‹ Lettres apostoliques des S.S. Léon XIIIChapitre 43 sur 85 · RE RES ED REA ARRET · texte numérisé non relu

RE RES ED REA ARRET

égard comme un sentiment de dégoût. Cette charge très impor-

tante, qui consiste à exhorter selon la saine doctrine et à confondre

ceux qui contredisent (1), appartient à l'ordre des prêtres, qui l'ont

reçue légitimement de Dieu lorsque, par sa divine puissance, il les

envoya pour enseigner toutes les nations : Allez dans le monde entier,

préchez l'Evangile à toute créature (2): de telle sorte que les évêques - choisis à la place des apôtres, soient à la tête comme maîtres dans l'Eglise de Dieu et que les prêtres leur servent d’auxiliaires.

À ces saints devoirs, il a été pleinement et parfaitement satisfait, plus que jamais dans les premiers siècles de notre religion et les suivants, lorsque fut si vif pendant si longtemps le combat contre

la tyrannie de la superstition ; c’est alors que l’armée sacerdotale moissonna une si grande gloire, ainsi que l'ordre très saint des Pères et des docteurs dont la sagesse et l'éloquence fleuriront à jamais dans la mémoire et l'admiration de tous. Par eux, en effet,

la doctrine chrétienne, plus habilement traitée, plus abondamment expliquée, défendue avec une vaillance sans égale, apparut d'autant

plus avec la vérité et l’excellence de son caractère divin; au contraire, on vit tomber la doctrine des païens, combattue et méprisée même par les ignorants comme illogique, absurde et inepte au suprême degré. Et c'est vainement que les adversaires se coalisèrent pour retarder ou arrêter ce cours de la sagesse catholique ; c’est en vain que les philosophies grecques opposèrent dans un langage vraiment magnifique leurs écoles, surtout la platonicienne et l’aristotélicienne. Car les nôtres, ne déclinant pas même cegenre de combat, appliquèrent aux philosophes païens leurs talents et leurs études; scrutant avec une diligence presque incroyable ce qu'ayait professé chacun d'eux, ils examinèrent chaque chose, - pesèrent, comparèrent; beaucoup d'idées furent par eux rejetées,

ou corrigées; beaucoup approuvées et acceptées comme il était. juste; et il fut par eux découvert et proclamé que ce qui est.

repoussé comme faux par la raison même et l'intelligence de

l’homme, cela seulement est opposé à la doctrine chrétienne, de

telle sorte que qui veut s'opposer à cette doctrine et y résister,

s'oppose et résiste nécessairement à sa propre raison. Voilà quelles

furent les luttes soutenues par nos pères; voilà quelles illustres victoires ils remportèrent, et cela non pas seulement par la vertu et les armes de la foi, mais aussi avec l’aide de la raison humaine ; celle-ci, en effet, guidée par la lumière de la sagesse céleste, était entrée à pleine voie, de l'ignorance d’un grand nombre de choses et comme d’une forêt d'erreurs, dans le chemin de la vérité.

Cet admirable accord et concert de la foi avec la raison a été mis en honneur par les féconds travaux d'un grand nombre; maisil brille surtout, condensé pour ainsi dire et exposé à tous les regards

