé par leurs prières, détourne des peuples fidèles les fléaux de sa colère, et accorde, dans sa bonté, à tous ceux qui portent le nom de chrétiens, de pouvoir par sa grâce rejeter tout ce qui est contraire à la sainteté de ce nom, et pratiquer tout ce qui lui est conforme.
Enfin, vénérables Frères, recevez, en témoignage de notre vive affection pour vous, la Bénédiction Apostolique que, du fond de notre cœur, nous donnons avec amour, à vous, au clergé, et aux fidèles laïques confiés à votre vigilance.
Donné à Naples, au faubourg de Portici, le 8 décembre 1849, de notre Pontificat l'an IV.
PIE IX, PAPE
SS. PII PP. IX
EPISTOLA ENCYCLICA
Venerabilibus fratribus, Patriarchis, Primatibus, Archiepiscopis et Episcopis universis gratiam et commanionem Sedis Apostolicœ habentibus.
PIUS PP. IX
Venerabiles Fratres, Salutem et Apostolicam Benedictionem.
Qui pluribus jam abhinc annis una vobiscum, venerabiles Fratres, episcopale munus plénum laboris, plénum sollicitudinis pro viribus obire, ac Dominici gregis partem curas nostrae commissam pascere nitebamur in montibus Israël, in rivis etpascuis uberrimis, ob mortem clarissimi prœdecessoris nostri Gregorii XVI, cujus certe memoriam atque illustria et gloriosa faeta aureis notis inscripta in Ecclesiae fastis semper admirabitur posteritas, prseter omnem opinionem cogitationemque nostram, arcano divinae Providentiae consilio, ad summum pontificatum, non sine maxima animi nostri perturbatione ac trepidatione evecti fuimus. Etenim si semper grave admodum et periculosum apostolici ministerii onusmerito esthabitum atque habendum, hisce quidem difficillimis christianaereipublicae temporibusvel maxime formidandum. Itaque infirmitatis nostrse probe conscii, et gravissima supremi apostolatus officia, in tanta prassertim rerum vicissitudine, considérantes tristitiae et lacrymis nos plane tradidissemus, nisi omnem spem poneremus in Deo salutari nostro, qui nunquam derelinquit speranles in eo, quique, ut potentise suae virtutem ostendat, ad suam regendam Ecclesiam infirmiora identidem adbibet, quo magis maaisque omnes cognoscant Deum ipsum esse, qui Ecclesiam aamirabia «ua providentia gubernat atque tuetur. Illa etiam consolatio nos vehementer sustentât, quod in animarum salute procuranda vos socios et adjutores habeamus, venerabiles Fratres, qui in sollicitudinis nostrae partem vocati, omni cura et studio ministerium vestrum implere, ac bonum certamen certare contenditis. Hinc ubi primum in sublimi ac Principis Apostolorum cathedra, licet immerentes, collocati in persona beati Pétri gravissimum munus ab ipso œterno pastorum Principe divinitus tributum accepimus pascendi
DE SA SAINTETÉ PIE IX
A tous nos vénérables Frères les Patriarches, les Primats, les Archevêques et Evêques en grâce et en communion avec le Siège Apostolique.
PIE IX, PAPE
VÉNÉRABLES FRERES
Salut et Bénédiction Apostolique.
Depuis plusieurs années nous tâchions, vénérables Frères, de remplir avec vous, selon nos forces, la charge si laborieuse et si pleine de sollicitude de l'épiscopat, et de paître sur les montagnes d'Israël, au milieu des eaux vives et des plus riches pâturages, la portion du troupeau du Seigneur confiée à nos soins, quand, par suite de la mort de notre très illustre prédécesseur, Grégoire XVI, dont la mémoire et les glorieuses actions, gravées en lettres d'or dans les fastes de l'Eglise, feront toujours l'admiration de la postérité, nous avons été, contre toute notre attente et par un impénétrable dessein de la divine Providence, élevé au souverain pontificat, mais ce n'est pas sans une très grande inquiétude d'esprit et une vive appréhension. En effet, si la charge du ministère apostolique a toujours été regardée avec raison et doit être regardée toujours comme fort grave et périlleuse, c'est surtout dans les conjonctures si difficiles où se trouve engagée la république chrétienne qu'elle est à redouter. Aussi, connaissant notre faiblesse et considérant les devoirs extrêmement importants de l'apostolat suprême, surtout dans des circonstances aussi fâcheuses, nous n'aurions pu que nous abandonner à la tristesse et aux larmes, si nous n'avions placé toute notre espérance dans le Dieu notre Sauveur, qui n'abandonne jamais ceux qui espèrent en lui, et qui, pour faire éclater la grandeur de sa puissance, emploie de temps en temps au gouvernement de l'Eglise les instruments les plus faibles, afin que tous connaissent de plus en plus que c'est lui-même, qui, par son admirable providence, gouverne et défend cette Eglise. Une autre consolation éminemment propre à nous soutenir, c'est de penser que, dans nos efforts pour le salut des âmes, nous vous avons pour aides et coopérateurs, vous, vénérables Frères, qui, appelés à partager notre sollicitude, vous appliquez avec tant de soin et de zèle à remplir votre ministère et à combattre avec courage. Aussi, du moment où, placé, sans mérite de notre part, sur cette chaire sublime du Prince des Apôtres, nous avons reçu du Prince éternel des pasteurs, dans la personne du bienheureux Pierre, la charge divinement établie et si importante de paître et de gouverner,
ac renendi non solum agnos, universum scilicet christianum populum, verum etiam oves, hoc est antistites, nihil certe nobis potius. nihil optabilius fuit, quam ut intimo caritatis affectuvos omnes alloqueremur. Quamobrem vixdum ex more institutoque decessorum nostrorum in nostra Lateranensi basilica summi pontificatus possessionem suscepimus, nulla interposita mora, has ad vos Litteras damus, ut exiraiam vestram excitemus pietatem, quo majore usque alacritate, vigilantia, contentione custodientes vigilias noctis super gregem curée vestrae commissum, atque episcopali robore et constantia adversus teterrimum humani generis hostem dimicantes, veluti boni milites Christi Jesu, strenue opponatis murum pro domo Israël.
rveminem vestrum latet, venerabiles Fratres, hac nostra deploranda œtate acerrimum acformidolosissimum contra eatholicam rem universam bellum ab iis hominibus conflari, qui nefaria inter se societate conjuncti, sanam non sustinentes doctrinam, atque a veritate auditum avertentes, omnigena opinionum portenta e tenebris eruere, eaque totis viribus exaggerare, atque in vulgus prodere et disseminare contendunt. Horrescimus quidem animo et acerbissimo dolore conficimur, cum omnia errorum monstra, et varias multiplicesque nocendi artes, insidias, machinationes mente recogitamus, quibus hi veritatis et lucis osores, et peritissimi fraudis artifices omne pietatis, justitiœ, honestatis studium in omnium animis restinguere, mores corrumpere, jura queeque divina et humana perturbare, eatholicam religionem civilemque societatem convellere, labefactare, imo, si fieri unquam posset, funditus evertere commoliuntur.
rs'oscitis enim, venerabiles Fratres, hos infensissimos christiani nominis hostes, cseco quodam insanientis impietatis impetu misère raptos eo opinandi temeritateprogredi, ut inauditaprorsus audacia « aperientes os suum in blasphemias ad Deum » (Apocalyp.,. xm, 6), palam pubhceque edocere non erubescant, commentitia esse, et hominum inventa sacrosancta nostrse religionis mysteria, catholicae Ecclesiae doctrinam humanœ societatis bono et commodis adversari, ac vel ipsum Christum et Deum ejurare non extimescant. Et quo facilius populis illudant, atque incautos preesertim et imperitos decipiant, et in errores secum abripiant, sibi unis prosperitatis vias notas esse comminiscuntur. sibique philosophorum nomen arrogare non dubitant, perinde quasi philosophia, quae tota in naturse veritate investiganda versatur, ea respuere debeat, quae supremus et clementissimus ipse totius naturse auctor Deus singulari beneficio et misericordia hominibus manifestare est dignatus, ut veram ipsi felicitatem et salutem assequantur. Hinc praepostero sane et fallacissimo
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non seulement les agneaux, ou tout le peuple chrétien, mais encore les brebis, ou les évoques, nous n'avons rien eu tant à cœur, que de vous faire entendre à tous l'expression de notre tendresse et de notre charité. C'est pourquoi, à peine avons-nous, selon l'usage de nos prédécesseurs, pris possession du suprême pontificat dans notre basilique de Latran, que nous vous adressons ces Lettres, pour exciter votre éminente piété à veiller nuit et jour sur le troupeau confié à vos soins, avec un redoublement de zèle et d'activité, à combattre avec une fermeté et une constance épiscopale contre le terrible ennemi du genre humain, et à former ainsi, comme de vaillants soldats de Jésus-Christ, un rempart inexpugnable pour la défense de la maison d'Israël.
