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Ces préceptes et d’autres semblables, que l'Eglise conseille avec tant de force, ne cessent de porter des fruits très remarquables là où ils sont appréciés et où ils ont véritablement de la force. Ces fruits sont surtout féconds parmi les nations dans lesquelles l’Eglise jouit plus librement du droit d'exercer sa mission. Mais résister aux préceptes de l'Eglise et repousser sa. conduite, s’est s’opposer à la volonté divine et rejeter un insigne bienfait. Alors rien de vraiment heureux et honnête ne reste dans l'Etat, tout tombe dans le désordre, les gouvernants et les peuples sont en proie à l’anxiété et à la crainte de fléaux.
Nous vous avons déjà, Vénérables Frères, transmis sur ces points à l’occasion Nos enseignements d’une facon plus détaillée. Il nous a paru bon cependant de les rappeler brièvement afin que votre zèle, comme s'appuyant sur une nouvelle marque de.Notre autorité, marchât avec plus d’ardeur et de bonheur vers ce but. Il sera certes excellent et avantageux pour vos troupeaux que l’on prenne garde aux inspirations d'hommes de désordre aux procédés très pervers, de ceux dont la criminelle audace ne s’arrête devant rien pour bouleverser et détruire les empires. Qu'on n’ait à regretter aucune partie des devoirs qui incombent aux bons citoyens; qu’enfin de la foi sacrée dûe à Dieu découle la fidélité envers l'Etat et les princes.
Portez votre zèle sur ce qui concerne aussi la société domestique, l’instruction de la jeunesse et des ministres sacrés, les meilleures manières d'exercer la charité chrétienne. L’intégrité et l’honnêteté de la vie domestique qui répandent surtout la santé dans les veines de la société civile doivent être d’abord demandées à la sainteté du mariage qui, d’après les lois de Dieu et de l'Eglise, est un et indivisible. Il faut ensuite que les droits et les devoirs entre les époux soient inviolables, remplis avec la plus grande concorde et la plus grande charité possible; que les parents veillent à la préservation et au bien-être de leurs enfants, surtout à leur éducation; qu'ils leur donnent par leur propre conduite un exemple meilleur et plus efficace que tout autre. Ils ne doivent pas croire, en effet, qu’ils pourront pourvoir à une bonne et honnête éducation de leurs enfants, ainsi qu'il est nécessaire, sans une très grande vigilance: Non seulement ils doivent fuir les écoles et les collèges où à la science on mêle de parti pris l'erreur au sujet de la religion, où domine l’impiété, mais aussi ceux dans lesquels on ne donne aucune règle ni aucun enseignement relatif aux règles et à la morale chrétiennes comme si c’étaient des objets inutiles.
En effet, ceux qu'on instruit sur les lettres et les arts, doivent recevoir également la connaissance et la culture des choses divines. Comme la nature elle-même nous en avertit et nous le commande, ils ne doivent pas moins, ils doivent même bien plus à Dieu qu’à l'Etat. Ils sont nés pour qu’en servant l'Etat ils dirigent leur course vers l’immortelle patrie du Ciel et la recherchent avec ardeur. Il ne faut jamais s'arrêter
dans cette tâche, suivant leur âge et leur instruction; au contraire, Il
faut s’y attacher avéc d’autant plus de force que la jeunesse, surtout avec le cours actuel des études, est chaque jour plus vivement pressée du
quod iuventus cupiditate sciendi, ut nunc praesertim agitantur studia, vehementius quotidie urgentur, tum quod eidem maiora
quotidie impendent de fide pericula, magnis iäm deploratis
tanta in re iacturis. DE
Quod vero sle ratione sacrae doctrinae tradendae, de magistrorum probitate et peritia, de librorum delectu, quasdam Ecclesia censet vindicare sibi cautiones, quosdam modos praefinire, id sane suopte iure facit; neque id potest non facere, pro eo quo tenetur gravissimo oflicio providendi ne quid usquam irrepat, ab integritate alienum fidei morumve, quod christiano populo noceat.
Sacram porro institutionem quae impertiatur in scholis, ea confirmet et compleat quae certis temporibus praescriptisque habeatur in curiis ac templis, ubi ciusdem fidei caritatisque germina, quasi in solo suo, uberius nutriuntur et proveniunt.
Haec satis per se ipsa monent, singulari opus esse diligentia etopera ad informandum ordinem clericalem ; qui, divino ora-
culo, talis succrescere debet atque sacrum itæ tenere proposi-.
tum, ut sal terrae et lux mundi habeatur et sit. Utraque laus, quae doctrinà sana vitaeque sanctimonia praccipue continetur, in adolescente quidem clero potissime accuranda est, neque tamen minus est custodienda et provehenda in clero adulto, qui
proxime incumbit ad consummationem sanclorum in opus mini.
sterii, in aedificationem corporis Christi (1).
