‹ Lettres apostoliques des S.S. Léon XIIIChapitre 42 sur 85 · DÉCEMBRE · texte numérisé non relu

DÉCEMBRE

religieusement l'intégrité de la foi et leur vieille alliance avec l'Eglise romaine, sans se laisser effrayer par la violence et l'attaque : des novateurs. Or, cette vertu, cette fermeté de vos pères, doit être d'autant plus célébrée que la nouvelle secte s'était malheureusement soumis presque tous les peuples voisins. Assurément les Bavarois, qui vivaient dans ces temps douloureux, méritaient bien ce que,

par un juste éloge, dans une lettre écrite aux grands, le même Gré- .. goire Il avait dit, longtemps auparavant, des catholiques de Thu- ringe, instruits de la foi chrétienne par saint Boniface : « Recon-. « naïssant la constance que Nous vous avons enseignée, de votre foi … magnifique en Jésus-Christ, dans ce fait qu'aux païens ,qui voulaient ‘vous contraindre à adorer les idoles, vous avez répondu avec une * foi entière que vous aimez mieux mourir heureusement que de violer

… en quoi que ce soit la foi en Jésus -Christ après l'avoir une fois reçue ; - tout rempli d'une grande joie, Nous rendons les grâces qui sont - dues à notre Dieu et Rédempteur, dispensateur de tout bien. Nous __ souhaitons que vous arriviez à une condition meilleure encore, et

que vous vous confirmiez dans les desseins de votre foi d’adhérer

de toutes vos âmes religieuses au Saint-Siège Apostolique, et,

autant que le réclamera le besoin de notre sainte religion, de chercher votre consolation auprès de cette Chaire Apostolique, Mère spirituelle de tous les fidèles, comme il convient aux fils cohéritiers

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du royaume, par rapport à leur père royal, »

Or, bien que la grâce du Dieu de miséricorde, qui, dans le passé, a protégé et bienveillamment embrassé Votre nation, Nous ordonne d'espérer et d’augurer les meilleures choses pour l'avenir, néanmoins, pour la part qui incombe à chacun, Nous devons montrer ce qui à le plus d'efficacité, soit pour réparer les dommages déjà faits ‘ à la religion, soit pour empêcher ceux qui la menacent, afin que la . … doctrine chrétienne etles plus saintes institutions des mœurs puissent

être chaque jour mises à la portée d'un plus grand nombre et pro- duire plus au loin des fruits de grande joie. Nous ne disons pas cela parce qu'il manquerait à la cause catholique chez Vous des défenseurs plus aptes et nullement timides; car Nous savons à merveille, Vénérables Frères, que Vous et avec Vous la plus grande . et la plus saine partie du clergé et des fidèles laïques n'êtes nulle- ment froids et oisifs en face des combats et des périls qui envi- ronnent et qui pressent Votre Eglise. Aussi, de même que Notre prédécesseur Pie IX, dans des lettres très tendres aux évêques de : Bavière (1), donna de grands éloges aux efforts consacrés par eux -avec éclat à la défense des droits sacrés de l'Eglise, de même Nous donnons spontanément et publiquement de justes éloges à chacun des Bavarois qui ont entrepris vaillamment et soutenu la défense de … ‘à la religion des ancêtres. Mais, dans les temps où la Providencé de

” Dieu permet que son Eglise soit agitée. par de cruelles tempêtes,

dans ces temps-là il réclame de nous à bon droit des cœurs plus ardents et des forces mieux préparées pour venir au secours de

| ENGYGLIQUE à DE S. S. LÉON. N xt

autem ad unum, Venerabiles Fraires, eaque ut ds. lee videtis quam aliena et quam iniqua in tempora Ecclesia inciderit en videtis cum -primis quo se loco habeant res vestræ, et quibus vosmetipsi difficultatibus conflictemini. Ergo intelligitis experiendo, munera vestra majorem quam ante hac habere inpræ- + . Sentia amplitudinem, ad eaque vigilantiam et actionem, robur et prudentiam christianam debere vos enixius infundere. AS - Ac primum omnium ad clerum parandum et ornandum, auc- 7 tores vobis hortatoresque sumus. — Clerus nimirum instar exer-, HCILUS St; QUI, quoniam instituta sua et suorum pérfunctio munerum Ita ferunt, ut, Sub magisterio episcoporum, cum christiana

