‹ Lettres apostoliques des S.S. Léon XIIIChapitre 2 sur 85 · LS · texte numérisé non relu

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Le barils maternelle de l'Eglise, bien que répandue également r tout le genre humain, et merveilleusement soucieuse de toutes les nations, cependant a ‘coutume de regarder avec un sentiment articulier de miséricorde celles que. la violence ou l'erreur ont arrachées des bras de l'Evangile. Il n'y à rien de si grave que de voir les ténèbres renaissantes de la superstition aveugler ceux à qui une grâce éclatante et un bienfait de Dieu avaient fait briller la lumière de la vérité; il ny a rien de si malheureux que de retomber dans la mort après avoir été racheté pour le salut. — C’est un secret conseil de Dieu qui a frappé d'une calamité de ce genre nombre de terres, et aussi l'Afrique romaine, alors que la doctrine chrétienne si tôt connue des Africains et rècue d'eux, fut éteinte violémment par un flot d'immenses tempêtes. La destinée lamentable de Carthage dépassa en cela toute mesure; cette ville, si illustre par la gloire chrétienne autant que par la gloire militaire et civile, fut détruite de fond en comble par de désastreuses vicissitudes, et écrasée sous ses ruines mêmes. En méditant sur ces événements, Nous, attentif à Notre devoir apostolique, Nous n'avons pu regarder sans une pitié paternelle, tels qu'ils sont aujourd’ hui, ces rivages de l'Afrique, placés presque à notre horizon. Puisque Nous voyons que le nom catholique y revit avec assez de force en ce moment, Nous voulons que cette bonne moisson, qui promet des fruits abondants, par Notre culture et Nos soins, pousse chaque jour des racines plus profondes, et grandisse heureusement avec l'aide de Dieu. Aussi, comme il importe surtout à la stabilité et à l’ordre de la religion que toutes - les sociétés chrétiennes soient sous la conduite d’ évêques qui leur ient propres, Nous avons pensé, en regardant l’état de l'Eglise africaine, qu'il fallait relever le siège archiépiscopal. pes Carthage, et Do) rimer l'administration one

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auspicium capere futurarum. Sane Ecclesiam Africanam e

niensis sententiam rogatus, ad Thomam Episcopum sic resèrip ‘sit: « Sine dubio post Romanum Pontificem primus Archiepis-

» giniensis Episcopus: nec pro aliquo episcopo in tota Africa » sive deserta jaceat Carthago, sive resurgat gloriosa aliquando.

» decretis aperte monstratur. »

© LETTRE APOSTOLIQUE DE S. s. Léon xHt |

Qua in fe libet quidem aliquid cogitatione repetere de pro eis Ecclesiæ splendore, atque a præteritarum rerum memoria.

Romana prognatam esse constat, cum ab ultima antiquitate

traditum sit, si minus beatum Petrum, certe proximos ejus | Successores Evangelium Afris attulisse. Apud quos christianum | nomen apparet celeriter adultum : altero enim nondum exacto

sæculo, descriptis finibus impositisque rite Episcopis, plurimæ per Africam Ecclesiæ constitutæ sunt. Easque disciplina floruisse . vel ex eo conjici licet, quod ante exitum sæculi secundi Ecclesia

catholica Pontificem ex Africa accepit, scilicet sanctum Victo- rem, qui, Christiana republica naviter gesta, decennio post Martyr

occubuit. — Brevi autem intervallo non mediocris extitit copia » sapientium hominum atque magnorum : Cyprianum intelligimus, :

Tertullianum, Aurelium, Evodium, Possidium, et qui non Africam modo sed universam christianam rempublicam unus maxime illustravit, Augustinum.

