‹ Lettres apostoliques des S.S. Léon XIIIChapitre 61 sur 85 · DE N. T. S. P. LÉON XII SUR SON JUBILÉ SACERDOTAL · texte numérisé non relu

DE N. T. S. P. LÉON XII SUR SON JUBILÉ SACERDOTAL

| A nos Vénérables Frères les Patriarches, Primats, Archevéques et Evéques et à nos Fils bien-aimés tous les fidèles du Christ en grâce et communion avec le Siège Apostolique. ‘

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Vénérables Frères, Fils bien-aimés, Salut et Bénédiction Apostolique.

» Au moment où s'achève cette année où Nous avons pu, par une insigne faveur de la bonté divine, célébrer heureusement le cinquantième anniversaire de Notre sacerdoce, Notre âme se reporte d'’elle- . même vers la série de mois qui vient de s’écouler, et elle trouve, à repasser le souvenir de toute cette période, le charme le plus doux. Et, . certes, ce n’est pas sans raison : Nous avons vu un événement qui ne Noustouchait que comme personne privée, et qui, ni par son importance, ni par sa nouveauté, n’était de nature à saisir l'attention, exciter néanmoins dans les âmes une émotion extraordinaire et donner lieu, par sa célébration, à des manifestations de joie si écla- tantes, à des congratulations si multipliées, qu'il eût été impossible desoubhaiter rien au delà. Assurément, toutes ces démonstrations Nous » ont été très chères et très agréables; maïs ce que Nous y avons le … plus apprécié, c’est l'expression des sentiments du cœur et le témoisnage tout spontané d’une religion qui ne se dément pas. C'est là,

n effet, la signification de ce concert universel des il proclame hautement que de tous les points du monde les esprits et les cœurs sont tournés vers le Vicaire de Jésus-Christ; qu'en dépit

omme vers l’intarissable et incorruptible squrce de la vie, que se fixe le regard confiant des hommes, et que sur tous les rivages où règne le nom de catholique, il y a, pour rendre à l'Eglise Romaine, ère et Maîtresse de toutes les Eglises, l'honneur et le respect qui i sont dus, la même ardeur de zèle et le même unanime accord.

riennent de finir, Nos yeux se sont levés au ciel pour rendre grâces

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de tous les maux qui l’assiègent, c'est vers la Chaire Apostolique,

C’est pour tous ces motifs que bien des fois, durant les mois qui

Dieu bon et immortel, qui, avec le bienfait de la prolongation de.

| ENCYGLIQUE DE S. S. LÉON xt

benignissime tribuisset : per idemque tempus, cum sese occasio % dedit, gratem voluntatem Nostram, in quos oportebat, declaravimus. Nunc vero extrema anni ac celebritatis renovare admonent accepti beneficii memoriam: atque illud peroptato contingit, ut Nobiscum in iterandis Deo gratiis Ecclesia tota con. sentiat. Simul vero expetit animus per has litteras publice testari, id quod facimus, quemadmodum tot obsequii, humanitatis, et

amoris testimonia ad leniendas curas molestiasque Nostra conso- . latione non mediocri valuerunt, ita eorum et memoriam in Nobis et gratiam semper esse victuram. — Sed majus ac sanctius restat officium. In hac enim affectione animorum, romanum Pontificem alacritate insueta colere atque honorare gestientium, numen videmur nutumque Ejus agnoscere, qui sæpe solet atque unus. potest magnorum principia bonorum ex minimis momentis elicere. Nimirum providentissimus Deus voluisse videtur, in tanto opinionum errore, excitare fidem, opportunitatemque pren studiis vitæ potioris in populo christiano revocandis |

Quamobrem hoc est reliqui, dare operam ut, bene positis ini= . tiis, bene cetera consequantur : enitendumque, utetintelligantur | consilia divina, et re ipsa perficiantur. Tunc denique obsequium in Apostolicam Sedem plene erit cumultateque perfectum, si cum virtutum christianarum laude conjunctum ad salutem con. ducat animorum : qui fructus est unice expetendus DELPERIERS 3 mansurus. à

Ex hoc summo apostolici muneris nt in quo Nos ei beni- F gnitas locavit patrocinium veritatis sæpenumero, ui oportuit, | suscepimus, conatique sumus ea potissimum doctrinæ capita exponere, quæ maxime opportunateque re publica viderentur w esse, ut quisque, veritate perspecta, pestiferos errorum afflatus, | vigilando cavendoque, defugeret. Nunc vero, uti hberos suos M amantissimus parens, sic Nos alloqui christianos universos volumus, familiarique sermone hortari singulos ad vitam sancte instituendam. Nam omnino ad christianum nomen, præter fidei professionem, necessariæ sunt christianarum artes exercitatio= nesque virtutum ; ex quibus non modo pendet sempiterna salus animorum, sed etiam germana prosperitas et firma tranquillitas convictus humani et societatis. —Jamvero si quæritur qua passim ratione vita degatur, nemo est quin videat, valde ab evangelicis præceptis publicos mores privatosque discrepare. Nimis apte cadere in hanc ætatem videtur illa Joannis Apostoli sententia É omne, quod in ste esl, concupiscentia carnis est, ei concupies

