‹ Lettres apostoliques des S.S. Léon XIII (volume 2)Chapitre 89 sur 94 · PEER 8 Ÿ · texte numérisé non relu

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« GARITATIS on » 19 MARS 1894: © 947

de son antique religion, gloire qui est demeurée entière et vivante à travers des circonstances difficiles et des vicissitudes nombreuses.

Mais si, autant qu'il était en Nous, Nous n'avons jamais cessé de servir ses intérêts sacrés, Nous désirons pouvoir le faire encore davantage et Nous avons l'intention de réaliser aujourd’hui ce dessein. Notre but est surtout de manifester plus clairement aux yeux de l'Eglise Notre zèle envers vous et aussi d’affermir toutes vos âmes, de les faire briller davantage dans les devoirs de la profession catholique en fortifiant leur courage, en accroissant leur force.

Nous avons pris cette résolution avec un espoir d'autant plus grand que nous connaissons et que Nous avons éprouvé, Vénérables Frères, la sagesse avec laquelle vous avez coutume d'interpréter et d'accomplir Notre volonté, l’ardeur qui vous anime pour travailler à procurer aux fidèles de votre troupeau, à accroître en leur faveur les biens suprêmes. Ces fruits excellents que Nous leur souhaitons, puisse Dieu qui nous a poussés à prendre la parole, les bénir dans sa bonté!

Le bienfait de la vérité et de la grâce divines que Notre-Seigneur Jésus-Christ a apporté dans sa religion au genre humain, est si excellent … etsinécessaire qu'aucun autre, de quelque genre qu’il soit, loin de l’éga-

ler, ne peut même lui être comparé. Les. vertus de ce bienfait, nombreuses, comme tous le savent, et très salutaires, découlèrent d'une façon admirable sur tous les hommes et sur chacun d'eux, sur la société domestique et sur la société civile, pour aider à la prospérité de cette vie péris- ; sable et pour nous faire acquérir le bonheur de la vie immortelle: Il ressort manifestement de là que les nations gratifiées de la religion catholique, de même qu’elles y trouvent le plus grand de tous les biens, sont obligées, par le plus grand de tous les devoirs, à la pratiquer et à l'aimer. Mais en même temps, il est clair que ni les individus ni les villes ne peuvent avoir confiance de l’observer comme il faut d’après le jugement propre de chacun. Il faut, au contraire, suivre seulement en cela la méthode, la règle, l’ordre qu'a définis lui-même et qu’a ordonné d’adopter le divin Auteur de la religion : à savoir, le magistère et la conduite de l’Eglise qui a été établie par Lui comme la colonne et le soutien de la vérité (1) } et qui, grâce à un secours particulier de Dieu est restée florissante pendant tous les temps et restera toujours florissantesuivant Sa promesse certaine : Je serdi avec vous tous les jours jusqu'à la consommation des siècles (2).

C’est donc à l’honneur de votre nation que la religion que vous avez reçue de vos aïeux et de vos pères est demeurée vivante parmi vous, parce que cette nation s’est toujours attachée avec la plus grande fidélité à l'Eglise sa mère, qu’elle est toujours demeurée également inébranlable dans sa soumission aux pontifes romains et dans son obéissance aux archevêques sacrés auxquels les Papes ont délégué leur pouvoir. Combien nombreux sont les avantages et les gloires qui ont découlé pour vous . de cette conduite, quelles consolations vous en avez recues dans des circonstances critiques, combien grands sont les secours qu'aujourd'hui encore vous en tirez: vous-mêmes en conservez le souvenir dans vos esprits reconnaissants, vous-même le proclamez avec gratitude.

FES NS ENDYCLIQUE DE S US EEUN XHI

Manifestum quotidie est, quaenam gravissimarum rerum in : populis imperiisque consequantur momenta, Ecclesia catholica vel observata et digno loco habita vel per iniuriam contem- … ptionemve laesa. É

Quum enim in doctrina et lege Evangelii ea contineantur quac : ad salutem perfectionemque hominis, tum in fide etcognitione, tum in usu et actione vitae, usquequaque proficiant; quumque cam doctrinam et legem Ecclesia, divino a Christo iure, tradere possit et religione sancire; ipsa propterea, divino munere, vi magna pollet moderatrice humanae societatis, in qua et fautrix est generosae virtutis et lectissimorum bonorum effectrix.

