‹ Lettres apostoliques des S.S. Léon XIII (volume 2)Chapitre 37 sur 94 · PPT NN OT LS · texte numérisé non relu

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« OCTOBRI MENSE », 22 SEPTEMBRE 1891 VPMOS

humaines contre cette tourbe si pernicieuse et si arrogante, lorsque le secours vint manifestement de Dieu lui-même, par le moyen du rosaire de Marie. Ainsi, grâce à la Sainte Vierge, si glorieusement victorieuse de toutes les hérésies, les forces des impies furent renversées et brisées, la foi fut sauvée et demeura intacte.

On sait de même que, dans de nombreuses circonstances et dans différents pays, des dangers de même nature ont été conjurés, des bienfaits analogues ont été obtenus : l'histoire des temps anciens et

de ceux plus rapprochés de nous en fournit des témoignages écla-

tants. Il faut aussi ajouter cette autre preuve, évidente en quelque sorte, qu'aussitôt que la prière du Rosaire fut instituée, elle fut adoptée de toutes parts par les citoyens de toutes les classes et devint parmi eux d’un usage fréquent. C’est qu’en effet, la religion du peuple chrétien tient à honorer par des titres insignes et de mille facons la divine Mère, élevée si excellemment au-dessus de toutes les créatures par tant et de si grandes gloires; or, elle a toujours aimé particulièrement ce titre du Rosaire, cette manière de prier, qui est comme le mot d'ordre de la foi et qui résume le culte dû à Marie; elle l’a pratiquée dans l'intimité et en public, dans l’intérieur des maisons et des familles, en instituant en son honneur des confréries, en lui consacrant des autels, en l'entourant de toutes les pompes, convaincue qu’elle ne pourrait recourir à de meilleurs moyens pour orner les fêtes sacrées de la Sainte Vierge et pour mériter son patronage et ses grâces.

Nous ne devons point passer sous silence ce qui met ici en lumière la particulière protection de notre Souveraine. En effet, lorsque, par l’effet du temps, le goût de la piété a paru s'affaiblir dans quelque pays et la pratique de cette forme de prière se relächer, on admire comment ensuite, soit à raison de quelque danger redoutable menaçant l'Etat, soit sous la pression de quelque nécessité, l'institution du Rosaire, bien plus que tous les autres secours religieux, a été rétablie d'après le vœu général, a repris sa place d'honneur et, de nouveau florissante, a exercé grandement son influence salutaire. Il n’est point nécessaire d'aller en chercher dans le passé des exemples, alors que notre époque elle-même nous en fournit d'admirables. Dans ce temps, en effet, qui, comme nous le disions en commencant, est si dur pour l'Eglise, et qui l’est devenu plus encore depuis que la sagesse divine Nous a placé au gouvernail, on peut constater et admirer avec quelle ardeur et quel zèle dans tous les pays et chez tous les peuples catholiques, le Rosaire de Marie est pratiqué et célébré. Or, c’est plutôt à Dieu, qui dirige et mène les hommes, qu’à la sagesse et à la diligence humaine, qu'il faut attribuer ce fait, où notre âme puise une grande consolation et un grand courage, et qui nous remplit de la confiance absolue que, par la protection de Marie, les triomphes de l'Eglise se renouvelleront et s’'étendront.

Il y a des chrétiens qui comprennent très bien tout ce que Nous venons de rappeler; mais, parce que rien de ce qu'on espérait n’a encore été obtenu, et avant tout la paix et la tranquillité de l'Eglise; bien plus, parce que la situation semble devenir plus troublée et plus,