De sacris seminariis clericorum bene est Nobis cognitum, Venerabiles Fratres, minime partes deesse vestras: ut, potius quam admoveamus incitamenta, comprobationem testari deceat vobis eisque omnibus quorum ipsa laetantur procurandi et docendi labore assiduo. Sane, temporibus quac inciderunt tam Ecclesiae. iniquis, quum hostes veritalis inv alescunt, : quum
corruptelarum pestis iam non serpit occulla, sed impudens in
omnia grassatur, si plura quam antea levamenta et remedia expectanda sunt a sacerdotali ordine, is nimirum maiore quam antea cura et exercitatione comparandus est ad bonum certamen fidei et ad parem virtutis omnis dignitatem.
Quae de ratione dirigenda studiorum sunt a Nobis identidem normae praestitutue, in re praesertim philosophica, theologica,,
biblica, probe nostis ; ad eas instate ut sese magistri perdiligenter componant. neve ullam praetermittant ex doctrinis ceteris, quae gravioribus illis ornamento sunt, et sacerdotalibus muniis addunt commendationem. Instantibus similiter vobis, moderatores disciplinae et pietatis (homines qui esse debent
(1) Eph. 1v,12:
SSD RSS LGV.
Doit Ne
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désir de savoir; alors surtout qu’elle se voit menacée de plus redoutables dangers au sujet de sa foi; qu’enfin, sur un point si important, on a déjà eu à déplorer de grandes pertes.
En ce qui concerne la méthode pour enseigner la doctrine religieuse, la probité et la science des maîtres, le choix des livres, l'Eglise a donné certaines règles, fixé certains moyens et Elle l’a fait de plein droit. Elle ne peut agir autrement, car Elle est soumise au grave devoir
de veiller à ce que dans l’enseignement rien ne se glisse de contraire à l'intégrité de la foi et des mœurs, rien qui nuise au peuple chrétien.
L’instruction religieuse, qui est donnée dans les écoles doit être affermicet complétée par celle qui, à des époques fixées et prescrites, est enseignée dans les églises et dans les sanctuaires où les germes de cette même foi et de cette même charité trouvent comme dans leur sol propre une nourriture plus abondante et croissent plus vigoureusement.
Ces instructions disent assez par elles-mêmes qu ïl y a besoin du plus grand zèle et de la plus grande activité pour former les clercs. Ceux-ci, d’après l’oracle divin, doivent croître de telle sorte et s’attacher de telle sorte à leur vocation sacrée qu’on les regarde comme, et qu’ils soient en réalité, le sel de la terre et la lumière du monde. Ces deux mérites qui sont surtout renfermés dans la pureté de la doctrine et dans la sainteté de la vie doivent à la vérité être recherchés avec zèle chez le jeune clerc ; cependant chez le clere adulte on ne doit pas moins les conserver et les faire progresser, car il travaillera bientôt à la perfection des saints, aux fonctions du ministère, à l'édification du corps de Jésus- Christ (1).
Nous savons bien, Vénérables Frères, que votre zèle n’a jamais fait défaut aux séminaires pour l'instruction des jeunes clercs. Ainsi, plutôt que de vous adresser des exhortations, il convient que Nous donnions le témoignage de Notre approbation à vous et à tous ceux qui se font un bonheur de faire prospérer ces établissements et d’y enseigner par un travail assidu. Certes, dans les temps si funestes qui sont arrivés pour l’Église, alors que les ennemis de la vérité sont puissants, alors que le fléau des corruptions ne se glisse plus en secret, mais marche impudemment au grand jour, $’il faut attendre de l’ordre. sacerdotal des allègements et des remèdes plus nombreux à ces maux, celui-ci assurément doit être préparé avec un soin et par une pratique plus grande qu'auparavant au bon combat de la foi et à une vertu plus haute sur
tous points. Vous savez exactement de quelle manière il importe de:
diriger les études suivant la méthode prescrite par Nous-même, surtout en ce qui concerne la philosophie, la théologie et les sciences bibliques. Insistez pour que les maîtres s’y appliquent avec beaucoup de soin sans laisser de côté aucun des autres genres de connaissances qui donnent de Péclat à ces sciences si importantes et ajoutent un titre d'estime aux fonctions sacerdotales. Que sur vos instances également, les maîtres de ila science et de la piété (hommes qui doivent se faire remarquer entre tous par leur honnèteté et par leur sagesse) règlent de telle sorte la vie commune, forment et exercent de telle façon l'âme de leurs disciples,
integritate et prudentia spectatissimi), sic rationem temperent vitae communis, sic alumnorum animos conforment exerceantque, ut virtutum. congruentium quotidiani in ipsis progressus eluceant: atque huc illud etiam Spectet, omnem ut addiscant matureque induant prudentiam in iis attingendis quae civilis sint potestatis. Iloc sane modos ex sacris illis veluti palae- . stris et castris nova continenter militia, eaque optime instructa, prodibit, quae suppetias veniat laborantibus in pulvere et sole, atque defessos emeritosque integra suppleat.. Verum, in ipsa sacrorum munerum perfunctione, facile videtis quantum perieuli virtus vel sohida offendat, et quam sit humanum languescere in propositis ab eisque deficere. Itaque eo simul pertineant curae vestrae ut sacerdotibus apposite praebeatis quo studiä doctrinae recolere possint et augere, in primis quo contentius possint, redintegratis interdum animorum viribus, et perfeetioni vacare suae et aliorum sempiternae saluti prodesse.
