‹ Lettres apostoliques des S.S. Léon XIIIChapitre 33 sur 85 · MEAUX · texte numérisé non relu

MEAUX

Quant à Vous, Vénérables Frères, Vous n'ignorez pas quelle est la nature de l'Eglise, quelle constitution son divin Fondateur lui a donnée, quels droits en découlent, dont personne ne peut détruire ni même déprécier la valeur. En effet, comme Nous l'avons dernièrement montré dans Notre Lettre Encyclique Immortale Dei, l'Eglise est une société surnaturelle et parfaite dans son ordre. Comme elle a pour but de conduire ses fils à la béatitude éter- nelle, elle a reçu de Dieu des moyens et des ressources pour les mettre en possession des biens éternels ; elle commence sur la terre et dans les combats de cette vie un édifice qui n'aura son - couronnement dernier et sa splendeur suprême que dans le ciel. Mais il appartient à l'Eglise seule de régler ce qui a rapport à ” sa vie: intime dont Notre-Seigneur Jésus-Christ, le réparateur de notre salut, a’ déterminé la nature. Cette. puissance libre et indé- pendante, Je Christ a ordonné qu’elle appartienne à Pierre seul et à ses successeurs, et, sous l'autorité et le magistère de Pierre, aux évêques dans leurs Eglises respectives : dans ce pouvoir. des évêques est comprise naturellement et principalement la discipline du clergé, et pour ce qui concerne le ministère sacré et pour ce qui. regarde la conduite des prêtres : car les prêtres sont attachés a raorque comme les cordes d'une lyre (1).

: Mais comme l’ordre sacerdotal, héritier d'un si sublime ministère, se renouvelle d'âge en âge sans dégénérer jamais, comme il est nécessaire sine ceux qui sont appelés à cet ordre suivent autant

ENGYCLIQUE DE SES LEON | XL 3 Te #5

vocati sunt, sinceritate doctrinæ et innocentia vitæ, quantum TS fieri potest, eorum vestigiis insistant, quos Christus primos fidei Satores elegit, nemini dubium esse potest, non aliis quam Episcopis jus munusque esse docendi et instituendi juvenes,

quos Deus singulari beneficio ex hominibus assumit, ut sint

ministri sui ac dispensatores mysteriorum suorum. — Ac sane,

: si ab iis quibus dictum est, docete omnes gentes, religionis doc- 1 à

trinam homines debent excipere, quanto validiori jure ad Epis- Copos cura pertinet, ea quam potiorem duxerint ratione, :

eorumque docentium ope quos maxime probaverint, sanæ doc-

trinæ pabula tradendi iis, qui pro suo ministerio sal terræ futur sunt, et pro Christo apud homines legatione functuri? Nec … solum hoc gravissimo munere obstringuntur Episcopi, sed eo insuper ut vigilantiam suam bono alumnorum sacri ordinis. impertiant, eosque mature imbuant solidæ pietatis sensibus, qua dempta, nec ii sacerdotii honore digni sunt, nec muneribus | ejus rite implendis pares esse possunt.

= Vos certe, Venerabiles Fratres, ratione atque experientia. edocti, optime nostis quam arduum sit, quanr diuturni laboris opus tales juvenes fingere et instituere. Cum enim qui primo- ribus annis Deum elegerunt in hæreditatem suam, ex Apostolorum Principis præcepto teneantur se ipsos vivam virtutis | continentiæque formam oculis christiani populi exhibere, ü mature discant oportet, sub magisterio Episcoporum ac delectorum moderatorum disciplina, cupiditatibus suis dominari, terrena despicere, cœlestia appetere, quorum el cogitatione muniti. et. amore inflammati, facilius possint inter mundi corruptelas caste.

integreque versari. Oportet insuper ut cito assuescant. constanti

et impavido esse animo in munere explicandæ populis tuendæque catholicæ veritatis, quam mundus spernit ac pertinaci

odio prosequitur. Quid sane, Venerabilis Fratres, expectandum ‘essei, si cum tempora incidunt, quæ vehementiorem postulant pro. tuenda Ecclesiæ causa domicationem, sacri ordinis viril, . sancta disciplinæ et caritatis ope, in id jampridem comparati

non sint ut Episcopis suis cum fide adhæreant, eorum excipiant

voces, et aspera quæque pro Jesu Cnrisri nomine proferre non

vereantur? Scilicet juvenilium annorum disciplina, quæ in

. Seminariis aliisque sacræ institutionis sedibus traditur, ea est

quo sacrorum alumni, procul ab humanarum curarum æstu, ad.

apostolica ministeria rite obeunda informantur, et ad quæque vitæ incommoda atque ad omne laborum genus læto animo

subeundum in salutem animarum. Ea est quæ efficit, vigilan- … : tibus ac præsidentibus Episcopis delectisque ab iis presbyteris | ‘2 diuturna sacræ disciplinæ peritia spectatis, ut alumni discant æqua lance metiri vires suas et quid ipsæ valeant agnoscant : À

ns

à © JAMPRIDEM », 6 JANVIER 1886 73 que possible par la pureté de leur doctrine et la sainteté de leur. . vie les traces des premiers apôtres de la foi choisis par Jésus- Christ, aux Evêques seuls, personne n’en peut douter, revient le.

droit et le devoir d’instruire et de former les jeunes gens que Dieu

appelle, par un bienfait singulier, pour en faire ses ministres et les dispensateurs de ses mystères. C'est de ceux à qui il a été dit :

enseignez toutes les nations, que les hommes doivent recevoir la doctrine religieuse ; à combien plus forte raison appartiendra-t-il aux Evêques de donner l'aliment de la saine doctrine, comment et . par qui ils jugeront convenable, à ces ministres qui seront le sel - de la terre et tiendront la place de Jésus-Christ parmi les hommes? . Ce devoir, très grave pourtant, n'est pas le seul qui incombe aux Evêques ; ils doivent, en outre, veiller au bien des élèves du sanctuaire, les initier de bonne heure aux pratiques d'une solide piété dont l'absence les laisserait indignes de l'honneur du sacerdoce et incapables d’en bien remplir le fonctions.

