‹ Lettres apostoliques des S.S. Léon XIII (volume 2)Chapitre 9 sur 94 · A ; = ( ETES · texte numérisé non relu

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- | ment, est déjà en vigueur dans un certain nombre de pays, et il a

donné jusqu'ici des fruits vraiment heureux : les évêques y ont puisé une plus grande abondance de lumières, les âmes y ont été fortifiées, le zèle de la religion excité, et il en est sorti de nom-

breuses résolutions qui ont été de diverses manières utiles à la … religion catholique. Le . Il faut ajouter qu’une entente et un accord si parfaits des évêques,

non seulement ont accru le respect et les bons sentiments de leurs peuples envers eux, mais ont servi d'exemple et d'encouragement aux laïques, même d’autres nations, pour se concerter aussi et s'entendre sur les moyens à prendre dans le but de défendre la religion et également l’ordre civil menacé. :

En outre, l'exemple et les exhortations des évêques ont puissamment excité l’ardeur et l’activité des catholiques pour la tenue de congrès nationaux, provinciaux ou locaux ; ce qui a été une œuvre pleine de sagesse. Si, en effet, des hommes pervers, puissants par l'audace et par le nombre, se réunissent cà et là et conspirent pour

. leur ravir perfidement le plus précieux de tous les dons : la foi et les biens qui en découlent, il est tout à fait juste et nécessaire que les

catholiques, sous la direction des évêques, associent leurs efforts et

leurs forces pour résister; or, par la fréquence de tels congrès, ils pourront avec plus de liberté et de force maintenir la profession de

leur religion, repousser les assauts de l’ennemi.

Les sujets de délibérations, et des sujets de grande importance, ne manqueront pas aux futures réunions des évêques. Dans les temps malheureux dont nous sommes affligés, nous esti- -mons que les efforts et les soins doivent d’abord tendre à resserrer, par des rapports chaque jour plus étroits, les liens de la famille chrétienne avec l’ordre hiérarchique ; de telle facon que les fidèles soient unis à leurs évêques en toute volonté et soumission, et surtout qu'ils gardent avec ardeur et professent hardiment, à l'égard de l’évêque de l'Eglise universelle, une foi, une obéissance et une piété filiales.

Or, puisque vouloir que le Pontife Romain ne soit soumis à aucun pouvoir humain, et qu'il soit pleinement et parfaitement libre, est une obligation sacrée qui regarde les catholiques de toutes les

natioys, et non pas une nation seule, que les évêques se concertent

à cet effet et s'appliquent à entretenir et à exciter le souci des fidèles pour cette très juste cause, en vue d’en hâter l'heureuse issue. *

Dans ces réunions, les évêques auront la facilité d'échanger des conseils sur les difficultés qui seraient survenues dans leurs églises; ils pourront aussi, s’ils le jugent à propos pour quelque point particulier, user de lettres et d’actes collectifs.

Le soin de la formation et de l'éducation du clergé, de tous les soins d’un évêque le plus grand et le plus fécond, aura également sa place dans Vos délibérations; Vous examinerez la manière de

conformer la discipline et la règle imposées aux clercs dans les

séminaires aux règles du concile de Trente, les principaux moyens de cultiver en eux la piété et une généreuse vertu, les encourage-

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majoribus doctrinis, ut congrenter temporibus floreant, incita-

menta adjicienda, in omnique clero quænam ad ampliora animorum lucra sint pr'ovidenda.