Talem vos, Venerabiles Fratres, rite in oculis vestris eductum atque probatum si habueritis clerum, sentietis profecto vobis pastorale munus non allevari solum, sed etiam abundare optatis in grege fructibus : quorum licet sperare copiam a cleri maxime : exemplo et actuosa caritate.
Eiusdem caritatis praeceptum, quod magnum in Christo est, omnibus ex quovis ordine commendatissimum sit, idque singuli perficere studeant, quemadmodum Ioannes monet apostolus, opere et veritate : nullo enim alio vinculo aut praesidio constare ad firmitatem familiae et civitates possunt, neque, id quod pluris est, christianae dignitatis merita adipisei.
Ouae Nos considerantes, deplorantesque tam multa mala et acerba, eo posthabito dimissove praecepto, publice et privatim consecuta, Saepenumero in eadem re Apostolicam vocem edidimus : singulariter fecimus per litteras encyclicas, quarum initium est Novarum rerum, ubi principia retulimus, ad causam de conditione opificum ex veritate el aequitate evangelica dirimendam aptiora. Ea ipsa nunc renovatà admonitione inculcamus. Sanctà | movente et ducente caritate, quantam catholica instituta,sodalitia à artificum, mutuo opitulantium consociationes, id genus plura, » vim habeant virtutemque vel ad leniendas tenuiorum acrumnas | vel ad infimam plebem recte erudiendam, apertum experiendo est: qui autem consilium vel auctoritatem, pecuniam vel operam ad ista conferant in quibus vertitur multorum salus, etiam sempiterna, ii verissime de religione et de civibus suis promerentur epregie. |
Ad haec, genti Polonae universe dicta, certa quaedam a libet, quae singulatim, pro locorum in quibus versamini con- |
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que chaque jour brillent en eux de nouveaux progrès dans les vertus Ge qui leur conviennent : leurs efforts doivent tendre aussi à leur enseigner Ve et à leur faire revêtir de bonne heure la prudence nécessaire pour ce qui regarde les rapports avec le pouvoir civil. a M. ‘De cette facon sortira continuellement de ces écoles sacrées et pour ainsi dire de ces camps, une nouvelle milice qui viendra en aide à ceux qui travaillent sous la poussière et le soleil, qui suppléera les hommes fatigués et ayant achevéleur tâche. Mais, dans V accomplissement des fonctions sacrées, vous voyez facilement combien de dangers une vertu, même solide, rencontre, et combien il est humain de se refroidir dans ses projets et de perdre courage.
Aussi vos soins doivent tendre en même temps à fournir aux prêtres des moyens appropriés pour qu’ils puissent renouveler et étendre leurs études relatives à la doctrine et en premier lieu,pour qu’il leur soit possible, en réparant de temps à autre les forces de leur âme, de songer à leur PEOBTE perfection et de Marais efficacement au salut éternel des autres.
ds » Le ie 2:
+ * . Si vous avez, Vénérables Frères, un tel clergé formé sous vos yeux, __ comme il convient, et bien éprouvé, vous constaterez assurément que, la charge pastorale, non seulement sera allégée pour vous, mais encore sera féconde pour votre troupeau, en fruits désirés. Cette abondance, il faut surtout l’attendre de l'exemple du clergé et de sa charité active.
Ce précepte de la charité qui est grand d’après Jésus-Christ, tous, quelle que soit leur condition, doivent l’apprécier très vivement et chacun doit s'appliquer à l’accomplir comme nous en avertit l’apôtre Jean en œuvres et en vérité. En effet, nul autre lien, nul autre appui ne peut assurer l’union forte des familles et des Etats, ni ce qui est d’une grande importance, leur procurer les mérites de la dignité chrétienne.
