CPR NE EL NE
$ | ; “a Ha ne A) | ID M 6 JANVIER 1886 “ Vi 4
elles sont capables : et les pasteurs de leur côté, ayant eprouvé les aptitudes et les mœurs de chacun, peuvent en connaissance de cause
juger qui est digne de l'honneur du sacerdoce et écarter des saints ordres ceux qui sont sans mérite et sans vocation. Mais comment ces fruits salutaires pourront-ils être obtenus, si les pasteurs n'ont pas pleine liberté d’écarter les obstacles et d'employer les moyens . proportionnés à ce résultat ? — Et à ce sujet, puisque Votre nation compte parmi toutes ses gloires la gloire des armes, les chefs du . gouvernement souffriraient-ils jamais que les jeunes gens placés dans les institutions militaires pour y apprendre l’art de la guerre, - , eussent d’autres maîtres que ceux qui excellent en cet art? Ne - choisit-on pas les plus habiles guerriers pour former les autres à la ‘ discipline des armes et à l'esprit militaire ?
On conçoit donc facilement que, dès les temps les plus reculés de l'Eglise, les Pontifes romains et les Evêques catholiques aient mis tous leurs soins à établir pour les candidats au sacerdoce des asiles où, soit par eux-mêmes, soit avec l’aide de maîtres choisis qu'ils
us 2
enseignaient les belles-lettres, les sciences sacrées et surtout les mœurs en rapport avec leur vocation. On n’a pas oublié ces maisons - qu'ouvraient les Evêques et les moines pour y recevoir les clercs ; entre toutes brille encore la mémoire du patriamgat de Latran d’où sortirent, comme d'une citadelle de sagesse et de vertu, des Pontifes illustres et des Evêques remarquables par leur sainteté et par leur . doctrine. Ces soins attentifs apportés à la formation des clercs . parurent importants et si nécessaires que, dès le commencement du . vi siècle, le concile de Tolède, parlant de ceug que leurs parents avaient fait entrer encore enfants dans la cléricature, ordonne qu'après . avoir élé tonsurés ou ordonnés lecteurs, ils seront élevés dans la maison de l'Eglise sous la surveillance de l’Evéque. On voit par là à combien juste titre Nous faisons Nos efforts pour que les Séminaires . de Vos diocèses soient constitués, organisés et réglés suivant les règles qu'ont tracées, comme on le sait, les Pères du Concile de Trente. Voilà aussi pourquoi, dans les concordats passés entre les Pontifes romains et les chefs des Etats à différentes époques, le __ Siège Apostolique veilla d’une manière spéciale au maintien des Séminaires et réserva aux Evêques le droit de les régir, à l'exclusion de toute autre puissance. Nous en avons un remarquable exemple dans les lettres apostoliques, commencant par ces mots: De salute # ‘animarum, que Notre prédécesseur Pie VII, d'heureuse mémoire, publia le 18 juillet 14821, après une convention faite par lui avec le roi de Prusse au sujet d'une nouvelle délimitation des diocèses.
PRET TPS TT Ve TS Lu rar tre. ñ: LS
prenaient parfois parmi les prêtres de l'Eglise cathédrale, ils leur
16 à: as LENGYGLIQUE DE s. s. (éon. x
Sit ait integrum, sit liberum jus et potestas Épiso pi in a W
Seminarioum palæstra mansuetæ Christimilitiæ fingendæ conferre
operam; sit integrum sacerdotes judicio suo deligere alios aliis
ministerus præficiendos, àc nulli impedimento obnoxios pastorali suo munere tranquille perfungi.
Ex his autem, quæ ediximus, videtis, Venerabiles Fraires, quam vere justeque declaratum a Nobis fuerit, ad faustam sta-
bilemque concordiam, summis votis tamdiu expetitam, inter potestatem utramque ineundam, opus esse latas leges ita com-
poni, ut necessaria ad vivendum agendumque libertas Ecclesiæ salva supersit. Ac Nos confidimus viros qui rei publicæ gubernacula tenent, æquos se causæ nostræ præbituros, eaque "N obis
præstituros, quæ vi sanctissimorum jurium postulamus.
