‹ Lettres apostoliques des S.S. Léon XIII (volume 2)Chapitre 70 sur 94 · RP TON PAPE RAR LORIE · texte numérisé non relu

RP TON PAPE RAR LORIE

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À ain , 8 SEPTEMBRE 1893 ; -18l

Le l ren l'OL Ai $ ; \ . 1 tations ont produits, il convient de signaler les grands développements de la dévotion du saint Rosaire, les nouvelles confréries érigées sous ce nom et la reconstitution des anciennes; les doctes écrits publiés à cette fin, au grand profit des fidèles, et jusqu'à certaines œuvres d’art d’un mérite et d’une richesse remarquables inspirées par cette même pensée.

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. Aujourd'hui, pressé par la voix de la Bienheureuse Vierge Mère, |

Nous répétant : Clama, ne cesses, « Crie et ne cesse de crier », Nous venons avec bonheur, Vénérables Frères, Vous entretenir de nouveau du saint Rosaire de Marie, à l'approche de ce mois d'octobre que Nous avons consacré à cette touchante dévotion en l’enrichissant d’indulgences et de grâces nombreuses. Notre parole, toutefois, n'aura pas présentement pour but immédiat de décerner de nouvelles louanges à cette forme si excellente de prières, ni d’exciter principalement les fidèles à y recourir avec piété. Nous voulons plutôt Vous rappeler certains avantages très précieux découlant de cette dévotion et répondant à merveille aux circonstances actuelles des hommes et des choses ; car Nous sommes très persuadé que de la récitation du saint Rosaire, pratiquée de facon à produire son plein effet, découleront, non seulement pour les individus en particulier, mais pour toute la république chrétienne, les avantages les plus *PrÉCIeUX. Sos

Il n'est personne qui ne sache combien, pour obéir au devoir de Notre suprême apostolat, Nous Nous sommes efforcé, comme Nous sommes prêt à le faire encore avec l’aide de Dieu, de travailler au bonheur et à la prospérité des sociétés. Souvent Nous avons averti ceux qui détiennent le pouvoir de ne faire des lois et de ne les . appliquer que dans le sens de la pensée divine. Ceux que leur génie, leurs mérites, la noblesse du sang ou la fortune ont élevés au-dessus de leurs concitoyens, Nous les avons exhortés à unir leurs lumières et leurs forces, pour travailler d'autant plus efficacement à fortifier et à défendre les intérêts communs. Mais, dans la société. civile telle que Nous la voyons constituée aujourd'hui, il est des causes nombreuses et multiples qui affaiblissent les liens de l’ordre public, et détournent les peuples de la voie de l'honnêteté et des bonnes mœurs. Ces causes Nous paraissent surtout être les trois suivantes, à savoir: l’aversion pour la vie humble et laborieuse; l'horreur de toutce qui fait souffrir; l'oubli des biens futurs, objet de notre espérance. =: Nous constatons avec douleur, et ceux mêmes qui ne jugent toutes choses qu'à lalumière de la raison humaine et d’après les principes d'utilité le reconnaissent et le déplorent avec Nous, qu'une plaie profonde a frappé le corps social, depuis qu'on y voit négligés et comme dédaignés les devoirs et les vertus qui font l’ornement de la vie simple et commune. De là, en effet, au foyer domestique, cette * résistance opiniâtre des enfants à l'obéissance que la nature ellemême leur impose, et cette impatience à supporter tout joug autre que celui de la mollesse et de la volupté. De là, chez l’homme con-

damné au travail, cette recherche à écarter et à fuir tout labeur

pénible, ce profond mécontentement de son sort, ces visées à un rang supérieur, ces aspirations inconsidérées vers un égal partage des biens, et autres ambitions du même genre, qui font déserter la

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æquilibritas nulla ; mutare omnia, animos simultatibus invidiaque torqueri, ius conculcari palam, eos denique, qui spe sint falsi,

per seditionem et turbas publicam tentare pacem, tisque obsistere quorum estillam tutari. — Contrahæc curatio petatura Rosario mariali, quod simul certo precum ordine constat et pla myste-

capiant effusasque Hébebens. — Hinc inter ordines divitatum k

riorum Christi Servatoris et Matris commentatione. Nempe

gaudiorum mysteria probe et ad vulgus enarrentur, ac, veluti

pieturæ quædam imaginesque virtutum,in oculis hominum CONS-

tituantur : perspiciet quisque, quam ampla inde quamque facilis, ad vitam honeste componendam, offeratur documentorum copia,

mira animos suavitate allicientium. — Obversatur Nazarethana

domus, terrestre illud divinumquesanctimoniæ domicilium. Quantum in ea quotidianæ consueludinis exemplar! quæ societatis domesticæ omnino perfecta species! Simplicitas 1bi morum et

candor ; animorum perpetua consensio ; nulla ordinis perturbatio;

observantia mutua ; amor denique, non ille fucatus et mendax, sed qui officiorum assiduitate integre vigens, vel oculos intuentium

rapiat. Illic datur quidem studium ea parando quæ suppeditentad, victum et cultum ; id vero in sudore vultus, et ut ab eis, qui parvo.