INul d'entre vous n'ignore, vénérables Frères, que, dans ce siècle déplorable, une guerre furieuse et redoutable est déclarée au catholicisme. Unis entre eux par un pacte criminel, les ennemis de notre religion repoussent les saines doctrines, ils ferment l'oreille à la voix de la vérité, ils produisent au grand jour les opinions les plus funestes et font tous leurs efforts pour les répandre et les faire triompher dans le public. JNous sommes saisi d'horreur et pénétré de la douleur la plus vive* quand nous réfléchissons à tant de monstrueuses erreurs, à tant de moyens de nuire, tant d'artifices et de coupables manœuvres, dont se servent ces ennemis de la vérité et de la lumière; habiles dans l'art de tromper, ils veulent étouffer dans les esprits tout sentiment de piété, de justice et d'honnêteté, corrompre les mœurs, fouler aux pieds tous les droits divins et humains, ébranler la religion catholique et la société civile, les détruire même de fond en comble, s'il était possible.
Vous le savez en effet, vénérables Frères, ces implacables ennemis du nom chrétien, emportés par une aveugle fureur d'impiété, en sont venus à un degré inouï d'audace : « ouvrant leur bouche aux blasphèmes contre Dieu », ils ne rougissent pas d'enseigner hautement et publiquement que les augustes mystères de notre religion sont des erreurs et des inventions humaines, que la doctrine de l'Eglise catholique est opposée au bien et aux intérêts de la société; ils ne craignent même pas de renier le Christ et de renier Dieu. Pour mieux tromper les peuples, pour entraîner avec eux dans l'erreur les esprits inexpérimentés et sans science, ils feignent de connaître seuls les voies du bonheur; ils s'arrogent le titre de philosophes, comme si la philosophie, dont le propre est la recherche des Ç vérités naturelles, devait rejeter ce que Dieu lui-même, auteur suprême de la nature, a daigné, par un insigne bienfait de sa miséricorde, révéler aux hommes pour les conduire dans le chemin du bonheur et du salut.
argumentandi génère nunquam desinunt humanœ rationis vim et excellentiam appellare, extollere contra sanctissimam Ghristi iidem, atque audacissime blaterant, eam humanae refragari rationi. Quo certe nihil dementius, nihil magis impium, nihil contra ipsam rationem magis repugnans fingi, vel excogitari potest. Etsi enim fides sit supra rationem, nulla tamen vera dissensio nullumque dissidium inter ipsas inveniri unquam potest, cum ambae ab uno eodemque immutabilis œternœque veritatis fonte Deo Optimo Maximo oriantur, atque ita sibi mutuam opem ferant, ut recta ratio fidei veritatem demonstret,tueatur, defendat; fides vero rationem cognitione mirifice illustret, confirmet atque perficiat.
Neque minori certe fallacia, venerabiles Fratres, isti divinœ revelationis inimici, humanum progressum summis laudibus efîerentes, in catholicam religionem temerario plane acsacrilego ausu illum inducere vellent, perinde ac si ipsa religio non Dei, sed hominum opus esset aut philosophicum aliquod inventum, quod humanis modis perfici queat.Inistos tam misère délirantes percommode quidem cadit, quod Tertullianus sui temporis philosophas merito exprobrabat: « Qui stoicum, et platonicum, et dialecticum christianismumprotulerunt » (Tertull.,dePrœscript., cap. vin). At sane cum sanctissima nostra religio non ab humana ratione fuerit inventa, sed a Deo hominibus clementissime patefacta, tum quisque vel facile intelligit religionem ipsam ex ejusdem Dei loquentis auctoritate omnem suam vim acquirere, neque ab humana ratione deduci aut perfici unquam posse. Humana quidem ratio, ne in tanti momenti negotio decipiatur et erret. divinœ revelationis factumdiligenterinquiratoportet, ut certo sibi constet Deum esse locutum, ac Eidem, quemadmodum sapientissime docet Apostolusrationabileobsequiumexhibeat (Ad Rom. xni, 1). Quis enim ignorât vel ignorare potest omnem Deo loquenti fidem esse habendam, nihilque rationi ipsi magis consentaneum esse, quam iis acquiescerefirmiterqueadhaerere, quae a Deo, qui nec falli nec fallere potest, revelata esse constiterit?
Sed quam multa, quam mira, quam splendida prœsto sunt argumenta, quibus humana ratio luculentissime evinci omnino débet, divinam esse Ghristi religionem, et « omne dogmatum nostrorum principium radicem desuper ex cœlorum Domino accepisse » (S. Joan. Chrysost., homil. 1 in Isai.), ac propterea nihil fide nostra certius, nihil securius, nihil sanctius exstare, et quod firmioribus innitatur principiis. Hase scilicet fides, vitae magistra, salutis index, vitiorum omnium expultrix, ac virtutum fecunda parens et altrix, divini sui auctoriseteonsummato-
En violant ainsi toutes les règles du raisonnement, ils ne cessent d'en appeler à la puissance, à la supériorité de la raison humaine, et ils relèvent contre la foi sainte du Christ, qu'ils représentent audacieuscnicnt comme l'ennemie de cette raison. On ne saurait certainement rien imaginer de plus insensé, de plus impie, déplus contraire à la raison elle-même; car, quoique la foi soit au-dessus de la raison, il ne peut jamais exister entre elles aucune opposition, aucune contradiction réelle, parce que toutes deux émanent de Dieu même, source unique de l'immuable et éternelle vérité; et qu'ainsi elles doivent s'entr'aider, la droite raison démontrant, soutenant et défendant la vérité de la foi, et la foi affranchissant la raison de toutes les erreurs, l'éclairant, l'affermissant et la complétant par la connaissance des choses divines.
C'est avec la même perfidie, vénérables Frères, que ces ennemis de la révélation divine vantent sans mesure le progrès humain et voudraient, par un attentat téméraire et sacrilège, l'introduire dans la religion catholique, comme si cette religion était l'œuvre, non de Dieu, mais des hommes, ou une invention philosophique susceptible de perfectionnements humains. Sur ces malheureux en délire tombe directement le reproche adressé par Tertullien aux philosophes de son temps : « Ils ont inventé, disait-il, un christianisme stoïcien, platonicien et dialecticien. » En effet, notre très sainte religion n'a pas été inventée par la raison humaine, mais Dieu l'a fait connaître aux hommes dans son infinie clémence; chacun comprend donc sans peine qu'elle emprunte toute sa force à l'autorité de la parole de Dieu, et qu'elle ne peut être ni diminuée ni perfectionnée par la raison de l'homme. La raison humaine, il est vrai, pour n'être pas trompée dans une affaire de telle importance, doit examiner avec soin le fait de la révélation divine, afin d'être assurée que Dieu a parlé, et afin que sa soumission à sa parole divine soit raisonnable, comme l'enseigne l'Apôtre avec une grande sagesse. Qui ignore, en effet, qui peut ignorer que la parole de Dieu mérite une foi entière, et que rien n'est plus conforme à la raison que d'acquiescer et de s'attacher avec force à ce qu'a sûrement enseigné ce Dieu qui ne peut ni être trompé ni tromper?