: Nos jours, a bien voulu Nous accorder, au milieu de Nos peines, les sujets de consolation que Nous venons derappeler; et, pendant tout * ce temps, Nous n’avons pas manqué, chaque fois que l’occasion s’en » est présentée, de témoigner à qui de droit la reconnaissance qui - remplit Notre cœur. Mais voici que la fin de cette année solennelle, n Nous invite encore à renouveler la mémoire du bienfait recu, avec > cette heureuse circonstance que l'Eglise entière, avec Nous et en : Notre nom, s’unit pour offrir à Dieu un dernier concert d'actions de

» grâces. Et, en même temps, il plait à Notre cœur d’attester publi-

quement, comme Nous le faisons par ces Lettres, qu'avec la consolation si efficace que Nous ont apportée, pour adoucir Nos soucis et Nos peines, tous ces témoignages de respect, d'affection et d'amour,

ils laisseront aussi en Nous un souvenir et une gratitude qui ne périront jamais. Mais il est un devoir, et plus haut et plus saint,

qu'il Nous reste à remplir. En effet, dans cette disposition des âmes

s'empressant avec une ardeur inaccoutumée pour entourer d'hon-

neur ef de respect le Pontife Romain, il Nous semble reconnaître un

signe de la volonté de celui qui sait souvent, et qui le peut seul.

faire naître des plus petites causes, le principe des plus grands biens.

Il est certain que la Providence de Dieu semble avoir voulu, au

milieu de tant d'erreurs de la pensée, réveiller la foi et donner

occasion au peuple chrétien de reprendre les préoccupations de la

vie surnaturelle. Aussi, une chose Nousreste à faire : travailler à ce

- que ces bons commencements amènent dans la suite de bons résul-

tats, et faire effort pour qu'à l'intelligence des desseins divins

s'ajoute l’activité qui les réalise. Alors seulement ce dévouement

- envers le Siège Apostolique aura sa pleine et complète perfection, : . quand, s’unissant honorablement aux vertus chrétiennes, il sert au salut des âmes; c’est là le seul résultat qu'il faut rechercher, le seul qui doit demeurer toujours.

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Du haut de ce degré suprême de la charge apostolique où la bonté de Dieu Nous a placé, il Nous est fréquemment arrivé, de prendre, selon Notre devoir, la défense de la vérité, et Nous Nous sommes articulièrement appliqué à exposer lespoints de doctrine qui Nous araissaient d'un intérêt plus actuel pour la chose publique. Nous ulions que ce tableau de la vérité inspirât à chacun vigilance et écaution pour éviter la funeste contagion de l'erreur. Aujourhui, Nous voulons adresser la parole à tous les chrétiens comme \ bon père qui parle à ses enfants, et, par une exhortation familière, citer chacun d’eux à régler saintement sa vie. Car il est de toute scessité, pour mériter le nom de chrétien, qu’à la profession de la i l’on ajoute la pratique et l'exercice des vertus chrétiennes; et ce. est pas seulement le salut éternel des âmes qui y est intéressé, ais aussi la prospérité vraie et la tranquillité stable des relations humaines et de la société. Or, si l’on examine ce qu'est communéit la vie des hommes, il n'est personne qui ne voie combien les urs publiques et privées sont en désaccord avec les préceptes ngéliques ; et ce n’est qu’à trop juste titre que paraît s’appliquer notre âge cette parole de l’apôtre saint Jean : Tout ce qui est dans monde est concupiscence de la chair, et concupiscence des yeux, et