Conidéedut ces vérités, et déplorant que des maux si nombreux et si
cruels aient suivi pour la société et pour les Etats l’oubli et l'abandon de ce précepte, Nous avons souvent fait entendre sur ce même sujet Nos paroles apostoliques, particulièrement dans la Lettre Encyclique qui débute par ces mots : Novarum rerum. Là, Nous avons rappelé les principes permettant de résoudre d’après la vérité et l’ équité évangéliques la question de la condition des ouvriers. Ce sont ces mêmes principes que Nous voulons graver dans les esprits en renouvelant aujourd’hui nos avertissements.
L'expérience a montré combien, sous la conduite et l'inspiration de la
sainte charité, les institutions catholiques : corporations ouvrières, associations de secours mutuels et autres de genres divers, ont de force et de puissance, soit pour adoucir les épreuves des pauvres, soit pour instruire comme il faut le petit peuple. Quant à ceux qui consacrent leurs conseils ou leur autorité, leur fortune ou leur travail à ces œuvres dans lesquelles se trouvent le salut, même éternel, d’un grand nombre d'hommes, ils méritent très certainement beaucoup de la religion et de : leurs concitoyens.
__. Mais à ces enseignements qui s ‘adressent à toute la nation polonaise, 5 id Nous plait d'en ajouter d’autres qui seront, croyons-Nous, utiles à
ditione, usui fore censemus; atque adeo ex his ipsis quae dedimus monitis quaedam libet eo altius in animis vestris defigere.
Vos primum, ut plures numero, qui Russico imperio paretis, iure est quod catholicae professionis nomine collaudemus, hortatione muniamus. Caput est hortationis Nostrae, ut istum constantiae animum in sancta fide colenda retineatis acriter et foveatis, in qua id bonum habetis, quod principium et fons est, ut diximus, maximorum bonorum.
Hoc utique christianus animus ceteris rebus omnibus longe anteponat oportet; hoc ipsum, ut sunt divina iussa et splendida sanctorum hominum facta, nec ullis fractus difficultatibus deserat, et summis viribus laboribusque custodiat; eiusdemque virtute fultus, solatium et opem, quoscumque humanae res eventus adducant, aeque certissime ac patienter a Deo memori expectet.
Ad Nos quod attinet, rerum vestrarum quae sit conditio, equidem, pro munere Nostro, habemus compertum ; valdequè ista delectat fiducia quam in Nobis, filiorum instar, plurimam collocatis. Sic igitur, admonemus, fallaciis omnino reiectis quae contra benevolentiam et sollicitudinem in vos Nostram nequiter serantur, hoc sit vobis penitus persuasum, nihil Nos minus quam Pontifices decessores, sicut pro ceteris popularibus vestris, ita pro vobis suscepisse et intendisse curas ; qui etiam, vestram ut sustineamus fiduciam, omnia parati sumus et laboriose conniti et persequi confidenter.
Juvat memoria repetere, inde Nos a Pontificatus exordiis, de re catholica istic relevanda cogitantes, opportune apud Imperiale Consilium officia interposuisse, ut ea contenderemus quae simul dignitas huius. Apostolicae Sedis, simul rationum vestrarum patrocinium viderentur deposcere. Quibus ex officiis consecutum est, ut anno Mpccezxxxtt certa cum 1llo pactionum capita sint constituta : haec inter, Episcopi liberam fore copiam moderandi ad canonicas leges seminaria clericorum ; tum Academiam ecclesiasticam Petropolitanam, quae Polonis quoque patet alumnis, iurisdictioni plene tradendam Archiepiscopi Mohyloviensis, atque in melius adducendam, ad ampliorem cleri et religionis catholicae utilitatem : accepta praeterea fidé quam primum abrogatum aut mitigatum iri singulares eas leges, quas clerus vester severiores sibi conquerebatur. Illo ex tempore nunquam Nos, vel capta vel quaesita occasione, pacta conventa expostulare desiimus. Quin immo easdem expostulationes ad ipsum deferri placuit potentissimum Imperatorem, cuius et exploratum in Nos amicitiae animum et studium iustitiae excelsum
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« CARITATIS PROVIDENTIAEQUE », 19 MARS 1894 257
chacun de vous suivant la condition des contrées dans lesquelles vous vous trouvez. Et ainsi, Nous voulons faire pénétrer plus avant dans vos âmes certains points des enseignements que Nous vous avons donnés.