mi

126 ue ENCYCLIQUE DE S. S. LÉON XL

ficio unoque in conspectu exposita, elucet vel maxime in do: S. Augustini quod est De Civitate Dei, pariterque in Summd, utrâque S. Thomæ Aquinatis : quibus libris conclusa profecto habentur quæcumque erant a quibusque sapientibus acute COgi= lata et disputata, ex iisque licet capita et fontes arcessere ejus eminentis doctrinæ quam nominant theologiam christianam, — . Exemplorum tam insignium memoria utique per hos dies repli= canda et fovenda est clero, quando ab adversis partibus vetera passim arma exacuuntur, Vetera ferme prælia renovantur. Tantum hoc, quod olim repugnabant ethnici christianæ religioni, ne ab inveteratis numinum ritibus institutisque deducerentur ; nunc autem perditissimorum hominum opera pessima in e0 certat, ut. e christianis populis divina omnia documenta et pernecessaria, … quæ sacrà cum fide sunt indita, stirpitus evellant atque eos deterius ethnicis habeant in miseriâmque devolvant maximam, in omnis videlicet fidei religionisque contemptum et eversionem. Cüjus impuræ pestis, qua nulla est detestabilior, 11h initia fecere qui homini tribuerunt naturâ tantum ut de doctrina divinitus data posset quisque pro ratione judicioque suo cognoscere et decernere, minime vero auctoritati subesse deberet Ecclesiæ et. Pontificis romani, quorum unice est, divino maudato et beneficio, eam doctrinam custodire, eam tradere, de ea verissime judicare. Inde præceps via patebat, paluitautem illis miserrime ad omnia inficienda et emendanda quæ sunt supra naturam rerum et captum hominis posita : tum auctoritatem esse ullam,: quæ à Deo dimanet, ipsumque Deum esse impudentius perne- . gaverunt; delapsi postremo in commenta et /dealismi insulsa et Materialismi abjectissima. Hanc tamen maximarum rerum inclinationem, qui Aationalisiæ Vocantur quive Naturalistæ, progressionem scientiæ, progressionem societatis humanæ, mentito nomine, appellare non dubitant quæ revera HS à pernicies est aque excidium.

ltaque, Venerabiles Fratres, cognitum perspectumque habetis quali ratione et via alumnos Ecclesiæ erudiri oporleat ad majores doctrinas, ut convenienter temporibus utiliterque in muneribus suis versentur. Nimirum, ut erunt humanitatis artibus infor+ mati et politi, præstantissima sacræ theologiæ studia ne attingant prius quam diligentem adhibuerunt præparationem in studio philosophiæ. — Philosophiam eam intelligimus, intimam solidamque, altissimarum indagatricem causarum, patronam optimam verilalis: cujus virtute neque 1psi fluctuent neve abripiantur omni vento doctrinæ in nequitia hominum, in astutia ad circumventionem erroris (1), et queant etiam doctrinis ceteris adju-

(4) Ephes., IV, 14.

en un seul édifice, à savoir dans l'ouvrage de saint Augustin sur la Cité de Dieu, et, semblablement, dans l’une et l’autre Somme de . saint Thomas, livres dans lesquels est renfermé tout ce qui a fait . l’objet des plus ingénieuses pensées et des disputes de tous les - sages, et où l'on peut chercher l'essence et la source de cette doc- . trine éminente qu'on nomme la théologie chrétienne. — Le sou- | venir de si éclatants exemples doit assurément être rappelé au .__ clergé et entretenu par lui aujourd’hui que, de toutes parts, les ennemis fourbissent leurs vieilles armes, et qu'on renouvelle presque les anciens combats. Seulement, tandis qu’autrefois les païens combattaient la religion chrétienne pour n'être pas détournés des rites et des institutions du culte invétéré de leurs divinités, aujourd'hui l’œuvre détestable des hommes les plus méchants vise . à arracher entièrement des peuples chrétiens toutes les idées . divines et nécessaires qui leur ont été communiquées avec la foi; et ainsi à les rendre pires que les païens et à les amener au dernier degré de la misère, à savoir au mépris et au renversement complet de toute foi et de toute religion. ;

Ceux qui ont donné naissance à cette peste impure, plus détestable qu'aucune autre, ce sont ceux qui ont accordé à l’homme, en vertu de sa seule nature, de pouvoir connaître et décider de la doctrine révélée, par sa raison et jugement, sans devoir être soumis le moins du monde à l'autorité de l’Eglise et du Pontife Romain anxquels seuls il appartient, de par le mandat et le bienfait de Dieu, de garder cette doctrine, de la distribuer, et en juger en toute . vérité. Dès lors la voie s’ouvrait, et elle s’est ouverte pour eux misérablement, les entraînant à vicier et à écarter toutes les vérités qui

sont placées au-dessus de la nature des entendements de l'homme; c’est alors qu'ils ont nié qu'il y eût aucune autorité venant de Dieu, et qu'avec plus d’impudence encore, ils ont nié Dieu même, et - enfin ils en sont venus aux théories d’un absurde idéalisme et d'un - matérialisme abject. Et cependant, cet avilissement des plus grandes - choses, ceux qui s'appellent rafionalistes comme ceux qui s'appellent naturalistes n'hésitent pas à V’appeler mensongèrement le progrès : de la science et le progrès de la société humaine, quand c’est en réalité la perte et la ruine de l’une et de l’autre.