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affectionem precandi velut defatigati et diffisi ner Homines istiusmodi videant ipsi ante et laborent, ut, quas Deo adhibeant preces, aptis virtutibus, ex Christi Domini præceptione ornentur: quæ si tales fuerint, considerent porro, indignum esse et nefas, velle se tempus subveniendi modumque constituere Deo, nobis nihil quidquam debenti, ita ut quum audit orantes et coronat merita nostra, nihil aliud coronet quam munera sua (1), et quum minus sententiæ nostræ obsecundat, providenter agat cum fillis pater bonus, eorum miserans insipientiam, consulens utilitati. — Quas vero preces, ut propitiemus Ecclesiæ Deum cum suffragiis conjunctas Cœlitum sanctorum supplices deferimus, eas ipse numquam non benignissime admittit et explet Deus, tum quæ bona Ecclesiæ attingunt maxima et immortalia, tuum quæ attingunt minora et hujus temporis, opportuna tamen ad1illa. Quippeistis precibus pondus et gratiam, sane plurimam, precibus addit meritisque suis Christus Dominus, qui dilexit Ecclesiam, et seipsum tradidit pro ea, ut illam sanctificaret ne ut exhiberet à ipse sibi gloriosam Ecclesiam (2), idem summus ejusdem Pontifex, sanctus, innocens, semper vivens ad interpellandum pro nobis, cujus deprecationem supplicationemque semper evenire divina fide tenemus.

Quod enim spectat ad bona Ecclesiæ externa et hujus vitæ, palam est, rem ipsi sæpius esse cum adversariis malevolentia et potentia acerrimis; ab eis nimium sibi dolendum facultates direptas, libertatem deminutam et oppressam, lacessitam et despectam auctoritatem, domna postremo et hostilia omne genus multa. Quorum improbitas si quæritur cur non e0 usque injuriæ, quo deliberatum habent et connituntur, re tandem plena procedat: Ecclesia contra, tot inter rerum casus, eadem :illa sua amplitudine et gloria, vario quamquam modo, emineat semper atque adeo increscat; utriusque rei præcipuam causam rectum est a virtute arcessere comprecantis Deum Ecclesiæ : nec enim

Satis assequitur humana ratio quomodo restrictis ita finibus

imperiosa nequitia consistat, Ecclesia vero, in angusitum compulsa, nihilominus tam magnifice vincat. Idem eo rectius existit in eo bonorum genere, quibus Ecclesia homines ad ultimi boni

adeptionem proxime adducit. Ad hoc enim munus quum nata

sit, precibus suis posse multum debet ut divinæ in 1llos providentiæ misericordiæque ordo exitum habeat et perfectionem : atque ita homines cum Ecclesia et per Ecclesiam orantes, ea

demum impetrant atque obtinent quæ Deus omnipotens ante

secula disposuit donare (3). Ad alta providentis Dei consilia mentis humanæ acies in præsentia deficit : sed aliquando erit.

(1) S. August. Ep. CXCIV, al. 105 ad Ho ©. V, n. 19. — (2) Ephes. V,29;21; (à) STOMIES d. LXXSIILLE 2,ex Se Greg. M.

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mauvaise, ils laissent se relâcher leur régularité et leur affection pour la prière, comme s'ils étaient fatigués et défiants. Mais que ces hommes réfléchissent et qu'ils s'appliquent à ce que les prières -. qu'ils adressent à Dieu soient revêtues des qualités nécessaires, » selonleprécepte de Notre-Seigneur Jésus-Christ. Si elles les possèdent, … qu'ils considèrent qu'il est injuste et qu'il est défendu de vouloir assigner à Dieu le moment et la manière de venir à notre secours; car Dieu ne nous doitrien, si bien que, quand il exauce nos prières - et couronne nos mérites, il ne fait autre chose que couronner ses propres . dons (1)et quand il ne seconde pas notre manière de voir, c'est un “ bon père qui agit avec prévoyance à l'égard de ses fils, qui a pitié de . Jeur fausse sagesse et qui ne prend conseil que de leur utilité. Mais ces prières, par lesquelles nous supplions Dieu de protéger son Eglise, en les unissant aux suffrages des saints du ciel, Dieu les accueille toujours avec la plus grande bonté et les exauce, aussi bien celles qui concernent les intérêts majeurs et immortels de l'Eglise que celles qui visent des intérêts moindres, propres à ce temps, mais néanmoins en harmonie avec les premiers. Car à ces prières s'ajoutent la puissance et l'efficacité assurément infinies des prières et des mérites de Notre-Seigneur Jésus-Christ, qui aime l'Eglise et qui s’est livré pour elle afin de la Sanctifier..….. et de se la présenter à luimême pleine de gloire (2), lui qui en est le Pontife suprême, saint, innocent, toujours vivant pour intercéder pour nous, et dont la foi divine nous enseigne que la prière et les supplications sont incessantes. )