Mais qu'elles sont nombreuses, qu'elles sont admirables, qu'elles sont éclatantes, les preuves qui doivent convaincre clairement la raison humaine que la religion du Christ est divine, « que toutes nos croyances ont leur principe et leur origine dans le Seigneur du ciel »,et qu'il n'y a rien de plus certain, rien de plus sûr, rien de plus saint, rien de mieux affermi que notre foi? Vraie maîtresse de la vie, guide sûr dans les voies du salut, victorieuse de tous les vices, mère et nourrice féconde des vertus,
ris Christi Jesu nativitate, vita, morte, resurrectione, sapientia, prodigiis, vaticinationibus confirmata, supernas doctrines luce undique refulgens, ac cœlestium divitiarum ditata thesauris, tôt prophetarum prœdictionibus, tôt miraculorum splendore, tôt martyrum constantia, tôt sanctorum gloria vel maxime clara et insignis, salutares proférées Christi leges5 ac majores in dies ex crudelissimis ipsis persecutionibus vires acquirens, universum orbem terra marique, a solis ortu usque ad occasum, uno crucis vexillo pervasit, atque idolorum protligata fallacia, errorum depulsacaligine, triumphatisque cujusquegenerishostibus, omnes populos, gentes^ nationes, utcumque immanitate barbaras, ac indole, moribus, legibus, institutis diversas divinae cognitionis lumine illustravit, atque suavissimo ipsius Christi jugo subjecit, annuntians omnibus pacem, annuntians bona. Quae certe omnia tanto divinae sapientiœ ac potentiae fulgore undique collucent, ut cujusque mens et cogitatio vel facile intelligat christianam fidem Dei opus esse. ïtaque humana ratio ex splendidissimis hisce, œque ac firmissimis argumentis clare aperteque cognoscens Deum ejusdem fidei auctorem existere, ulterius progredi nequit, sed quavis difficultate ac dubitatione penitus abjecta atque remota, omne eidem fidei obsequium preebeat oportet, cum pro certo habeat a Deo traditum esse quidquid fides ipsa hominibus credendum et agendum proponit. Atque hinc plane apparet in quanto errore illic etiam versentur, qui ratione abutentes, acDei eloquiatanquam humanum opus existimantes, proprio arbitrio illa explicare, interpretari temere audent, cum Deus ipse vivam constituent auctoritatem, quse verum legitimumque cœlestis suoe revelationis sensum doceret, constabiliret, omnesque controversias in rébus fidei et morum infallibili judicio dirimeret, ne fidèles circumferantur omni vento doctrinse in nequitia hominum ad circumventionem erroris. Quae quidem viva et infallibilis auctoritas in ea tantum viget Ecclesia, quae, a Christo Domino supra Petrum, totius Ecclesiae caput, principem et pastorem, cujus fidem nunquam defecturam promisit, œdificata, suos legitimos semper habet Pontifices sine intermissione ab ipso Petro ducentes originem, in ejus cathedra collocatos, et ejusdem etiam doctrinœ, diguitatis, honoris ac potestatis heredeset vindices. Et quoniam ubiPetrus, ibi Ecclesia (S. Ambros., in Psal. 40), ac Petrus per Romanum Pontificem loquitur (Concil. Chalced., Act. 2), et semper in suis successoribus vivit, et judicium exercet Synod. Eph»>s., Act. 3^, ac prœstat quœrentibus fidei veritatem (S. Petr. Chrysol., Ep;>t. ad Eutich.), idcirco divina eloquia eo plane sensu sunt accipienda, quem tenuit ac tenet haec Romana beatissimi Pétri ca-
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cette foi confirmée par la naissance, la vie, la mort, la résurrection, la sagesse, les prodiges, les prédictions de son divin auteur et consommateur Jésus-Christ, brille partout de la lumière d'une doctrine supérieure, elle est enrichie des trésors célestes, illustrée par les oracles de tant de prophètes-, par l'éclat de tant de prodiges, par la constance de tant de martyrs, par la gloire de tant de saints; de plus, portant de toutes parts les lois salutaires du Christ, et acquérant toujours de nouvelles forces au sein des plus cruelles persécutions, elle s'est répandue dans tout l'univers, du levant au couchant, armée du seul étendard de la croix; et foulant aux pieds les idoles, dissipant les ténèbres des erreurs, triomphant des ennemis de tout genre, elle a éclairé des lumières de la connaissance divine tous les peuples, les nations les plus barbares, les plus différentes de caractère, de mœurs, de lois et de coutumes; et leur annonçant à toutes la paix et le bonheur, elle les a soumises au joug si doux du Christ. Ces événements portent tellement l'empreinte de la sagesse et de la puissance divines, qu'il n'est pas d'esprit qui ne puisse aisément comprendre que la foi chrétienne est l'œuvre de Dieu. Aussi, convaincue par tant de preuves évidentes que Dieu est l'auteur de cette foi, la raison humaine ne doit pas s'élever plus haut; et méprisant les difficultés, repoussant tous les doutes, persuadée d'ailleurs que la foi ne propose rien à la croyance et à la pratique des hommes qu'elle ne l'ait reçu de Dieu, elle est obligée de s'y soumettre sans réserve.
On voit aussi par là combien est grande l'erreur de ceux qui, abusant de la raison, et traitant les oracles divins comme une œuvre de l'homme, osent les expliquer à leur gré et les interpréter témérairement : Dieu lui-même n'a-t-il pas établi une autorité vivante pour enseigner et maintenir le vrai et légitime sens de sa céleste révélation, et pour terminer par un jugement infaillible toutes les controverses en matière de foi et de mœurs, afin que les fidèles ne tournent pas à tout vent de doctrine, entraînés dans les pièges de l'erreur par la perversité des hommes? Or, cette autorité vivante et infaillible n'existe que dans cette Eglise que le Christ Notre-Seigneur a bâtie sur Pierre, chef, prince, pasteur de toute l'Eglise, et à la foi de qui il a promis de ne jamais défaillir. Aussi cette Eglise a-t-elle toujours eu depuis Pierre des Pontifes légitimes qui se sont succédé sans interruption sur sa chaire, héritiers et défenseurs de sa doctrine, de sa dignité, de son honneur et de sa puissance. Mais là où est Pierre, là est l'Eglise ; Pierre parle toujours par le Pontife Romain, toujours il vit dans ses successeurs ; par eux il juge, et offre la vérité de la foi à ceux qui la cherchent; il est donc nécessaire d'entendre les divers oracles dans le même sens qu'a retenu
thedra, quse, omnium Ecclesiarum mater et magistra (Concil. Trid., Sess. vu de Baptis.), fidem a Christo Domino traditam, integram inviolatamque semper servavit, eamque fidèles edocuit omnibus ostendens salutis semitam, et incorruptae veritatis doctrinam. Heec siquidem principalis Ecclesia, unde unitas sacerdotalis exorta (S. Cyprian., Epist. 55 ad Cornel. Pont.), hsec pietatis metropolis, in qua est intégra christianee religionis ac per~ fecta soliditas (Litter. Synod. Joan. Constantinop. ad Hormisd, Pontif.; et Sozom., Histor. lib. m, cap. 8), in qua semper Apostolicae cathedra? viguit principatus (S. August., Epist. 162). ad quam propter potiorem principalitatem necesse est omnem convenire Ecclesiam, hoc est qui sunt undique fidèles (S. Ireneeus, lib. m contra heereses, cap. 3), cum qua quicumquenoncolligit, spargit (S. Hieronym., Epist. ad Damas. Pontif.).
Nos igitur, qui inscrutabili Dei judicio in hac veritatis cathedra collocati sumus, egregiam vestram pietatem vehementer in Domino excitamus, venerabiles Fratres, ut omni sollicitudine et studio fidèles curae vestrae concreditos assidue monere, exhortari connitamini, ut hisce principiis firmiter adheerentes, nunquam se ab iis decipi et in errorem induci patiantur. qui abominabiles facti in studiis suis humani progressus obtentu fidem destruere, eamque rationi impie subjicere acDei eloquiainvertere contendunt, summamque Deo ipsi injuriam inferre non reformidant, qui coelesti sua religione hominum bono atque saluti clementissime consuiere est dignatus.
Jam vero probe noscitis. venerabiles Fratres, alia errorum monstra et fraudes, quibus hujus sœculi filii catholicam religionem, etdivinam Ecclesiee auctoritatem,ejusque legesacerrime oppugnare, et tum sacrée tum civilis potestatis jura conculcare conantur. Hue spectantnefariee molitionis contra hanc Romanam beatissimi Pétri cathedram, in qua Ghristus posuit inexpugnabile Ecclesiœ suse fundamentum. Hue clandestines illee sectoe e tenebris ad rei tum sacras tum publicae exitium et vastitatem emersœ, atque a Romanis Pontiflcibus decessoribus nostris iterato anathemate damnâtes suis Apostolicis Litteris (Clemens XII, Const. In eminenti; Bened. XIV, Constit. Providas; Pius VII, Ecclesiam a Jesu Christo ; Léo XII. Const. Quo graviora) quas nos apostolicee nostree potestatis plenitudine confirmamus, et diligentissime servari mandamus. Hoc volunt vaferrimae biblicœ societates, quee veterem heereticorum artem rénovantes, divinarum Scripturarum libros, contra sanctissimas Ecclesiee régulas, vulgaribus quibusque linguis translatos, ac perversis seepe explicationibusinterpretatos. maxime exemplarium numéro ingentique expensa omnibus cujusque generis hominibus etiam
et retient cette chaire romaine du bienheureux Pierre; mère et maîtresse de toutes les Eglises, elle a toujours conservé entière et inviolable, elle a enseigné aux fidèles la foi reçue du Christ Notre-Seigneur, montrant à tous le chemin du salut, et la A'érité sans corruption. Elle est cette Eglise principale d'où sort l'unité du sacerdoce; cette métropole de la piété, où se trouve la pleine et parfaite solidité de la religion chrétienne, où a toujours subsisté dans sa force la primauté de la chaire apostolique; où toute l'Eglise, c'est-à-dire tous les fidèles, quelque part qu'ils se trouvent, doivent recourir à cause de son incomparable autorité, et avec laquelle, enfin, quiconque refuse de recueillir ne fait que dissiper.