Ainsi, Vénérables Frères, Vous savez et Vous comprenez par quels moyens et quelle voie il faut enseigner aux élèves de l’Église es * grandes doctrines, afin que dans leurs fonctions ils travaillent con- venablement et utilement pour ce temps. C’est pourquoi. quand ils seront formés et affinés par les humanités, qu'ils n’abordent par. $ les éminentes études de la théologie sacrée avant de s’y être dili- . gemment préparés par l'étude de la philosophie. Nous voulons dire cette philosophie profonde et solide, investigatrice des problèmes les plus élevés, patronne éminente de vérité et dont la vertu les - empêchant de flotter et d’être entraînés à tout vent de doctrine par. la malice des hommes et par l’astuce de ceux qui nous environnent d'erreurs (1), leur permettra de fournir à la vérité même l'appui des

autres doctrines, par la discussion et la réfutation des théories cap-

\ | tieuses ou décevantes. À ce dessein, Nous avons déjà averti de leur

128 al ENCYCLIQUE DE S. S. LÉON XUL \ RUE mena veritatis subministrare, captionibus Ur pinio=. num discussis et refutatis. Hujus rei gralia, ut opera magni Aquinatis essent in manibus et assidue apteque exponerentur jampridem monuimus, idemque sæpius inculcavimus verbisque. gravissimis ; et gestit animus optimos inde fructus esse a clero perceptos, perquam optimos uberrimosque spe certa exspectamus. Scilicet disciplina Doctoris Angelici mire facta est ad conformandas mentes, mire usum parit commentandi, philoso=. phandi, disserendi presse invicteque: nam res singulas dilucide

AUS monstrat aliam et alia continua serie pendentes, omnes ad capiti

FRE pértinentes suprema; tum in contemplationem erigit Dei, qua

HR rerum omnium et causa effectrix est et vis et summum exemplar, ad quem demum omnis philosophia et homo quantus est, debent referri. Sic vere per Thomam scientia rerum divinarum. et humanarum, causarumque, quibus hæ res continentur quum præclarissime illustrata, tum firmissime munita est: cujus con. flictione disciplinæ, veteres sectæ errorum penitus corruerunt, itemque novæ, nomine potius et specie, quam re illis dispares, simul emisere caput, et ejusdem ictibus dejectæ interciderunt;.

quod jam non unus ostendit de scriptoribus nostris. Ratio quis dem humana et cognitionem rerum interiorem reconditamque. libera vult acie penetrare, nec non velle potest: verum Aquinate. auctore et magistro, hoc ipso facit expeditius et liberius, quia. tutissime facit, omni procul periculo transiliendi fines veritatis.…

Neque enim libertatem recte dixeris, quæ ad arbitrium hbidi=, nemque opiniones consectatur et spargit, immo vero licentiam nequissimam, mendacem et fallacem scientiam, dedecus animi < et servitutem. Ille reapse sapientissimus Doctor intra veritatis principio et samma nunquam decertat, sed ipsi adhæret semper arctissime semperque obsequitur arcana Sua quoquo modo pate= facienti; qui neque sancte minus Pontifici romano est dicto. audiens, et auctoritatem in eo reverelur divinam, et subesse romano Pontifici tenet omnino de necessitate salutis (1). — Ejus igitur in schola adolescat et exerceatur clerus ad philosophiam ac theologiam : existet enimvero doctus et ad sacra so valens quam qui maxime.

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Lux tamen doctrinæ a clero in christiani populi daines dit. à fundenda vix dici potest quam magnam habeat utilitatem, Bit quasi e candelabro virtutis effulserit. — In præceptis enim, quæ sunt ad corrigendos hominum mores, plus fere possunt, quam, dicta, facta magistrorum : nec quisquam negotio tam facili habi=, turus est el fidem, cujus à dictis PrÉpAAEE Ces facta 1!

à. à ue) (1) Opusc. contra errores Græcorum. | CAR

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