DU ROSAIRE DE LA VIERGE MARIE
A Nos Vénérables Frères les Patriarches, Primats, Archevéques, Evéques, et autres Ordinaires des lieux en paix et en communion avec le Siège Apostolique.
Vénérables Frères, Salut et Bénédiction Apostolique. |
À l'approche du mois d'octobre, que l’on regarde comme consacré et dédié à la Bienheureuse Vierge du Rosaire, Nous Nous rappelons avec une très grande joie les vives exhortations que Nous Vous avons adressées, Vénérables Frères, les années précédentes, pour de que partout les troupeaux de fidèles, stimulés par votre autorité et À par votre zèle, redoublent de piété envers l’auguste Mère de Dieu, la Al: puissante auxiliatrice du peuple chrétien, pour qu'ils l’implorent ‘pendant tout ce mois et l’invoquent par le très saint rite du Rosaire, que l'Eglise, principalement dans les conjonctures et dans les temps PA difficiles, à coutume d'employer et de célébrer, toujours avec le Le succès souhaité.
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Nous tenons à manifester de nouveau cette année la même volonté . et à Vous adresser, à Vous renouveler les mêmes exhortations; Nous - y sommes invité et poussé par l'amour pour l'Eglise, dont les - peines, au lieu de s’alléger, croissent chaque jour en nombre et en - gravité. Ce sont des maux universellement connus que Nous déplo- … rons : que l'Eglise garde et transmet les dogmes sacrés attaqués, ÿ 4 - combattus; l'intégrité de la vertu chrétienne, dont elle a le soin, à » tournée en dérision; la calomnie organisée ; la haine attisée de mille manières contre l’ordre des saints pontifes, mais surtout contre le à Pontife Romain ; les attaques dirigées contre le Christ lui-même par dm une audace pleine d’impudence et par une scélératesse criminelle, gs … comme si l’on s’efforcait de détruire dans sa base et d’anéantir sy
LETTRES APOSTOLIQUES... DE S. 8. LÉON XIII, — T, LI, A d me
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opus, quod numquam vis ulla tollat et deleat, tollere funditus et delere. — Ista quidem haud nova accidunt militanti Ecclesiæ: quæ, præmonente apostolos Jesu, ut homines veritatem edoceat aique ad salutem provehat sempiternam, in aciem quotidie dimicationemque venire debet; quæque reapse per sæculorum tractus animosa ad martyrium depugnat, nulla re lætata et gloriata magis, quam quod suum possit cum Auctoris sui sanguine consecrare, In quo sibi promissæ victoriæ spes exploratissima continetur. — Neque tamen diffitendum, quam gravi tristitia optimum quemique afficiat hæc assidua ‘dimicandi contentio. Magnæ nimirum tristitiæ causa, tam esse multos, quos pravi-
tates errorum et in Deum protervia longe abducant agantque præcipites; tam multos, qui ad quamlibet religionis formam se æque habentes, divinan j jamjam exuere fidem videantur: neque ita paucos esse homines catholicos, qui religionem nomine tenus retineant, non re debitisque colant officiis. Id præterea multo gravius angit et vexat animum, reputare, tam luctuosam malorum perniciem inde potissimum ortam, quod in temperatione civitatum vel nullo jam loco Ecclesia censetur, vel saluberrimæ virtuti jus dedita opera repugnatur; qua in Te apparet magna quidem et justa vindicis Dei animadversio, qui recedentes a se. nationes miserrima mentium Cæcitate sinat hebescere.