Vous les plus nombreux, qui êtes soumis à l’Empire russe, il est juste que Nous vous louions d’abord hautement de votre fermeté dans la profession catholique, et que Nous vous fortifiions par Nos conseils. Le point capital de Notre exhortation, c’est que vous conserviez fortement, et que vous entreteniez cet esprit de constance dans la sainte Foi: en cette Foi, vous possédez le trésor, qui, comme Nous l'avons dit, est le principe et la source des plus grands biens.
Le chrétien doit le préférer de beaucoup à toutes les autres richesses, ainsi que l’y invitent les ordres divins et les magnifiques exemples des saints. Il ne doit pas l’abandonner quelles que soient les difficultés qui pourraient l’abattre, mais consacrer toutes ses forces et tous ses travaux à le conserver. Appuyé sur la vertu de ce bien précieux, qu’il attende avec certitude et patience de la part du Dieu qui n'oublie pas, la consolation et l’appui, quels que soient les événements qu’amène le cours des affaires humaines.
En ce qui nous concerne, Nous Nous sommes certes informé, suivant le devoir de Notre charge, de l’état de vos affaires et Nous sommes vivement charmé de la confiance très grande que vous avez en Nous, comme des fils. Nous vous avertissons donc de rejeter complètement les calomnies qu’on répandrait avec perversité, contre Notre bienveillance et notre sollicitude envers vous; d’être bien persuadés, que, non moins que les Pontifes, Nos prédécesseurs, nous avons conçu pour vous les mêmes soucis que pour vos autres concitoyens et Nous vous avons consacré les mêmes soins. Bien plus pour soutenir votre confiance, Nous sommes prêts à entreprendre tout avec ardeur, à poursuivre tout sans crainte.
Il nous plaît de rappeler que dès le début de Notre Pontificat, songeant à relever dans votre pays les intérêts catholiques, Nous sommes intervenu opportunément auprès du conseil impérial afin d'obtenir les conditions que paraissaient réclamer, d’une part, la dignité de ce siège apostolique, de l’autre la protection de vos intérêts. Ces bons offices onteu pour effet de faire constituer avec ce gouvernement en l’année 1882 une convention dont les points sont bien établis: en particulier les évêques devaient avoir le droit de diriger librement les séminaires suivant les lois canoniques ; ensuite l’académie ecclésiastique de Saint-Pétersbourg qui est aussi ouverte aux étudiants polonais, devait être complètement soumise à la juridiction de l’archevèque de Mohilow, et organisée pour accroître les avantages du clergé et de la religion catholique. Nous avons, en outre, recu la promesse qu’on abrogerait le plus tôt possible ou qu’on adoucirait les lois spéciales dont votre clergé se plaignait, les regardant comme trop sévères pour lui. Depuis ce temps, Nous n’avons jamais cessé de saisir ou de chercher les occasions favorables pour invoquer le pacte conclu. Bien plus, Nous avons voulu porter ces réclamations au puissant empereur lui-même. Nous avons attesté l'amitié éprouvée qu’il professe pour Nous et le désir élevé de justice qu’il montre dans votre cause. Nous ne cesserons d'employer à l’occasion les prières auprès de lui, con-
obtestati enixe sumus in causa vestra : neque intermittemus
rogationes ad Ipsum per tempus adhibere, eas potissime com-
mendantes Deo, quippe cor regis in manu Domini (1).
Vos autem, Venerabiles Fratres, pergite dignitatem sacrosanctaque iura religionis catholicae Nobiscum tueri : quae tunc vere : proposito potest constare suo et beneficia afferre quae debet,
quum iustae securitatis libertatisque compos, idoneis praesidiis
instruitur ad actionem, quantum oporteat, explicandam. Quoniam vero ipsi perspicitis qualem dedérimus, demus operam tranquillitati publici ordinis conciliandae in gentibus continendaeque, iidem agere ne cessetis, ut sublimiorum potestatum observantia et publicae obtemperatio disciplinae in clero pari“ terque in ceteris firme consistat : atque ita, omni prorsus offen- sionis vel reprehensionis causa submota, omnique specie insimulationis in reverentiam conversa, catholico nomini sua laus maneat et accrescat.
Item sit vestrum in id incumbere, ut quidquam ne desit de summa fidelilum salute, neque in administrandis curiis, neque in pabulo divini verbi impertiendo, neque in alendo religionis Spiritu ; ut pueri et adolescentes, maxime in scholis, sacra catechesi diligenter imbuantur, idque, quanto magis fieri possit, opera sacerdotum, quibus sit a vobis id legitime demandatum ; ut cultui divino et decor sacrarum aedium et festus solemnitatum honor plane congruant, unde fides haurit bona incrementa. Rectissime porro feceritis, praecavendo discrimina, si qua forte hisce in rebus instare videantur : ob eamque causam ne dubitetis ratas ipsascum hac Apostolica Sede conventiones graviter quidem prudenterque -appellare. Talia nimirum et descrimina abesse et convenientia bona contingere, non Polonis tantummoüo, sed cunctis qui sincera publicae rei caritate ducantur, gratum esse et optabile debet. Écelesia enim catholica, quod principio docuimus quotidieque eminet, sic nata institutaque est, ut civitatibus et populis, nihil admodum detrimenti, sed multiplices vero et decoras utilitates, in rerum etiam mortalium genere, nunquam non pariat feliciter.