Quod attinet ad greges fidelium, tam multis in periculis insidiisque versantes, permagni intererit varia provehi subsidia quæ ipsis esse usui possint; de divinis rebus conciones et catecheses, ad homines, ætates, locos bene appositas; pias laicorum non uno in genere sodalitates, quas probet jaudeique Ecclesia ; inviolatam festorum custodiam et religionem; ea quoque vel instituta vel opera, unde fidelibus, juventuti in primis, cautiones suppetant a pravitate et corruptela, et unde sacramentorum saluberrima consuetudo increbrescat; denique libros, diaria, similia in vulgus data, quæ ad fidei defensionem faciant morumque disciplinam. Qua in re 1llud magni refert Episcopis

commendare quod jamdiu fovemus animo et frequenti admoni-

tone insistimus, ut hominum catholicorum in scribendo edendoque sollertia et meliore ordine temperata procedat et secundis vigeat incrementis. Ejusmodi scriptis optimis, quæ vel quotidie

vel certis diebus emittantur, mulium sane in omni gente est tribuendum ad utilitates rei sacræ et civilis, sive quod eas

proxime tutentur et augeant, sive quod adversaïiorum in ipsarum.

damna nitentium elidant scripta et contagionem impuram coer-

ceant, At vero in Austriaco imperio tribuendum illis quam pluri-

mum, ubi vulgatæ ephemerides infensis Ecclesiæ hominibus magnam partem subserviunt, ab eisque rerum copia affluentibus,

facilius disseminantur et fusius. Necesse igitur prorsus est …

scripta scriptis ConCursu non impari opponere, atque ita posse

eorum tela retundere, fraudes malas detegere, venena errorum

prohibere, justa officia suadere virtutis. Quapropter apte et

salutariter fuerit, si suæ propriæque ephemerides, veluti pro .

aris focisque propugnantes, unicuique sint regioni, eo modo

institutæ, ut nulla in re a judicio Episcopi abscedant, sed recte studioseque cum ejus conveniant prudentia et voluntate : eisdem autem et clerus benigne faveat suæque afferat doctrinæ præsidia, et viri quotquot reapse sunt catholici omnem gratiam bonamque pro viribus et facultate opem largiantur. Episcoporum sollicitudini et suffragiis alia præterea se dat tuendam insignis causa quam vobis cordi esse intelleximus ex litteris quas ad fideles,

quibus præestis, communiter dedistis : ea causa est opificum,

religionis auxillo maxime indigentium, tum ad perfunctionem

laborum honestam, tum ad levamentum dolorum : quæ causa

cum illa cohæret, per hos dies agitata ferventer, quam socialem

nominant, et quæ, quanto majoribus implicatur difficultatibus,

tanto curationem postulat præsentiorem. Huc pariter, quoad in ipsis erit, si cogitationes Episcopi curasque contulerint, si pros-

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4 ments à donner à l'étude des hautes sciences pour qu'elles fleu- . rissent comme il convient en nos temps et les mesures à prendre à …. l'égard de tout le clergé en vue d’une plus ample moisson d’âmes. # Quant aux fidèles, qui sont en butte à tant de périls et d'embüûches,

leur venir en aide : sermons et catéchismes sur les sujets sacrés, appropriés aux hommes, aux âges, aux lieux; confréries pieuses et diverses de laïques, approuvées et recommandées par l'Eglise;

; il sera du plus grand intérêt de rechercher des moyens variés de. À

- observation et respect absolu des fêtes, et aussi établissements ou [4

œuvres de nature à préserver les fidèles, la jeunesse surtout, de la

perversité et de la corruption, et à multiplier la très salutaire fréquentation des sacrements; enfin, livres, journaux et autres publi- » cations à répandre pour la défense de la foi et la sauvegarde des

mœurs.

En cette matière, il importe beaucoup de recommander aux » évêques ce qui Nous tient depuis longtemps à cœur et sur quoi … Nous insistons fréquemment, savoir que le travail des écrivains catholiques, bien réglé, bien ordonné, soit encouragé et développé.

