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(£) Matth. XXVI, 41. — (2) Luc. VI, 12.— (3) Luc. XXII, 45.
| cœur de vivre chrétiennement et de se sauver par la vertu : donc
tant notre salut propre à chacun de nous que le salut commun. C’est pourquoi, au milieu de ce règne éhonté des passions, il faut,
4 de la sensualité : et, tandis que de toutes parts Les jouissances de la … fortune, de la richesse s'étalent avec insolence, il faut fortifier son * âme contre les attraits fastueux de la richesse de peur qu’en aspi- % rant à ces choses qu'on appelle des biens, mais qui ne peuvent pas la rassasier et bientôt vont disparaître, on ne perde ce trésor, dans » le ciel, qui ne périt jamais. |
. Enfin, ce qu'il faut déplorer surtout, c’est que, par l'influence perà nicieuse de l'opinion ou de l'exemple d’amollissement des mœurs, on en soit venu à ce point que le nom et la vie de chrétien soient
‘ devenus pour beaucoup presque un sujet de honte : déplorable effet
* ou d’une perversité profonde, ou de la plus lâche des faiblesses : à. dans l’un et l’autre cas, mal détestable, mal le plus grand qui puisse arriver à l’homme ! Car, quelle: est la chance de salut, quelle est l'espérance qui peut venir aux hommes, s'ils cessent de mettre leur . gloire dans le nom de Jésus-Christ et s'ils n’ont plus ce courage de __ conformer ouvertement leur vie à la loi de l'Evangile ? On se plaint À souvent que notre siècle est stérile en hommes de caractère. Qu'on . ressuscite les mœurs chrétiennes : du même coup, on aura rendu aux âmes leur dignité et leur constance.
commune, cette condition de la vie qui en fait, avons-Nous dit, une sorte de lutte perpétuelle, entraîne avec elle la nécessité de prier Augustin, la vertu de la prière faite avec piété : elle franchit les barrières du monde et appelle du ciel la divine miséricorde. Contre - les mouvements désordonnés des passions, contre les embüches des malins esprits qui nous circonviennent pour nous induire au mal, oracle divin nous ordonne de réclamer l'assistance et le secours du ciel. Priez pour que vous n’entriez pas en tentation (1). Et combien
travailler aussi au salut des autres? Le Christ Notre-Seignetr, Fils unique de Dieu, source de toute grâce et de toute vertu, a voulu
ent que la paresse introduit dans nos mœurs, si l’insouciance, ur ne pas dire le dégoût, ne nous faisait si souvent négliger ce divin précepte. Car Dieu est clément, il veut faire du bien aux
rec une abondante largesse à qui les lui demanderait. Q 5 h VE ! } La : < ”
qu'avec un courage viril, chacun se défende contre les séductions …
Mais telle est la grandeur, telle est aussi la diversité de ces obli- | suffire; et comme pour la nourriture nous demandons le pain quo-
tidien, il nous faut de même, pour confirmer notre âme dans la vertu, implorer du ciel la force et l'énergie, C’est ainsi que cette loi
- Dieu. Car c’est là, selon la parole si vraie et si belle de saint
cette nécessité devient-elle plus forte si nous voulons avec utilité
lui-même, avant de nous poser le précepte, mettre sous nos yeux ‘exemple : Il passait toute la nuit à prier Dieu (2), et, à l'approche de son sacrifice, il priait plus longuement (3). Ah ! combien nous aurions moins à redouter la faiblesse de notre nature et ce reläche-
hommes, et il a promis en termes exprès de dispenser ses dons
nous ne devons pas en choisir une autre, si nous voulons assurer
240 ae | ENCYGLIQUE DE SU 8. LÉON Aut
vult hominibus aperte pollicitus, sua se munera large copioseque {À petentibus daturum. Quin etiam invitat ipsemet petere, ac fere lacessit amantissimis verbis : Ægo dico vobis petite et dabitur vobis, quærite et invenietis, pulsate et aperietur vobis (1). Quod ut confidenter ac familiariter facere ne vereamur, majestatem numinis sui Similitudine atque imagine temperat parentis suavissimi cui nihil potius, quam caritas liberorum. S1 ergo vos, cum N sitis mali, nostis bona data dare filiis vestris, quanto magis Pater vester, qui in cœlis est dabit bona pelentibus se? (2). Quæ qui cogitaverit, non nimium mirabitur si efficientia precum humanarum Joanni quidem Chrysostomo videatur tanta, ut cum. ipsa potentia Dei comparari illam putet posse. Propterea quod sicut. Deus universitatem rerum verbo creavit, sic homo impetrat, © -orando, quæ velit. Nihil est rite adhibitis precibus impetrabilius, … quia insunt in eis quædam velut moventia, quibus placari se Deus. “ atque exorari facile patiatur. Nam inter orandum sevocamus ab rebus mortalibus animum atque unius Dei cogitatione suspensi, … conscientia tenemur infirmitatis humanæ : ob eamque rem in bonitate et amplexu parentis nostri acquiescimus, in virtute …
conditoris perfugium quærimus. Adire insistimus auctorem
