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LAN ANS Ve ee A AL Rs f4 NCTÆ » 8 SEPTEMBRE 1893 187 | Le a souffert la croix en en méprisant la confusion »5 [ous entendons cette patience, qui, après avoir demandé à Dieu le secours de sa grâce, ne récuse aucune souffrance, mais s’en réjouit, et, quelle qu’elle soit, la considère comme un gain. | . L'Eglise catholique a toujours eu et compte présentement, et en tous lieux, d’illustres disciples de cette doctrine, des hommes et de pieuses femmes de tout rang qui, pour marcher sur les traces du Seigneur, supportent avec courage et en esprit de religion toutes sortes d’injures et d'amertumes en redisant, plus encore par leurs actes qu’en paroles, avec l’apôtre saint Thomas : Eamus et nos et, moriamur cum eo, « Allons, nous aussi, et mourons avec lui. » - Plaise à Dieu de multiplier de plus en plus ces exemples d'insigne constance! Ils sont un soutien pour la société civile, et pour l'Eglise une gloire et une vertu. | Le troisième genre de maux auxquels il faut porter remède, est particulièrement propre aux hommes de notre temps. Ceux, en effet, des siècles antérieurs, alors même qu'ils aimaient parfois plus passionnément les choses de la terre, n'avaient pas cependant un dédain absolu pour les choses célestes; ainsi, à entendre les sages * d’entre les païens eux-mêmes, cette vie leur apparaissait comme une hôtellerie et une maison de passage, plutôt que comme une demeure fixe et durable. | |: RSS Les hommes de nos jours, au contraire, quoique nourris de christianisme, poursuivent de telle sorte les biens périssables de la vie . : présente, qu'ils voudraient non seulement oublier, mais, par un excès d’avilissement, effacer même le souvenir d'une patrie meilleure dans l’éternelle béatitude, comme si saint Paul nous avait avertis en vain que nous n'avons pas ici de demeure permanente, mais que nous cherchons une habitation future. Non habemus hic manentem civitatem, sed futuram inquirimus (1). ; Que si l’on scrute quelles sont les causes de cette aberration, la première qui se présente, c’est la persuasion d’un grand nombre, que la préoccupation des choses futures éteint. l'amour de la patrie terrestre et tourne au détriment de la prospérité de l'Etat : calomnie odieuse et insensée. Et, de fait, les biens que nous espérons ne sont pas de nature à absorber la pensée des hommes jusqu’à les détourner du soin des choses présentes. Jésus-Christ lui-même, en nous recommandant de chercher tout d'abord le royaume de Dieu, a insinué par là même que cela ne devait point nous faire négliger … tout le reste.
__ L'usage, en effet, des biens présents et la jouissance honnête qui s’y attache, quand la vertu y trouve un stimulant ou une récom- pense, comme aussi les décors et les embellissements de la cité terrestre, quand on y voit une image des splendeurs et des magnificences de la cité céleste, n’offrent rien de contraire à la raison -. humaine ou aux conseils divins; car Dieu est auteur à la fois de la nature et de la grâce, et il n’a pas voulu que l’une nuise à l’autre, ni qu’elles se combattent mutuellement, mais qu’unies par uné
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coeant, utnempe, utraque duce, immortalem illam Héataper “0 quam mortales nati sumus, faciliore veluti via, aliquando contingamus. — At vero homines voluptarïii, sese unice amantes, : qui cogitationes suas omnes in res caducas humiliter abiiciunt, ut se tollere altius nequeant, ii, potius quam a bonis quibus. fruantur aspectabilibus æterna appetant, ipsum plane amittunt æternitatis aspectum, ad conditionem prolapsi indignissimam. Neque enim divinum Numen graviore ulla pœna multare hominem possit, quam quum illum blandimenta voluptatum, bonorum. sempiternorum immemorem, OmhNi vita consectari permiserit.… — À quo tamen periculo ille profecto aberit qui, pietate Rosarii usus, quæ in 1110 proponuntur a gloria mysteria, attenta repetet frequentique memorio. Mysteria etenim ea sunt, in quibus clarissimum christianis mentibus præfertur lumen ‘ad suspicienda bona,quæ, etsi obtutum oculorum effugiunt, sed certa tenemus fide præparasse Deum diligentibus se.— Docemur inde, mortem, non interitum esse omnia tollentem atque delentem, sed migrationem commutationemque vitæ. Docemur, omnibus in cœlum cursum patere; quumque ïillo Christum cernimus remeantem, reminiscimur felix .eius promissum : Vado parare vobis locum. Docemur, fore tempus, quum absterget Deus omnem lacrimam. ab oculis nostris, et neque luctus, neque clamor, neque dolor erit. ultra sed semper cum Domino erimus, similes Dei. quoniam videbimus eum sicuti est; poli torrente voluptatis. eius, Sanctorum s cives, in Mmagnæ Reginæ et Matris beatissima communione. — Hæc autem ?considerantem | ‘animum inflammari necesse est, atque tum illud iterare Viri sanctissimi : Quam sordet tellus, d'um cœlum aspicio / tum eo uti solatio quod momentaneum et leve tribulationis nostræ æternum gloriæ pondus operatur in mobs. Enimvero una hæc est ratio præsentis temporis cum æterno, terresiris civitatis cum cœlesti apte iungendæ; hac una cd | cuntur fortes animi et excelsi. Qui quidem, si magno numéro censeantur, dignitas et amplitudo stabit civitatis ; florebunt quæ vera, quæ bona. quæ pulchra sunt, ad normam illam. expressa | quæ omnis veritatis, bonitalis, pulcritudinis summum + pris cipium et fons perennis. \