Placé par un impénétrable jugement de Dieu sur cette chaire de vérité, nous faisons dans le Seigneur de vives instances à votre éminente piété, vénérables Frères ; nous vous engageons à travailler de toute l'ardeur de votre zèle à instruire les fidèles confiés à vos soins ; excitezles à s'attacher à ces principes, à ne se laisser tromper ni entraîner dans l'erreur par ces hommes, qui, livrés à des passions détestables, et sous prétexte de favoriser le progrès humain, mettent tout en œuvre pour détruire la foi, la soumettre à la raison et pervertir la parole divine. Ils ne craignent pas d'outrager ainsi Dieu lui-même ; car, dans son infinie bonté, il a donné aux hommes sa religion céleste, comme un moyen de bonheur et de salut.
Vous connaissez bien aussi, vénérables Frères, les autres monstrueuses erreurs et les artifices qu'emploient les enfants de ce siècle pour faire une guerre si acharnée à la religion catholique, à la divine autorité de l'Eglise, à ses lois, et pour fouler aux pieds les droits de la puissance soit ecclésiastique, soit civile. Tel est le but des coupables manœuvres contre cette chaire romaine du bienheureux Pierre, sur laquelle le Christ a établi le fondement inexpugnable de son Eglise. Tel est le but de ces sociétés secrètes, sorties des ténèbres pour la ruine de la religion, des Etats, et déjà plusieurs fois frappées d'anathème par les Pontifes Romains, nos prédécesseurs, dans leurs Lettres Apostoliques; or, dans la plénitude de notre puissance apostolique, nous confirmons ces Lettres et nous voulons qu'elles soient observées avec un grand soin. Tel est le but de ces perfides sociétés bibliques qui renouvellent les anciens artifices des hérétiques et ne cessent de répandre, à un nombre immense d'exemplaires et à très grands frais, les livres des divines Ecritures traduits, contre les très saintes règles de l'Eglise, dans toutes les langues vulgaires, et souvent expliqués dans un sens pervers. Ces livres sont
rudioribus gratuito impertiri, obtrudere non cessant, ut divina traditione, Patrum doctrina, et catholicae Ecclesiee auctoritate rejecta, omnes eloquiaDominiprivato suo judicio interpretentur, eorumque sensum pervertant, atque ita in maximos elabantur errores. Quas societates suorum decessorum exempla semulans recol. mem. Gregorius XVI, in cujus locum, meritis licet imparibus, suffecti sumus, suis Apostolicis Litteris reprobavit (Gregor. XVI, in Litteris encyclicis ad omnes episcopos, quanim initium Inter prœcipuas machinationes) , et nos pariter damnatas esse volumus.
Hue spectat horrendum, ac vel ipsi naturali rationis lumini maxime repugnansde cujuslibet religionis indifferentiasvstema, quo isti veteratores, omni virtutis et vitii, veritatis et errons, honestatis etturpitudinis sublato discrimine, homines incujusvis religionis cultu aeternam salutem assequi posse comminiscuntur, perinde ac si ulla unquam esse posset participatio justitiae cum iniquitate, aut societas lucis ad tenebras, et conventio Christi ad Belial. Hue spectat fœdissima contra sacrum clericorum caelibatum conspiratio, quae a nonnullis etiam, proh dolor! ecclesiasticis viris fovetur, quipropriae dignitatis misère obliti. se voluptatum blanditiis et illecebris vinci et deliniri patiuntur; hue perversa in philosophicis preesertim disciplinis docendi ratio, quae improvidam juventutem miserandum in modum decipit, corrumpit, eique fel draconis in calice Babylonis propinat; hue infanda, aevel ipsi naturali juri maxime adversa de Communismo, uti vocant, doctrina, qua semel admissa, omnium jura, res, proprietates, ac vel ipsa humana societas funditus everterentur ; hue tenebricosissimaa eorum insidiœ, qui in vestitu ovium, cum intus sint lupi rapaces, mentita ac fraudulenta purioris pietatis, et severioris virtutis, ac disciplinas specie humiliter irrepunt, blande capiunt, molliter ligant, latenter occidunt, hominesque ab omni religionis cultu absterrent, et dominicas oves mactant atque discerpunt. Hue denique, ut cœtera, quae vobis apprime nota aeperspecta sunt, omittamus, teterrima tôt undique volantium et peccare docentium voluminum ac libellorum contagio, qui apte compositi, ac fallaciee et artificii pleni, immanibusque sumptibus per omnia loca in christianee plebis interitum dissipati, pestiferas doctrinas ubique disséminant, incautorum potissimum mentes animosque dépravant, et maxima religioni inferunt detrimenta.
£x hac undique serpentium errorum colluvie atque effrenata cogitandi, loquendi scribendique licentia mores in deterius prolapsi, sanctissima Christi spreta rcligio, divini cultus improbata majestas, hujus Apostolicae Sedis divexata potestas, Ecclesiae
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offerts gratuitement à toute sorte de personnes, même aux plus ignorants, afin que chacun rejetant la divine tradition, la doctrine des Pères et l'autorité de l'Eglise catholique, entende les oracles divins selon son jugement propre, en pervertisse le sens et tombe ainsi dans les plus grandes erreurs. Le Pontife de glorieuse mémoire à qui nous succédons, bien qu'inférieur en mérites, Grégoire XVI, suivant en cela l'exemple de ses prédécesseurs, a réprouvé ces sociétés par ses Lettres apostoliques ; nous voulons aussi qu'elles soient condamnées.
Tel est le but de cet épouvantable système d'indifférence pour toute religion, qui est absolument opposé aux lumières de la raison elle-même. Dans cet affreux système, les apôtres de l'erreur suppriment toute distinction entre la vertu et le vice, la vérité et l'erreur, l'honnêteté et la turpitude, et prétendent que les hommes peuvent obtenir le salut éternel dans quelque religion que ce soit, comme s'il pouvait jamais y avoir accord entre la justice et l'iniquité, entre la lumière et les ténèbres, entre le Christ etBélial. Tel est le but de cette infâme conjuration contre le célibat sacré des clercs ; ô douleur ! elle trouve faveur même auprès de quelques ecclésiastiques qui, misérablement oublieux de leur propre dignité, se laissent flatter et vaincre par les trompeurs attraits de la volupté. Tel est le but de cette manière perverse d'enseigner surtout les sciences philosophiques ; elle trompe déplorablement une jeunesse inexpérimentée, la corrompt et lui verse le fiel du dragon dans la coupe de Babylone. Tel est le but de l'exécrable doctrine dite du Communisme : totalement contraire au droit naturel lui-même, elle ne pourrait s'établir sans renverser de fond en comble tous les droits, les intérêts, la propriété, la société même. Tel est le but des menées profondément ténébreuses de ces hommes qui, cachant la rapacité des loups sous la peau des brebis, s'insinuent adroitement dans les esprits, les séduisent par les dehors d'une piété plus élevée, d'une vertu plus sévère, les enchaînent doucement, les tuent dans l'ombre, les détournent de toute pratique religieuse, égorgent et mettent en pièces les ouailles du Seigneur. C'est là, enfin, pour ne rien dire d'une foule d'autres choses qui vous sont assez connues, c'est là que tend cette effroyable contagion de livres et de brochures qui surgissent de toutes parts pour enseigner le mal : habilement écrits, pleins de fourberie et d'artifice, répandus en tous lieux et à grand frais pour la ruine du peuple chrétien, ces livres disséminent partout des doctrines empoisonnées, pervertissent les esprits et les cœurs, surtout des ignorants, et causent à la religion un mal immense.
Par suite de ce déluge général des erreurs, de cette licence effrénée dans les pensées, dans les discours et dans les écrits, les mœurs se perdent, la sainte religion du Christ est méprisée, la majesté du culte divin
oppugnata atque in lurpem servitutem redacta auctoritas, episcoporum jura conculcata, matrimonii sanctitas violata. cujusque potestatis regimen labefactatum, ac tôt alia tum christianae,tum civilis reipublicae damna, quae communibus lacrymis una vobiscum tlere cogimur, venerabiles Fratres.