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centia oculorum, et superbia vitæ (1). Vidoliget pleriques unde orti, quo vocantur, obliti, curas habent cogitationesque omnes in hæc imbecilla et fluxa bona defixas ; invita natura a | toque ordine, iis rebus sua voluntate serviunt, in quas dominari hominem ratio ipsa clamat oportere. — Appetentiæ commodorum et deliciarum comitari proclive est cupiditatem rerum ad illa : adipiscenda idonearum. Hinc effrenata pecuniæ aviditas, quæ : efficit cæcos quos complexa est, et ad explendum quod an) … inflammata rapitur, nullo sæpe æqui iniqui discrimine, nec raro, cum alienæ inopiæ insolenti fastidio. Ita plurimi, quorum circum-

fluit vita divitiis, fraternitatis nomen cum multitudine usurpant,

quam intimis sensibus superbe contemnunt. Similique modo elatus superbia animus non legi subesse ulli, nec ullam vereri potestatem conatur : merum amorem sui libertatem appellat. Tanquam pullum onagri se liberum natum putat (2). sn Accedunt vitiorum illicebræ ac perniciosa invitamenta pec- . candi : ludos scenicos intelligimus impie ac licenter apparatos : | volumina atque ephemeridas ludificandæ virtuti, honestandæ . turpidini composita; artes ipsas ad usum vitæ honestamque oblectationem animi inventas, lenocinia cupiditatum ministrare jussas. Nec licet sine metu futura prospicere, quia nova malorum semina continenter velut in sinum congeruntur adolescentis | ætatis. Nostis morem scholarum publicarum : nihil in eisrélin- . quitur ecclesiasticæ auctoritati loci : et quo tempore maxime oporteret tenerimos animos ad officia christiana sedulo studio- « seque fingere, tum religionis præcepta plerumque silent. Gran- . diores natu periculum adeunt etiam majus, scilicet a vitio doc-« irinæ quæ sæpe est ejusmodi, ut non ad imbuendam cognitione veri, sed potius ad infatuandam valeat falacia sententiarum juventutem. In disciplinis enim tradentis permulti philosophari malunt solo rationis magisterio, omnino fide divina posthabita : quo firmamento maximo uberrimoque lumine remoto in multis labuntur, nec vera cernunt. Eorum illa sunt, omnia, quæ in hoc mundo sint, esse corporea : hominum et pecudum easdem esse origines similemque naturam : nec desunt qui de ipso summo dominatore rerum, ac mundi opifice Deo dubitent, sit necne si vel in ejus natura errent, ethnicorum more, deterrime. Hin demutari necesse est ipsam speciem formamque virtutis, juri officii. Ita quidem, ut dum rationis principatum gloriose præd. cant, ingeniique subtilitatem magnificentius efferunt, quam pa est, debitas superbiæ pœnas rerum maximarum ignoration Juant. Corrupto opinionibus animo, simul insidet tamquam venis medullisque corruptela morum ; roue sanari in ie sens

(1) Ep. II, 46. — (2) Job. XI, 12.

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= « EXEUNTE JAM ANNO », 25 DÉCEMBRE 1888 ‘1931 | prgueil de la vie (1). En effet, la plupart des hommes, oublieux de | leur origine et de leur destinée, tiennent toutes leurs affections et | leurs pensées fixées vers ces biens fragiles et périssables; faisant violence à la nature en renversant l'ordre véritable, ils asservissent

leur volonté aux choses sur lesquelles l’homme, comme la raison même le proclame, devrait dominer.

Le goût du bien-être et du plaisir a naturellement pour compagnon le désir de ce qui peut nous procurer l’un et l’autre. De là cet amour effréné de l'argent qui aveugle ceux qui en sont saisis et dont l’ardeur, quand il s’agit d’assouvir sa cupidité, ne peut plus se con- | tenir, foulant aux pieds la distinction du juste et de l’injuste, et affichant parfois pour la misère d’autrui le plus insolent dédain. … C'est ainsi qu'un grand nombre, tout en passant leur vie au sein des richesses, se servent du mot de fraternité auprès d’une foule pour qui leur cœur, au fond, n’a que de superbes dédains. Enflé pareillement par l’orgueil, le cœur rejette tout respect de la Loi, toute crainte de l’autorité : l'amour de soi, voilà pour lui toute la liberté. I! se croit né libre, comme le petit de l’âne sauvage (2). Ajoutons - à cela ces séductions du vice, ces funestes invitations au péché : * nous voulons parler de ces représentations théâtrales où s’étalent … l'impiété et la licence, de ces livres et ces journaux écrits dans le but de ridiculiser la vertu et de glorifier l’infamie, de tous ces “arts qui, inventés pour les besoins de la vie et les honnêtes jouis- sances de l’âme, sont mis au service des passions pour suborner les âmes. Et ce n’est pas sans frayeur que Nous portons Nos regards vers l'avenir, en pensant à ces futures moissons de maux dont. on ne cesse de jeter les germes dans le cœur de l’enfance. Vous savez ce que sont devenues les écoles publiques : aucune place n’y est » plus laissée à l'autorité de l'Eglise, et, à ce moment où il serait si nécessaire de travailler avec amour à faconner ces âmes encore tendres aux devoirs de la’ vie chrétienne, c'est alors qu’on impose le silence à la voix de la religion. Ceux qui sont plus avancés en âge courent un péril encore plus grand : celui du vice même de l’enseignement, qui, au lieu d’initier la jeunesse à la connaissance du vrai, ne produit en elle que l’infatuation des doctrines les plus fallacieuses. Ë AT -Combien de professeurs qui, dans leur enseignement, metten ur philosophie à la seule école de la raison, laissant absolument de côté la foi divine, et qui, privés de ce ferme appui et de ce surcroît de lumière, tombent à chaque pas sans arriver à la vérité! Toutes ces erreurs: que tout, dans le monde, est matériel; que … l'homme et la bête sont unis ensemble par la communauté de leur première origine et la parenté de leur nature ; c’est d'eux qu'elles mous viennent. Il en est même qui vont jusqu'à mettre en doute … l'existence de Dieu même, le souverain maître de toutes choses et créateur du monde, ou qui commettent, au sujet de sa nature, . plus grossières erreurs des païens. De là quelles altérations doivent nécessairement découler dans la notion même, dans essence de la vertu, du droit, du devoir! Et c'est ainsi que, t qu'ils glorifient complaisamment la souveraineté de la