Quant aux intérêts extérieurs, à ceux qui ne regardent que cette vie, il est manifeste que l'Eglise a souvent à compter avec la malveillance et la puissance d’adversaires acharnés. Il lui faut s’affliger de les voir spolier ses biens, restreindre et opprimer sa liberté, attaquer et mépriser son autorité, lui infliger enfin toutes sortes de dommages et d’injures. Et si l’on se demande pourquoi leur méchan-

ceté n'arrive point à ce degré d’injustice qu’elle se propose et qu’elle s’efforce d'atteindre : pourquoi, au contraire, l'Eglise, à travers tant d'événements divers, conservant sa même grandeur et sa même gloire, quoique sous des formes variées, s'élève toujours et ne cesse de progresser, il est légitime de chercher la cause principale de l’un et de l’autre fait dans la force de la prière de l'Eglise sur le cœur de Dieu; autrement, en effet, la raison humaine ne peut comprendre

-que la puissänce de l’iniquité soit contenue dans des limites si étroites, tandis que l'Eglise, réduite à l'extrémité, triomphe néanmoins si magnifiquement. Et cela apparaît mieux encore dans ce genre de biens par lesquels l'Eglise conduit les hommes à la possession du bien suprême. Puisqu’elle est née pour cette fonction, elle doit pouvoir beaucoup par ses prières, afin que l’ordre de la

- Providence et de la miséricorde divines ait dans ses enfants son accomplissement et sa perfection; et ainsi les hommes qui prient avec l'Eglise et par l'Eglise demandent et obtiennent, en définitive, ce que, avant tous les siècles, le Dieu tout-puissant a décidé de donner (3). Actuellement, l'esprit humain est impuissant à pénétrer la profondeur des desseins de la Providence; mais il viendra un jour où, dans

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quum causas consécutionesque rerum Deo ipso apertas pro

benignitate sua monstrante, dilucidum patubit, orandi munus quantam in hoc rerum genere vim habuerit utilitatemque impetrandi. Inde eflectum patebit, quod sese multi, in tanta depravati sæculi corruptela, integros præstiterint atque inviolatos ab omni inquinamento carnis el spiritus, perficientes sanctificatiorem in

tumore Dei (1); quod ali, in eo dum essent ut flagitio indulge-

rent, 11li1Co sibi temperaverint, ex ipsoque periculo ‘et tamtamine bonos ceperint auctus virtutis, quod prolapsis aliis impulsio quædam permoverit animos ut erigerent se et in complexum Dei miserentis occurrerent. — Hæc igitur omnes apud se perpendentes, fallaciis, antiqui hostis etiam atque etiam obsecramus ne cedant, neve ulla omnimo causa a studio cessent orandi; verum in eo perseveranter consistant, sine inlermissione consistant. Prima sit 1llis cura de summo bon, æterna Omnium salute deque

incolumitate Ecclesiæ exposcenda : tum licet cetera bona ad

usum commoditatemque vitæ petant a Deo, modo veluntatis ejus æquissimæ acquiescant, eidem pariler, optata vel concesserit vel abnuerit, agentes gratias, beneficentissimo patri: ea denique religione et pietate cum Deo versentur, qua decet maxima et oportet, qua viri sancti consueverunt et ipse egit sanctissimus Redemptor et Magister noster, cum clamore valido et lacrimis (2).

Hic officium et paterna caritas postulat, ut in universos Eccle- siæ filios non precum modo, sed etiam pœnitentiæ sanctæ a largitore bonorum Deo spiritum imploremus: quod dum toto animo facimus, omnes et singulos ad hanc ipsam virtutem, cum altera conjunctissimam, pari studio adhortamur. Scilicet facit precatio ut animus sustentetur, instruatur ad fortia, ad divina conscendat : facit pœnitentia ut nobismetipsis imperemus, corpori maxime, gravissimo, x veteri noxa, rationis legisque evangelicæ inimico. Quæ viriutes, perspicuum est, aplissime inter se cohærent, inter se adjuvant, eodemque una conspirant, ut hominem, cœlo natum, a rebus caducis abstrahant evehantque propemodum ad cœlestem cum Deo consuetudinem: fit contra, ut cujus animus cupiditatibus estuet illecebrisque sit emollitus, jejunus ille fastidiat suavitates rerum cœlestium, neque alia sit ‘ precatio ejus nisi frigida vox et languida, indigna sane quam Deus excipiat. — Sunt ante oculos exempla pœnitentiæ hominum sanctorum,. quorum preces et obsecraliones, ea ipsa causa, magnopere Deo placuisse atque etiam ad prodigia