lam videant omnes, quod principio posuimus, quarum sit utilitatum fecunda marialis Rosarii virtus, et quam mirifice possit ad temporum sananda mala, ad gravissima civitatis damna prohibenda. Istam vero virtutem, ut facile cognitu est, ill præcipue uberiusque percepturi erunt qui cooptati in SaCTa
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fraternelle alliance, elles nous conduisent toutes les deux plus aisément à cette immortelle béatitude, pour laquelle, hommes mortels, nous sommes venus en ce monde. ds
Cependant, les voluptueux et les amateurs d'eux-mêmes, ceux dont les pensées se perdent dans les choses basses et périssables au point qu’il leur {devient impossible de s'élever plus haut, ceux-là, plutôt que de sentir naître en eux, par la jouissance des créatures visibles, le désir des biens invisibles et éternels, perdent complètement de vue l'éternité elle-même, et tombent jusqu’au dernier degré de la plus infime abjection.
Aussi bien, Dieu ne saurait-11 infliger à l'homme une punition plus terrible qu’en le laissant de la sorte oublier les biens supérieurs pour passer sa vie dans la jouissance des basses voluptés.
Or,à un danger pareïlne sera certainement jamaisexposéle chrétien qui, Le pieux Rosaire à la main, en méditera souvent les mystères glorieux. De ces mystères, en effet, jaillit une lumière qui nous découvre ces célestes trésors et beautés, que notre œil corporel ne
Saurait atteindre, mais que nous savons par la foi être préparés à
ceux qui aiment Dieu.
. Nous y apprenons que la mort n'est pas une ruine qui ne laisse rien derrière elle, mais le passage d’une vie à une autre, et que le chemin du ciel est ouvert à tous. Quand nous y voyons monter le Christ Jésus, nous nous rappelons sa promesse de nous y préparer une place : Vado parare vobis locum. Le saint Rosaire nous fait souvenir qu'il y aura un temps où Dieu sèchera toute larme de nos yeux, oùuiln'y aura plus de deuil, ni de gémissement, ni aucune douleur, où nous serons toujours avec le Seigneur, semblables à Dieu parce que nous le verrons comme il est; enivrés du torrent de ses délices, concitoyens des saints, en conséquence de la bienheureuse Vierge, notre Mère. |
Comment une âme, qui se nourrit de semblables pensées, ne se
sentirait-elle pas brüler d'une sainte flamme et ne s’écrierait-elle pas avec un grand saint : « Que la terre me paraît vile quand je regarde le ciel! Quam sordet tellus dum cœlum aspicio ! » Comment
ne se consolerait-elle pas, en songeant qu'une légère; tribulation momentanée produit en nous un poids éternel de gloire : Momentaneum el leve tribulationis nostræ æternum gloriæ pondus operatur in nobis. En vérité, là seulement est le secret d'unir, comme il convient,
le temps à l'éternité, la cité terrestre à la cité céleste, et de former
des caractères nobles. :
Si ces caractères sont le grand nombre, la société sera sauvegardée dans sa dignité et sa grandeur; on y verra fleurir le bien, le vrai et le beau, à l’image de Celui qui est le principe et l’intarissable source de toute vérité, de toute bonté et de toute beauté.
Et maintenant, qui ne voit, comme Nous l'avons observé en commencant, combien grande et féconde est la salutaire vertu du saint Rosaire de Marie et quels admirables remèdes la société actuelle
j peut.y puiser pour guérir ses maux et en prévenir le retour?
Mais cette vertu, ceux-là naturellement en éprouveront avec plus d'ubonäance les bienfaits qui, ayant donné leurs 1«ms à quelau'une
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Rosarii Sodalitia, peculiari et inter se fraterna coniunelione et. erga sanctissimam Virginem obsequio præ ceteriscommendantur. Hæc enim Sodalitia, “auctoritate romanorum Pontificum com- ;
probata, ab eisque donata privilegiis et muneribus indulgentiæ,
suo palam ordine ac magisterio reguntur, conventus statis habent 4 temporibus, præsidiis optimis instruuntur quibus sancie vigeant et ad commoda etiam societatis humanæ conducant. Hæc sunt ;
veluti agmina et acies, prælia Christi per sacratissima eius
mysteria pugnantes, auspice et duce Regina cælesti: quorum illa « supplicationibus, ritibus, pompis quam adsit propilia, præclare … omni tempore patuit, magnifice ad Echinadas. — Magno igitur : studio in talibus Sodalitiis condendis, amplificandis, moderandis \
par est contendere et eniti, non unos inquimus alumnos Domi-
nici Patris, quamquam ïlli ex disciplina sua debent summopere, sed quotquot præterea Sunt animarum curatores, in sacris .præsertim ædibus ubi illa iam habentur legitime instituta. Atque «
etiam Nobis maxime in votis est, ut qui sacras expeditiones ad .