. ælerna ratio jubentis vetantis Dei repudietur. Tta perturbari fun:

DT AN EE Qt ENGYGLIQUE DE S. S. “LÉON x ER NINES d

hominum sine summa difficultate non potest, propterea quod 6 ex. una parte opiniones vitiosæ adulterunt judicium honestatis, ex altera lumen abest fidei christianæ, quæ omnis est principiurn AC, |: Done justitiæ. ra ne. Ha

Ex ejusmodi causis quantas Roman. socielas alé 14

contraxerit quotidie oculis quodammodo contemplamur. Venena doctrinarum proclivi cursu in rationem vitæ resque publicas pervasere : rationalismus, materialismus, atheismus peperere socialismum, communismum, nihilismum : tetras quidem funes-/ tasque pestes, sed quas ex iis principiis ingenerari non modo consentaneum erat, sed prope necessarium. Sane, si religis a catholica impune rejicitur, cujus origo divina tam illustribus est 1 perspicua signis, quidni quælibet religionis forma rejiciat quibus tales assentiendi notas abesse liquet ? Si animus non € a corpore natura distinctus, proptereaque si, intereunte corpore, ; spes ævi beati æternique nulla superest, quid erit Causæ qua-. mobrem labores molestiæque in eo suscipiantur, ut appetitus obedientes fiant rationi ? Summum hominis erit positum ue in fruendis vitæ commodis potiundisque voluptatibus. |}

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Cumque nemo unus sit, quin ad beate vivendum ipsius naturæ admonitu impulsuque feratur, jure quisque detraxerit. quod cuique possit, ut aliorum spoliis facultatem quærat beate vivendi. Nec potestas ulla frenos est habitura tantos, ut satis cohibere. incitatas cupiditates queat; consequens ‘enim est, ut vis frangatur legum et omnis debilitetur auctoritas, si summa atque

ditus necesse est civilem hominum societatem, inexplebili cupiditate ad perenne certamen impellente singulos, FOR dentibus aliis quæsita tueri, aliis concupita adipiscr. ‘

Huc ferme nostra inclinat ætas. — Est tamen, quo consola conspectum præsentium malorum, animosqueerigere spe melio possimus. Deus enim creavit ut essent omnia, et sanabiles fe: nationes orbis terrarum (1). Sed sicut omnis ‘hic mundus non aliter conservari nisi numine providentiaque ejus potest, cu) est nutu conditus, ia pariter sanari homines solo ejus virtu : ous cujus beneñcio sunt ab interitu ad vitam révocati. Nan

(1) Sap. 1, 14. | LA AE AS EUR AIS

« EXEUNTE JAM aNNo » 2%: DÉCEMBRE 1888 ae 233

raison ii qu ‘ils exaltent la puissance de leur génie par des panégy- : riques hors de toute mesure, ils subissent, par l'ignorance des

L vérités les plus essentielles, le juste châtiment de leur orgueil. Et:

‘en même temps que l'erreur corrompt leur esprit, la corruption morale s’insinue en quelque sorte dans leurs veines et dans la

moelle de leurs os, laissant, hélas! en de tels hommes, bien peu de

. chances à la guérison, grâce, d’un côté, à cette altération de la notion

du bien produit en eux par leurs opinions vicieuses, et, de l’autre, . à cette absence des clartés de la foi guess laquelle est le principe et le fondement de toute justice.