(1)11 Corinth., VII, 4. — (2) Hebr., V, 1.

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. séquênces des événements, il apparaîtra clairement combien Foffice

de la prière aura eu de puissance à cet égard et que de choses utiles il aura obtenues. On verra alors que c’est grâce à la prière qu’au milieu de la corruption si grande d’un monde dépravé, beaucoup se sont gardés intacts et se sont préservés de toute souillure de la chair

… et de l'esprit, accomplissant leur sanctification dans la crainte de Dieu (1);

que d’autres, au moment où ils allaient se laisser entraîner au mal,

se sont soudain retenus et ont puisé dans le danger et dans la ten-

tation même d’heureux accroissements de vertu; que d’autres enfin, qui avaient succombé, ont senti dans leur âme une certaine sollicitation à se relever et à se jeter dans le sein du Dieu de miséricorde.

C'est pourquoi Nous supplions avec les plus vives instances tous les chrétiens de peser ces pensées dans leur conscience, de ne pas céder aux supercheries de l'antique ennemi, de ne se laisser détourner sous aucun prétexte du goût de la prière, mais d'y persévérer au contraire et d'y persévérer sans interruption. Que leur pre-

mier soin soit de demander le bien suprême, c’est-à-dire le salut

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éternel de tous, et la conservation de l’Église; puis il est permis de.

solliciter de Dieu les autres biens, pour l'utilité et la commodité de

la vie, pourvu qu'on le fasse en se soumettant à sa volonté souve-: rainement juste, et que, soit qu'il accorde, soit qu'il refuse ce qu'on

désire, on lui rende grâces comme à un Père infiniment bienfaisant. Enfin, que ces demandes soient adressées à Dieu avec la religion et la haute piété qui conviennent et qui sont nécessaires, à grands cris et avec larmes (2), comme les saints ont eu coutume de le faire et

comme en a lui-même donné l’exemple notre Très Saint Rédempteur

et Maître. :

Ici, Notre devoir et Notre paternelle affection exigent que Nous demandions au Dieu dispensateur de tous les biens, pour tous les enfants de l'Eglise, non seulement l'esprit de prière, mais encore l'esprit de la sainte pénitence. En le faisant de tout Notre cœur, Nous exhortons avec la même sollicitude tous et chacun en particulier à cette vertu si- étroitement unie à l’autre. Car, si la prière a pour effet de nourrir l’âme, de l’armer de courage, de l’élever aux choses divines, la pénitence nous donne la force de nous dominer,

et surtout de commander au corps, qui, par suite de la faute origi-

nelle, est l'ennemi le plus redoutable de la doctrine et de la loi

évangéliques. Il y a entre ces vertus, cela est évident, une cohésion

parfaite; elles s’entr'aident, et tendent l’une comme l’autre à détacher des choses périssables l’homme né pour le ciel, et à l'emporter, pour ainsi dire, jusqu’à l'intimité céleste avec Dieu. Au contraire, celui dont l’âme est agitée par les passions et amollie par les plaisirs a le cœur aride et n’éprouve que du dégoût pour la suavité des choses du ciel; sa prière n’est qu’une voix glacée et languissante, indigne assurément d’être écoutée par Dieu.