In tanta igitur religionis, rerum ac temporum vicissitudine, de universi Dominici gregis salute nobis divinitus commissa vehementersolliciti,pro Apostolicinostri ministerio officionihilcerteinausum, nihilque intentatum relinquemus, quo cunctœ christianae familiœ bono totis viribus consulamus. Verum prœclaram quoque vestram pietatem, virtutem, prudentiam summopere in Domino excitamus, venerabiles Fratres, ut cœlesti opefreti unanobiscum Dei* ejusque sanctae Ecclesiae causam, pro loco, quem tenetis, pro dignitate, qua insigniti estis, impavide defendatis. Vobis acriter pugnandum esse intelligitis, cum minime ignoretis quibus quantisque intemerataCbristi Jesu Sponsa vulneribusafficiatur, quantoque acerrimorum hostium impetu divexetur.
Atque in primis optime noscitis, vestri muneris esse catholicam fidem episcopali robore tuerr, defendere, ac summa cura vigilare, ut grex vobis commissus in ea stabilis et immotus persistât, quam nisi quisque intégrant inviolatamque servaverit, absque dnbio in œternum peribit (ex symb. Quicumqué) . In hanc igitur fidem tuendam atque servandam pro pastorali vestra sollicitudine diligenter incumbite, neque unquam desinite omnes in ea instruere, confirmare nutantes, contradicentes arguere, infirmos in fide corroborare, nihil unquam omnino dissimulantes ac ferentes quod ejusdem fidei puritatem vel minimum violare posse videatur.
Neque minori firmitate in omnibus foveteunionem cum Catholica Ecclesia, extra quam nulla est salus, et obedientiam erga hanc Pétri cathedram, cui tanquam firmissimo fundamento tota sanctissimae nostrae religionis moles innititur. Pari vero constantia sanctissimas Ecclesiae leges custodiendas curate, quibus profecto virtus, religio, pietas summopere vigent et florent. Cum autem « magna sit pietas prodere latebras impiorum et ipsum in eis, cui serviunt, diabolum debellare » (S. Léo, Serm. vin, cap. 4), illud observantes monemus, ut omni ope et opéra multiformes inimicorum hominum insidias, fallacias, errores, fraudes, machinationes fideli populo detegere, eumque a pestiferis libris diligenter avertere atque assidue exhortari velitis, ut impiorum sectas et societates fugiens, tanquam a facie colubri, ea omnia studiosissime devitet, quae fidei , religionis morumque integritati adversantur. Qua de re nunquam omnino .^it, ut cessetis praedicare Evangelium, quo christiana plebs magis in dies
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condamnée, la puissance de ce siège apostolique offensée, l'autorité de l'Eglise attaquée et réduite à une honteuse servitude, les droits des évêques foulés aux pieds, la sainteté du mariage violée, tous les pouvoirs ébranlés. Ces maux et tant d'autres qui pèsent sur la société soit chrétienne soit civile, nous obligent, vénérables Frères, à confondre nos larmes avec les vôtres.
Dans des conjonctures aussi critiques pour la religion et pour tout, vivement frappé de l'obligation où nous sommes devant Dieu de veiller au salut de tout le troupeau du Seigneur, il n'y arien certainement dans le devoir de notre ministère apostolique que nous ne soyons disposé à oser et à entreprendre pour procurer, selon nos forces, le bien de toute la famille chrétienne. Mais nous faisons au nom du Seigneur un pressant appel à votre insigne piété, à votre courage, à votre prudence, vénérables Frères ; appuyés sur le secours du ciel, unissant vos efforts aux nôtres, défendez avec intrépidité la cause de Dieu et de sa sainte Eglise, selon le poste que vous occupez et la dignité dont vous êtes revêtus. Vous comprenez avec quelle générosité vous devez combattre, puisque vous voyez le nombre et la grandeur des blessures de l'Epouse sans tnche de Jésus-Christ, ainsi que la violence des assauts que lui livrent ses ennemis.
Et d'abord vous savez qu'il est de votre devoir de soutenir, de défendre avec toute la vigueur épiscopale la doctrine catholique, et de veiller avec le plus grand soin à ce que le troupeau qui vous est confié y demeure inébranlablement attaché ; puisque, « à moins de l'avoir conservée dans son intégrité et sa pureté, nul ne peut éviter la perte éternelle ». Tournez donc toute votre sollicitude pastorale vers le maintien et la conservation de celte foi, et ne cessez de l'enseigner à tous, d'affermir ceux qui chancellent, de reprendre ceux qui l'attaquent, de fortifier ceux qui s'y montrent faibles ; ne dissimulez, ne souffrez jamais rien de ce qui pourrait en altérer tant soit peu la pureté.
Il ne vous faut pas moins de fermeté pour entretenir dans tous l'union avec l'Eglise catholique, hors de laquelle il n'y a point de salut, et l'obéissance à cette chaire de Pierre, laquelle est comme le fondement inébranlable sur lequel repose tout l'édifice de notre sainte religion. Travaillez avec la même constance à faire observer les saintes lois de l'Eglise, éminemment propres à ranimer et à faire fleurir la vertu, la religion, la piété. Mais, comme « un des principaux devoirs de la piété est de démasquer les ténébreuses menées des impies, et combattre en eux le démon, dont ils se font les instruments », nous vous conjurons de mettre tout en œuvre pour découvrir au peuple fidèle les embûches, les fourberies, les erreurs, les artifices, les machinations si multipliées des hommes ennemis, et pour le détourner de la lecture de leurs écrits pestilentiels, exhortez-le assidûment à fuir, comme il ferait à la vue d'un serpent, les réunions et les sociétés des impies, à éviter avec le plus grand soin tout ce qui porterait atteinte à l'intégrité de la foi, de la religion et des mœurs.
Ne vous lassez donc jamais de prêcher l'Evangile, afin que le peuple chrétien, toujours plus pénétré des très saintes maximes de la loi chré-
sanctissimis christianœ legis prœceptionibus erudita crescat in scientia Dei, declinet a malo et faciat bonum atque ambulet in viis Domini. Et quoniam nostis vos pro Christo legatione fungi, qui se mitem et humilem corde est professus, quique non venit vocare justos, sed peccatores, relinquens nobis exemplum, ut sequamini vestigia ejus: quos in mandatis Domini delinquentes, atque a veritatis et justitiee semita aberrantes inveneritis, haud omittite eos in spiritu lenitatis et mansuetudinis paternis monitis et consiliis corripere atque arguere, observare, increpare in omni bonitate, patientia et doctrina, cum « sœpe plus erga corrigendos agat benevolentia, quam austeritas, plus exhortatio, quam comminatio, plus caritas, quam potestas » (Concil. Trid . , Sess. un, cap. 1 de Reform.). Ulud etiam totis viribus praestare contendite, venerabiles Fratres, ut fidèles caritatem sectentur, pacem inquirant, etquae caritatis et pacis sunt sedulo exequantur, quo cunctis dissensionibus, inimicitiis, eemulationibus, simultatibus penitus extinctis, omnes se mutua caritate diligant, atque in eodem sensu, in eadem sententia perfecti sint, et idem unanimes sentiant, idem dicant, idem sapiant in Christo Jesu Domino nostro. Debitam erga principes etpotestates obedientiam acsubjectionem christiano populo inculcare satagite, edocentes juxta Apostoli monitum (Rom., xm, 4, 2) non esse potestatem nisi a Deo, eosque Dei ordinationi resistere, adeoque sibi damnationem acquirere, qui potestati resistunt, atque idcirco preeceptum potestati ipsi obediendi a nemine unquam citra piaculum posse violari nisi forte aliquid imperetur, quoad Dei et Ecclesiae legibus adversetur.