Certes, il faut reconnaître en tous pays à ces écrits excellents, qu'ils soient quotidiens ou périodiques, une grande utilité pour les intérêts religieux et civils, soit qu'ils Les soutiennent directement et les fassent prospérer, soit qu’ils repoussent les attaques des adversaires qui cherchent à leur nuire et qu'ils écartent l’impure contagion. Mais, dans l'empire autrichien, il faut leur attribuer une extrème utilité : une foule de journaux y sont, en effet, au service d’ennemis de l'Eglise qui, grâce à leurs richesses, les propagent plus facilement et en plus grand nombre. Il est donc absolument nécessaire, pour lutter à armes égales, d’opposer les écrits aux écrits : ainsi l’on pourra repousser les attaques, dévoiler les perfidies, empêcher la contagion des erreurs et persuader le devoir et la vertu.

C'est pourquoi il serait convenable et salutaire que chaque contrée possédât ses journaux particuliers qui seraient comme les champions de l’autel et du foyer, institués de façon à ne s’écarter jamais du jugement de l’évêque, avec lequel ils s’appliqueraient à marcher justement et sagement d'accord; le clergé devrait les favoriser de sa bienveillance et leur apporter les secours de sa doctrine, et tous Les vrais catholiques les tenir en haute estime et les aider suivant leurs forces et leur pouvoir.

La sollicitude des évêques doit se porter encore sur une autre

cause importante qui Vous tient justement à cœur, comme Nous l'avons vu par Votre lettre collective adressée aux fidèles ; la cause des ouvriers, qui ont besoin à un si haut degré de l’aide de la religion pour bien accomplir leur tâche aussi bien que pour adoucir leurs souffrances. Cette question, qui est du domaine de la question

sociale si ardemment débattue de nos jours, exige un remède d'autant plus prompt que les difficultés qui s'opposent à la solution sont plus grandes.

Si les évêques consacraient à cette question, autant que cela leur sera possible, leur attention et leurs efforts, s'ils avaient soin que

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pexerint ut evangelica justitiæ caritatisque præcepta in omnes Fi

civium ordines influant alteque in animos descendant, si quoquo

pacto, auctoritate et opera, infimæ opificum conditioni subve-

nerint, perquam optime de religione æque ac de imperio

merebuntur.

Hæc igitur et hujuscemodi capita rerum graviora in delibera- -

tionem veniant per annuos Episcoporum congressus, quos placet inducere. Nobis autem persuasissimum est, omnes in Austria Episcopos his Nostris votis, quæ sanctum movet religionis studium et caritas in catholicas istas gentes benevolentissima, summa omnes esse voluntate et alacritate obsecuturos.

Interim cœlestium munerum auspicem et paternæ benevolentiæ Nosiræ testem vobis omnibus, Dilecti Filii Nostri et Vene-

rabiles Fratres, cunctæque genti Austriacæ Apostolicam Bene- :

dictionem peramanter in Domino impertimus.

Datum Romæ apud S. Petrum, die III Marti MDCCCXCI,

Pontificatus Nostri decimo quarto.

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les préceptes évangéliques de la justice et de la charité soient hau-

tement respectés dans toutes les classes de la société, s’ils arrivaient Le

de n'importe quelle façon à améliorer par leur influence et par leur

action la situation précaire des ouvriers, ils auraient bien mérité de

la religion comme de la monarchie. | Ces questions et d’autres de la même importance pourront être :

+ traitées dans les congrès des évêques que Nous conseillons de Le tenir chaque année. Nous sommes convaincu que tous les évêques

d'Autriche mettront le plus grand zèle et le plus grand empresse-

ment à se conformer à ces désirs qui Nous sont inspirés par l'intérêt

de la religion et par l'affection bienveillante que Nous ressentons

pour les peuples catholiques de l'Autriche.

En attendant, Nous Vous accordons à Vous, chers Fils et Véné-

rables Frères, et à tout le peuple autrichien, très affectueusement

dans le Seigneur, la Bénédiction Apostolique, comme gage des dons

@IN IPSO », 3 Mars 1891.

célestes et en témoignage de notre affection paternelle.

Donné à Rome, près Saint-Pierre, le 3 mars de l’année 1891, la quatorzième de Notre Pontificat.

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