At Ecclesia vero, cui divinitus romanus Pontifex praeest, tan-. tum abest ut, ex auctoritatis tanta amplitudine, quidquam sibi de alieno arroget jure aut cuiusquam obliquis studiis conniveat, ut potius de iure suo saepe remittat, indulgendo ; atque summis | et infimis sapienti consulens aequitate, sese omnibus gubernatricem et matrem exhibeat sollertissimam. Quapropter ill iniuste faciunt qui hac etiam in re veteres contra ipsam calumnias, iam toties refutatas planeque contritas, in lucem nituntur revehere. nova vituperationis specie confictas : neque ii minus reprehendendi, qui eadem de causa diffidunt Ecclesiae, eique suspicionem conflant apud rectores civitatum et in publicis legumlatorum SHonits a quibus nempe laus plurima ipsi debetur et gratia.

. Nihil enim omnino ea docet aut praecipit quod maiestati principum, quod incolumitati et progrediendi populorum vitae, ullo modo ofliciat vel adversetur; multa immo ex christiana sapientia assidue profert ad communem eorum utilitatem sane quam conducibilia. .

In quibus haec memoratu digna ; principatum qui teneant, eos imaginem divinae in homines potestatis providentiaeque à referre ; eorum imperium debere iustum esse etimitari divinum, « bonitate temperatum paterna, atque unice emolumenta spectare civitatis; ab ipsis rationem Deo iudici aliquando reddendam, eamque pro celsiore dignitatis loco graviorem : qui vero sint | sub potestate, debere constanter reverentiam et fidem servare principibus, tamquam Deo regnum per homines exercenti, eisdem obtemperare, non solum propter tram, sed etiam propter conscientiam (4), pro ipsis adhibere obsecrationes, orationes, postulationes, gratiarum acliones (2); — debere sanctam custodire disciplinam civitatis ; ab improborum machinationibus sectisque abstinere, nec quidquam facere seditiose; omnia conferre ad tranquillam in iustitia pacem tenendam.

(D Rom: XII OPEN (2) l'Tim;, 11, 1-2.

« CARITATIS PROVIDENTIAEQUE », 19 mans 1894 249

On voit clairement chaque jour quelle grande importance ont pour les … peupleset les empires, soit l’estimeet le respect envers l’Église catholique, soit les injustices et le mépris dont on la couvre.

x En. effet, comme la doctrine et la loi de l'Evangile contiennent des règles qui, universellement, servent au salut et à la perfection de l’homme, … soit dans la foi et la science, soit dans la pratique et la conduite de la - vie, comme l'Eglise peut d'après le droit divin qui lui est venu du D. Christ, transmettre aux hommes cette doctrine, ét faire vbserver cette loi, “ cette même église, par sa mission divine, jouit d’une grande puissance pour diriger la société humaine dans laquelle elle est la dispensatrice d’une excellente vertu et l’auteur des biens les plus précieux.

Mais l'Eglise, que gouverne par un pouvoir divin le Pontife Romain, -est si éloignée, avec cette autorité très étendue, de s’arroger quoi que ce soit du droit d’autrui ou d'aider des vues étrangères à sa mission, qu’au contraire elle abandonne plutôt par indulgence quelque chose de son * droit. Veillantavec une sage justice sur les grands et sur les petits, elle …. se montre pour tous une gouvernante éclairée et une mère. Aussiils sont - injustes ceux qui sur ce point même s'efforcent de remettre en lumière contre elle de vieilles calomnies déjà bien des fois réfutées et pleinemént usées, flétries récemment encore. On ne doit pas moins blâmer les hommes qui, pour la même raison, témoignent de la défiance à l'Eglise et ” font naître des soupcons contre elle parmi les gouvernants et dans les assemblées publiques de législateurs, qui lui doivent assurément une grande admiration et une vive reconnaissance.

: Elle n’enseigne en effet ni ne prescrit rien qui nuise ou soit contraire en aucune facon à la majesté des princes, à la prospérité ou au progrès des peuples. Bien plus, elle tire continuellement de la sagesse chrétienne des vérités aussi profitables que possible aux biens communs.