Nous avons sous les yeux l'exemple de la pénitence des saints, et les fastes sacrés nous apprennent qu'à cause d'elle précisément, leurs prières et leurs supplications ont été grandement agréables à

Dieu et ont même eu la puissance d'opérer des prodiges. Ils diri-

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108 ENCYCLIQUE DE S. S. LÉON XIN valuisse sacris fastis docemur. Mentem illi et animum liidinesque assidue regebant, domabant: doctrinæ Christi Ecclesiæque ejus documentis ac præceptis summa solebant consensione et demissione adhærescere; velle nolle nihil, nisi Dei numine explorato, nihil quidquam agendo spectare, nisi ejus gloriæ incrementa ; cupiditates acriter coercere et frangere, corpus dure inclementerque habere, jucundis rebus neque ïüisnoxiis virtutis gratia abstinere. Quare merito poterant, quod Paulus Apostolus de se, idem 1ipsi usurpare: nosfra autem conversatio

in cœlis est (1), eamdemque ob caussam tantum inerat in eorum obsecrationibus ad propitiandum exorandumque Deum efficacitatis. — Non omnes omnino posse adeo nec debere apparet: attamen ut consentanea sib1 afflictatione vitam moresque suos unusquisque castiget, rationes id exigunt justitiæ divinæ, cui satis de commissis faciendum restricte est; præstat autem voluntariis, dum vita sit, id fecisse pœnis, unde virtutis Pres accedat.

Ad hæc, quando in mystico Christi corpore, quæ est Ecclesia, omnes tamquam membra coalescimus et vigemus, hoc, Paulo auctore, consequitur, ut, quemadmodum lætanti qua de re membro membra célera collætantur, ita pariter dolenti condoleant, hoc est christianis fratribus, vel animo ægris vel corpore, fratres ultro subveniant, et quantum in ipsis est, curationem adhibeant : Pro invicem sollicita sint membra. Et si ‘quid patitur unum membrum, compatiuntur omnia membra; sive gloriatur unum membrum, congaudent omnia membra. Vos autem estis corpus Christ et membra de membro (2 (2). In hoc autem caritatis specimine, ut quis Ghristi exemplo insistens, qui vitam ad omnium nostrum redimenda peccata immenso amore profudit, luenda sibi aliorum admissa suscipiat, in hoc demum illud continetur magnum vinculum perfeclionis, quo fideles inter sese et eum cœlestibus civibus arctissimeque cum Deo junguntur. — Ad summam, sanctæ pœnitentiæ actio tam varia atque industria est tamque late pertinet, ut eam quisque, pia modo et alacri voluntate, perfrequenti possit nec laboriosa facultate exercere.

Restat, Venerabiles Fratres, ut, quæ vestra est singularis et eximia quum in sanctissimam Dei Matrem pietas tum in christianum gregem caritas et sollertia, commonitionis hortationisque Nostræ exituni, opera vestra, perquam optimum, Nobis polliceamur ; gestitque animus fructus eos, quos pluries splendide declarata catholicorum in Mariam religio tulit, jam nunc lætissimos uberrimosque præcipere. Vobis igitur et vocantibus et excitantibus et præeuntibus, fideles, hoc præsertim proximo. mense, ad aras solemnes augustæ Reginæ benignissimæ Matris

(4) Philip, III, 20, — (2) I Corinth., XII, 25-27, :

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geaient et domptaient continuellement leur esprit, leur cœur et leurs passions; ils se conformaient avec une soumission parfaite aux enseignements et aux préceptes de Jésus-Christ et de son Eglise; ils ne déterminaient leur volonté qu'après avoir reconnu celle de Dieu; dans toutes leurs actions, ils ne recherchaient rien autre que l'accroissement de sa gloire ; ils réprimaient et brisaient énergiquement les mouvements tumultueux de leur âme; ils traitaient leur corps durement et sans pitié; ils poussaient la vertu jusqu’à s'abstenir des choses agréables et même des plaisirs innocents. Aussi pouvaient-ils s “appliquer avec raison ce mot que l’apôtre saint Paul disait de lui-même : Pour nous, notre vie est dans les cieux (1), et c’est pourquoi leurs prières étaient si efficaces pour apaiser et fléchir Dieu.

Il est certain que tous ne peuvent point et ne doivent point faire

tout cela; cependant, que chacun corrige sa vie et ses mœurs par

une pénitence proportionnée à ses forces, c’est ce qu’exigent les

dispositions de la Justice divine, qui a le droit de réclamer une

à réparation sévère pour les fautes commises; or, il est préférable

- d’avoir accompli pendant la vie, par des peines volontaires, ce qui procure la récompense de la vertu.