Ab ipsi vero Ecclesiæ Africanæ primordiis præstitisse Gr

thaginem nemo dubitat. Hujus enim civitatis Episcopis jus est. mature quæsitum ut ceteros potestate anteirent, ipsaque Car-

thaginiensis Ecclesia, ut est apud Augustinum A), caput Africæ. apellaretur. Revera tanta erat Carthaginiensium Pontüficum per. Africam auctoritas, ut de causis Ecclesiarum cognoscere con. sueverint: item responsa Episcopis dare, legatos ad Principem mittere, concilia omnium provinciarum indicere. Qua de re perhonorificum et gravissimum est sancti Leonis IX Decessoris Nostri testimonium, qui de jure Archiepiscopatus Carthagi

» copus et totius Africæ maximus metropolitanus est Cartha-

» perdere potest privilegium semel susceptum a sancta romana. » et apostolica Sede, sed obtinebit illud usque in finem sæcul » et donec invocabitur in ea nomen Domini Nostri Jesu CHRIST, |

» Hoc ex concilio B. martyris Cypriani: hoc ex synodis pus » hoc ex omnibus Africanis conciliis; hoc, quod majus est, ex » venerabilium Prædecessorum Nostrorum romanorum Presulum | :

Verum non dignitate solum, sed etiam RE dd vie tutum, ac nominatim fortitudinis exemplis visa est Carthago antecellere. Etenim, si urbs Roma excipiatur, vix alia reperietur civitas quæ tot martyres ac tam Prec Ecclesiæ Sn à ñ

(1) Epist. XLIII, num. 17

DAC | MATERNA ECGLESLE CARITAS | 46 NOEVMBRE 1884 5

4 n tent de revenir par Ja pensée, à ce sujet, sur l'antique | splendeur de cette Eglise, et de tirer du souvenir du passé, l'augure de l'avenir. Sans doule, il est. constant que l'Eglise d’ Afrique est née de l'Eglise romaine, puisque la plus ancienne tradition rapporte ique, si ce n’est saint Pierre, ce sont du moins ses successeurs les plus immédiats qui ont apporté l'Evangile aux Africains. Le nom A ttetion se montre comme ayant fait de rapides progrès chez eux : le re siècle n’était pas achevé, que les diocèses furent définis, limités, suivant le rite, et plusieurs églises ont été constituées en 5 Afrique. On peut conjecturer la force de leur discipline, par ce fait qu'avant la fin du 1° siècle, l'Eglise catholique recut de l Afrique un Pontife, saint Victor, qui, après avoir gouverné habilement la ‘république chrétienne, dix ans après, succomba au martyre. À un ue intervalle, une grande quantité. d'hommes savants et grands | éleva: Nous parlons de Cyprien, de Tertullien, d’Aurélius, d'Evode, de Possidius et de celui de tous qui a le plus illustré,non seulement lAfrique, mais la FepoPhute chrétienne tout entière, NAOUS HIT ES ES ‘

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| Que Carthage ait présidé aux débuts de l'Eglise africaine, personne n’en doute. Les évêques de cette ville ont acquis de bonne heure une puissance qai primait celle des autres, et l'Eglise même - de Carthage, comme on le voit dans saint Augustin, est” appelée la tête de l'Afrique. En effet, telle était l'autorité des Pontifes cartha- | ginois en Afrique, qu'ils connaissaient d'ordinaire des causes des ; te ils donnaient aussi des réponses aux évêques, envoyaient ides : légats au prince, ordonnaient les conciles de toutes les provinces, Sur ce sujet, le témoignage de Notre prédécesseur saint Léon IX est très honorable et très grave ; on lui demanda son avis sur le droit de l’archevêché de Carthage, et il répondit à l’évêque Thomas en ces termes : « Sans doute, après le Pontife romain, le » premier archevêque et le métropolitain suprême de toute l'Afrique » est l'évêque de Carthage : et il ne peut perdre, au profit d'aucun » évêque en toute l'Afrique, le privilège une fois concédé par le 4 Saint-Siège Apostolique et Romain ; mais il le gardera jusqu'à la » fin des siècles et tant qu'on y invoquera le nom de Notre-Seigneur . » Jésus-Christ, soit que Carthage gise abandonnée, soit qu'un jour » elle revive en sa gloire. Cela est clairement démontré pâr le con- | » cile du bienheureux martyr Cyprien, par les synodes d’Aurélius, » par tous les conciles africains : et, ce qui est plus important » encore, par les décrets de Nos vénérables prédécesseurs, les Pon- Cu tifes Romains. » es HR ES

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