Vos deinde qui in ditione estis inclitae Domus Habspurgensis,
reputate animis quantum augusto Imperatori, religionis avitae studiosissimo, debeatis. Tusta igitur in Eum fides gratumque obsequium luculentius a vobis in dies pateat : pateat studium non dissimile ea persequendi omnia, quae ad catholicae religionis incolumitatem et decus vel iam sunt optime constituta vel tempora et res provide constituenda suadeant.
Universitatem Cracoviensem, vetustam atque nobilem doctri-
(1) Prov. XXI, 1.
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ra « CARITATIS PROVIDENTIAËQUE », 19 mars 1894 259
fiant surtout ces prières à Dieu, car le cœur du rot est dans la main du Seigneur (1).
Quant à vous, vénérables frères, continuez à défendre avec Nous, la dignité et les droits sacrés de la religion catholique, celle-ci peut assurément mieux remplir son rôle, et apporter les bienfaits qu’elle doit procurer, lorsque, jouissant d'une juste liberté, elle est pourvue des appuis propres à lui permettre d'étendre son action autant qu'il est nécessaire.
Puisque vous constatez vous-mêmes quels soins Nous avons employés et Nous employons pour assurer et maintenir dans les nations la tran quillité et l’ordre publics, ne cessez pas de faire en sorte que la soumission aux pouvoirs suprêmes et l’obéissance à la loi publique demeurent constantes parmi le clergé et pareillement parmi les fidèles, pour qu'ainsi,
tout motif d'offense ou de reproche étant écarté, toute accusation exposant
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à la honte, le nom catholique conserve et voie s’accroître sa gloire.
Il vous appartient également de vous appliquer à ce que rien ne fasse
défaut de ce qui touche au salut suprême des fidèles, ni dans l’adminis-
tration des cures, ni dans la répartition de cette nourriture de l’âme qui est la divine parole, ni dans le développement de l’esprit de religion. Il faut que les enfants et les jeunes gens, surtout dans les écoles, soient instruits avec soin de la sainte science du catéchisme, et cela autant que possible par le soin des prêtres auxquels vous aurez légitimement confié cette tâche ; il faut encore que la splendeur des édifices sacrés et l'éclat des solennités conviennent à la grandeur du culte divin car la Foi en tire un salutaire accroissement. Vous ferez certainement bien de prévenir les difficultés qui pourraient sembler menaçantes sur ces points. A cette fin, n'hésitez pas à faire sérieusement et sagement appel aux conventions conclues avec le Saint- Siège. Assurément éloigner de tels dangers et voir arriver les biens nécessaires, c’est là un résultat qui doit être agréablé et désirable non seulement aux Polonais, mais à tous ceux qui sont 'euidés par un sincère amour de l'Etat.
L'Eglise catholique en effet, comme nous l’avons montré au commencement, et comme cela est chaque jour évident, a été instituée dans des conditions telles que non seulement Elle ne nuit en rien aux Etats
: et aux peuples, mais encore que souvent Elle leur procure de nombreux
et remarquables avantages même au point de vue des intérêts temporels.
Vous ensuite qui êtes sous la nomination de l'Illustre Maison de Habsbourg, rappelez-vous combien vous devez à votre auguste empereur, plein de zèle envers la religion de ses aïeux. Que chaque jour, donc, brillent davantage votre juste fidélité envers lui et votre re-
connaissante obéissance, ainsi qu’un zèle égal pour obtenir tout ce qui a été déjà inspiré par le désir du salut ‘et de la gloire de la religion,
ou ce que les temps et les circonstances vous inspireront.
Nous désirons vivement que l’Université de Cracovie, cet illustre asile
narum sedem, valde optamus integritatem et praestantiam tueri suam, atque etiam aemulari laudes talium Academiarum, quas insignis Episcoporum cura et liberalitas privatorum non paucas,
faventibus Nobis, per haec ipsa tempora excitavit. Quemad=
modum in illis, ita in vestra, sollertia dilecti Filii Nostri Cardinalis
Episcopi moderante, gravissimae quaeque disciplinae cum fide
amico foedere coëuntes, et quantum ab ea luminis mutuanturet firmitatis, tantum subsidii ad ipsius defensionem referentes,
utinam iuventuti lectissimae magis magisque in paie omnes
sint profuturae.
