‹ Lettres apostoliques de Pie IX, Gregoire XVI, Pie VIIChapitre 36 sur 50 · MULTIPLICES », 10 JUIN · texte numérisé non relu

MULTIPLICES », 10 JUIN

L'auteur, en effet, quoique catholique, et même, comme on le rapporte, engagé dans le sacré ministère, voulant s'abandonner impunément et en toute sécurité à l'indifférentisme et au rationalisme dont il se montre infecté, nie que l'Eglise ait le pouvoir de définir dogmatiquement que la religion de l'Eglise catholique soit la seule vraie religion; il enseigne que chacun est libre d'embrasser et de professer celle qu'il jugera véritable, en suivant la lumière de la raison ; il attaque avec impudence la loi du célibat, et, selon la coutume des novateurs, il met l'état conjugal audessus de la virginité; il prétend que le pouvoir qui a été donné à l'Eglise par son divin Fondateur d'établir des empêchements dirimants au mariage, émane des princes de la terre, et il pousse l'impiété jusqu'à affirmer que l'Eglise du Christ l'a injustement usurpé; il avance que l'immunité de l'Eglise et celle des personnes qui lui sont consacrées, laquelle a été constituée par l'ordre de Dieu et par les sanctions canoniques, tirent leur origine du droit civil, et il n'a pas honte de soutenir qu'on doit plus estimer et honorer la maison de l'ambassadeur d'une nation quelconque que le temple du Dieu vivant; il attribue au gouvernement laïque le droit de déposer de l'exercice du ministère pastoral les Evêques que le Saint-Esprit a établis pour régir l'Eglise de Dieu; il s'efforce de persuader à ceux qui tiennent le timon des affaires publiques de ne point obéir au Pontife Romain dans les choses qui regardent î'Episcopat et l'institution des Evêques; les rois et autres princes qui, par le baptême, ont été faits membres de l'Eglise, il les soustrait à la juridiction de cette même Eglise, comme s'ils étaient des rois païens," comme si les princes chrétiens, dans les choses spirituelles et ecclésiastiques, n'étaient pas les fils et les sujets de l'Eglise. Bien plus, par une monstrueuse confusion des choses du ciel et des choses de la terre, du sacré et du profane, des choses supérieures avec les inférieures, il ne craint pas d'enseigner que, lorsqu'il faut résoudre des questions de juridiction, la puissance terrestre est supérieure à l'Eglise, colonne et fondement de la vérité. Enfin, pour omettre un grand nombre d'autres erreurs, il pousse l'audace et l'impiété jusqu'à soutenir avec une infâme impudence que les Pontifes romains et les Conciles œcuméniques ont outrepassé les limites de leur puissance, usurpé les droits des princes, erré même en définissant les choses de la foi et des mœurs.

Il est évident pour tout le monde que ces erreurs si nombreuses et si graves existent dans ce livre; néanmoins, suivant la coutume de nos prédécesseurs, nous avons ordonné que cet ouvrage fût examiné par notre Congrégation de l'Inquisition universelle et que le jugement de cette Congrégation nous fût ensuite soumis. Or, nos vénérables frères les inquisiteurs généraux, cardinaux de la sainte Eglise romaine, après avoir pesé la censure et le vote préalable des consultcurs, ont été d'avis que l'ouvrage susdit doit être condamné et prohibé comme renfermant des doctrines et des propositions respectivement « scandaleuses, fausses, « schismatiques, injurieuses pour les Pontifes romains et pour les Con- « ciles œcuméniques, subversives de la puissance, de la liberté et de la c juridiction de l'Eglise, erronées, impies et hérétiques. »

« falsas, schismaticas, Romanis Pontificibus et Conciliis œcu- « menicis injuriosas, Ecclesiae potestatis, libertatis, et jurisdic- « tionis eversivas, erroneas, impias, et hœreticas, » damnandum atque prohibendum censuerunt.

Hinc nos, audita praedictorum relatione, et cunctis plene ac mature consideratis, de consilio prœfatorum cardinalium, atque etiam motu proprio, ex certa scientia, deque Apostolicae potestatis plenitudine memoratum opus, in quo doctrinae ac propositiones, ut supra notatae, continentur, ubicumque, et quocumque alio idiomate, seu quavis editione aut versione hue usque impressum, vel in posterum, quod absit, imprimendum, tenore prœsentium damnamus et reprobamus, atque legi ac retinere probibemus, ejusdemque operis impressionem, descriptionem, lectionem, retentionem, et usum omnibus et singulis Christi fidelibus, etiam specifica et individua mentione et expressione dignis, sub pœna excommunicationis per contrafacientes ipso facto, absque alia declaratione, incurrenda, a qua nemo a quoquam, prœterquam a nobis seu Romano Pontitice pro tempore existente, nisi in mortis articulo constitutus, absolutionis beneficium obtinere queat, omnino interdicimus.

Volentes et auctoritate apostolica mandantes, ut quicumque librum seu opus preedictum pênes se habuerint, illud statijjn atque présentes litterse innotuerint, locorum ordinariis, vel hœreticœ pravitatis inquisitoribus tradere atque consignare teneantur, in contrarium facientibus non obstantibus quibuscumque.

Ut autem eaedem présentes Litteras ad omnium notitiam facilius perducantur, nec quisquam illarum ignorantiam allegare queat, volumus et auctoritate praefata decernimus, illas ad valvas basilicee Principis Apostolorum, et cancellariœ apostoliese, nec non curiœ generalis in Monte Gitatorio, et in acie Campi Floreein Urbe per aliquem ex cursoribus nostris, ut moris est, publicari, illarumque exempla ibidem affixa relinqui : sic vero publicatas, omnes et singulos, quos concernunt, perinde affîcere et arctare, ac si unicuique illorum personaliter notificatae et intimatœ fuissent; ipsarum autem prœsentium Litterarum transumptis, seu exemplis, etiam impressis, manu alicujus notarii publici subscriptis, et sigillo personaB in ecclesiastica dignitate constitutse munitis, eamdem prorsus fidem tam in judicio, quam extra illud ubique locorum haberi, quœ haberetur iisdem prœsentibus, si exhibitse forent vel ostensœ.

Datum Romœ, apud S. Petrum, sub annulo Piscatoris, die x junii, annoMDCccLi, pontificatus nostri anno v.

PIUS PP IX

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