Quapropter res ipsa clamat, vehementius clamat in dd. necesse omnino catholicos homines precibus ad Deum et obsecrationibus uti alacres perseverantes, sine intermissione (1) : idque non apud $e quisque tantum, sed eo magis publice faciant oportet sacris in ædibus congregati, ‘enixe flagitantes, ut Ecclesiam providentissimus Deus ab importunis et malis hominibus (2) liberet, perturbatasque gentes ad sanitatem et mentem luce et … caritate Christi reducat. — Res enimvero supra hominum fidem mirabilis ! Viam suam laboris plenam sæculum quidem insistit, fretum opibus, vi, armis, ingenio: securo Ecclesia plenoque gradu ætates decurrit, confisa unice Deo, ad quem diurna et nocturna prece oculos et manus attollit. [psa enim, quamquam cetera, quæcumque ex Dei cura tempus affert humana præsidia, prudens non negligit, non in iis tamen sed potius in orando, comprecando, obsecrandoque Deo, præcipuam sui spem reponit. Inde habet quo vitalem spiritum alat et roboret, quia sibi assiduitate precandi contingit feliciter, ut, ab humanarum rerum vicissitudine intacta et in perpetua divini Numinis conjunctione, vitam ipsam Christi Domini hauriat ac tranquille placideque traducat ; fere ad Christi ipsius simililudinem, cui cruciatuum duritas, quos in commune ‘est bonum perpessus, nihil ad modum
(4) I Thes., V, 17, — (2) HN Thes., IL, 2. À
, : Lo:
« ocroBrt MENSE », 99 SEPTEMBRE 1891 | 95
loue divine de Ja Rédemption, que jamais aucune force ne détruira ni n’anéantira.
Ce ne sont pas là des événements nouveaux pour l'Eglise mili-
. tante : Jésus en a prévenu les Apôtres : pour qu'élle enseig ne aux :
- hommes la vérité et les conduise au salut éternel, il lui faut entrer
en lutte tous les jours, et de fait, dans le cours des siècles, elle com-
bat courageusement jusqu’au martyre, ne se réjouissant et ne: ser ous glorifiant de rien davantage que de pouvoir sceller sa cause du sang
de son Fondateur, gage très certain pour elle de la victoire qui lui
a été promise.
On ne doit pas pourtant dissimuler la Hot tristesse dont
… cette obligation perpétuelle de lutte afflige tous les gens de bien. F: C'est assurément une cause de grande tristesse qu'il y en ait tant que les erreurs perverses et les outrages à Dieu détournent et - entraînent ; tant qui soient indifférents à toute forme de religion et 2 paraissent finalement étrangers à la foi divine; qu'il y ait aussi tant 21004 . de catholiques qui tiennent à la religion de nom seulement et ne = lui rendent ni les honneurs ni le culte dus. L'âme s’attriste et se \ tourmente encore bien plus à songer quelle cause de maux déplo-
. rables réside encore dans l’organisation des Etats qui ne laissent . aucune place à l'Eglise ou qui combattent son zèle pour la très . sainte vertu; c'est là une manifestation terrible et juste de la vengeance de Dieu, laquelle laisse l'aveuglement funeste des âmes AA s'appesantir sur les nations qui s'éloignent de lui. 1e
Aussi cela crie de soi-même, cela crie chaque jour plus fort: il est A » absolument nécessaire que les catholiques prient et implorent Dieu «2 + avec zèle et persévérance : sine intermissione (1); qu'ils le fassent non se . seulement chez eux, mais encore en public, réunis dans les édifices 20 sacrés, et qu'ils supplient avec instance le Dieu très prévoyant de | 4 délivrer l'Eglise des hommes importuns et méchants (2), et de ramener - au bon sens et à la raison, par la lumière et l'amour du Christ, les ÿ nations profondément troublées.
; Car c'est un fait admirable au delà de toute croyance! Le siècle d - va son chemin laborieux, fier de ses richesses, de sa force, de ses U armes, de son génie; l'Eglise descend le long des âges d’un pas à tranquille et sûr,se confiant en Dieu seul, vers qui, jour et nuit,elle cn - lève ses yeux et ses mains suppliantes. Bien qu’en effet elle ne TUE néglige pas, dans sa prudence, les secours humains que la Provi- ‘4 dence et les temps lui procurent; ce n’est Pas en eux qu ’elle place sa principale espérance, mais dans la prière, dans la supplication, : dans l'invocation de Dieu. Voilà comment elle entretient et fortifie | son souiue vital, parce que l’assiduité de sa prière lui a permis ‘: À heureusement, en restant étrangère aux vicissitudes des choses $ humaines et en s’unissant continuellement à la volonté divine, de GTA vivre de la vie même de Notre-Seigneur Jésus-Christ, tranquil- AN lement et paisiblement ; comme à sé du Christ lui- -même, auquel l'horreur des tourments qu'il à endurés pour notre bien
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