multitudine assiduo fere usu versetur, decus idcirco præsidiumque

tanto amplius est rei publicæ allaturus, quanto et numero præstet | et disciplina. Quapropier Ecclesiæ hæc fuit semper antiquissima cura, ul illos deligeret educeretque ad sacerdotium adolescentes, Fe quorum 1indoles et voluntas spem afferat eos ecclesiasticis minis. … dertis perpetuo inservituros (2); eademque ut adolescentium … ætas..…. à leneris annis ad-pietatem et religionem informetur, 2 | antequam vitiorum habitus totos homines possideat (3); RS : proprias sedes et éphebea condidit, atque regulas, in Sacro præ- . * sertim Concilio Tridentino (4), sapientiæ plenas præscripsit, ué hoc collegium Dei mimstrorum perpetuum seminarium sit (5). à Alicubi quidem quædam latæ sunt valentque leges, quæ sin 2) minus impediunt, interturbant quominus uterque clerus sua sponte confletur, suaque disciplina instituatur. Nos hac in re, quæ tanti interest quanti interesse maxime potest, sicut alias, o ita nunc oportere existimamus, sententiam Nostram aperte eloqui, et omnia qua possumus ratione jus Ecclesiæ sanctum Te | tumque retinere. Ecclesiæ nimirum quippe quæ societas au di genere suo perfecta, jus nativum est cogendi instruendique copias suas, nocentes nemini, plurimis auxiliantes, in pacifico regno ‘quod saluti humani generis Jesus Christus in terris fundavit. Clerus autem concredita sibi officia integre profecto et cumulate explebit, ubi, curam episcopis adhibentibus, talem et sacris seminariis disciplinam mentis animique sit nactus, qualem digni- è à tas sacerdotii christiana et ipse temporum morumque ce | requirit ; eum scilicet opportet doctrinæ laude, et, quod caput est, summa Jaude virtutis excellere, ut animas hominum oncIHelS, sibi atque in observantiam adducat. 7 é Christiana sapientia quæ luce mirifica‘ abiutats in omnium oculis niteat necesse est, ut tenebris inscientiæ, quæ, estreligioni . maxime inimica, dispuisis, veritas 1ônee lateque se pandat et 2

{4) Conc. Trid. Sess. XXIII, a Dr (a XVI, 6 ce. Trid. Sess. e - XXIIL de reform..c. xvirr. — (4) b. (0). LD AE

22 nécemMBre 1887 Ur En son Eglise. Vous êtes unanimes, Vénérables Frères, à voir douloureusement avec Nous en quels temps hostiles et mauvais l'Eglise se trouve; Vous voyez surtout où en. sont Vos affaires, et avec quelles . difficultés Vous-mêmes êtes aux prises. Vous eomprenez donc par expérience que Vos devoirs sont. plus grands maintenant que par le” passé, et que pour les remplir, Vous devez y apporter avec plus de soin la vigilance, l’activité, La force et la prudence chrétiennes. =. Avant toutes choses, Nous Vous demandons et Vous exhortons de préparer et d'orner Votre clergé, car le clergé est pareil à une - armée, et, comme ses règlements et la nature de ses fonctions demandent que, sous l'autorité des évêques, il soit presque assidü- . ment en rapport avec le peuple chrétien, il apportera d'autant plus - d'honneur et de force à la société qu'il l'emportera par le nombre et la discipline. C’est pourquoi ce fut toujours le plus grand souci de l'Eglise de choisir.et d'élever au sacerdoce des jeunes gens « dont le caractère et la volonté donnent l'espoir qu'ils serviront perpétuel- lement aux ministères ecclésiastiques (1) »; et aussi « de former ces jeunes gens dès Les plus tendres années à la piété et à la religion, avant que l'habitude des vices possède tous les hommes (2) ». Elle a établi pour eux des établissements spéciaux et des collèges et elle a prescrit des règles très sages, surtout dans le saint concile de ” Trente (3), afin que ce collège des ministres de Dieu soit perpétuellement un Séminaire (4). Or, en certains endroits, des lois ont été . portées et sont en vigueur, qui, si elles n’empêchent pas absolument, apportent des troubles à ce que partout le clergé s'élève lui-même et se forme d’après sa discipline. En cette affaire, qui est du plus grand intérêt qu'il soit possible, Nous estimons qu'il faut maintenant, comme Nous l'avons fait ailleurs, proclamer publiquement Notre jugement et, par tous les moyens en Notre pouvoir, garder

