‹ Lettres apostoliques des S.S. Léon XIII (volume 2)Chapitre 55 sur 94 · MAGNÆ DEL MATRIS », 7 SEPTEMBRE · texte numérisé non relu

MAGNÆ DEL MATRIS », 7 SEPTEMBRE

dignité et en rend grâces à la bonté du Dieu puissant et miséricor-

dieux, plus elle s'enfonce dans son humilité, ne s’attribuant aucune vertu, et elle s’empresse de se proclamer la servante du Seigneur alors qu’elle devient sa Mère. Ce qu’elle a saintement promis, elle l’accomplit avec une sainte ardeur, sa vie étant dès lors en intime communion, pour la joie et pour les larmes, avec celle de son Fils Jésus.

C'est ainsi qu’elle atteindra une hauteur de gloire où personne, ni homme, ni ange, ne s’élèvera, parce que personne ne pourra lui être comparé pour le mérite et la vertu; ainsi la couronne du royaume d'en haut.et du royaume d’ici-bas lui est réservée, parce qu'elle deviendra l'invincible Reine des martyrs : ainsi, dans la cité céleste de Dieu, elle sera assise éternellement, la couronne sur la tête, à côté de son Fils, parce que, constamment, pendant toute sa vie, plus constamment encore sur le Calvaire, elle aura bu avec lui le calice d'amertume.

* Voici donc que, dans sa sagesse et sa bonté, Dieu nous a donné dans Marie le modèle de toutes les vertus le plus à notre portée. En la considérant et la contemplant, nos esprits ne se sentent pas comme écrasés par l’état de la divinité, mais, au contraire, attirés par la parenté d’une commune nature, nous travaillons avec plus de confiance à l’imiter. Si nous nous donnons tout entiers à cette œuvre, avec son assistance surtout, il nous sera certainement possible de reproduire en nous au moins quelques traits d’une si grande vertu et d’une si parfaite sainteté, et imitant l’admirable conformité de sa vie à toutes les volontés de Dieu, il nous sera donné de la suivre dans le ciel.

Poursuivons vaillamment etfermement, quelque pénible et quelque embarrassé de difficultés qu'il soit, notre pèlerinage terrestre ; au milieu du labeur et des épreuves, ne cessons pas de tendre vers

Marie nos mains suppliantes, en disant avec l'Eglise : Nous soupirons

vers vous, gémissant el pleurant, dans cette vallée de larmes... Tournez vers nous vos regards miséricordieux. Donnez-nous une vie pure, ouvreznous un chemin sûr, afin que, contemplant Jésus, nous nous réjouissions à jamais avec vous dans le ciel! (1)

Et Marie, qui, sans en avoir jamais subi personnellement l'épreuve, sait combien notre nature est faible et vicieuse, et qui est la meilleure et la plus dévouée des mères, avec quel à-propos et quelle générosité elle viendra à notre aide! avec quelle tendresse elle nous consolera! et avec quelle force elle nous soutiendra! Marchant par la route que le sang du divin Christ et les larmes de Marie ont consacrée, nous sommes certains de parvenir sans difficulté à la participation de leur bienheureuse gloire.

Le Rosaire en l'honneur de la Vierge Marie, dans lequel se trouvent si bien et si utilement réunis une excellente formule de prière, un moyen efficace de conserver la foi et un insigne modèle de vertu parfaite, est donc entièrement digne d’être fréquemment aux mains des vrais chrétiens et d’être pieusement récité et médité.

Nous adressons particulièrement ces exhortations à la confrérie de la Sainte-Famille que Nous avons récemment approuvée et

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cerium, quod vitam intra parietes Nazarethanæ domus tacitam d. abditamque diu transegerit, eidem Consociationi dat causam,

ita ut ad exemplar Familiæ sanctissimæ divinitus constitutæ sese christianæ familiæ curent sedulo conformare, jam ejus pers: picua est cum Rosario singularis quædam conjunctio: qua præsertim attinet ad mysteria gaudiorum, in eo ipso conclusa quum Jesus, post declaratam in templo sapientiam suam, cum Maria et Josepho, venit Nazareth et erat subditus illis, cetera quasi instruens mysteria, quæ hominum doctrinam et redemplionem proprius efficerent. Quare videant Consociati omnes quam sit suum, cultores Rosarii atque etiam propagatores sese diligentes præbere.

Quantum est ex Nobis, rata firmaque habemus sacræ indulgentiæ munera, superioribus annis Concessa, eorum gratià qui octobrem mensem rite ab ea ipsa præscripta egerint: vestræ autem, Venerabiles Fratres, auctoritati et sollertiæ valde tribuimus, ut par atque antea in catholicis gentibus caleat religio et contentio sancta ad Virginem, Christianorum Adjutricem, Rosariïi, prece colendam. — At vero, unde exorsa est cohortatio Nostra, inde placet ad exitum pergat, iterunr apertiusque tes-

tando quem fovemus erga magnam Dei Genitricem animum et

memorem benefciorum et spei plenum lætissimæ. Suffragia

christiani populi ad ejus aras pientissime supplicantis æque

rogamus Ecclesiæ causà tam adversis turbulentisque jactatæ temporibus æque rogamus causa Nostra, qui devexa ætate,

defessi laboribus, difficillimis rerum constricti angustiis, nullis

hominum fulti subsidiis, ipsius gubernacula Ecclesiæ tractamus. Nempe in Maria, potente et benigna matre, spes Nostra exploratior quotidie augescit, jucundius arridet. Cujus deprecationi si plurima eaque præclara beneficia a Deo accepta referimus, id

quoque effusiore gratia referimus quod jamjam detur quinqua-

gesimum diem anniversarium attingere ex quo sumus episcopali ordine consecrati. Magnum sane hoc est respicientibus tam diuturnum pasioralis muneris spatium, quantum præcipue, quotidiana sollicitudine agitatum, adhuc impendimus christiano gregl universo regendo. Quo Nobis in spatio, ut est hominum vita, ut sunt Cbristi et Matris mysteria, nec defuerunt gaudiorum causæ, et plures acerbæque admixtæ sunt causæ dolorum, gloriandi in Christo præmiis quoque delatis: eaque Nos omnia, demissa Deo æqualiter mente gratoque animo, convertere ad Ecclesiæ bonum et ornamentum studuimus. Nunc jam, nec enim dissimiliter reliqua vita decurret, si vel nova affulgeant gaudia vel impendeant dolores, si qua gloriæ accessurasint decora,

eâdem Nos mente eodemque animo constantes, et gloriam unice.

appetentes a Deo cœlestem, davidica illa juvabunt : Sit nomem

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« MAGNÆ DEL MATRIS », 153 recommandée. Puisque le mystère de la vie longtemps silencieuse et cachée de Notre-Seigneur Jésus-Christ, entre les murs de la maison de Nazareth, est la raison d'être de cette confrérie, qui a pour but d'obtenir que les familles chrétiennes s'appliquent à se modeler sur l'exemple de la très sainte Famille, divinement constituée, les liens particuliers qui la rattachent au Rosaire sont évidents, spécialement en ce qui regarde les mystères joyeux qui se sont accomplis lorsque Jésus, après avoir montré sa sagesse dans le temple, viné, avec Marie et Joseph, à Nazareth, où il leur était soumis, préparant les autres mystères qui devaient le mieux contribuer à instruire et à racheter les hommes. Que tous les associés s'appliquent donc,

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