Christi doctrinam, velinter barbaras gentes invehendam vel apud excultas confirmandam obeunt, hac item in re elaborent. Ipsis « omnibus hortatoribus, minime dubitamus, quin multi e Christi fidelibus animo alacres futuri sint, qui tum eidem Sodalitati dent
nomen, tum eximie studeant bona intima, quæ exposuimus, assequi, illa nimirum quibus ratio et quodammodo res Rosarn
continetur. Ab exemplo autem Sodalium maior quædam reve- . rentia et pietas erga ipsum Rosarii cultum ad ceteros manabit
fideles: qui ita excitali, ampliores impendent curas ut, quod. Nobis desideratissimum est. eorumdem salutarium bonorum copiam abunde participent. : -
Hæc Nobis igitur prælucet spes, hac ducimur atque in tantis
reipublicæ damnis valde recreamur : quæ ut plena succeda, ipsa
exorata efficiat Rosarii inventrix et magistra, Dei et hominum
Mater, Maria. Fore autem vestrà omnium opera, Venerabiles.
Fratres, confidimus, ut documenta et vota Nostra ad familiarum
prosperitatem, ad pacem populorum et omne benum eveniant. | Interea divinorum munerum auspicem ac benevolentiæ Nostræ . testem, vobis singulis et clero populoque vestro Apostolicam |
benedictionem peramanter in Domino impertimus.
Datum RomæapudS.Petrum die vnr septembris anno MDCCCXCIN, |
LEO PP. XII
Pontificatus Nostri sextodecimo. | 4
SA LE des pieuses confréries du Rosaire y auront acquis, grâce à cette fraternelle union et à leur consécration spéciale au culte de la Très
. Sainte Vierge, un titre nouveau et particulier. Ces confréries, en effet,
approuvées par les Pontifes romains et enrichies par eux de privilèges et d’indulgences, ont leur constitution propre et leur discipline; elles tiennent leurs réunions à des temps déterminés, et sont pourvues des moyens les plus aptes à faire fleurir la piété et à serendre utiles même à la société civile. Ce sont comme autant de bataillons militants, qui combattent les combats du Christ pour la vertu de ses sacrés mystères,sous les auspices et la conduite de la Reine du ciel, et Marie en tous les temps, et plus encore à la journée de Lépante, leur a prouvé manifestement combien elle agréait leurs prières, leurs fêtes et leurs suppliantes processions.
Il est donc bien juste que, non seulement les fils du patriarche saint Dominique, qui le doivent par état et par vocation, mais encore tous les prêtres qui ont charge d’âmes et qui, notamment, exercent leur ministère dans les églises où déjà ces confréries sont canoniquement érigées, s'appliquent avec zèle à les multiplier et à les maintenir dans toute leur ferveur. Nous désirons de plus, et cela
très vivement, que ceux aussi travaillent avec joie cette même
bonne œuvre, qui s'adonnent aux missions et à la prédication dela foi, soit dans les pays chrétiens, soit chez les infidèles et les nations barbares. Leurs exhortations, Nous n’en doutons pas, porteront leurs fruits, et de nombreux fidèles s’empresseront de se faire inscrire dans ces confréries et s’efforceront à l’envi de retirer du saint
Rosaire les précieux avantages que Nous venons d’énumérer et qu’on en doit regarder comme l'essence et la raison d’être. L'exemple
ensuite de ces confréries et associés entraînera insensiblement le reste des fidèles à les imiter dans leur estime et leur dévotion au Rosaire de Marie, et à leur tour ceux-ci se montreront, ainsi que
Nous le désirons vivement, plus soucieux de recueillir à leur profit-
des trésors aussi salutaires.
Telles sont les espérances que Nous entrevoyons; elles Nous sont un soutien et une consolation, au milieu des maux et des tristesses de l'heure présente. Qu'il plaise à Marie, la Mère de Dieu et des hommes, l'institutrice et la Reine du saint Rosaire, de les réaliser en exaucant Nos prières et nos supplications! Nous avons la confiance, Vénérables Frères, que par le soin de chacun d’entre vous ces enseignements et ces vœux produiront toutes sortes de bons effets et contribueront notamment à la prospérité des familles et à la paix générale des peuples. — En attendant, comme gage des faveurs célestes et de Notre particulière bienveillance, Nous vous accordons, à chacun de vous, à votre clergé et aux fidèles confiés à vos soins, la Bénédiction apostolique.
Donné à Rome, près Saint-Pierre, le 8 septembre de l'année 1893, la seizième de Notre Pontificat. <