En outre, dans le corps mystique du Christ, qui est l'Eglise, nous jouissons tous comme membres de la communauté de vie et de croissance; d’où il suit, d’après saint Paul, que, de la facon dont les membres participent à chaque joie d’un des leurs, ils doivent aussi partager ses douleurs; c'est-à-dire que les frères doivent aimer à secourir leurs frères chrétiens, en leurs souffrances spirituelles ou corporelles, et leur procurer la guérison dans la mesure du possible. Que les membres aient de la sollicitude l’un pour l’autre. Si un membre souffre, tous souffrent avec lui; si l’un est heureux, tous se réjouissent avec lui. Vous éles le corps du GURS et les membres du

. méme corps (2).

Or, ce genre de charité qui, modelé sur l'exemple du Christ donnant, par un immense amour, sa vie pour le rachat de nos . péchés communs, consiste à prendre pour soi l’expiation des fautes d'autrui, cette charité enfin renferme le grand lien de perfection . qui unit les fidèles entre eux et avec les habitants du ciel et les rapproche le plus étroitement de Dieu.

Enfin, l’action de la sainte pénitence est si diverse, si ingénieuse etsi étendue, que toute personne, avec de la piété et du zèle, peut l'exercer très fréquemment et sans efforts.

Puissions-Nous, Vénérables Frères, grâce à Votre amour particulier et éminent pour la Très Sainte Mère de Dieu, grâce aussi à - Votre affection et à Votre soiiicitude remarquables pour le peuple

… chrétien, Nous promettre avec Votre concours les meilleurs résultats

“de Nos admonitions et de Nos exhortations! Nous brülons de - recueillir dès maintenant les fruits si agréables et si abondants que. la piété des catholiques pour Marie a maintes fois produits dans ses - manifestations éclatantes. Qu’à Votre appel donc, à Vos exhortations et sous Votre conduite, les fidèles, surtout en ce mois qui approche, accourent et s'assemblent autour cé autels solennellement ornés

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conveniant, concurrant, atque mystica ei serta acceptissimo C Rosarii ritu, filiorum more contexant et præbeant : integris per | Nos atque ratis, quæ antehac in hac re a Nobismetipsis præscripta edita et dona indulgentiæ sacræ concessa (1).

Quam præclarum et quanti erit, in urbibus in pagis in villis, terra marique, quacumque patet catholicus orbis, multa pirum centena millia, sociatis laudibus fœderatisque precibus, una mente et voce singulis horis Mariam consalutare, Mariam implorare, per Mariam sperare omnia! Ab ispa omnes fidentes contendant ut, exorato Filio, aberrantes nationes ad christiana | redeant instituta et prætepta, in quibus salutis publicæ firmamentum consistit, unde expetitæ pacis et veræ beatitatis copia efflorescit. Ab ipsa eo impensius contendant, quod bonis omnibus exoptatissimum -esse debet, ut Ecclesia mater libertate potiatur tranquilleque fruatur sua; quam non alio illa refert nisi ad Summas hominum procurandas rationes, à qua singuli et civitates nulla usquam damna, plurima omni tempore et maxima beneficia senserunt. é

Jam vobis, Venerabiles Fratres, aäprecante sacratissimi Rosarii Regina, largiatur Deus munera bonorum cœlestium, | unde ad partes pastoralis officii sancte obeundas auxilia et vires suppetant in dies ampliora : cujus rei esto auspicium.et pignus : Apostolica Benedictio, quam vobis ipsis et clero et populis cujusque vestrum curæ concreditis peramanter impertimus. (4

Datum Romæ apud S. Petrum die XXII Septembris anno CECRSE Pontficatus Nostri Decimo quarto.

@) Cf. Epistola Encyclica Supremi Apostolatus, die 1 sut anno. MDCCCLXXXII; Epistola Encyclica Super iore anno, die 30 aug. an. MDCCCLXXXIV; Decret, S. R. C. Inter plurimos, die 20 aug. an. MDCCCLXXX V; "Epistola Encyclica ie pluries, die 15 aug. an. MDCCCLXXXIX. |

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