Verum cum « nihil sit, quod alios magis ad pietatem et Dei cultum assidue instruat, quam eorum vita et exemplum,, qui se divino ministerio dedicarunt» (Concil. Trid., Sess. xxn, cap. î de Reform.), et cujusmodi sunt sacerdotes, ejusmodi plerumque esse soleat et populus, pro vestra singulari sapientiaperspicitis, venerabiles Fratres, summa cura et studio vobis esse elaborandum, ut in clero morum gravitas, vitse integritas, sanctitas, atque doctrina eluceat, et ecclesiastica disciplina ex sacrorum canonum prœscripto diligentissime servetur, et ubi collapsa fuerit, in pristinum splendorem restituatur. Quapropter, veluti prœclare scitis, vobis summopere cavendum, ne cuipiam-, juxta Apostoli prœceptum, cito manûs imponatis, sed eos tantum sacris initietis ordinibus, ac sanctis tractandis admoveatis mysteriis, qui accurate exquisiteque explorati, ac virtutum omnium ornatu et sapientiee laude spectati, vestris diœcesibus usui et ornamento esse possint, atque ab iis omnibus déclinantes, quœ Clericis vetita, et attendentes lectioni, exhortationi, doc-
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tienne, avance dans la science de Dieu, évite le mal, fasse le bien et marche dans les voies du Seigneur. Vous savez que vous êtes les représentants du Christ, qui s'est montré doux et humble de cœur, et qui est venu appeler, non les justes, mais les pécheurs, nous donnant l'exemple et nous invitant à marcher sur ses traces; ayez donc soin de corriger et de reprendre, dans un esprit de douceur et de mansuétude, par des avis et des conseils paternels, ceux que vous verrez transgresser les commandements de Dieu et s'écarter du chemin de la vérité et de la justice; employez les prières et les réprimandes en toute bonté, patience et doctrine, sachant que « souvent, dans les corrections, la bonté obtient plus que la sévérité, l'exhortation plus que la menace, la charité plus que l'autorité ». Faites aussi tout ce qui dépendra de vous, vénérables Frères, pour amener les fidèles à pratiquer la charité, à chercher la paix, a accomplir les devoirs qu'imposent ces vertus; étouffant ainsi toutes les discussions, les inimitiés, les rivalités, les rancunes, ils se chériront mutuellement, et s'uniront, dans une même pensée, un même sentiment, une même volonté en Jésus-Christ Notre-Seigneur. Appliquez-vous à inculquer au peuple chrétien l'obéissance et la soumission dues aux princes et aux puissances ; enseignez-leur, selon l'avis de l'Apôtre, qu'il n'est point de pouvoir qui ne vienne de Dieu, et qu'en résistant au pouvoir on résiste à l'ordre établi de Dieu, en provoquant sa condamnation, et que, par conséquent, nul ne peut violer sans crime le précepte d'obéir à l'autorité, à moins qu'elle ne lui commande des choses contraires aux lois de Dieu et de l'Eglise.
Mais, comme c rien ne contribue tant à former les autres à la piété et au culte de Dieu que la vie et l'exemple de ceux qui se sont consacrés au divin ministère », comme la conduite du peuple est le plus souvent la reproduction de celle des prêtres, vous comprenez dans votre haute sagesse, vénérables Frères, que vous ne sauriez travailler avec trop de zèle à faire briller dans le clergé la gravité des mœurs, la pureté de la vie, la sainteté et la science, à maintenir l'exacte observation de la discipline ecclésiastique établie par les saints canons, et à lui rendre sa vigueur partout où elle serait tombée. C'est pourquoi, comme vous le savez, en vous gardant d'imposer trop tôt les mains à qui que ce soit, selon le précepte de l'Apôtre, n'initiez aux saints ordres et n'appliquez aux fonctions saintes que ceux qui , après d'exactes et rigoureuses épreuves, vous paraîtront ornés de toutes les vertus, recommandables par leur sagesse, propres à servir et à honorer vos diocèses, éloignés de tout ce qui est interdit aux clercs, appliqués à l'étude, à la prédication,
trinœ « exemplum sint fidelium in verbo, in conversatione, in caritate, in fide, in castitate » (I Timoth., iv, 12), cunctisque aiTerant venerationem et populum ad christianae religionis institutionem fingant, excitent, atque inflamment, « melius enim profecto est », ut sapientissime monet immortalis mémorise Benedictus XIV decessor noster, « pauciores habere ministros, sed probos, sed idoneos atque utiles, quam plures, qui in œdificationem corporis Christi, quod est Ëcclesia, nequidquam sint valituri » (Bened. XIV in Epist. Encycl. Ubi primum).
Xeque vero ignoratis, majori diligentia vobis in illorum praecipue mores et scientiam esse inquirendum, quibus animarum cura et regimen committitur, ut ipsi, tanquam fidèles multiformis gratise Dei dispensatores, plebem sibi concreditam sacramentorum administratione, divini verbi prœdicatione ac bonorum operum exemplo continenter pascere, juvare, eamque ad omnia religionis instituta ac documenta informare, atque ad salutis semitam perducere studeant. Intelligitis nimirum Parochis officii sui ignaris vel negligentibus continuo et populorum mores prolabi, et cbristianam laxari disciplinam, et religionis cultum exsolvi atque convelli, ac vitia omnia et corruptelas in Ecclesiam facile invehi.
Xe autem Dei sermo « qui vïvus, et efficax, et penetrabilior omni gladio ancipiti » (Hebr., rv, 12) ad animarum salutem est institutus, ministrorum vitio infructuosus évadât, ejusdem divini verbi praeeonibus inculcare. praeciperenunquam desinite, venerabiles Fratres, ut gravissimum sui muneris officium animo reputantes, evangelicum ministerium non in persuasibilibus humanae sapientiae verbis, non in profano inanis et ambitiosee eloquentiae apparatu et lenocinio, sed in ostensione spiritus et virtutis (I Cor., xi, 4) religiosissime exerceant, ut recte tractantes verbum veritatis, et non semetipsos, *sed Christum crucifixum prsedicantes, sanctissimœ nostrse religionis dogmata, praecepta, juxta catholicœ Ecclesise et Patrum doctrinam gravi ac splendido orationis génère populis clare apertequeannuntient, peculiaria singulorum officia accurate explicent, omnesque a flagitiis deterreant, ad pietatem inflamment, quo fidèles Dei verbo salubriter imbuti atque refecti vitia omnia déclinent, virtutes sectentur, atque ita seternas pœnas evadere et coelestem gloriam consequi valeant Universos ecclesiasticos viros pro pastorali vestra sollicitudine et prudentia assidue monete, excitate, ut serio cogitantes ministerium, quod acceperunt in Domino, omnes proprii muneris partes diligentissime impleant, domusDei decorem summopere diligant, atque intimo pietatis sensu sine intermissione instent obsecrationibus et precibus, et Canonicas
« qui pluiubus », 9 Novembre 184G 193
â l'instruction, capables de « servir de modèles aux fidèles dans les paroles, dans la conduite, dans la charité, dans la loi, dans la cha>teté », capables encore d'inspirer le respect à tous, de former, d'exciter, d'enflammer le peuple à la pratique de la religion chrétienne; « car il vaut certainement mieux », ainsi que l'observe notre prédécesseur, Benoît XIV, d'immortelle mémoire, « n'avoir que peu de prêtres, mais bons, capables et utiles, que d'en avoir un grand nombre qui ne seraient pas propres à édifier le Corps du Christ, qui est l'Eglise ».
Vous n'ignorez pas que vous devez vous enquérir avec plus de soin encore des mœurs et de la science de ceux qui sont chargés de la conduite des ûmes, afin qu'ils s'appliquent continuellement comme de fidèles dispensateurs des divers trésors de la grâce de Dieu, à nourrir et à assister le peuple qui leur est confié, par l'administration des sacrements, par la prédication de la parole divine, par l'exemple des bonnes œuvres; afin aussi qu'en le pénétrant de l'esprit et des maximes de la religion, ils le fassent marcher dans le sentier du salut. Vous savez, en effet, que si les curés ignorent leurs devoirs ou négligent de les remplir, les mœurs des peuples se corrompent aussitôt, la discipline chrétienne se relâche, on abandonne les pratiques religieuses, et dans l'Eglise s'introduisent aisément les désordres et tous les vices.
« Pleine de vie, de puissance, et plus pénétrante que le glaive à deux tranchants», la parole de Dieu a été établie pour le salut des âmes, et ne doit pas devenir infructueuse par la faute de ses ministres; ne vous lassez donc jamais, vénérables Frères, d'avertir et de commander aux prédicateurs de cette divine parole, de se pénétrer de l'extrême importance de leurs fonctions ; de s'appuyer religieusement, dans l'exercice du ministère évangélique, non sur les discours persuasifs de la sagesse humaine, non sur les efforts et les artifices d'une vainc et fastueuse éloquence, mais sur l'assistance de l'esprit et de la vertu d'en haut; de traiter dignement la parole de vérité, de prêcher le Christ crucifié, au lieu de se prêcher eux-mêmes ; d'annoncer aux peuples d'un style clair et intelligible, mais plein de gravite et de noblesse, les dogmes et les préceptes de notre sainte religion, selon la doctrine de l'Eglise catholique et des Pères ; d'expliquer en détail les devoirs particuliers de chacun ; de détourner tous les hommes du crime, de les porter à la piété, afin que. présentement pénétrés et nourris de la parole de Dieu, les fidèles s'abstiennent de tous les vices, pratiquent toutes les vertus, et puissent éviter ainsi les peines éternelles et parvenir à la gloire céleste. Dans votre sollicitude et votre prudence épiscopales, avertissez assidûment tous les ecclésiastiques, exhortez-les à considérer sérieusement le ministère qu'ils ont reçu de Dieu, à en remplir exactement les obligations, à prendre souverainement à cœur la gloire de la maison de Dieu, à s'adonner sans relâche à la prière et à la récitation des heures
horas ex Ecclësise praecepto persolvant, quo et divina sibi auxilia ad gravissima officii sui mimera obeunda impetrare, et Deum christiano populo placatum ac propitium reddere possint.