Nec vero postulata Nostra talia sunt, ut ex iis quidquam i imperantibus de sua dignitate et potestate decedat ; quin immo ex ipsis magnæ in bonum publicum solidæque dimanant utilitates. Quæ enim a vobis, Venerabiles Fratres, et a cooperatoribus vestris in ministerio verbi populis documenta traduntur in lis, quæ ad
eorum officia erga civilem auctoritatem pertinent, huc maxime redeunt : scilicet omnem animam polestatibus sublimioribus
subditam esse debere non solum propter iram, sed eliam propter
conscientiam (1); publica onera æquo animo ‘ferenda: a turbu=
lentis consiliis et molitionibus abstinendum; caritate frater-
nitatis invicem dilectionem exhibendam, mutuaque officia in hominum societate cum fide servanda. Quod Si major, quam nunc est, cooperatorum vestrorum evaderet numerus, ex hoc
incremento una etiam eorum augeretur manus, quorum est tam salutaria human& societati documenta in populos propagare ; simulque facilius possent destitutæ jamdiu rectorum suorum
solatio paræciales ecclesiæ probatorum sacerdotum curæ com-.
mitti : quod catholicorum vota maxime flagitant.
Sunt præterea, ut nostis, Venerabiles Fratres, in humaneæ
societatis sinu plura publicarum perturbationum semina, veluti
passim dispositi ignes, qui Sævum minitantur incendium , AUS
quibus præcipue se effert operariorum causa, quæ rei publicæ
moderatorum sollicitos habet animos, rationem quærentium qua impendentibus periculis occurrant, viamque obStruant sectarum
asseclis, qui in omnem occasionem excubant crescendi ex publicis
malis, resque novas, magno cum rei publicæ detrimento,
moliendi. — Atqui mirum est quantum hac ipsa in re de humana
societate mereri Ecclesiæ ministri opera sua, possunt; quod et
in aliorum temporum procellis et calamitatibus scimus contigisse. Sacerdotes enim, qi pro sui ministerii ratione cum inferiorum
(1) Rom., xx, 5. : AP 5) à es x on
6 sanvien 1886 AT 1 Que les Evêques aient donc le droit plein et entier de former dans l'école des Séminaires la milice pacifique de Jésus-Christ ;
qu'il leur soit loisible de choisir à leur gré les prêtres à placer dans les divers postes et qu'ils puissent sans obstacle s'acquitter de leur
© JAMPRIDEM »,
office pastoral.
ET
De ce que Nous venons de dire, Vous voyez, Vénérables Frères, avec combien de vérité et de justice Nous avons déclaré que, pour arriver à une concorde heureuse et durable, depuis si longtemps et si ardemment désirée, entre les deux pouvoirs, il faut que, dans les lois, rien ne s'oppose à la liberté nécessaire à l'Eglise pour vivre et
pour agir. Et Nous avons l'espoir que ceux qui sont à la tête du gouvernement se montreront justes à Notre endroit et Nous accorderont ce que Nous demandons appuyé sur les titres les plus sacrés.
Nos demandes ne sont pas de nature à diminuer en rien la dignité et la puissance de ceux qui gouvernent ; bien plus, il en peut résulter pour le bien public de solides avantages. En effet, Vénérables Frères, ce que Vous et Vos coopérateurs, dans le ministère de la parole, enseiguez aux peuples au sujet de leurs devoirs envers l’autorité civile, se résume à ceci : tout homme doit être soumis aux
à cause de sa conscience (1); il faut subir de bon gré les charges publiques ; s'abstenir des complots et des machinations qui troublent l’ordre ; manifester les uns pour les autres des sentiments de charité fraternelle et remplir fidèlement ses devoirs à l'égard de la société. Si le nombre de Vos coopérateurs s’augmentait, en même temps . s’augmenterait la force de ceux qui ont pour office de répandre parmi les peuples des enseignements si utiles à la société, en même temps aussi, il deviendrait plus facile de pourvoir de bons prêtres les églises paroissiales longtemps privées de leurs pasteurs : ce que les catholiques appellent de tous leurs vœux.