. parfaite en son genre, a le droit inné de rassembler et de former … ses troupes qui ne nuisent à personne, qui sont pour beaucoup un. — - secours, dans le royaume pacifique que Jésus-Christ a fondé sur la terre pour le salut du genre humain. + Ù :

. : Mais le clergé remplira intégralement et complètement les devoirs qui lui sont confiés lorsque, grâce au soin des évêques, il - aura, dans les Séminaires, acquis la discipline d'esprit et de cœur ” que réclame, avec la dignité du sacerdoce chrétien, le cours des temps et des mœurs; c’est-à-dire qu'il lui faut exceller dans la science de la doctrine et, chose capitale, dans la perfection de la: vertu, afin qu'il se concilie les esprits des hommes et les amène au PAC-TebpecR se ee re MU | SE Il est nécessaire de faire éclater aux yeux de tous quelle magni-. fique lumière abonde en la science chrétienne, afin que les ténèbres per. de lignorance, qui est très ennemie de la religion, étant chassées, la vérité se répande au loin et au large et établisse heureusement

. sa domination. FHÉRE À I faut aussi repousser et écarter les multiples erreurs, produit de l'ignorance, de la mauvaise foi ou des préjugés, qui détournent vilainement les esprits de la vérité catholique et lui inspirent à son

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saint et imviolé le droit de l'Eglise. L'Eglise, en effet, comme société ;

SCT SOIR

lité Soripetur L es “no ad ne et. convellantur errores multiplices, qui, vel ignorantia vel improbitate vel præ-

: judicatis opinionibus exorti, mentes hominum- perverse avocant

a veritate Catholica, etquoddam animis fastidium ejus aspergunt. - Hoc munus permagnum quod est exhortari in doctrina sana,

et eos qui contradicunt arquere (1), ad ordinem pertinet sacer-. de

dotum, qui legitime habuerunt a Christo Domino Imposespe quum divinà ille potestate dimisit ad gentes universas docendas :

ÆEuntes in mundum universum, prædicate evangelium omni creaturæ (2); ita plane ut episcopi, in Apostolorum locum

sublecti præsint, magistri in Ecclesia Dei, presbyteri adjutores accedant. Sanctioribus hisce partibus plene perfectèque, si alias unquam, Satisfactum est in primordiis religionis nostræ. sæcu-. … lisque consequentibus, par eam, quæ diu exarsit, maximam dimicationem cum ethnicæ superslitionis tyrannide : unde tam.

a amplam cohors sacerdotalis collegit gloriam, amplissimamque sanctissimus ordo Patrum et Doctorum, quorum sapientia et elo=

. quentia in omnem memoriam et admirationem florebunt. Pér s DOS nempedoctrina christiana subtilius tractata, uberius expli-. cata, pugnacissime defensa, eo magis veritate et præstantià : bus prorsus divinà : contra jacuit doctrina ethnicorum, vei

.indoctis redarguta et contempta, ut quæ nihil sibi consentanea,

perabsurda, inepta. Nequidquam vero connisi sunt adversarii, ut. cursum eum sapientiæ catholicæ tardarent et intercluderent :

nequidquam græcæ scholas philosophiæ, platonicam in primis et.

aristotelicam, magnificentioribus sane verbis objecerunt. Nostri enim neque istud quidem certaminis genus declinantes, ad phi+.

losophos ethnicos applicuerunt ingenia et studia: quæ quisque :

eorum professus esset incredibili pœne diligentia scrutati, consi= deraverunt singula, expenderunt, contulerunt :‘multa sunt ipsis

rejecta aut emendata, non pauca ex æquo probata et accepta:

hoc etiam ab 1psis apertum et prolatum est, ea quidem que. ipsa ratione et intelligentia hominis falsa esse revincantur, ea

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tantummodo adversari doctrinæ christanæ, adeo ut huic doc-

tinæqui obsistere velit et refragari, idem suæ ipsius neccessario -obsistat et refragetur rationi. Istiusmodi pugnatæ sunt pugnæ a patribus illis nostris, atque illustres partæ victoriæ, eæque non . virtute modo armisque fidei partæ, sed auxiliis quoque. humanæ

rationis : quæ scilicet, lumen præferente sapientiæ cœlesti, ex …

rerum ignoratione complurium et quasi ex errorum silvà, veritatis iter pleno gradu erat ingressa. — Hæc sane admirabilis de: cum ratione consensio et conspiratio, quamquam operosis

“à multorum studiis ornata est, tameb, in uno sir He ædi- 0

(A) Tit, I, 9. — (2) Marc. XVI, 15.

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