contenti, potius agant, ut minus egeant, quam ut plus habeant. Souper hæc omnia, summa tranquillitas mentis, par animi lætitia; >

quæ duo recto factorum conscientiam nunquam non COMItANTUr. —

Quarum exempla virtutum, modestiæ nimirum ac demissionis, laborum tolerantiæ et in alios benevolentiæ, diligentiæ tenuium

Officiorum quæ sunt in quotidiana vita, cetera demum exempla,

simul atque concipiantur sensim animis alteque insideant, sensim

… profecto in eis optata consiliorum morumque mutatio eveniet. Tum sua cuique munera, nequaquam despecta erunt et molesta,

sed grata potius et delectabilia : atque, iucunditate quadam

aspersa, eénixius ad probe agendum conscientia officii valebit. EX eo mores in omnes partes mitescent; domestica convictio 10) . amore et deliciis erit; usus cum ceteris plus multo habebit sin-

ceræ observantiæ et caritatis. Quæ quidem, ex homine singulari,

si late in familias, in civitates, in universum quempiam populum

traducantur, ut ad hæc instituta moderantur vitam; quanta inde à

reipublicæ emolumenta sint obventura, apertum est.

Alierum, sane funeslissimum, in quo Pen nimii nunquam simus, eo quia latius in dies deteriusque inficiat animos,

illud est, recusare dolorem, orne et dura acriter propulsare.

PA MAS 2 MATE Gel dr AU RQE Del campagne pour aller se plonger dans le tumulte et les jouissances

des grandes villes.

De là, cette rupture de l'équilibre entre les diverses classes de la société; cette inquiétude universelle, ces haines et ces poignantes

jalousies; ces violations flagrantes du droit, ces efforts incessants,

enfin, de tous les décus, à troubler par des séditions et par des émeutes la paix publique, et à s'attaquer à ceux mêmes qui ont mission de la protéger.

Le remède à ces maux, qu'on le demande au Rosaire de Marie,

à cette récitation coordonnée de certaines formules de prières

ne accompagnée de la pieuse méditation des mystères de la vie du

Sauveur et de sa Mère. Que, dans un langage convenable et adapté

à l'intelligence des simples fidèles, on leur explique les mystères

‘4 joyeux en les leur mettant devant les yeux, comme autant d'images

et de tableaux de la pratique des vertus; et chacun voit quelle admirable et riche mine il y a là d'arguments faciles et capables, par leur suave éloquence, de persuader les bonnes mœurs et l'honnêteté,

Nous voici en présence de la Maison de Nazareth, le domicile de la sainteté divine et terrestre. Quelle perfection de vie commune! Quel modèle achevé de la société domestique! Il y règne la candeur et la simplicité; une perpétuelle concorde; un ordre toujours parfait ; un respect mutuel et un amour réciproque, un amour non point faux et mensonger, mais réel et actif, qui, par l’assiduité de ses bons oflices, ravit même les yeux des simples spectateurs. Un

zèle prévoyant y pourvoit à tous les besoins de la vie; mais cela,

in sudore, vultus, « à la sueur du front », à la facon de ceux qui, sachant se contenter de peu, s'efforcent moins de multiplier leur avoir que de diminuer leur pauvreté.Par-dessus tout, ce qu’on admire dans ce foyer domestique, c’est la paix de l’âme et la joie de l'esprit, double trésor de la conscience de tout homme de bien.

Or, ces grands exemples de modestie et d’humilité, de patience dans le travail, de bienveillance envers le prochain, d'un parfait accomplissement des menus devoirs de la vie privée et de toutes les vertus ne sauraient être médités ni se fixer ainsi peu à peu dans la mémoire, sans qu'insensiblement il n’en résulte une salutaire transformation dans les pensées et dans les habitudes de la vie. Alors les obligations d’un chacun cesseront de lui peser et de lui inspirer le dégoût; il les aimera, et trouvera à les remplir une

jouissance qui lui sera un nouveau stimulant pour le bien. Par :

suite aussi, les mœurs deviendront plus douces; la vie de famille plus agréable et plus chère; le commerce avec le prochain plus pénétré de sincérité, de charité et de respect. Et si ces transfor-. mations de l’homme privé s'étendent aux familles, aux cités, aux peuples et à ses institutions, l’on voit aisément quels immenses avantages en retirera la chose publique tout entière.

- Un second mal extrêmement funeste et que jamais Nous ne sau-

rions assez déplorer parce qu’il ne cesse de se propager de jour en jour au grand détriment des âmes, c’est la volonté arrêtée de se

soustraire à la douleur, d'employer tous les moyens pour éviter la soufirance et repousser l’adversité.

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