Quelles calamités un tel état de choses devait attirer sur la Dale

humaine, il nous arrive aujourd'hui de le contempler en quelque sorte de nos yeux. Le venin des doctrines a, par une circulation ‘naturelle, pénétré dans les actes de la vie et dans la politique ; le ‘rationalisme, le matérialisme, l’athéisme ont enfanté le socialisme, le

communisme, le. nihilisme : tristes fléaux sans doute, et pleins do

sinistres augures, mais qui devaient naturellement, qui devaient | presque nécessairement naître de principes pareils. Et, de fait, si l'on peut impunément rejeter la religion catholique, dont tant de notes éclatantes attestent la divine origine, pourquoi ne rejetteraiton pas toutes les autres religions, à qui de tels signes de crédibilité » font évidemment défaut? Si Tâme n'est pas, de sa nature, distincte du corps, et, ce qui en est une conséquence nécessaire, si, lorsque

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d’une vie bienheureuse et immortelle, quel motif aurons-nous de nousimposer des travaux et des peines pour soumettre nos appétits

l’homme dans la jouissance des commodités de la vie et dans la possession des plaisirs. Et comme il n'est personne que l'impulsion et l'instinct même de la nature ne porte à rechercher le bonheur,

de trouver dans leurs dépouilles le moyen de vivre heureux. Et il n’est point de puissance disposant de freins suffisants pour pouvoir maîtriser la surexcitation des convoitises; car la conséquence de cette répudiation de la raison suprême et éternelle d’un Dieu nous imposant ses ordres ou ses défenses, c’est que la force des lois soit brisée et toute autorité réduite à l'impuissance. De là cette perturbation inévitable Jusque dans les fondements de la société civile ; de

mettant en guerre, soit pour défendre ce ue il a, oi pour acquérir ce qu'il convoite.

. C’est la pente où notre siècle dune prêt à er — Il est

érissables les nations de la terre (4). Mais, de même que le monde

| e uvent être guéris que par la vertu de celui-là même à la bonté de

le corps retourne à la terre, aucune espérance ne nous est laissée

à l’obéissance de la raison? Le souverain bien consistera pour.

chacun sera autorisé à prendre aux autres le plus qu'il pourra, af in

là cette lutte sans trêve entre les appétits inassouvis chacun dei

pourtant une pensée capable de nous consoler du spectacle des mœurs présentes et de relever nos âmes par l’ espoir d'un meilleur enir. C'est que Dieu a créé toutes choses pour la vie. et qu’il a fait

ble ne peut être conservé que par l’action et la providence de … i qui l'a créé par sa volonté, de même aussi les hommes ne

doivent d'avoir ue HIPDERS de la mort à la vie. Car si larace

234 | s ENGYCLIQUE DE S. s. LÉON x

to nee genus semel quidem Jesus: Christus als sanguine. Pour redemrt, Sèd perennis ac perpetua est virtus tanti operis tantique | muneris; ef non est in alio aliquo salus (1). Quare qui cupidita- | tum popularium crescentem flammam nituntur oppositu legum | extinguere, ii quidem pro justitia contendunt : sed intelligant, \l - nullo se fructu aut certe perexiguo laborem consumpturos, | . quamdiu obstinaverint animo respuere virtutem Evangeliüi, | Ecclesiæque nolle advocatam operam. In hoc posita malorum sanatio est, ut, mutatis consiliis, et privatim et. publice remi- |. gretur ad Jesum Christium, christianamque vivendi viam. :| à Jamvero totius vitæ christianæ summa et caput est, non 1 indulgere corruptis sæculi moribus, sed repugnare ac resistere : constanter oportere. Id auctoris fidei et consummatoris Jesu/ . omnia dicta et facta, leges et instituta, vita et mors declarant Igitur quantumvis pravitate naturæ et morum longe trahamuf :