Item vestra magni interesse debet, Nostra certe interest maxi-
me, vigere apud vos in omnium existimatione ordines Reli-. giosorum; qui, virtutis quam consectantur perfectione et do- -
ctrina varia fructuosoque in excolendis animis labore commendati, tamquam apparatiores copiae praesto sunt Ecclesiae, eisque
non minus civitas ad honestissima quaeque adiutoribus optimis
omni tempore usa est.
Nominatimque Galiciam respicientes, summa voluntate perantiquum commemoramus Basilianum ordinem, in quo instaurando peculiaria quaedam consiliaetcuras iampridem [psi posuimus. Non mediocrem enimvero laetitiae fructum ideo capimus,
quod expectationi illi Nostrae alacri religione obsecundans, niti-”
tur pleno gradu ad superiorum temporum gloriam, quum etcie-
siae Ruthietiae multis modis extitit salutaris: cuius eiusdem.
salutis auspicia, Episcoporum vigilantia et curatorum industria, iam ex ipso praeclariora in dies nitescunt.
ic autem quoniam de Ruthenis incidit mentio, eam sinite iteremus cohortationem, ut vos cum ipsis, quamquam originum riluumque dissimilitudo intercedat, arctius voluntates amantiusque societis, prout eos condecel quos regionum, civitatis, maximeque fidei sociat communio. Hos enim sicut Ecclesia benemerentes habet et diligit filios, eisque legitimas consuetudines ac ritus proprios sapienti consilio permittit, non aliler vos, praecedente clero,sic habete et colite ut fratres, quorum sit cor unum et anima una, co demuin conspirantium, ut uni Deo et Domino amplificetur cloria, simulque fructus omnis justitiae . multplicentur in pulchritudine pacis.
Libenti pariter animo orationem ad vos convertimus, qui provinciam incolitis Gnesnensem et Posnaniensem. Siquidem hoc inter cetera gratum estrecordari, quemadmodum ex civibus ipsis vestris, omnium ut erant vota, ad illustrem sancti Adal- Berti sedem virum eveximus pietate,prudentia, caritate eximium.
Gratius est autem videre, qua vos vbeaientia, quo amore gubernationi eius miti operosaeque unanimi studeatis : ex quo vere sperandum, religionis catholicae statum fore apud vos
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des sciences, conserve son intégrité et son éclat, et aussi rivalise de gloire
avec les académies semblables assez nombreuses que le zèle insigne des
évêques et la générosité des particuliers a fait naître en ce temps même sous nos auspices. De même que dans celles-ci, plaise à Dieu que dans
la Vôtre, sous la sage direction de Notre cher fils le cardinal évêque,
toutes les sciences les plus sérieuses soient de plus en plus profitables sur
tous les points à une jeunesse d'élite, unies qu’elles seront à la foi par une amicale alliance et rendant en appui pour la défense de cette foi tout ce qu’elles en recoivent de lumière et de solidité.
Vous devez aussi considérer comme très important, et c’est là pour.
Nous un très grand souci, que parmi vous, les ordres religieux fleurissentet soient appréciés par tous. Ces ordres, qui se recommandent par la
perfection des vertus qu’ils recherchent, par leurs sciences variées, par
leurs labeurs fructueux dans la culture des âmes, sont comme des troupes bien armées qui marchent à l’avant-garde de l'Eglise, et l'Etat a toujours trouvé en eux des aides excellents pour tout ce qui est honnête.
Pour considérer spécialement la Galicie, Nous rappelons avec le plus.
grand intérêt l’ordre très ancien des Basiliens à la restauration duquel Nous avons jadis consacré Nos conseils et Nos soins particuliers. Nous vuisons une grande joie dans le fait que cet ordre répondant avec un zèle ardent à Notre attente marche pleinement vers la gloire de ces emps antiques où il fut de mainte façon salutaire à l’église ruthène : ses ‘ruits-de salut, grâce à la vigilance des évêques et au zèle de ceux qui le gouvernent, sont de jour en jour plus remarquables.
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Mais puisque Livu Hacl0n. et 225 Pts, lofscen-Nane vansayhantar de nouveau à rendre plus étroite et plus affectueuse, malgré la diversité des origines et des rites, votre alliance avec eux, comme il convient-à des hommes qu’unit la communauté des pays, du gouvernement, et surtout te la foi. L'Eglise en effet les considère et les aime comme des fils dévoués et, dans un sage dessein, elle leur laisse leurs coutumes légiti-
mes et leurs rites propres. De même, vous, à l’exemple de votre clergé,
regardez-les et honorez-les comme des frères n'ayant qu'un cœur ct qu'une âme et travaillant à accroître la gloire du seul Dieu et Seigneur,
à multiplier en même temps les fruits de toute justice dans la beauté dé
la paix.