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Pour Vous, Vénérables Frères, instruits par la raison et par l'expérience, Vous savez très bien quelles difficultés, quels labeurs prolongés réclament cette instruction et cette formation de la Jeunesse lévitique. Ceux qui, dès leurs premières années, ont choisi Dieu pour héritage sont tenus, suivant le précepte du Prince des Apôtres, de se montrer aux yeux du peuple chrétien comme le modèle vivant de la vertu etde la continence. Ils doivent donc apprendre de . bonne heure, sous le magistère des Evêques et la conduite de maîtres choisis, à dominer leurs passions, à mépriser les choses d’ici-bas, à … rechercherles biens du ciel dont la pensée et le désir les aideront à se conserver chastes et purs au milieu de la corruption du siècle. . Il faut encore qu'ils s’habituent promptement à remplir avec cons- tanceet intrépidité le devoir d'expliquer aux peuples et de défendre la vérité catholique, que le monde méprise et poursuit d’une haine implacable. À quoi pourrait-on s'attendre, Vénérables Frères, si, dans une époque qui exige une lutte plus vigoureuse pour soutenir . la cause de l'Eglise, les ministres sacrés n'étaient pas préparés de . longue main, par une instruction sainte et par la charité, à se grouper fidèlement autour de leurs Evêques, à écouter leurs paroles, à - supporter sans rougir les plus durs traitements pour le nom de Jésus-Christ ? L'éducation de la jeunesse, telle qu'on la pratique dans les Séminaires et dans les autres institutions pieuses, est faite pour donner aux élèves du sanctuaire, loin de la dissipation et des bruits du monde, les qualités requises pour bien remplir le ministère apostolique et pour supporter ave joie toutes les incommodités de la vie et toute sorte de travaux, quand il s’agit du salut des âmes. Sous l’œil vigilant des évêques et des prêtres choisis par eux à cause de leur longue expérience dans la science sacrée, les élèves appren- . nent à mesurer Jeurs forces avec justesse et à reconnaître ce dont

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ac Pasiores vicissim, compertis cujusque ingeniis et moribus, | scienter decernere possint, qui sint ex iis "sacerdotii honore digni, et cavere ne quis immerito aut præpostere sacris ordi-

nibus initietur. At qui poterunt hujusmodi salutares fructus … haberi, nisi plena sacris Pastoribus sit facultas impedimenta : removendi et opportunis ad id assequeñdum utendi præsidiis? .

— Qua in re, quoniam nationis vestræ homines, præter alia ornamenta, armorum quoque gloria excellunt, passuri ne unquam | essent qui rei publicæ præsunt, ut qui juvenes rudimenta miliiæ

ad ducendos ordines et bellica munera administranda in milita-

ribus institutis accipiunt, ab aliis potius quam a peritis bellicæ

artis scientiam armorum ediscerent, atque ab aliis magis quam ab idoneis militiæ magistris disciplinam castrorum, uSumM rerum et martios spiritus haurirent?

Ex his facile intelligitur cur a vetustissimis Ecclesiæ tempo-

ribus Romani Pontifices et catholici Episcopi omnem curam gesserint, ut candidatis sacri ordinis contubernia constituerent, in quibus eos aut-per se 1ps0s, aut probatis adhibitis magistris, quos interdum e sacerdotibus Cathedralis Ecclesiæ legebant, ad litteras, ad severiores docirinas et præcipue ad mores sua vocatione dignos excolerent. Adhuc hominum memoria celebrantur

domus olim ab Episcopis et cœnobitis clericis excipiendis apertæ,

atque inter eas illustris adhuc fama viget Patriarchu Lateranensis, ex quo, velut ex arce sapientiæ et virtutis, Pontifices maximi et

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Antistites sanctimonia ac doctrina clari prodierunt. Ac tanti

momenti hoc studium accuratæ diligentisque clericorum disci- , plinæ, et tam necessarium visum est, ut jam inde ab initio sæculi sexti Synodus Toletana, de üs quos voluntas parentum a primis infantiæ annis clericatus officio manciparat, statuerit obser.… vandum ut mox cum detonsi vel ministerium lectorum contradite essent, in domo Ecclesiæ sub Episcopali præsentia a Præposito sibi deberent erudiri. — Inde liquet quam gravi justaque de causa vehementer contendamus, vestrarum Diæcesium Seminaria ad eas normas constitui, ordinari atque componi, quas Concilii Tridentini Patres, ut notum pervulgatumque est, tradidere. Nec. alia profecto fuit causa cur Apostolica Sedes, cum inter romanos Pontifices et supremos rerum publicarum Moderatores pactionum

fœdera pro variis temporum rationibus inita sunt, diligenterin us

cautum consultumque sacris Seminariis voluit, et Episcoporum jus in üs regendis, alia quavis potestate exclusa sartum tectumque esse curavit. Cujus rei perspicuum inter alia documentum præbent Apostolicæ litteræ, quarum initium De salute animarum, quæ a fel. rec. Pio VIIL Decessore Nostro die decima octava julii anno MDCCCXXXI editæ fuere, conventione ab Ko inita cum. Borussiæ Rege, in qua de nova Dicecesiurn ro RECRUE

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