alio, curramus oportet ad propositum nobis certamen armati et

HE parati eodem animo eisdemque armis, quibus Ille, qui proposi/o sibi gaudio sustinuit crucem (2). Proptereaque hoc primyum videant homines atque intelligant. quam sit a professione christiani nominis alienum persequi, uti mos est, cujusquempdi voluptates, horrere comites virtutis labores, nihilque recusare sibi, quod sensibus suaviter delicateque blandiatur. Qui né 4 Christi, carnem suam crucifirerunt cum vitis et concu pr fe centiis (3), ita ut consequens sit, Christi non esse, in quibus non exercifatio sit consuetudoque patiendi € cum ou mollium et delicatarum voluptatum. hi 2 à Revixit enim homo infinita Dei bonitate in spem bororum :. . immortalium, unde exciderat, sed ea consequi non potes, IST ipsis Christi vestigiis ingredi conetur, et cogitatione exemplo- … rum ejus mentem suam moresque conformet. Itaque non consi- | . lium, sed officium, neque eorum dumtaxat, qui perfectius vitæ \ . optaverint genus, sed plane omnium est,. mortifie icationem Jesu. (En “in corpore quemque suo circumferre (4), Der. # … Ipsa naturæ lex, quæ jubet hominem cum virtute vivere, qui secus posset salva consistere? Deletur enim sacro baptismate __ peccatum, quod est nascendo contractum, sed stirpes distortæ. “4 ac pravæ, quas peccatum insevit, nequaquam tolluntur. Pars. ; hominis ea, quæ expers rationis est, etsi resistentibus virili-. terque per Jesu Christi gratiam repugnantibus nocere non possit, tamen cum ratione de imperio pugnat, omnem animi Sstatum. perturbat, voluntatemque tyrannice a virtute detorquet tanta vi, ut nec vitia fugere nec officia Servare sine ae ns

HP Act IV: 7, 2, — (2) Heb. XII, 1, 2. = 0 Galat. V, 24. nl Il, Cor IN, 10. |

humeiné n'a été rachetée qu “une fois par leffusion du sang de Jésus-Christ, permanente et perpétuelle est la vertu de ce grand œuvre et de ce grand bienfait, et il n’y a de salut en aucun autre (4).

des lois, l'incendie toujours croissant des convoi.ises populaires, combattent sans doute pour la justice ; mais, qu'ils le sachent bien, le fruit qu'ils tireront de leurs travaux sera nul, ou du moins sera fort. - peu de chose, tant que leur cœur s ‘cbstinera à repousser la vertu

moyen de guérison pour nos maux; réformer ses sentiments, et, dans les mœurs privées comme dans les mœurs publiques, revenir au point d’où l’on s'est éloigné, à Jésus-Christ et à la loi chrétienne de la vie.

Or, toute la vie chrétienne peut se résumer dans ce de capital : ne point céder à la corruption des mœurs du siècle, mais lui opposer une lutte, une résistance constante. C’est 1à ce que l’auteur et le consommateur de notre foi, ce que Jésus proclame par chacune de ses paroles et de ses actions, par ses lois et ses institutions, par sa

vié et par sa mort. Quelle que soit donc l'opposition que la déprava-

äon de notre nature et de nos mœurs mette dans nos tendances,

même esprit et armés des mêmes armes que celui qui, à la joie qui lui était proposée, a préféré la croix (2 }, Et pour cela, que les hommes voient et comprennent bien tout d'abord combien est contraire à la | profession du nom de chrétien cette recherche si commune aujourd’hui, des plaisirs de toute nature, cette horreur pour les travaux inséparables de la vertu, cette tendance à ne se refuser aucune de ces délicatesses qui flattent agréablement nos sens. Ceux qui sont au

Christ ont crucifié leur chair avec ses vices et ses concupiscences (3), d'où

la conséquence qu'ils n ’appartiennént pas au Christ ceux qui ne s'exercent ni ne s’accoutument à souffrir et qui ne savent pas. mépriser les recherches et les délicatesses du plaisir. L'homme, en effet, par l'infinie bonté de Dieu, à été rétabli dans l'espoir ‘des 708 biens immortels d'où il était déchu; mais il ne peut les atteindre qu'en s’efforcant de suivre les traces mêmes du Christ et en se con-

; exemples. Ce n'est donc pas un conseil, mais un devoir, et un devoir qui ne concerne pas seulement ceux qui ont embrassé la vie parfaite, mais qui s'adresse absolument à tous de porter chacun dans son corps les mortifications de Jésus (4).

Comment, sans cela, la loi naturelle elle-même, qui impose à J’homme l'obligation de pratiquer la vertu, pourrait-elle subsister ? L. Car le saint baptême détruit bien le péché contracté en naissant; mais toutes ces fibres entremélées et perverses que le péché a enracinées dans l’âme, elles ne sont nullement arrachées. Cette - partie non raisonnable de l’homme ne peut nuire, sans doute, à qui, par la grâce de Jésus-Christ, résiste et lutte courageusement ; mais pourtant elle ne cesse de disputer l'empire à la raison, troublant perpétuellement l’état.de notre âme et, pour la détacher de la vertu, A Droceent notre og avec une viol «nce telle que ce n’est a ’au

« BXEUNTE JAM axxo », Li DÉCEMBRE | 1888 RE EC

C’est pourquoi tous ceux qui travaillent à arrêter, par l'interposition

de l'Evangile et à faire fi du concours de l'Eglise. Il n’y a qu'un

c'est notre devoir de courir au combat qui nous est proposé, animés du

formant, dans son âme et dans ses mœurs, au souvenir de ses.