R're AT re éme OT 4e ET TRS SR À PA ia eo je RE sg RSS
Il existe en outre, comme Vous le savez, Vénérables Frères, dans le sein de la société humaine, plusieurs semences de désordres publics; ce sont comme des feux disposés cà et là et qui font redouter un terrible incendie; au premier rang se présente la question ouvrière, qui octo de esprits des gouvernants, lesquels cherchent le moyen de faire face aux dangers imminents,
s’accroître à la faveur des malheurs publics et de machines des révolutions, au grand détriment des Etats. — Or, admirables sont __ Les avantages que la société humaine peut retirer dans ce cas du travail des ministres de l'Eglise; et l’on a pu le constater dans les périls et les calamités qui ont affligé d’autres temps. En effet, les prêtres qui, à raison de leur ministère, ont des rapports presque
puissances supérieures, non seulement à cause du châtiment, maïs aussi.
de barrer la route aux membres des sectes, qui épient l’occasion de
78 GA ENCYCLIQUE | DE $. de LEON | x |
ordinum hominibus quotidianam pene tu habent et cum iis solent familiariter intimeque versari, labores et dolores … penitus norunt ejus generis hominum; saucia eorumdem corda propius intuentur; et opportuna auxilia, documenta ex divinæ
religionis fontibus depromentes, nati apti sunt ea solatia et remedia ægris animis afferre, quæ maxime præsentium malorum
lenire sensum, fractas revocare vires possunt, et præcipites in = turbulenta consilia animos compescere. “ Nec minus insuper validam utilemque operam sacri bris
viri eo imbuti spiritu, quem Ecclesia ministris suis indit, navare possunt in iis regionibus longe dissitis et à civili cultu remotis, in quibus colonias statuere plures Europæ principes hoc tem- pore instituerunt. — [psi rei germanicæ Gubernatores non modo certatim curant colonias deducere, possessionesque ambpliare, sed etiam novos aditus industriæ et mercaturis faciendis pate-
facere. lidemque de humanitate gentium hoc etiam nomine
re 0 posté la CONS
DORA PORTE RL + Un ET
optime merebuntüur, quod nitantur tribus immanes et feras - |
urbanis moribus atque artibus expolire. — Magni autem refert ad rudium et incultarum gentium demerendos animos voluntatesque conciliandas, eas confestim salutaria religionis præcepta
edocere, ad veram recti honestique speciem intuendam addu- COlO,. OL dignitatis filiorum Dei conscias efficere, ad quam ipsæ
etiam, Sospitatoris nostri meritis vocatæ sunt. Quas res maxime
propositas animo habentes romani Pontfces, Evangelii præ-
cones ad incultos populos mittere sedulo naviterque curarunt. Ac sane opus, de quo agitur, non exercituum, non civilium magistratuum, neque dominantium est, quamquam ipsi fructum
. ex eo uberrimum capiunt; sed illorum, uti testatur historia, est hominum, qui ex Ecclesiæ castris prodeuntes, sacrarum expedi-. n : tionum labores et pericula sibi SuSpiciunt, ac velut nuncii et
interpretes Dei, inter barbaras gentes migrare non verentur,
vitam et sanguinem fratrum saluti libenter largituri. Hæc omnia Nos animo reputantes et cogitatione complectentes,
in spem adducimur fore ut, Deo aspirante et favente, vota - Nostra optato exitu fortunentur. Vos autem, Venerabiles Fratres, 5
pergite assiduis ad Deum precibus idipsum implorare. Cumque animi vestri non humanis cupiditatibus’ et consiliis, sed unice divinæ gloriæ studio et amore erga Ecclesiam agantur, dubi-
tandum non est quin, divina opitulante g gratia, meta constantiæ
vestræ mercedem referatis.
Et quoniam in omnibus rebus ad prosperos earum \exitus, 1 magna semper vis fuit conjunctionis animorum mutuæque cari-
tatis, nihil sit vobis antiquius, quam sanctum caritatis vinculum inter vos omni studio tueri. ‘Qua in re 1llud etiam vos perpendere volumus, Venerabiles Fratres: eas perturbationes quibus
à ss T TE ; SAME OT APT ETE) FOSSES
€ JAMPRIDEM », 6 JANVIER 1886 79
quotidiens avec les hommes des classes inférieures et sont accou- : tumés à converser familièrement et intimement avec eux, connaissent à fond les travaux et les douleurs de cette classe d'hommes ;
ils voient de plus près les blessures de leur cœur; et, tirant des vérités religieuses des arguments et des secours opportuns, ils sont aptes à donner aux esprits malades des consolations et des remèdes,
qui peuvent adoucir les maux présents, relever le courage abattu,
retenir des esprits qui se précipitaient dans la sédition et le désordre.