4 Parmi ces vérités, ilest bon de rappeler les suivantes : ceux qui possèdent ie pouvoir portent parmi les hommes l’image de la puissance et dela Providence divines; ieur autorité doit être juste et imiter celle de Dieu, tempérée par une paternelle bonté, et tendre uniquement au bien de l'Etat. Ils devront un jour rendre à Dieu leur juge un compte d’autant plus grave que leur dignité aura été plus élevée. Quant à ceux qui dépendent du pouvoir, ils sont tenus constamment L\ à conserver envers Îles princes le respect et la fidélité comme envers Dieu exerçant son autorité par l'entremise @es hommes. Iis doivent leur obéir, non seulement par crainte du châtiment mais aussi par conscience (1), faire pour eux des supplications, des prières, des demandes et des actions de grâces (2). Il leur faut observer les lois de l'Etat, s'abstenir des complots et des sectes des hommes de désordre, ne commettre aucun acte séditieux et consacrer tous leurs efforts au maintien de la paix dans la justice,

250 ENCYCLIQUE DE 8. 8. LÉON XIII Ista et similia praecepta institutaque evangelica, quae ab Ecclesia tantopere suadentur, ubi in pretio sunt et re ipsa valent, praestantissimos ibi fructus afferre non cessant, eosque afferunt in illis gentibus uberiores, in quibus Ecclesia liberiore utitur sui muneris facultate. Eisdem vero refragari praeceptis et Ecclesiae ductum recusare, idem est ac refragari voluntati divinae. et insigne beneficium abiicere; nihil ut in civitate vere prospe- . rum honestumque permaneat, permixta delabantur ommia, anxia calamitatum formidine et rectores et popuii occupentur. : Habetis quidem, Venerabiles Fratres, de his rerum capitibus iam fusius a Nobis tradita pér occasionem praescripta: eadem tamen visum est summatim revocare, quo navitas vestra, novo . quasi auspicio freta auctoritatis Nostrae, impensius in idem feliciusque contendat. Illud certe optimum faustumque fuerit in gregibus vestris, si afflatus caveantur turbulentorum hominum, pessimis artibus nihil jam non scelestissime audentium | ad evertenda delenda imperia : si nullae officiorum partes, quae . civium sunt bonorum, desiderentur; si ex fide Deo debita et . sacra, fides erga rem publicam et principes efflorescat. | De societate item domestica, de iuventutis et sâcri ordinis institutione, de modis optimis christianae tractandae caritatis. diligentiam acuite. — Integritas et honestas domesticae convinctionis, ex qua praecipue sanitas funditur in venas societatis civilis, repetenda est primum a sanctitate coniugii, quod secundum Dei et Ecclesiae praecepta initum sit, unum et indivi-.… duum. Tum oportet iura et officia inter coniuges inviolata esse et quanta maxima fieri possit concordia et caritate expleri ; prolis tuitioni commodisque, potissimum educationi, parentes consulere ; Suo ipsos documento vitae, quo nihil praestantius | est nequé efficacius, antecedere. Institutioni tamen liberorum rectae probaeque nequaquanm illi arbitrentur se posse, ut par est, | prospicere, nisisummopere evigilando. Neque enim ab ïis tantum scholis lyceisque defugiendum est, ubi doctrinis error de reli- gione, dédita opera, admisceatur, vel ubi propemodum dominetur impietas, sed ab iis etiam in quibus de christianis institutis ét moribus, perinde ac de importunis rebus, nulla sit praecéptio nec disciplina. #4 Nam quorum ingenia litteris et artibus erudiuntur, eosdem | profecto necesse est pariter cognitione cultuque eruditi divina- … rum rerum, utpote qui, admonente ipsa et iubente natura, non , minus quam civitati, multoque amplius, debeant Deo, quique . idcirco in lucem suscepti sint, ut civitati servientes, ad mansuram in coelo patriam iter dirigant suum studioseque conficiant. | In hoc autem cessandum minime erit, procedente cum eorum. üétate cultura civili; quin etiam eo insistendum enixius, tum

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