Cum autem, venerabiles Fratres, vestram sapientiam minime fugiat, idoneos Ecclesiœ ministros nonnisi ex optime institutis clericis fieri posse, magnamque vim in recta horum institutione ad reliquum vitae cursum inesse, pergite omnes episcopalis vestri zeli nervos in id potissimum intendere, ut adolescentes clerici vel a teneris annis tum ad pietatem solidamque virtutem, tum ad litteras severioresque disciplinas, prsesertim sacras, rite informentur. Quare vobis nihil antiquius, nihil potius esse débet, quam omni opéra, solertia, industria, ciericorum Seminaria ex Tridentinorum Patrnm prescripto fConcil. Trid., Sess. xxiii., cap. 18, de Reform.) instituere, si nondum existunt, atque instituta, si opus fuerit, amplificare, eaque optimis moderatoribus et magistris instruere, ac intentissimo studio continenter advigilare, ut inibi juniores clerici in timoré Domini, et ecclesiastica disciplina sancte religioseque educentur, et sacris potissimum scientiis, juxta catholicam doctrinam ab omni prorsus cujusque erroris periculo alienis, et Ecclesiae traditionibus, et sanctorum Patrum scriptis, sacrisque cœremoniis, ritibus, sedulo ac penitus excolantur: quo habere possitis gnavos atque industrios operarios, qui ecclesiastico spiritu prœditi ac studiis recte instituti valeant in tempore dominicum agrum diligenter excolere, ac strenue prœliari prœlia Domini.
Porro cum vobis compertum sit ad ecclesiastici ordinis dignitatem, et sanctimoniam retinendam et conservandam pium spiritualium exercitiorum institutum vel maxime conducere, pro episcopali vestro zelo tam salutare opus urgere, omnesque in sortem Domini vocatos monere, hortari ne intermittatis, ut seepe in opportunum aliquem locum iisdem peragendis exercitiis secedant, quo, exterioribus curis sepositis, ac vehementiori studio seternarum divinarumque rerum meditationi vacantes, et contractas de mundano pulvere sordes detergere, et ecclesiasticum spiritum renovare possint, atque expoliantes veterem hominem cum actibus suis, novum induant, qui creatus est in justitia et sanctitate (I Ephes., iv, 24) Pseque vos pigeât si in Gleri institutione et disciplina paulo diutius immorati sumus. Etenim minime ignoratis multos existere, qui errorum varietatem, inconstantiam, mutabilitatemque pertœsi, ac sanctissimam nostram religionem profitendi necessitatem sentientes, ad ipsius religionis doctrinam, prsecepta, instituta eo facilius, Deo bene juvante, amplectenda, colendaque adducentur, quo majori Cle-
canoniales, conformément au précepte de l'Eglise, dans la vue d'obtenir le secours divin pour l'accomplissement de leurs importants devoirs, d'apaiser le Seigneur et de le rendre propice au peuple chrétien.
Gomme vous n'ignorez pas, vénérables Frères, que la bonne éducation des clercs est le seul moyen de procurer à l'Eglise de bons ministres, el qu'elle exerce une grande inlluence sur tout le cours de la vie, continuez à faire tous vos efforts pour former les jeunes clercs, dès leurs tendres années, à la piété, à une vertu solide, à la connaissance des lettres, à l'étude des hautes sciences, surtout des sciences sacrées. N'ayez donc rien tant à cœur que d'établir des séminaires pour les clercs, selon les préceptes des Pères de Trente, là où il n'y en aurait pas; d'augmenter, s'il est besoin, ceux qui existent, de leur donner des supérieurs et des maîtres excellents, de veiller incessamment et avec la plus grande application à ce que les jeunes clercs y soient élevés saintement et religieusement dans la crainte du Seigneur, dans l'amour de la discipline ecclésiastique; qu'ils y soient formés, selon la doctrine catholique et sans aucun danger d'erreur, surtout à la connaissance des sciences sacrées, des traditions de l'Eglise, des écrits des saints Pères, des cérémonies et des rites sacrés : ainsi vous aurez d'infatigables et d'habiles ouvriers; animés de l'esprit ecclésiastique et bien instruits, ils pourront cultiver le champ du Père de famille et soutenir avec gloire le poids des combats du Seigneur.
Dans la conviction où vous êtes que rien n'est plus propre à entretenir, à conserver la dignité, la sainteté de l'ordre ecclésiastique, que la pieuse institution des exercices spirituels, favorisez de toutes vos forces cette œuvre salutaire; ne cessez d'exhorter tous ceux qui ont été appelés à l'héritage du Seigneur à se retirer souvent dans quelque lieu propre à ces exercices ; que, libres des affaires extérieures et entièrement appliqués à la méditation des vérités éternelles et divines, ils puissent se purifier des souillures contractées au milieu de la poussière du monde, se retremper dans l'esprit ecclésiastique, se dépouiller du vieil homme et de ses œuvres pour se revêtir de l'homme nouveau, qui a été créé dans la sainteté et la justice. Ne regrettez pas que nous vous ayons parlé un peu longuement de l'éducation et de la discipline du clergé : car vous n'ignorez point qu'il y a une multitude d'hommes dégoûtés de la divergence, de l'inconstance et de la mobilité des erreurs ; ils sentent la nécessité de professer notre sainte religion, et, avec le secours de Dieu, ils se décideront d'autant plus facilement à en embrasser la doctrine, les préceptes et les pratiques, qu'ils verront le clergé se distinguer
rum pietatis, integritatis, sapientiee laude, ac virtutum omnium exemplo et splendore cœteris antecellere conspexerint.
Cœterum, Fratres carissimi, non dubitamus quin vos omnes ardenti erga Deum et homines caritate incensi, summo in Ecclesiam amoreinflammati, angelicis pœne virtutibus instructi, episcopali fortitudine, prudentia muniti, uno eodemque sanctee vo- Iuntatis desiderio animati, Apostolorum vestigia sectantes, et Christum Jesum pastorum omnium exemplar, pro quo legatione fungiminij imitantes, quemadmodum decet episcopos. concordissimis studiis facti forma gregis ex animo, sanctitatis vestree splendore clerum populumque fidelem illuminantes, atqueinduti viscera misericordiœ et condolentes iis qui ignorant et errant, dévias ac pereuntes oves evangelici Pastoris exemplo amanter quœrere, persequi ac paterno affectu vestris bumeris imponere, ad ovile reducere, ac nullis neque curis, neque consiliis, neque laboribus parcere unquam velitis, quo omnia pastoralis muneris officia religiosissime obire, ac omnes dilectas nobis oves pretiosissimo Christi sanguine redemptas, curas vestrae commissas et a rapacium luporum rabie, impetu, insidiis defendere easque abvenenatis pascuis arcere, ad salutariapropellere, etqua opère, qua verbo,, qua exemplo ad seternœ salutis portum deducere valeatis. In majori igitur Dei et Ecclesiae gloria procuranda viriliter agite, venerabiles Fratres, et omni alacritate, sollicitudine, viailantia in hoc simul elaborate, ut omnibus erroribus penitus depulsis, vitiisque radicitus evulsis, fides, religio, pietas, virtus majora in dies ubique incrementa suscipiant, cunctique fidèles abjicientes opéra tenebrarum, sicut filii lucis ambulent digne, Deo per omnia placentes eî in omni opère bono fructificantes. Atque inter maximas angustias, difficultates, pericula, quœ a gravissimo episcopali vestro ministerio, hisce praesertim temporibus, abesse non possunt, nolite unquam terreri, sed confortamini in Domino, et in potentia virtutis Ejus, « qui nos in congressione nominis sui constitutos desuper spectans, volentes comprobat, adjuvatdimica.ntes, vincentes coronat » (S. Cyprian., Ep. 77 j ac Nemesia, etc.).
Cum autem nobis nihil gratius, nihil jucundius, nihil optabilius quam vos omnes, quos diligimus in visceribus Christi Jesu, omni affectu, consilio, opéra juvare, atque una vobiscum in Dei gloriam et catholicam fidem tuendam, propagandam toto pectore incumbere, et animas salvas facere, pro quibus vitam ipsam. si opus fuerit, profundere parati sumus, venite, Fratres, obtestamur et obsecramus, venite magno animo, magnaque fiducia ad hanc beatissimi Apostolorum Principis Sedem, Catholicœ unitatis centrum, atque Episcopatus apicem, unde ipse
davantage du reste des hommes par la piété et la pureté de sa vie, par sa réputation de sagesse et l'exemple de toutes les vertus.