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VA OnS ARS ENGYGLIQUE DE Si

Sur LÉON xut LE NA AREE io. 1 ï.

| | tione possimus. Manere autem in baptizatis concupiscentiam id |

fomitem hæc sancta synodus fatetur ac sentit, quæ cum ad ago- |

nem relicia sit, nocere non consentientibus, sed viriliter per | Jesu Christi gratiam repugnantibus non valet; quinimo qu. | legitime certaverit coronabitur (1). re Est in hoc certamine gradus fortitudinis, quo virtus non perveniat nisi excellens eorum videlicet, qui in profligandis motibus. a ratione aversis e0 usque profecerunt, ut cœlestem in terris vitam agere propemodum videantur. Esto, paucorum sit tanta præstantia : sed, quod ipsa philosophia veterum præcipiebat, domitas habere cupiditates nemo non debet; idque ii majore etiam studio, quibus rerum mortalium quotidianus usus irritamenta majora suppeditat ; nisi qui stulte putet, minus esse vigi- :s -landum ubi præsentius imminet discrimen, aut, qui gravius | ægrotant, eos minus egere medico. Is vero, qui in ejusmodi) conflictu suscipitur, labor magnis compensatur, præter cœlestia, . atque immortalia, bonis: in primis quod isto modo, sedata -perturbatione partium, plurimum restituitur naturæ de dignitate ne pristina. Hac enim lege est atque hoc ordine. generatus homo ut animus imperaret corpori, appetitus mente consilioque regerentur; eoque fit, ut non dedere se pessimis dominis cupidititibus, præstantissima sit maximeque optanda libertas. fe Præterea in ipsa humani generis Societate non apparet quid expectari ab homine sine hac animi affectione possit. Utrumne futurus est ad bene merendum propensus, qui facienda, fugienda, metiri amore sui consueverit ? Non magnanimus quisquam esse. 4 porest, non beneficus, non misericors, non abstinens, qui non se ipse vincere didicerit, is humana omnia ee virtute LE contemnere. < 0) Nec silebimus, id omnino videri divino provisum consilio, 3 ut nulla afferri salus hominibus, nisi cum contentione et dolore 3 queat. Revera si Deus liberationem culpæ et errati veniam hominum generi dedit, hac lege dedit, ut Ünigenitus suus pœnas : sibi debitas justasque persolveret. Justitiæque divinæ cum Jesus Christus satisfacere alia atque alia ratione potuisset, maluit tamen per summos cruciatus profusâ vità satisfacere. Atque ita , alumnis ac sectatoribus suis hanc legem imposuit suo cruore Sancitam, ut eorum esset vita cum morum ac temporum vitis perpetua certatio. Quid Apostolos ad imbuendum veritate mundum fecit invictos, quid martyres innumerabiles in fidei christianæ cruento testimonio roboravit, nisi affectio animi illi legi F obtemperans sine timore? Nec ali viâ ire perrexerunt, quotquot … . curæ fuitvivere more christiano, sibique virtute HU ss 7.

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4 Conc. Trid. Sess. v, Can, à.

« tre JAM ano », 5 DÉCEMBRE 1888. fe “A8:

prix d'une lutte de chaque jour que nous pouvons fuir le vice et.

accomplir le devoir. « Que ce foyer, cette concupiscence demeure

dans les baptisés, le saint Goncile l'avoue et le reconnaît; mais elle

ne peut nuire à ceux qui n'y consentent point mais qui y résistent

par la grâcé de Jésus-Christ ; bien plus, celui qui aura légitimement

combattu sera couronné (1 ). » Dans ce combat, il y a un degré de

« force où une vertu supérieure peut seule atteindre : c’est le cas de

ceux qui, dans leur lutte contre les mouvements contraires à la

raison, ont poussé si loin la victoire quils Mae mener sur la terre une vie presque céleste.

+: Qu’ une telle supériorité soit le partage dus petit nombre, soit ;