Ni moins sérieux ni moins utile est le concours que peuvent apporter les ministres sacrés, animés de l'esprit que l'Eglise leur inspire, dans ces pays reculés, sans aucune civilisation, où plusieurs princes européens ont pris à tâche de nos jours d'établir des colo- . nies. — Le gouvernement allemand lui-même cherche,non seuleg ment à fonder des colonies, à agrandir ses possessions, maïs encore k à ouvrir de nouveaux débouchés au commerce et à l'industrie. Ce | qui fera sa gloire, aux yeux de l’humanité, ce sont ses efforts pour à polir et civiliser des sauvages sanguinaires.— Mais, pourse concilier … l'esprit et gagner la confiance de ces nations grossières et incultes, il importe beaucoup de leur enseigner dès l’abord les préceptes salutaires de la religion, de les amener à comprendre ia vraie notion du juste et de l’honnête, de leur apprendre la dignité des enfants de Dieu à laquelle, grâce aux mérites de notre Sauveur, elles ont aussi été appelées. C’est ce qui engagea les Pontifes Romains à . envoyer des hérauts de l'Evangile aux peuples encore barbares. Et, certainement, l’œuvre dont il s’agit n’est point l’affaire des armées, ni des magistrats civils, ni des vainqueurs, bien qu’ils en puissent retirer des fruits abondants; maïs c’est le rôle, comme l'atteste l’histoire, de ces homines qui, s’élançcant du camp de l'Eglise, embrassent les labeurs et les dangers des expéditions sacrées et ne craignent pas, messagers et interprètes de Dieu, de s'exiler chez des nations barbares, prêts à répandre leur sang et leur vie pour le * salut de leurs frères. LAN AN à
. En pesant tous ces motifs, Nous avons l'espoir que Nos vœux, avec la grâce de Dieu, se réaliseront heureusement. Pour Vous, Vénérables Frères, continuez à le demander à Dieu, par des supplications assidués. Et,comme Vos esprits sont bien loin des ambitions et des pensées humaines, mais sont uniquement enflammés du zèle de la gloire de Dieu et de l’amour pour l'Eglise, Vous obtiendrez,avec la grâce divine, la récompense qu'a méritée Votre constance.
LT dt
- Pour le succès de toutes les entreprises, l'union des esprits et … des cœurs a toujours été une grande force; n'ayez donc rien de plus à cœur que de maintenir à tout prix entre Vous le lien sacré Ec de la charité. Nous voulons aussi Vous faire remarquer à ce sujet, … Vénérables Frères, que les troubles dont Vous souffrez ne sontpoint
un “ 2
80 | ENCYGLIQUE DE ns! LEON XL
obnoxil estis, tales esse, ut non magis proprias singularum Diæ- : cesium, quam communes universæ Ecclesiæ rationes attingant: ï quarum tutela, ut nostis, huic Apostolicæ Sedi commissa est, in qua suprema potestas Ecclesiam regendi, supremum ejus. magisterium, et catholicæ unitatis centrum est constitutum. In. “hanc igitur A postolicam Cathedram vestri perpetuo conjecti sint |
oculi, ac vobiscum reputate, nihil ipsi esse potius, quam curam
omnem operamque conferre, ut concertationibus, quæ ista regione vigent, finis tandem, uti vos vestræque procurationis fideles optant, imponatur.
Patrem denique misericordiarum ex intimo corde adprecantes, ut respiciat labores et dolores vestros, atque communibus k votis propitius annuat, Apostolicam ‘benedictionem præcipuæ Nostræ dilectionis testem, auspicemque præsidii et solatii cœlestis vobis, Venerabiles Fratres, universoque Clero et fide-
libus cujusque vesirum fidei concreditis, peramenter in Domino.
Datum Romæ apudS. Petrum, die VI januarii MDCOGEAES Pontificatus Nostri anno octavo. )
| peus:
4 cèse, I ais rentrent plutôt dans férêts de l'Eglise diverse le soin d’ Ÿ veiller CORTE
à été confié à ce eg suprême de gouverner l'Eglise … magistère souverain, et Li e de unité catholique. Ayez donc toujours les yeux tournés chaire apostoliqu’, et soye: RARES qu'elle n’a rien de Rs d'employe efforts et ses soins pour mettre . vœux et PIE ni Vos es, aux luttes He GHSIEn
| ot à on Véné bles res à var Votre LE et. aux les confiés à Vos soins, la Bénédiction Apostolique, comme témoignage de Notre amour p rticulier € et comme gage du secours et de la consolation du Ce De ï ;
Léon XI, PAPE.
SS. D. N. LEONIS PAPÆ XII
EPISTOLA ENCYCLICA