Enfin, très chers Frères, nous en avons la douce conviction, embrasés, comme vous l'êtes, d'une ardente charité envers Dieu et envers les hommes, enilammés d'un grand amour pour l'Eglise, enrichis de vertus presque angéliques, doués d'un courage et d'une prudence épiscopales, animés tous d'un même et saint désir, marchant sur les traces des apôtres, imitant, comme il convient à des évêques, celui dont vous êtes les ambassadeurs, Jésus-Christ même, le modèle de tous les pasteurs, devenus par votre union la forme et la règle du troupeau, éclairant des rayons de votre sainteté le clergé et le peuple fidèle, ayant des entrailles de miséricorde, et compatissant vivement au sort de ceux qui s'égarent dans les ténèbres de l'ignorance et de l'erreur; vous êtes disposés, suivant l'exemple du pasteur de l'Evangile, à voler avec amour à la recherche des brebis qui se perdent, à les charger avec une tendresse paternelle sur vos épaules, à les ramener au bercail, à n'épargner ni soins, ni conseils, ni travail, pour remplir religieusement tous les devoirs de la charge pastorale; pour mettre à l'abri de la rage, des attaques et des embûches des loups ravisseurs ces chères brebis qui sont rachetées par le sang précieux de Jésus-Christ, et confiées à vos soins; pour les détourner du poison de l'erreur, les conduire dans les bons pâturages et les faire aborder, à force de soins, d'instructions et d'exemples au port de l'éternel salut. Travaillez donc généreusement, vénérables Frères, à procurer la plus grande gloire de Dieu et de l'Eglise, et, par votre activité, votre zèle, votre vigilance et votre accord, appliquez-vous à dissiper toutes les erreurs, à extirper tous les vices, à faire prendre chaque jour et en tous lieux de nouveaux accroissements à la foi, à la religion, à la piété et à la vertu. Amenez tous les fidèles à renoncer aux œuvres de ténèbres, à se conduire d'une manière digne des enfants de lumière, à chercher en tout le bon plaisir de Dieu et 5 produire toute sorte de bonnes œuvres. Au milieu de tant de graves embarras, de difficultés et de dangers inséparables, surtout en ce temps, de votre redoutable charge épiscopale, ne vous laissez pas abattre par la crainte, mais cherchez votre force dans le Seigneur, et confiants en la puissance de sa grâce, pensez que du haut du ciel il a les yeux fixés sur ceux qui sont dans la mêlée pour la gloire de son nom, qu'il applaudit à la bonne volonté, qu'il aide les combattants et couronne les vainqueurs.
Nous vous chérissons tous bien vivement dans les entrailles de Jésus- Christ, et nous ne désirons rien tant que de vous aider dé notre amour, de nos conseils, de notre pouvoir et de travailler avec vous à la gloire de Dieu, à la défense, à la propagation de la foi catholique et au salut de ces âmes pour lesquelles nous sommes prêt à sacrifier, s'il le faut, notre vie; venez donc, chers Frères, nous vous en conjurons, venez avec un. cœur ouvert et une entière confiance à ce siège du bienheureux prince des Apôtres, centre de l'unité catholique et faîte de l'épiscopat, d'où
episcopatus ac tota ejusdem nominis auctoritas mersit ; venite ad nos quotiescumque nostrae et ejusdem Sedis auctoritatis ope, auxilio, prœsidio vosindigere noveritis.
In eam porro spem erigimur fore, ut carissimi in Christo filii nostri viri principes, pro eorum pietate et religione in memoriam revocantes « regiam potestatem sibi non solum ad mundi regimen, sed maxime ad Ecclesiae praesidium esse collatam » (S. Léo, Ep. 156 ad Léon. Aug. , et nos cum Ecclesiae causam tum eorum regni agere, et salutis, ut provinciarum suarum quieto jure potiantur Idem, épis. 43 ad Theodos. Aug.), communibus nostris votis, consiliis, studiis sua ope et auctoritate faveant, atque ipsius Ecclesiae libertatem incolumitatemque defendant, ut et « Ghristi dextera eorum defendatur imperium » (Ib.)
Quae omnia ut prospère feliciterque ex sententia succédant, adeamus cum fiducia, venerabiles Fratres, ad thronum gratiae, atque unanimes, in humilitate cordis nostri, Patrem misericordiarum, et Deum totius consolationis enixis precibus sine intermissione obsecremus, ut per mérita unigeniti Filii sui infirmitatem nostram omnium cœlestiumcharismatum copia cumulare dignetur, atque omnipotent! sua virtute expugnet impugnantes nos, et ubique augeat fidem, pietatem, devotionem, pacem, quo Ecclesia sua sancta, omnibus adversitatibus et erroribus penitus sublatis, optatissima tranquillitate fruatur, ac fiât unum ovile et unus pastor.
Ut autem clementissimus Dominus facilius inclinet aurem suam in preces nostras, et nostris annuat votis, deprecatricem apud ipsum semper adhibeamus sanctissimam Dei Genitricem Immaculatam Virginem Mariam, quae nostrum omnium dulcissima mater, mediatrix, advocata, et spes fidissima ac maxima fiducia est ; cujus patrocinio nihil apud Deum validius, nihil praesentius. Invocemus quoque Apostolorum principem, cui Christus ipse tradidit claves regni cœlorum, quemque Ecclesiae suae petram constituit, adversus quam portae inferi praevalere nunquam poterunt, et Goapostolum ejus Paulum, atque omnes Sanctos cœlites, qui jam coronati possident palmam, ut desideratam divinae propitiationis abundantiam universo christiano populo impetrent. — Denique cœlestium omnium munerum auspicem, et potissimae nostrae in vos caritatis testem, accipite Apostolicam Benedictionem,quam ex intimo corde depromptam vobis ipsis, venerabiles Fratres, et omnibus clericis, laicisque fidelibus curae vestraeconcreditis amantissime impertimur.
JJatum Romae apud Sanctam Mariam Majorem, die ix ?sovembris, anno mdcccxlvi, Pontificatus nostri anno primo.
PIUS PP. IX
l'épiscopat lui-même tire son origine et toute son autorité; venez à nour. chaque fois que vous croirez avoir besoin du secours de la protection de, notre autorité et de celle de ce siège.
Nous en avons la confiance, les princes, nos très chers fds en Jésus- Ghrist, se rappelleront, dans leur piété et leur religion, que « la puissance royale leur a été donnée, non seulement pour le gouvernement du monde, mais surtout pour la défense de l'Eglise », et que nous soutenons en même temps la cause de l'Eglise, celle de leur royaume et de leur salut, pour qu'ils jouissent en paix de leur autorité sur leurs provinces : ainsi nous favoriserons, par leurs secours et leur autorité, les vœux et les désirs que nous formons en commun, et, « afin que la droite du Christ prenne la défense de leur empire », ils défendront la liberté et la prospérité de l'Eglise.
Pour obtenir l'heureux accomplissement de ces désirs, allons avec confiance, vénérables Frères, au trône de la grAce, et pénétrés tous d'un vif sentiment d'humilité, adressons sans relâche, au Père des miséricordes et au Dieu de toute consolation, les plus instantes prières; que par les mérites de son Fils unique, il daigne répandre sur notre faiblesse l'abondance des dons célestes, qu'il terrasse nos ennemis par sa vertu toute puissante, qu'il fasse fleurir partout la foi, la piété, la dévotion, la paix; que, dissipant toutes les erreurs, toutes les oppositions, l'Eglise jouisse de la tranquillité qu'on doit tant désirer, et qu'il n'y ait plus qu'un troupeau et qu'un pasteur.
Mais, pour que le Dieu très clément écoute plus facilement nos prières et exauce nos vœux, recourons à l'intercession de sa très sainte Mère, l'immaculée vierge Marie, notre très douce mère, notre médiatrice, notre avocate, notre espérance la plus ferme, l'appui de notre confiance, et dont la protection est ce qu'il y a de plus puissant et de plus efficace auprès de Dieu. Invoquons aussi le prince des Apôtres, à qui le Christ a remis les clefs du royaume des cieux, dont il a fait pour son Eglise la pierre fondamentale contre laquelle les portes de l'enfer ne pourront jamais prévaloir; invoquons encore son collègue l'apôtre Paul, ainsi que tous les saints habitants du ciel, déjà couronnés et en possession de la palme, afin qu'ils fassent descendre sur tout le peuple chrétien les trésors de miséricorde divine.
Enfin, comme présage des dons célestes, et en témoignage de notre grande charité pour vous, recevez la Bénédiction Apostolique que nous donnons du fond de notre cœur, à vous, nos vénérables Frères, à tous les ecclésiastiques et aux fidèles laïques confiés à vos soins.
Donné à Rome , près Sainte-Marie-Majeure , le 9 novembre , l'an 1846, de notre Pontificat le premier.
PIE IX, PAPE