. mais (et c'était là le précepte de la philosophie antique elle- même) il n’est personne qui ne doive garder ses passions sous le joug, et le zèle pour cela doit être plus grand en ceux-là mêmes qui, par l'usage quotidien des choses mortelles, en ressentent davantage les excitations; à moins qu'on ait la folie de penser que la vigilance est moins de rigueur là où le danger nous menace de plus près, et qu’à

mesure que la gravité du mal augmente, la nécessité du remède diminue. Mais ce travail que la lutte nous impose, nous apporte, sans parler des récompenses célestes et éternelles, de grands biens . en compensation : et d’abord, la restauration de notre dignité primitive, qui, par cet apaisement de nos séditions intérieures, est en grande partie accomplie. C'est, en effet, sous cette loi, dans cet ordre, que l’homme a été créé : l'âme, chez lui, doit commander au corps, et les appétits doivent être gouvernés par les conseils de la - raison :. d’où il suit que refuser de se soumettre à la honteuse Æ tyrannie des passions, c’est la première et la plus enviable des. libertés. De plus, même dans la société humaine, on ne voit pas ce qu'on peut attendre d'un homme qui n’a pas cette disposition d'âme. : Sera-t-1l porté à bien mériter de cette société, celui qui prend son - intérêt personnel pour mesure de ce qu'il doit faire ou éviter ? . Comment sera-t-il magnanime, bienfaisant, miséricordieux, tempérant, celui qui n’aura pas appris à se vaincre lui-même et à faire céder toutes les considérations humaines devant la vertu?

Et pour dire toute Notre pensée, cela Nous semble vraiment une économie de la sagesse divine que l'homme ne puisse qu’au | prix de l'effort et de la souffrance atteindre le salut. En effet, si Dieu a accordé au genre humain la rémission de sa faute et le pardon de son péché, ce n'a été qu'à la condition que son Fils unique lui ; ayerait la juste peine qu'il avait le droit d'exiger. Or, Jésus-Christ, ui pouvait de bien des façons satisfaire à la justice divine, a mieux imé satisfaire,en sacrifiant sa vie dans les plus affreux tourments. Et par là il a imposé à ses disciples et à ses adeptes cette loi qu'il a scellée de son sang, que leur vie devint un perpétuel combat ontre les vices des mœurs et des temps. Qu'est-ce qui a rendu les pôtres invincibles dans leur entreprise de propager la sagesse dans le monde? Qu'est-ce qui a fortifié cette foule innombrable de

artyrs dans le témoignage sanglant qu'ils ont rendu à la foi, sinon a d Aston où était leur âme d'obéir sans crainte à cette Toi ? & Fe

; dolendum quod opiniones atque exempla perniciosa tanto opere

238 | na | ENGYGLIQUE DES. 80 néon x Re

igilur ali ob eundum, si consultum saluti nu vel nostræ À singulorum, vel communi. Itaque, dominante procacitate libi- | dinum, tueri se quemque viriliter necesse est a blandimentis w luxuriæ: cumque passim sit in fruendis opibus ét copiis tam insolens ostentatio, muniendus animus est contra divitiarum sumptuosas illecebras, ne his inhians animus quæ appellantur -bona, quæ nec satiare eum possunt, ac brevi sunt dilapsura, thesaurum amittat non deficientem in cœlis. Denique illud etiam

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ad molliendos animos valuerunt, ut plumiros jam prope pudeat nominis vitæque christianæ : quod quidem aut perditæ nequitiæ . est, aut segnitiæ inertissimæ. Utrumque detestabile, utrumque :: tale, ut nullum homini malum majus. Quænam enim reliqua salus esset, aut qua Spe niterentur homines, si gloriari in nomine Jesu . Christi desierint, si vitam ex præceptis evangelicis constanter … aperteque agere recusarint? Vulgo querentur viris fortibus sterile sæculum. Revocentur christiani mores ; simul erit pris et 4 constantia ingeniis restituta. ne

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sed tantorum magnitudini varietatique officium virtus homi- … num par esse sola non potest. Quo modo corpori, ut alatur, À panem quotidianum, sic animæ, ut ad virtutem confirmetur, 4 nervos atque robur impetrare divinitus necesse est. Quare communis illa conditio lexque vitæ, quam id pertetua quadam diximus dimicatione consistere, obsecrandi Deum habetadjunotam : necessitatem. | :

Etenim, quod. est vere ab Augustino. venusteque dictami transcendit pia precatio intervalla mundi, divinamque devocat e cœlo misericordiam. Contra cupiditatum turbidos motus, contra malorum dæmonum insidias, ne circumventi in fraudem indu- * camur, adjumenta petere atque auxilia cœlestia nel oraculo divino, orate ut non intretis in tentationem (1). Quanto id necessarium mag:s, si utilem dare operam alienæ quoque saluti volumus ? Christus Dominus, unigenitus Filius Dei, fons omnis gratiæ et virtutis, quod verbis præcipit, ipse prior demonstravit exemplo : erat pernoctans in oratione Der (2): sacrificioque proximus prolixrus orabat (3). Profecto longe minus esset naturæ extimescenda fragilitas, nec languore mores desidiaque difflue- w rent, si divinum 1istud præceptum minus jaceret incuria ac. prope fastidio intermissum. Est enim exorabilis Deus, gratificari a: ;

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