De même Nous vous adressons bien volontiers la parole à vous qui habitez le diocèse de Gnesen-Posen. En effet il Nous est doux notamment
de rappeler comment Nous avons élevé sur le siège de saint Adalbert
un de vos concitoyens que les vœux de tous y appelaient : homme remarquable par sa piété, par sa sagesse, par sa charité. ©
Il Nous est encore plus agréable de voir avec quelle soumission, avec
quel amour vous vous Soumettez tous à son gouvernement doux ct
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252 ENCYCLIQUE DE S. é: LÉON XIII
bonis auctibus quotidie laetiorem. Eadem vero spes quo magis affirmetur optatisque plenius respondeat, non sine causa iube-
mus vos magnanimae aequitati confidere serenissimi Imperatoris,; .
cuius practerea propensam in vos ac benevolam mentem ex Ipso coram haud semel pernovimus. sane adfuturam vobis, in verecundia leçum in omnique recte factorum christiana laude perseverantibus.
Haec, Venerabiles Fratres, praescripta et hortarnenta Tes bus quisque vestris sic nuntielis velimus, ut vestrà etiam opera fructuosiora eveniant. [nhisagnoscantcarissimi filit quam magno ipsorum gratià affectu caritalis urgemur; haec autem ipsi, ut optatissimum Nobis est, pari accipiant observantia et pietate.
Quae quidem si diligenter, in quod pro certo habemus, con- Stanterque coluerint, profecto poterunt, quum fidei ex temporum gravitate pericula declinare, tum patrum memorabilia decora custodire e, animos et exempla referre, manantibus inde ad huius quoque solatium vitae emolumentis quam optimis. Secundam - autem divini auxilii copiam, precatoribus adhibitis sloriosissima Virgine Maria, Josepho sanctissimo, cujus hodie solemnibus christianus populus gaudet sanctisque coelestibus Poloniae Pa-
tronis vehementer Nobiscum, quaesumus, implorate. Hujus rei
auspicium atque praecipuae benevolentiae Nostrae testem, Apostolicam benedictionem vobis et clero populoque universo vigilantiae vestraecommisso, peramanter in Dominoimpertimus. Datum Romae apuds. Petrum die XIX martii anno MDUCUXCIV, Pontificatus Nostri decimo septimo.
Fe à
LA
« CARITATIS PROVIDENTIAEQUE », 19 MARS 1894 263
fécond ; par là Nous pouvons justement espérer que l’état de la religion | catholique parmi vous, deviendra chaque jour plus florissant. Mais pour que cet espoir s’affermisse davantage et réponde plus pleinement à nos FER désirs, Nous vous ordonnons, et non sans raison, d’avoir confiance dans SL Ja magnanime justice du sérénissime empereur. Plus d’une fois, en . s effet, Nous avons clairement appris de sa bouche que ses faveurs et sa bienveillance s’attacheront à vous si vous persévérez dans le respect des lois et dans la gloire chrétienne toutes les bonnés actions. Nous voulons, vénérables frères, que chacun de vous communique à son troupeau ces enseignements et ces exhortations et que grâce à vous ils deviennent plus fructueux. Que vos très chers fils reconnaissent la grande affection qui Nous anime en leur faveur, qu'ils reçoivent ces instructions comme Nous le souhaitons vivement avec un respect et une piété égaux à cette affection. Si, comme Nous en sommes certains, ils observent ces enseignements avec constance, ils pourront assurément conjurer les périls que court la foi au milieu de ces graves circonstances, conserver la gloire mémorable de leurs ancêtres, faire revivre lesprit et les exemples de ceux-ci, recueillir les biens les plus désirables même pour l’adoucissement de cette vie. Mais implorez ardemment avee Nous, Nous vousen prions, l'abondance favorable du secoursdivin, en employant comme intercesseurs la très gloricuse vierge Marie, le vénérable saint Joseph, dont le peuple chrétien célèbre aujourd’hui la fête avec joie, et les saints patrons de la Pologne. Comme gage de ce don et en témoignage de Notre particulière bienveillance, Nous vous accordons très affectueu- f sement dans le Seigneur, la bénédiction apostolique à vous ainsi qu'au * clergé et à tout le peuple confiés à votre vigilance.
Donné à Rome près de Saint-Pierre, le 49. mars de l’année 1894, de Notre pontificat la dix-septième.
Rec în Pan