‘omnium bonorum, tanquam spectari ab eo vélimus ægrum animum, imbecillas vires, inopiam nostram plenique spe, tutelam … atque opem ejus imploramus, qui ægrotationum medicinam, infirmitatis miseriæque solatia præbere solus potest. Tali habitu di
animi modeste de se, ut opportet, submisseque, judicantis, mire : flectitur Deus ad clementiam, quia quemadmodum superbis resistit, ita humilibus dat gratiam (3). Sanctaigitursitapud omñes consuetudo precandi : mens, animus, vox preceniur; unique | simul ratio vivendi consentiat, ut videlicet per legum divinaruin se custodiam perennis ad Deum ascensus vita nostra videatur. |
. Quemadmodum virtutes CA ita hæc etiam, de qua loqui- 2 mur, gignitur et sustentatur fide divina. Deus enim auctor est, | quæ sint homini vera atque unice perse expetenda bona: ilemque se infinitam Dei bonitatem, et Jesu redemptoris merita eodem : auctore cognovimus. Sed vicissim pia precandi consuetudine … nihil est ad alendam augendamque fidem aptius. Cujus quidem virtutis, in plerisque debilitatæ, in multis extinctæ, apparet quanta sit hoc tempore necessitas. Illa enim est maxime, unde non modo vitæ privatorum petenda correctio est, sed etiam earum rerum judicium expectandum, quarum conflictio quietasetsecuras esse civitates non sinit. Si æstuat ASS ne libertatis
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Il fait plus : il nous invite lui-même à demander, et il nous en. prie, pour ainsi dire, par ces paroles pleines d'amour : Je vous le dis : demandez, et on vous donnera; cherchez, et vous trouverez ; frappez, êt on vous ouvrira (1). Et pour nous enhardir à le faire avec une familiarité confiante, il tempère sa majesté divine en se représentant à nous sous les traits d'un père plein de tendresse qui n’a rien de plus à cœur que l'amour de ses enfants. Si donc vous, qui étes mauvais, vous savez donner des choses bonnes à vos enfants, combien plus votre Père qui est dans les cieux donnera-t-il ce qui est bon à ceux qui le ln demandent ? (2) Si l’on réfléchit à ces paroles, l’on ne s’étonnera pas | trop de voir saint Jean Chrysostome attribuer à la prière humaine une efficacité telle qu'il ait cru pouvoir la comparer à la puissance
même de Dieu.
De même, en effet, que Dieu, par sa parole, a créé l'univers, ainsi l'homme, par sa prière, obtient tout ce qu'il veut. La prière * bien faite! quoi de plus puissant? Elle a sur Dieu même je ne sais . quelle action par laquelle il aime à se laisser apaiser et fléchir. C’est . que, quand nous prions, nous détachons notre âme des choses mortelles, et cette unique pensée de Dieu, dans laquelle nous restons suspendus, nous aide à prendre conscience de notre humaine faiblesse : par suite de quoi, nous jetant dans les bras et dans le cœur de notre Père, nous recourons à la puissance même du Créateur. __ C’est notre bonheur que de rester ainsi en présence de l’auteur de 1 tout bien, comme si nous voulions exposer à ses regards les maladies . de notre âme, les faiblesses de notre courage, le dévouement de tout notre être; et, le cœur plein d'espoir, nous implorons l’aide et le secours de celui qui peut seul apporter à nos maladies le remède, à nos infirmités et à nos misères la consolation. Dans de telles dispositions , et ayant de soi, comme il est naturel, ces sentiments de modestie et d'humilité, un cœur est merveilleusement puissant pour incliner Dieu à la clémence ; car, de même qu’il résiste aux superbes, il donne sa grâce aux humbles (3). Qu'elle soit donc toujours sainte pour tous, cette pratique de la prière; que tout, l’esprit, le cœur, les lèvres, prie à la fois; mais que notre conduite aussi soit en harmonie avec notre prière et que, par l'observation des lois divines, * notre vie même soit une perpétuelle élévation vers Dieu.
Comme toutes les autres vertus, celle dont nous parlons trouve, elle aussi, son origine et son aliment dans la foi divine. C'est Dieu, en effet, qui nous apprend quels sont pour l’homme les vrais biens, les biens uniquement désirables pour eux-mêmes: et l’infinie bonté de Dieu, et les mérites de Jésus rédempteur, c'est par lui, pareiïlle- ment, que nous les connaissons. Mais, en retour, il n'est rien de comparable à cette pieuse habitude de la prière pour nourrir aussi et accroître notre foi. Cette vertu de la foi, affaiblie dans tant de cœurs, éteinte même dans un grand nombre, on voit quelle en est, de nos jours, la nécessité. C’est à elle, en effet, qu'il faut surtout demander, non seulement la réforme des mœurs privées, mais aussi la solution de ces questions dont les bruyants conilits ont . fait perdre aux Etats le calme et la sécurité. Si la fièvre d'une liberté sans frein agite les multitudes, si l’on entend monter de tous
DD Liv ÆENCYCLIQUE DE S. S. LÉON XI
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